Catch

CM Punk règle ses comptes !

C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses.

Proverbe

Depuis son départ de la WWE en janvier de cette année, CM Punk s'est astreint à un silence médiatique relatif au monde du catch en général et à la fédération de Stamford en particulier. C'est pourquoi l'interview dont la retranscription suit constitue un coup de tonnerre, tant Punk éclaire d'un jour tout à fait nouveau ses trois dernières années dans la plus grande fédération de catch du monde. Il y est ainsi entre autres question de la gestion des talents et des grands noms de passage, de ses relations avec Vince et HHH, de l'incompétence du staff médical, de la nébuleuse créative ou encore de Ryback. Une interview partisane, sans concession pour son ancien employeur, qui ne verse pas pour autant dans l'outrance : une mine d'or pour les suiveurs de tous ordres !

Le 26 janvier 2014, le Rumble et la carrière WWE de CM Punk se finissaient ainsi. Découvrez comment on en est arrivés là, et comment s'est déroulé un divorce tout sauf amiable.

 

 

L'interview événement de CM Punk

 

 

Avant d'entrer au coeur de cet entretien, commençons par en présenter le contexte. Colt Cabana est un catcheur professionnel américain, passé notamment par la ROH et la WWE. S'il est moins connu pour ses accomplissements dans le ring que Punk, il partage avec lui une bonne partie de son parcours, venant tous deux de Chicago, et ayant fait leurs classes de concert dans des petits gymnases aux arènes surchauffées de la plus grande fédération de catch du monde.

 

Or, si Scott Colton n'a pas rencontré le même succès dans sa carrière sur le ring – qui se poursuite sur le circuit indépendant – que d'autres ex-membres de la ROH, comme Punk, Bryan ou Seth Rollins, il a su mettre à profit son aisance au micro et sa cote de popularité auprès des communautés internet du catch pour proposer un podcast hebdomadaire, devenu peu à peu incontournable. Mais le 226ème épisode de son show restera sans doute le plus mémorable (jusqu'au prochain ?), et Colt le sait bien, puisqu'il tweetait ce matin :

 

 

 

 

"Je crois que nous avons cassé Internet" étant une référence directe au buzz d'une célèbre paire de fesses photoshopée. Il faut dire que depuis sa mise en ligne, le discours de l'invité de Cabana, Phil Brooks aka CM Punk, a déchainé les passions au point de saturer le site Internet de Colt.

 

Aussi, si vous souhaitez écouter les près de deux heures d'entretien, mieux vaut vous en remettre à iTunes, stitcher ou tout simplement à cette vidéo youtube ci-dessous.

 

Venons-en à présent aux faits, avec le propos de l'ex-straightedge savior. Première surprise en ouverture du podcast, le principal et unique sponsor de Colt Cabana est le jeu vidéo de la WWE. Ca risque de leur faire tout drôle au service marketing de Stamford quand ils vont entendre le reste…

 

Car justement, c'est en parlant de sponsors que Punk attaque. Il nous ramène fin 2011, début 2012, lorsque tout auréolé de son incroyable année, il amène sur la WWE des regards nouveaux, à commencer par des entreprises voulant associer leur image à la sienne. Punk propose donc à Vince McMahon de changer sa tenue de ring, pour arborer désormais un short de combat, sur lequel il ferait figurer ses sponsors personnels. VKM lui répond alors doctement que non, ce n'est pas possible, que son slip est bien comme il est, et que surtout cela représente un obstacle majeur aux sponsors globaux de l'émission. Et puis, au lendemain de Wrestlemania XXVIII, on assiste…

 

 

Au retour de Brock Lesnar, bardé de ses sponsors personnels.

 

 

Premier tout petit coup de canif dans la confiance du Best in the World vis-à-vis de son employeur. Il faut dire que la question de l'argent et du merchandising est un sujet épineux pour lui, tant on verra dans la suite qu'il s'estime peu payé au regard de son rang et de son abattage, et souvent quelque peu arnaqué par la WWE. Il rappelle qu'il est le premier en dix ans à battre John Cena en termes de ventes de produits dérivés, et que cela doit signifier quelque chose, d'autant que pour chaque dollar perçu par le catcheur emblème du produit, la WWE en perçoit quatorze.

 

Ce sentiment de favoritisme envers certains, à son détriment, sera renforcé lorsque quelques semaines plus tard il demande à VKM l'autorisation d'accompagner son ami Chael Sonnen (combattant de MMA) jusqu'à l'octogone pour son match de championnat du monde. Vince refuse, arguant que le MMA est un sport ignoble et barbare, notant au passage qu'ils ont la folie d'y faire combattre des femmes (ce qui résonne étrangement avec les constats que nous faisions ici-même). Or, la semaine suivante…

 

 

Flanqué de Justin Bieber, HHH accompagnait Floyd Mayweather jusqu'au ring pour son championnat du monde de boxe.

 

 

Ajoutez à cela que l'on propose de nombreuses apparitions télévisées à Punk, qui se doit de les refuser sur ordre de la WWE pour mieux voir John Cena assumer ces interventions médiatiques, et le gourou straightedge commence à s'interroger sérieusement sur l'importance que lui confère son employeur : a-t-il simplement le tort de demander une approbation, quand d'autres se permettent directement tout ?

 

Il se trouve qu'à cette période (nous sommes aux alentours de Wrestlemania 2012), CM Punk catche avec un genou abimé dans un match contre John Cena. Mais en tant que champion, il ne se voit pas accorder de temps de repos, pas plus qu'il n'en demande réellement. Il se trouve qu'on lui propose alors de figurer dans 12 Rounds II, nanar probable, mais occasion rêvée de souffler en marge du rythme infernal des émissions et House Shows. Néanmoins, Punk remarque que les dates du tournage coïncident avec la tournée européenne de la WWE, et en informe Triple H. Ce dernier lui dit qu'il va vérifier : le lendemain, Punk apprend par voie de presse que le catcheur choisi pour le rôle est… Randy Orton. Si la logique se comprend (le champion WWE doit être de la tournée), la façon de faire ne démontre qu'assez peu de considération.

 

 

Nous aurions donc pu avoir Phil Brooks en tête d'affiche de ce chef d'oeuvre cinématographique !

 

 

Pourtant, CM Punk y met du sien pour remplir au mieux son rôle de champion en titre, et par là-même d'ambassadeur de la WWE. Il déclare avoir réalisé durant toute cette période au moins autant de "Make a Wish" que John Cena, mais déplore qu'il n'en ait pas été fait la même publicité…

 

Ces oripeaux d'ambassadeur, Punk semble pourtant avoir du mal à les porter. Il vit mal l'idée de devoir assumer 24/7 le rôle de CM Punk, quand parfois Phil Brooks voudrait pouvoir souffler un peu. Pourtant, si cet élément est devenu indispensable avec l'ère des médias sociaux, Brooks n'estime pas être suffisamment payé pour un rôle perpétuel de Punk, et se fait régulièrement rappeler à l'ordre par l'exécutif de Stamford. Ainsi, s'il reconnaît avoir gagné des millions pendant sa carrière, il estime qu'il aurait du en gagner des dizaines.

 

La relation entre l'ami CM et les fans est par ailleurs assez complexe : s'il aime ses fans et veut leur donner des explications, aujourd'hui encore, le gaillard semble assez susceptible et s'estime facilement agressé ou peu respecté. Il rappelle d'ailleurs à l'intention de ceux qui le conspuent aujourd'hui que, s'il ne leur répond pas, c'est avant tout parce qu'il est certain de n'avoir aucune chance de dire quoi que ce soit qui les ferait changer d'avis.

 

 

Même des mandales dans leur tronche, ça les fait pas changer d'avis !

 

 

La question financière revient sur la table au sujet du Network, dont on mesure finalement assez mal combien il perturbe l'économie des catcheurs. En passant d'un PPV comme Wrestlemania vendu de 70 à 100 dollars au même événement, accessible pour 9.99$ par mois, il y a une évolution du business model. Pourtant, toutes les questions d'un Punk s'étant fait le porte-parole du vestiaire se sont heurtées au manque de planning à long terme de VKM, qui confessait n'avoir lui-même aucune idée de l'évolution future des choses.

 

Cette question de la protection des catcheurs, travailleurs indépendants employés par la WWE, est au coeur du discours de Punk. Lui aimerait voir se former un syndicat, sur la base de ce qui se pratique en NFL ou en NBA. Mais Vince l'interdit formellement. Pour faire passer la pillule, la fédération de Stamford a mis en place des procédures qui lui donnent l'image d'une grande bienfaitrice, soucieuse de la santé de ses employés (tests anti-commotion, politique anti-drogue…) mais Punk, son expérience à l'appui, n'y voit que de la poudre aux yeux bien plus destinée à protéger la WWE que les catcheurs.

 

Punk explique ainsi avoir travaillé à cette époque avec une blessure au genou, une autre au coude l'empêchant de le déplier au delà de 45° ou de porter quelque chose. Après avoir subi une opération sur cette articulation, il était de retour sur la route cinq jours plus tard, Vince ayant décrété qu'il était peut-être trop blessé pour catcher, mais pas assez pour ne pas faire de promos. De même, alors qu'un jour il pensait venir livrer une nouvelle promo, il est coaché juste avant le début du show pour apprendre ce qu'il va devoir faire dans le ring. Incrédule, Punk rappelle au Road Agent avec qui il discute qu'il est encore en convalescence, mais celui-ci l'informe que son médecin a donné le feu vert à la WWE et que Punk doit combattre : l'intérêt supérieur de la fédération passe avant l'intégrité physique du catcheur.

 

 

– Putain, ça fait mal, j'ai genre au moins quatres côtes pétées…

– Tu peux encore bouger ?

– Oui, si on veut…

– Donc la colonne n'a rien, on continue. HUNTER, LE SLEDGEHAMMER !

 

 

Revenant à la trame chronologique de son récit, l'ami CM nous amène en juillet 2012, date du Raw 1000 marquant le retour du Rock pour cette saison-ci. Or ce dernier a posé une condition que VKM s'est empressé d'approuver : il veut combattre un méchant. Vince vient donc clairement proposer la chose à Punk, lui expliquant que soit il doit passer du côté obscur de la force, soit il doit céder le titre de champion du monde à Daniel Bryan, alors heel. La mort dans l'âme, Phil Brooks choisit de changer d'alignement, même si mécaniquement c'était là une perte sèche en termes de ventes de produits dérivés.

 

En montrant sa bonne volonté, et les sacrifices qu'il consentait pour l'intérêt supérieur de la WWE, Punk espérait décrocher en retour une place en Main-Event de Wrestlemania. Il commença dès lors un lobbying actif auprès de Vince McMahon pour ne pas céder son titre au Rock, et pour faire de la grande affiche de Mania 29 un triple threat entre Rock, Cena et lui. Il était prêt pour cela à perdre de façon ignoble et en cinq minutes, tant qu'il avait enfin voix au chapitre dans ce spot qu'il espérait depuis ses débuts à Stamford. Sans succès.

 

 

Même en petit garçon qui accompagne Cena jusqu'au ring, je suis preneur, n'importe quel rôle, je ferai n'importe quoi !

 

 

Punk se permet alors une incise sur la façon dont fonctionne le booking de la WWE. Il explique que l'écriture des shows repose sur 26 auteurs, même si ceux-ci ne connaissent strictement rien au ring, et que leur propension à prendre certains catcheurs en grippe pouvait s'avérer dangereuse pour le futur immédiat de ceux-ci. Phil Brooks explique que pour lui, la question essentielle en toute chose est de savoir "que se passe-t-il ensuite ?" pour voir où la route le mène. Mais malheureusement, le seul pour lequel VKM demande à ses auteurs "que se passe-t-il ensuite ?" c'est John Cena.

 

Toujours est-il que CM Punk, désormais heel, n'aura pas droit à son Main Event de Wrestlemania. On l'envoie vers le Taker, puisqu'il est acquis qu'il devra céder son titre au Rock. Voilà ce qui préoccuppe alors l'ami CM : il perdra donc sa ceinture historique contre un revenant, qui disparaitra le lendemain, avant de perdre à nouveau à Mania contre un autre quadra disparaissant tout aussi vite. Ces sacrifices pourraient se justifier, s'ils menaient à quelque chose d'autre, de plus grand, ensuite.

 

 

– Bwah ?

– Euh les mecs, c'est pas à ça que je pensais quand je disais "quelque chose de plus grand".

 

 

Sentant que la WWE n'a pas de plans arrêtés, Punk se met en tête de tracer lui-même la route pour son futur, en proposant de devenir le leader d'une forte stable heel. Vince et HHH achètent l'idée, et se proposent de lui accoler Big Show, Daniel Bryan et un catcheur de la FCW. Si CM n'a rien contre Big Show, il ne se voit pas pour autant travailler avec lui, tout comme il estime dommage de l'associer avec Bryan, grillant une cartouche pouvant être utilisée n'importe quand d'un programme entre eux, se comparant lui et Bryan par là-même à Bret Hart et Shawn Michaels.

 

Contre-proposition : Phil Brooks se verrait bien garder cette idée de trois acolytes, mais ceux-ci devraient être Dean Ambrose, Seth Rollins et Kassius Ohno (l'ex-Chris Hero, viré depuis). HHH adhère à l'idée, mais écarte K-O pour le remplacer par Roman Reigns. Puis, peu à peu, il vend l'idée comme la sienne et finit par la déconnecter complètement de CM Punk pour en faire ce que nous connaissons aujourd'hui comme le Shield. Et par simple logique, le second city saint se retrouve sans feud, une fois Mania passé.

 

 

Oh putain, je me disais aussi qu'on avait oublié un truc !

 

 

Finalement, pour Punk, ça ne tombe pas trop mal, puisqu'il sort de Mania blessé au genou, gagnant par la force des choses deux mois de repos. Mais ça n'atténue que fort peu son amertume d'avoir, une fois encore, volé le show et proposé le meilleur match de la soirée, sans pour autant avoir les honneurs du Main Event, avoir pu conserver son titre (il estimait que le Cena/Rock n'avait pas besoin de la ceinture) et atteindre les 500 jours de règne, voire tout simplement percevoir le même salaire que Brock, Rock, Cena, Taker ou HHH en pareille circonstance.

 

Pour le rassurer, VKM lui expliqua qu'au sortir de cette période, il était le heel le plus puissant de la fédération, ce que Punk avait grand peine à admettre — en quoi le fait d'avoir perdu contre deux vieux disparus (Rock et Taker) au lendemain de match pouvait renforcer sa crédibilité ?

 

Toujours est-il que pour la première fois depuis bien longtemps, CM Punk est alors sur son canapé, pendant deux mois, loin de la WWE et de son cirque ambulant, pansant ses plaies et appréciant ce repos. Car c'est là le grand tournant : pour la première fois, le catch ne lui manque pas. Il redécouvre de vieilles passions, va voir du hockey, lit des bouquins, voit des amis… et réalise tout ce qu'il sacrifie en étant sur la route toute l'année.

 

 

Et puis, quand elle est à la maison, il l'a rien que pour lui !

 

 

Mais voilà, son téléphone sonne, et c'est Vince McMahon qui prend de ses nouvelles. Ce n'est pas innocent : la WWE peine à vendre Payback, son PPV devant se tenir à Chicago, et alors que Punk se voyait reprendre à Summerslam (deux PPV plus tard), VKM l'enjoint à accepter un programme avec Chris Jericho dès juin. Contraint et forcé, mais voulant également montrer qu'il était un petit soldat fiable, Punk accepte et le voici de retour sur les rings. Cela le mène à Money in the Bank, dans l'idée de voir Heyman le trahir et lancer une feud qui culminera par un match contre Brock Lesnar à Summerslam.

 

Encore une fois, l'idée ne plaît pas à Punk: il va encore se battre contre un revenant amené à disparaitre jusqu'au Rumble suivant, et encore perdre. Mais, toujours obubilé par l'idée de décrocher son Graal et son Main Event de Mania, Phil Brooks accepte une fois encore de se plier aux desideratas de la WWE. Il note cependant qu'il est le seul, avec John Cena et parfois Randy Orton, à oser ouvrir sa bouche en face du management pour exprimer son désaccord devant tant de catcheurs à temps partiel prenant la lumière des travailleurs méritants du reste de l'année.

 

 

– Punk, Bryan, Cena, Gage-dé du ring, c'est nous le Main Event de Mania cette année !

– Part-timers Rulzzzzz !!

 

 

La chose prend, pour lui, un tour encore plus fâcheux après Summerslam, puisque Brock reparti, la feud se poursuit avec le nouveau Heyman Guy, Ryback. Or, Phil Brooks déteste Ryan Reeves, et CM Punk a un problème avec Ryback depuis le temps où il s'appelait Skip Sheffield. Il rappelle ainsi, que du temps de la Straightedge Society, Skip l'avait blessé aux yeux, poussant Punk à enjoindre Gallows de ne pas retenir ses coups contre cet imbécile.

 

Il l'appelle d'ailleurs ouvertement "steroïd guy", ce que chacun pense, mais peu de gens disent. Il affirme très directement que Ryback lui a coûté vingt ans de son espérance de vie et qu'il lui avait par ailleurs déjà bien froissé la cage thoracique au cours de leurs affrontements du temps ou Punk était champion.

 

Punk demande donc à poursuivre la feud contre Curtis Axel plutôt que Ryback, voulant par-là même aussi participer au push d'un jeune méritant, là où HHH avait passablement écorné l'aura du fils de Mr Perfect. Mais VKM fut intransigeant : ça serait Ryback.

 

 

– Tu vas voir, je suis balaise en MMA.

– Mais c'est du catch abruti, c'est pour de faux !

 

 

Premier match contre Ryback : ce dernier lui porte un Gorilla Press sur une table, mais rate la table et se retrouve à expédier Punk au sol, lui causant des semaines de blessure au pelvis. Suite à ça, CM interpelle le grand affamé dans le vestiaire et lui demande s'il le fait exprès ou s'il est con comme ses pieds : celui-ci lui rétorque qu'en effet, il est con comme ses pieds.

 

Un peu plus tard, Punk se retrouve dans un match par équipes contre Ryback et Axel : le big man lui colle un coup de pied aussi fort que possible dans les côtes, lui causant de nombreuses fêlures.

 

 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces deux là ne passeront pas leurs vacances ensemble !

 

 

Enfin débarrassé de Ryback, Punk subit une commotion cérébrale peu avant le début de la tournée en Europe. Néanmoins, il y reste programmé, et catche donc blessé en de nombreux endroits, avec en plus cette commotion. Heureusement, on le place en duo avec Daniel Bryan contre les Wyatt, lui permettant d'être entouré de gars sûrs entre les cordes. Il est néanmoins affreusement mal, et placé sous antibiotiques et corticoïdes. Le sommet du ridicule sera atteint lors d'un Smackdown où il se défèque dessus en plein match. Il sera d'ailleurs blamé par la WWE pour l'avoir tweeté.

 

A ce stade de sa carrière, CM Punk subit des infiltrations deux fois par semaine pour continuer à être sur la route, et se plaint de plus en plus de ses émoluments. Il veut être traité, au moins salarialement, sur un pied d'égalité avec HHH, Rock, Brock, Taker, Cena. Il se fiche de savoir que Rock ramène prétendument des gens de l'extérieur: lors d'une apparition sur la plus grande scène de l'année, la star c'est Mania, pas le Rock. Il note que quand il a réalisé la meilleure audience de TLC de l'histoire, on en a fort peu parlé, alors que lorsque le Rock a réalisé une mauvaise audience pour son retour, la faute avait été portée sur Miz et Truth. Les puissants arrangent les faits à leur sauce.

 

 

Non, je n'ai pas piqué HHH à Chyna en faisant ma pute mineure, c'est son pénis qui s'est malencontreusement égaré en moi, ces choses arrivent.

 

 

Déjà passablement remonté, Punk découvre qu'une boule se développe dans son dos. Celle-ci ne lui faisant pas mal, le médecin décrète que ce n'est qu'un lipome, et donc rien de bien grave. Si CM voudrait le faire retirer, le médecin, lui, s'y refuse. Il préfère l'assommer d'antibiotiques, sans succès : c'est de pire en pire. Au moment du Rumble, la boule est devenue violette et douloureuse, et si le médecin se résout à la lui retirer, il ne souhaite pas le faire immédiatement pour ne pas compromettre le programme du PPV.

 

Néanmoins, une fois de plus CM Punk part motivé pour le Rumble, dans l'idée de démontrer au management qu'il mérite le Main Event de Mania et que l'alléchant Orton/Batista était une très mauvaise idée. Il fait la tournée des participants au Rumble match, ciblant particulièrement les nouveaux, et leur proposant son aide pour les mettre en valeur. Il conseille Rusev, et le pousse à lui placer un gros move, de ceux qu'on retient. Il décide aussi d'aider Kofi Kingston : ce spot lui coûtera une commotion, dont il fait part au corps arbitral. Un peu plus tard, un officiel vient lui annoncer que Kane va le sortir du match.

 

 

Donc je vais perdre, à cause de l'ultimate jobber ? Monde de merde, je préfère me barrer.

 

 

Après le match, le PPV fini, les médecins veulent lui faire faire des tests, incluant un test urinaire anti-drogues, que Punk trouve particulièrement déplacé. Alors que d'autres membres du board voulaient par ailleurs lui faire signer des papiers pour les visas des tournées à venir, CM estime la coupe pleine et demande à s'entretenir avec VKM et HHH. Une fois les trois réunis dans une pièce close, il leur dit qu'il veut être soigné, vraiment, qu'il n'a plus le feu sacré, qu'il n'a plus ni passion ni motivation. Il critique leur décision de faire revenir Batista en tant que face, disant que Batista lui-même (ils sont proches) savait que c'était une idée affreusment mauvaise. Il rappelait à Vince ses paroles, et les trois services qu'il lui devait pour toutes les promesses faites au fur et à mesure des dernières années.

 

Pour lui, maintenant, c'était le main event de Mania ou rien : si la WWE maintenait ses plans de l'envoyer contre HHH, loin des honneurs du dernier match, il demandait son renvoi sur le champ. VKM tenta alors de lui expliquer que se battre contre HHH était de fait un main event, mais pour Punk c'était parfaitement irrecevable. HHH lui avait déjà volé une bonne partie de son momentum en 2011, aujourd'hui, ce n'était pas Punk qui avait besoin de HHH mais HHH qui avait besoin de Punk pour s'assurer un bon match à Mania. Punk note au passage que HHH ne l'a d'ailleurs jamais tenu en haute estime.

 

 

OK, j'ai dit qu'un balai ferait mieux que toi, mais tu prends tout mal aussi, je parlais pas de n'importe quel balai : je parlais d'un balai vachement fort, avec manche renforcé, tu vois que c'était un compliment !

 

 

Tant qu'il en était à asséner des vérités, Punk expliqua au gendre et au grand patron que cette année était celle de Bryan, et que c'était lui qui devait faire le Main Event de Mania (si pas Punk) et non Orton ou Batista. Pour renforcer son argumentations, CM l'enrichissait d'une métaphore : les joueurs d'AHL doivent jouer avec les joueurs de NHL pour progresser, rappelant au passage tout le problème de l'ascenseur social cassé de la WWE.

 

En conclusion de cette discussion, CM Punk demanda à être viré, étreignant Vince McMahon et serrant la main de HHH : pour lui, son histoire à la WWE se terminait sur le Chokeslam reçu de Kane sur la table des commentateurs.

 

 

This is the end

 

 

Une semaine plus tard, CM Punk rapporte un coup de fil du grand patron. VKM l'appelle pour lui demander si ça va mieux, ce à quoi Punk lui répond que non, sa boule en bas de dos demeurant hautement douloureuse. Sur les conseils d'AJ, il se décide à aller voir un médecin autre que celui de Stamford pour lui montrer le bubon violacé. Ce dernier se révèle assez alarmant et très clair : il souffre d'une infection aux staphylocoques, et il faut intervenir rapidement pour la lui retirer. Loin devant ses autres blessures ou ses tatouages, Punk rapporte l'épisode comme l'expérience la plus douloureuse de sa vie, au cours de laquelle il a sué comme jamais. Une fois la boule éliminée, il a été placé trois mois sous antibiotiques puissants et ciblés, tandis que l'honmme en blanc fut clair : il aurait pu en mourir.

 

Avec un louable sens de l'à-propos, VKM envoie alors un texto à CM Punk pour l'informer qu'il est suspendu deux mois, ce qui le mène jusqu'au lendemain de Wrestlemania. A la fin des deux mois, il ne reçoit cependant aucune nouvelle de la fédération de Stamford, pas davantage que le chèque pour ses royalties sur le merchandising. Il s'en inquiète donc auprès de la WWE, qui l'informe que son chèque est sur le bureau de leur service juridique. Pendant des jours, personne ne répond à ses coups de fil ni ne l'appelle en retour de ses messages. Ce petit jeu dure des semaines, il décide alors de contacter la direction des ressources humaines, sans plus de succès.

 

 

Les braves petits ont du aller se coucher, je ré-essayerai demain !

 

 

Punk choisit de laisser courir un peu, et se concentre sur son mariage. Le 11 juin, HHH lui envoie un texto pour lui demander s'il a du temps pour parler, Punk lui répond que non, qu'il se marie dans deux jours, mais qu'il sera ravi de discuter avec lui au retour de sa lune de miel. Il ajoute que dans l'attente, il aimerait toucher son chèque qu'il demande depuis deux mois.

 

Le jour de son mariage, il reçoit un recommandé l'informant qu'il est viré de la WWE — curieux sens du timing pour un VKM qui disait que Punk faisait partie de sa famille… Dans ses papiers de licenciement, CM découvre une clause qui le fait sourire : il ne peut pas faire d'UFC, en vertu des conditions de non-concurrence. A ce jour, Phil Brooks est le seul avec Alberto Del Rio à avoir mentionné pareille clause.

 

 

Donc, c'est pas assez respectable pour y faire une apparition, mais trop dangereux pour qu'on leur refile les mecs qu'on a virés ? C'est pas antinomique comme argumentation ?

 

 

Punk ne compte pas se laisser faire. Il embauche un avocat particulièrement procédurier, afin de s'en tirer au mieux. La WWE lui propose de régler l'affaire à l'amiable, mais il estime qu'il n'est plus temps pour ça, alors que la fédération de Stamford vient de diffuser un  show en direct de Chicago, au cours duquel ils l'ont traîté de lâcheur, dans sa ville natale, après l'avoir viré le jour de son mariage.

 

Alors que la WWE craignait de le voir filer à la TNA, Punk par la voix de son avocat fut on ne peut plus clair : aujourd'hui le catch le dégoûte, il n'a donc aucune envie de replonger ailleurs. Néanmoins, Phil Brooks est très clair, il n'a plus aucune relation professionnelles avec la WWE et n'en aura plus jamais à l'avenir.

 

 

Des relations sexuelles par contre…

 

 

Le contentieux judiciare va prendre une tournure favorable pour Punk, la WWE mesurant combien elle a à perdre dans une lutte majeure et médatique contre quelqu'un d'aussi solidement armé que le straightedge savior. C'est en effet tout le chateau de cartes du business model de la fédération et de ses catcheurs travailleurs indépendants qui se trouverait menacé. Néanmoins, Punk ne se voit pas en Zorro suprême, il a obtenu par son avocat ce qu'il demandait de Stamford, et estimé que sa nouvelle vie lui convenait : avoir le loisir de faire ce qu'il veut de ses journées et profiter de ses passions. Sa tranquilité avant tout.

 

Au final, il juge avoir échoué dans le monde du catch, puisque son objectif était de faire le Main Event de Wrestlemania. Mais il considère aujourd'hui avoir une belle vie, et c'est pour lui l'essentiel. Il ne se présente pas comme un hater de la WWE, il a toujours de bons amis qui y travaillent (dont sa femme), et n'a jamais voulu se répandre dans les dirtsheets, se voulant loyal jusqu'au bout.

 

 

Même si à un moment donné, autant de griefs, ça devait sortir d'une façon ou d'une autre

 

 

En conclusion de ce podcast, CM Punk explique qu'il n'a aujourd'hui rien contre ses fans, bien au contraire, mais qu'il leur demande d'être respectueux envers lui en retour.

 

Pour preuve de sa bonne volonté, et afin de continuer à tisser ce lien si particulier qu'il avait fait naître avec les audiences live, Punk et Cabana promettent une suite à cet entretien, et ce dès la semaine prochaine. En effet, le Second City Saint répondra aux questions posées par mail, l'occasion d'aller sans doute encore plus loin dans la nébuleuse WWE et d'entendre un peu plus de mal de HHH et de Ryback. Et pour vous, quelles questions restent en suspens ?

 

 

Est-ce que je serai présent au prochain Rumble? Excellente question, je vois que vous avez bien écouté ce que je viens de dire!

 

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