Catch

Luchavo Underground

I'm going deeper underground

There's too much panic in this town!

Jamiroquai, Deeper Underground

 

Puisque vous voilà maintenant plus familiers de la fédération naissante, c’est avec joie que je vais vous conter la suite des aventures de Lucha Underground. Pour tenter de rattraper notre léger retard sur la diffusion, je vous propose un condensé des épisodes 2 et 3, qui s’articulera de la façon suivante : l’évolution des deux grandes storylines en cours, puis un panorama des nouveautés apportées par le programme.

 

 

Certains, quand ils s’estiment mal traités par la WWE, rentrent à la maison et se plaignent dans le podcast d’un pote. Johnny, lui, a choisi de devenir roi du nouveau monde !

 

 

Nalyse de Lucha Underground des 5 et 12 novembre

 

 

 

La vengeance de Johnny Mundo

 

Le 5 novembre, après un rappel des événements de la semaine précédente, The Crenshaw Crew est dans le ring et chacun se présente : Cortez Castro, Cisco et enfin Big Rick (pour mémoire, l’ex-Ezequiel Jackson) qui se désigne comme le boss du trio. Il affirme que Johnny Mundo a pu voir à qui il avait réellement affaire. Quand on parle du loup… Mundo se précipite sur le ring et dispose facilement des acolytes de Big Rick. Ce dernier a préféré aller observer la scène depuis les gradins, cigare au bec. Alors que Castro et Cisco tentent de revenir avec des chaises, Prince Puma débarque pour apporter son soutien à Johnny. C’est alors que Dario Cueto, le propriétaire, apparait micro en main pour annoncer que la situation impose la tenue d’un tag team match playa !!

 

Si le mode Captain Obvious peut prêter à sourire, en voilà une idée qu’elle était bonne ! Les quatre hommes nous ont livré un match de folie dont le mérite revient surtout à la paire Mundo/Puma. Encore une énorme performance qui m’a littéralement assis. Sans vous décrire en détail le match, je retiendrai particulièrement quelques mouvements : un genre de Corckscrew Moonsault de Puma à l’extérieur de ring et un astucieux combo difficile à expliquer. En fait, le félin masqué a emboîté ses deux adversaires en position DDT avant de porter un Neckbreacker sur le premier qui automatiquement emportait le second en DDT dans sa chute. Le duo de voltigeurs fous l’emporte sur un double 450° exécuté simultanément. Ces deux-là sont vraiment les grandes stars du programme pour l’instant.

 

 

– A la une, à la deux, à la t…

Attends Puma, corsons la difficulté : je prends le tien et tu prends le mien.

C’est bien ce que j’avais prévu.

– Mais quel poseur ce type…

 

 

Un peu plus tard, dans le vestiaire décrépi de Lucha Underground, Konnan conseille son protégé Prince Puma. Les problèmes de Mundo ne sont pas les siens. Si le soutien de Puma est louable, ce n’est pas son ami. Ici, Konnan est son seul ami. Puma ne dit mot mais ne consent pas. Il va devoir choisir son camp dans les futurs épisodes.

 

La semaine suivante, on retrouve Dario Cueto dans son bureau dont l’entrée est gardée par les membres de la Crenshaw Crew, Castro et Cisco. Johnny Mundo apparait fièrement dans le couloir tous abdos dehors. Il veut voir Cueto et ce ne sont pas ces deux-là qui l’en empêcheront. Une petite scène de combat, à base de plans ralentis, plus tard, et Johnny surgit dans le bureau du boss. Le passé c’est le passé, tout ce qu’il veut c’est affronter Big Ryck en un contre un. Dario acquiesce d’un sourire en coin. Si c’est ce qu’il veut, il lui offre le main event la semaine prochaine. Mundo repart satisfait non sans avertir son boss qu’une fois qu’il en aura fini avec le meneur de la Crew, ce sera son tour.

 

 

Dario Cueto est tellement méchant qu’on devine rien qu’en voyant sa gueule qu’il est en train de caresser un chat hors champ.

 

 

Il y a décidément du va et vient dans ce bureau puisque quelques instants plus tard c’est l’ex-Ezekiel Jackson, des liasses de billets plein les mains, qui traite avec l’homme d’affaires. Ce dernier déclare que peu importe combien ça lui coûtera, la semaine prochaine le gros Ryck doit détruire Johnny Mundo.

 

La storyline s’installe tranquillement. Le main event du prochain épisode sera capital car il est évident que notre « JoMu » bien aimé aura du mal à se défaire de la Crew s’il est isolé. Que fera Puma ? Décidera-t-il de l’aider ? Suivra-t-il les conseils de Konnan en le laissant tomber ? Ou bien, plus improbable, se retournera-t-il carrément contre lui ?

 

 

Power Man semble en tout cas certain qu’Iron Fist sera une fois de plus de son côté.

 

 

 

Chavo Guerrero trace sa route

 

Si Mundo et Puma sont pour l’instant présentés comme deux éléments incontournables du programme, Chavo Guerrero n’est pas en reste, se trouvant également au centre de toutes les attentions. Il est tout d’abord associé à Sexy Star dans un match par équipe mixte les opposant à Son of Havoc et sa compagne, Ivelisse. Cette dernière, qui fait ses débuts à LU ce soir, a été aperçue à WWE Tough Enough en 2011, où elle a dû abandonner pour cause de blessure, puis à la TNA entre 2012 et 2013. Mais c’est particulièrement lors de son passage à la SHINE qu’elle a fait la plus forte impression avec un règne de championne à son actif. Le combat n’est pas déplaisant même s’il souffre de la comparaison avec l’opener. Le règlement des matchs mixtes est cependant assez rafraîchissant pour un suiveur comme moi de la WWE puisque hommes et femmes peuvent s’affronter dans le ring. Ainsi, on a vu tour à tour Ivelisse face à Chavo et Sexy Star face à Son of Havoc. Finalement Chavo place un Frog Splash sur son homologue masculin et offre le tombé à Sexy Star pour laver l’affront de la semaine dernière. C’est tout ? Attendez, la suite arrive.

 

 

Chavo wins ! Chavo wins ! Chavo wins !

 

 

Le Main Event met aux prises Blue Demon Jr à Mil Muertes, dont l’arrivée avait été teasée par Dario Cueto dans l’épisode précédent. Le nouveau venu nous a d’abord été présenté par une vignette bien flippante annonçant la mort par milliers. Puis dans un segment en coulisse, son valet Catrina (ex-Maxine à la WWE) est venue déstabiliser le démon bleu en lui proposant un avant-goût de la mort ; une léchouille sur la bouche. Ça n’a pas l’air si terrible en fin de compte ! En tout cas Karlee Perez est parfaite dans son rôle de femme inquiétante et libidineuse.

 

 

Je savais que tout ce que j'ai appris à NXT finirait par me permettre de percer dans le catch !

 

 

Quand Mil Muertes fait ses premiers pas sur le ring, je m’aperçois qu’on a affaire à un sacré morceau. Je commence à m’imaginer ces deux beaux gabarits faire preuve d’une aptitude aérienne insoupçonnée. En fait non. Le match fut lent et chiant. Pour sa première, on ne peut pas dire que le prince de la mort m’ait tapé dans l’œil. Idem pour Blue Demon qui livre pour la deuxième semaine consécutive une performance bien terne. Mais l’intérêt ne résidait pas vraiment dans cette confrontation. Lorsque Mil Muertes remporte la victoire d’un Flatliner, comprenez un STO inversé (vous voyez le finisher de R-Truth ?… bah pareil !), il veut en finir une bonne fois pour toutes avec son adversaire. Mais Chavo accourt pour secourir la légende mal en point… avant de lui asséner un coup de chaise en pleine tête. Il se débarrasse ensuite de quelques gêneurs tentant d’intervenir mais bientôt Sexy Star surgit pour s’interposer. Chavo s’énerve des supplications de la luchadora et… HOLY SHIT !!! Coup de chaise énorme dans la face de la Mexicaine qui s’écroule sur le ring ! Chavo célèbre son carnage seul au milieu de ring sous les « Enculo » du public, tandis que Blue Demon est conduit à l’hôpital.

 

 

Toi, tu vas prendre pour vingt ans d’humiliations.

 

 

L’ami Chavo ne s’arrêtera pas là. La semaine suivante, il s’immisce dans un nouveau match qui nécessite une petite présentation des combattants. Le premier est introduit par Dario Cueto en personne. El Mariachi Loco est un lutteur qu’il a rencontré dans un restaurant mexicain et qui joue de la trompette. Euh, ouais… je n’ai pas trop saisi le délire là ! Et ça ne va pas s’arranger avec l’arrivée de son adversaire, Mascarita Sagrada. Je n’ai pu m’empêcher de rire quand je l’ai vu débarquer sur la musique de Two Steps from Hell qu’on peut entendre dans de nombreuses bandes annonces. Kitch à souhait. Puis une deuxième fois quand je me suis enfin aperçu que le luchador faisait près d’1m30. Notre mini-catcheur a travaillé dans le monde entier et notamment au Mexique (AAA/CMLL) et aux US (WWE/TNA). Comme souvent au Mexique, Mascarita Sagrada est en fait un personnage qui peut donc être campé par plusieurs catcheurs. Par exemple, le sympathique Tororigolo a joué ce rôle avant de signer à la WWE. Cependant, il s’agirait ici de l’original, considéré comme l’un des plus talentueux dans la catégorie miniature.

 

 

Au royaume des lilliputiens, les nains sont rois.

 

 

Bref, le combat tient plus du comedy match que de la performance catchesque mais on ne peut pas enlever au petit luchador des capacités athlétiques certaines. Du reste, il obtient la victoire sur un roll-up mais sa célébration tourne court quand Chavo intervient pour lui régler son compte, tout à son nouveau rôle de heel.

 

 

Rien de personnel, nabot. C’est juste que depuis Hornswoggle, je ne peux pas m’empêcher de massacrer chaque nain que je croise.

 

 

Les retournements chocs c’est bien, mais il ne faut pas oublier de les justifier et de les rendre compréhensibles par le public. Ça, ils l’ont bien compris à Lucha Underground. C’est pourquoi ils nous diffusent une interview de Chavo menée par Vampiro afin qu’il s’explique sur ses agissements. Chavo déclare que tous les membres de sa famille sont des légendes mais il en a assez d’être le porte-drapeau de la Familia Guerrero. Cette fois il veut faire les choses à sa façon. Vampiro lui rappelle les faits. Lors de son premier match, il avait la possibilité de montrer au monde la supériorité des Guerrero sur la dynastie des Blue Demon. Et qu’a-t-il fait ? Il a abandonné. La semaine suivante il se retourne contre lui et l’envoie à l’hôpital. Chavo rétorque que Blue Demon Jr ne doit son statut de légende qu’à son père. Il vit sur son héritage mais n’a jamais rien fait par lui-même. Chavo est ici pour devenir une star et ne veut plus être considéré comme "l'adversaire de". Puisque Dario Cueto veut de la violence, Chavo va lui en donner.

 

 

This is my time ! I’m a main event playa ! Pourquoi tu glousses ?

 

 

Le dernier acte se déroule en coulisse où Konnan rencontre Chavo. Il le considère comme sa famille mais le met en garde. Au Mexique, ils ont découvert ce qu’il avait fait à Blue Demon et découvriront bientôt ce qu’il a fait à Mascarita. La Raza est en colère et il lui conseille de disparaître. Quelques instants plus tard, Mil Muertes fait volte-face à Chavo puis Catrina lui murmure qu’il a pris quelque chose qui ne lui appartient pas. Mil Muertes n’oublie jamais. Bientôt Chavo lui appartiendra. Elle disparait non sans lui avoir donné la léchouille de la mort.

 

Un programme dense pour Chavo et je me demande où cela va le mener. L’effort de construction est appréciable, notamment l’interview bien menée et montée de façon dynamique. Seule l’attaque du petit Mascarita reste un peu mystérieuse. En tout cas, Chavo s’est mis un bon paquet de gens à dos. A voir s’il aura les épaules pour tenir son rang.

 

 

Ciblé par les cartels mexicains, aux prises avec une mystérieuse femme fatale, tueur de légendes et de nains, héros d’une storyline captivante… Chavo sait bien que tout cela n’est qu’un rêve, mais espère de toutes ses forces qu’il se réveillera le plus tard possible.

 

 

 

Le reste

 

Si ces angles scénaristiques composent une bonne partie du programme, d’autres évènements se sont déroulés à Lucha Underground. Tout d’abord, Mil Muertes a catché dans un second match face à un certain Ricky Mandell. Ce fut un bon gros squash des familles, histoire de confirmer son statut de big monster. Néanmoins, je suis bien incapable de savoir actuellement ce qu’il vaut vraiment dans un ring. Une vignette pré-match a également été diffusée. On n’y apprend qu’il perdit toute sa famille dans le terrible tremblement de terre de Mexico en 1985. Alors âgé de sept ans, il fut lui-même enterré vivant sous les gravats mais survécut (ben ouais sinon il serait pas dans le ring de la LU vingt-neuf ans plus tard). Quand il émergea des décombres, il n’était plus le petit Pascual Mendoza. Il était devenu Mil Muertes, un être implacable apportant la mort et le froid. Concernant le vaincu du jour, je n’ai quasiment aucune information sur qui il est, ni comment il s’est retrouvé là. De toute façon, on n’est pas près de le voir jouer les premiers rôles. Aura-t-il seulement un rôle régulier ?

 

 

Les origines de Mil Muertes telles que présentées par LU. Lui reste plus qu’à se faire surnommer le démon préféré du Diable.

 

 

Sans transition, Konnan et Dario Cueto discutent business dans le bureau du boss. Konnan, toujours à la recherche de nouvelles superstars, affirme avoir ramené trois perles du Mexique : Fenix Jr, Pentagon Jr, et Drago. Cueto décide alors que les trois s’affronteront ce soir et que le meilleur gagne.

 

Nous retrouvons d’ailleurs le propriétaire de Lucha Underground sur le ring quelques minutes plus tard. Il paraitrait que certaines personnes se soient plaintes du manque de Lucha Libre dans le show. Ça tombe bien : ce que les gens demandent, Dario leur donne.

 

 

Enfin, dans certaines limites, hein. Heureusement qu’ils se sont pas plaints du manque de conférenciers spécialistes de physique quantique, par exemple, j’aurais été bien emmerdé.

 

 

Cela nous amène donc à ce Triple Threat de haute voltige entre trois luchardors stars en provenance directe de la AAA. Petite présentation rapide des protagonistes : Fénix est considéré comme l’un des jeunes les plus prometteurs de la AAA, souvent comparé à Rey Mysterio. Son catch possède également quelques influences japonaises qu’il a acquises lors de ses apparitions au pays du soleil levant. Un petit bémol cependant, sa tenue me fait plus penser à un gros poulet qu’à l’oiseau mythologique mais bon. Pentagón est, quant à lui, incarné par le frère de Fénix dans la vraie vie. Dans l’univers de la Lucha Libre, Pentagón est le jumeau maléfique de Octagón et par conséquent classé théoriquement dans le camp des heels (un rudo au Mexique). L’homme derrière ce masque est lui aussi considéré comme l’un des tout meilleurs high flyers au monde. Enfin Drago, au look immanquable, est le vétéran des trois. Il travaille pour la AAA depuis le début des années 1990 mais son personnage actuel a été créé en 2011. Les spectateurs de Lucha Libre ont pu le connaitre sous les noms de Alan ou encore El Gato.

 

 

Cosmo, cosmo, cosmo, COSMOCATS!

 

 

Le combat en lui-même est une nouvelle pépite à regarder sans modération. Les trois hommes nous livrent de l’action à cent à l’heure et des mouvements tout à fait spectaculaires et jamais vus si, comme moi, vous avez l’habitude de suivre uniquement la WWE où bon nombre de ces prises seraient littéralement interdites. Le sommet du match est atteint quand Fénix s’élance sur ses adversaires depuis le haut des gradins. On ne peut que regretter l’absence de ralentis qui auraient magnifié ce spot, d’autant que je me dois à nouveau de pester sur l’angle de vue choisi. Fénix a clairement été mis en avant ce soir et c’est lui qui rafle la victoire après une sorte d’Inverted Huricanrana. On en redemande, même si je dois admettre que ma préférence va pour l’instant aux matches impliquant Mundo et Puma. On a pu voir quelques problèmes de précision ici et là, et les mouvements n’étaient pas aussi fluides et francs que ceux pratiqués par les deux susnommés. Ce qui n’engage que moi bien sûr.

 

 

 

Pom pom pom, joyeux Noël!

 

 

Au final, LU s’affirme et prend en densité, installant les premières storylines. Le roster est pour l’instant très bien géré en établissant un peu plus les têtes déjà impliquées dans les histoires en cours tout en nous présentant de nouveaux lutteurs avec parcimonie. Cette maitrise m’impressionne mais n’oublions pas que l’enregistrement des shows y est pour beaucoup. Avoir du temps sur la table de montage pour une émission d’une heure n’a rien à voir avec la gestion d’un direct de trois heures chaque semaine. D’autre part, si j’avais été un peu critique sur la réalisation, à laquelle je me suis finalement habitué, je dois avouer en revanche que les vidéos promotionnelles des lutteurs font sacrément leur petit effet.

 

 

Oh oh. Ils ont réveillé la Crampe.

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