Catch

Tout ce qui brille…

Plus je connais les hommes, plus j'aime les femmes.

Francis Blanche

 

Nous le savons tous : le catch féminin n'est qu'un parent pauvre du vrai catch, celui des hommes. Les lutteuses sont des modèles avec des seins siliconés et un talent in ring inversement proportionnel à leur tour de poitrine, dont les matchs, heureusement brefs, sont emplis de botchs et dont le finisher est un rollup mal exécuté. La WWE l'a bien démontré depuis longtemps. Pourtant, quelques lutteuses semblent aller à l'encontre de cette image véhiculée par le catch mainstream : on en voit quelques-unes à la WWE, à NXT ou à la TNA. Mais ce n'est pas là qu'on trouvera l'Eldorado du catch féminin loin de là. Savez-vous quel est le point commun entre ces lutteuses (et j'espère ne pas en oublier) ?

 

WWE : Beth Phoenix, Katie Lea Burchill, Natalya, Paige, Kharma, Emma

NXT : Bayley et Becky Lynch (et Blue Pants si ça compte)

TNA : Roxxi, Awesome Kong, Winter, Raisha Saeed, Alyssa Flash, Hamada, Sarita, Daffney, Brittany, Havok, Madison Rayne, Taylor Wilde, Toxyn.

 

 

Bingo !

 

 

Présentation de la Shimmer

 

 

Vous noterez qu'on ne parle pas ici de divas mais de « women athletes ». La différence est importante, à tous points de vue. Shimmer a cela de particulier parmi les fédérations indy féminines qu'elle entretient de bonnes relations de travail avec la grande majorité des autres partout dans le monde et que quasiment toutes les meilleurs mondiales passent ou sont passées par Shimmer. Une exception toutefois : les luchadoras.  Je ne sais pas si elles sont nombreuses sur la planète mais il n’y a pas de Mexicaines à Shimmer, à ce jour en tout cas. Par contre, en plus des Nord-Américaines (USA et Canada), on trouve des Européennes (Angleterre, Écosse et Irlande), des Océaniennes (Australie et Nouvelle-Zélande) et des joshi japonaises.

 

Si bon nombre de ces jeunes femmes sont physiquement intelligentes, et donc WWE-compatibles, ce n'est pas le cas de toutes et ce n'est pas forcément le plus important. Elles sont bien entraînées, expérimentées et leurs movesets qui n'ont pas à rougir de la comparaison avec ceux des hommes. J'ai en outre l'impression que les lutteuses sont généralement moins spécialisées dans un style unique que leurs homologues masculins. Et que dire des finishers : Vertabreaker, Burning Hammer, power bombs, 450 splash…

 

 

Du sang aussi, mais très rarement.

 

 

Présentons brièvement la fédération. Présidée par Dave Prazak, elle réalise quasiment tous ses enregistrements dans un gymnase, le Berwyn Eagles, à Berwyn, Illinois, près de Chicago. Il y a deux enregistrements par an, où quatre volumes sont tournés en un week-end, plus un show en iPPV lors du Wrestlecon tenu le week-end de Wrestlemania. Les ressources sont donc la billetterie et la vente de DVD, neuf par an à 15$ l'unité (plus les frais de port peu élevés surtout quand on commande par packs de quatre). Chaque épisode comprend dix à douze matchs en général, pour une durée de dix à vingt minutes (quelques matchs peuvent dépasser, par exemple un 2/3 falls a duré près de quarante minutes) chacun. Chaque DVD fait aux alentours de trois heures, souvent plus. Les promos sont généralement très courtes, à de rares exceptions près. Les commentaires sont faits post tournage (sauf iPPV) par Dave Prazak (face) et une lutteuse, presque exclusivement Portia Perez (heel), qui est très à l'aise au micro, et plus récemment Veda Scott (face).

 

Les nouvelles arrivées commencent en opener voire en pré-show (Sparkle) puis peuvent progresser si elles démontrent leur talent et sont bien reçues par le public. Il n'y a pas et ne peut y avoir de roster fixe, mais une rotation de lutteuses avec quelques très régulières. Le record est détenu par Cheerleader Melissa qui a eu 62 matches et une intervention en 63 épisodes que j'ai pu voir. Concernant les équipes, elles sont généralement composées de deux lutteuses qui s'associent régulièrement mais très peu ont une vraie identité d'équipe : deux exceptions notables, les Canadian Ninjas, anciennes championnes, et les Global Green Gangstas (3G), championnes en titre.

 

Les storylines sont généralement simples et courtes, se limitant à un enregistrement. Des feuds importantes, essentiellement pour les titres (un titre individuel et un par équipes),  peuvent se développer plus longuement. Les matchs à stipulation sont rares et liés à des storylines qui le justifient : ils gardent donc un impact important. Pas de comedy match à part, mais des moments de comédie parfois dans certains combats.

 

 

Et ces demoiselles ne négligent pas d'employer des artifices divers, ici un kendo stick, pour arriver à séduire l'audience.

 

 

Pour vous présenter un peu le roster et vous montrer à quoi ressemble un épisode, je vais prendre en exemple le volume 63 pour la simple et bonne raison que c'est le dernier que j'ai reçu. J'écrirai l'article parallèlement à mon visionnage. Cet épisode sort de l'ordinaire par le nombre de matchs (12 combats sur 3h20, 5 matchs en première heure, 4 en seconde et 3 en dernière) et l'absence de title match (les titres sont défendus deux à quatre fois par week-end). Je m'attarderai un peu sur les lutteuses les plus notables car il y a trente lutteuses présentes sur cet épisode et je ne pourrai toutes les présenter d'autant que je connais mal les plus récemment arrivées.

 

 

Une absente de marque sur ce taping, la ravissante Australienne Jessie McKay.

Pour quoi montrer sa photo alors ? Je ne sais pas, je vous ai dit qu'elle était ravissante ?

 

 

L'opener est international vu qu'il oppose la Néo-Zélandaise Evie (face) à l'Irlandaise Rhia O'Reilley (heel). Il s'agit d'une opposition de styles assez classique entre la face athlétique, avec un moveset largement basé sur les coups de pied, et la heel avec un style beaucoup plus physique. Le match est essentiellement dominé par la heel, avec quelques brefs moment de résistance d'Evie. Rhia tente un superplex mais se fait contrer et reste coincée dans les cordes. Evie en profite pour effectuer un double footstomp sur sa poitrine et obtenir le tombé.

 

Rhia, on t'a déjà dit que ce n'était pas un match en Ultimate Surrender.

 

 

Après un segment de Jessicka Havok qui promet à son adversaire une destruction totale, on passe au second match entre la vétéran Nevaeh (heel), qui a été la première championne par équipe avec Ashley Lane (Madison Rayne), et la jeune Christina Von Eerie (face), qui a  fait un bref passage à la TNA sous le nom de Toxyn avec Ink inc. Personnellement je ne suis pas un grand fan de la punkette, même si j'apprécie qu'elle se soit enfin débarrassée de cette horrible crête verte. Le vocabulaire de CVE est essentiellement limité à un borborygme infâme : Oy Oy Oy ; son niveau in ring est limité aussi (relativement au talent des lutteuses de Shimmer, pas des divas). Victoire de Nevaeh sur un Death Valley Driver.

 

Le troisième match permet de voir en action une première lutteuse de renom. Jessicka « Death Machine » Havok est un grand gabarit pour une femme : 1,83m pour 77 kg. Elle a débuté à la TNA, où elle a d’ailleurs gagné le titre, mais continue d’apparaître en indy, comme à la Shimmer. Elle fait partie des rares femmes à pouvoir endosser le rôle de big woman, avec un look suffisamment intimidant pour être totalement crédible. Elle catche donc généralement en heel. Elle est toutefois nettement plus mobile que les monster heel masculins, plus proche d'un Rusev que d'un Big Show.

 

 

Pour les expressions, il faut encore travailler un peu toutefois.

 

 

Son adversaire du jour est l'Écossaise Kay Lee Ray, « the Hardcore Daredevil ». C'est une nouvelle arrivée, et comme son surnom peut le laisser penser, elle a un style athlétique avec quelques mouvements de high-flyer. Le high fly est un peu limité car le public est assez proche du ring et le sol n'est pas couvert de tapis mais de parquet. Une paire de suicide dives cependant dans ce match dont un contré par un coup d'avant-bras de Havok. Le finish intervient alors que Kay Lee monte sur la troisième corde pour un move de high-fly mais se fait attraper par la gorge et chokeslammer pour le compte de trois.

 

Après un segment des Canadian Ninjas où Portia Perez fait une crise de jalousie à sa consœur Nicole Matthews suite à un match en tag avec Madison Eagles lors de l'iPPV en l'absence de Portia, on passe à Marti Belle (heel) Vs Courtney Rush (face). Marti fait sa première apparition et Courtney est de retour après une blessure. Courtney Rush est une de mes préférées. Elle est très énergique, enthousiaste parfois à l'excès et très sympathique en apparence. Elle est plutôt technique, avec beaucoup de souplesses à son arsenal. Son finisher, la Skyward Suplex, est un Olympic (ou Angle) Slam. Elle a été très brièvement championne en tag team avec Sara del Rey, sous le nom de Queens of Winning ou Death Rush, mais le départ de SDR à NXT a stoppé net l'équipe qui avait une dynamique très intéressante.

 

Évidemment, le match va totalement à l'encontre de ce que j'ai annoncé. Après un début tourné sur la comédie, il y a pas mal d'échanges de prises de type soumission. Marti prend l'avantage en se concentrant sur l'épaule blessée de Courtney (ben oui, il peut y avoir de la psychologie sur un match féminin!). Du coup Courtney échoue à placer ses souplesses. Mais sous l'effet de l'adrénaline, elle parvient à en effectuer une en fin de match, avant de placer un Sharpshooter, pour la victoire par soumission. C'est la première fois que je la vois gagner avec cette prise. Changement de moveset suite à la blessure, ou simplement selling passager de sa blessure ? L'avenir nous le dira.

 

 

Je vous laisse imaginer un sous-titrage de cette image. Étrangement, il y a beaucoup d'images dans ce genre sur le DVD qui pourraient surprendre.

 

 

Nous passons maintenant à un premier match en tag team : Kimber Lee et Cherry Bomb (aka Kimber Bomb) Vs Leva Bates et Veda Scott. Cette seconde équipe est toute nouvelle car l'équipière habituelle de Bates, Allison Danger, a pris sa retraite. Leva Bates, que certains connaissent aussi sous le charmant pseudo de Blue Pants à NXT où elle s'est fait squasher deux fois par Carmella, est une geek qui utilise un costume différent à chaque match. Cette fois, elle entre avec une tenue de Rogue (elle avait fait Gambit à la Nouvelle-Orléans au WrestleCon). Il y a donc bien entendu un moment de comédie dans le match où elle enlève un gant et applique un claw pour absorber la force de Kimber Lee. Leva assomme accidentellement Veda d'un dropkick de la troisième corde esquivé par Kimber Lee, permettant à Cherry Bomb d'appliquer à Veda un Codebreaker suivi d'une German Suplex de Kimber pour la victoire des heels.

 

 

Le nom d'équipe est bien placé pour attirer l’œil.

 

 

Rogue aka Blue Pants aka Leva Bates et Veda Scott.

 

 

Dernier match sans gros enjeu et déséquilibré de la soirée, Heidi Lovelace Vs Madison Eagles. Si Lovelace est une nouvelle, Madison Eagles a été championne Shimmer pendant 539 jours, classée n°1 mondiale par PWI en 2011. Mais après sa perte de titre aux mains de Cheerleader Melissa, elle a dû arrêter sa carrière pendant un an et demi à cause d'une très grave blessure. Elle a repris le catch à temps plein début 2013 après avoir récupéré et eu son troisième enfant. Cette Australienne a un physique très inhabituel ; c'est la plus grande femme du roster (1,85m) mais elle est très mince et n'est donc pas vraiment une big women. Elle sait à peu près tout faire (sauf le high-fly) : catch technique, brawl, power moves, comédie… Ce n'est pas pour rien qu'elle a été championne aussi longtemps. Son finisher habituel, Hellbound, est une variante du Death Valley Driver dans laquelle la nuque de l'adversaire atterrit sur son genou, ce qui en fait un finisher très crédible.

 

Son alignement est discutable, plutôt heel mais dans un style assez particulier. Elle utilise depuis plusieurs mois une fourchette pour menacer ses adversaires. Comme du coup elle est surveillée par les arbitres, elle a ici fait accuser son adversaire en lui mettant la fourchette dans la main lorsqu'elle se sont serré la main. Match plus serré que sur le papier mais Heidi se fait contrer sur un frog splash par les genoux de Madison et doit abandonner sur une soumission inédite.

 

 

Après la femme-tronc, voici la femme-jambes.

 

 

Et on passe enfin aux choses sérieuses, avec des matchs plus équilibrés, plus longs et avec de l'enjeu en upper card. Tomoka Nakagawa est une des membres des Global Green Gangstas et donc championne tag team. C'est un petit gabarit (1,55m) très rapide et agile. Elle est face mais ne néglige pas de tricher régulièrement ; c'était en effet une heel tricheuse, avec l'excuse qu'elle ne comprenait pas l'arbitre et que les règles étaient différentes au Japon. Elle a fait équipe avec Kellie Skater qui venait de faire un face turn et qui l'empêchait de tricher (sauf que quand elle avait le dos tourné elle ne se gênait pas) et le turn est venu organiquement. Exceptionnellement, elle ne sera pas en vert ce soir vu qu'elle est en individuel.

 

Son adversaire est la redoutable Anglaise Sweet Saraya Knight, ancienne championne Shimmer. C'est une brawler heel avec une attitude à la limite du psychopathe. A son entrée, elle provoque les fans, parfois physiquement (mais les fans adorent ça), elle terrorise l'arbitre et même parfois l'annonceur. Elle menace régulièrement les spectateurs de partir ou de descendre du ring pour leur botter les fesses. C'est aussi une des rares qui parlent beaucoup, elle prend souvent le micro avant ses matches… C'est également la mère de Paige, et son dernier adversaire à Shimmer (ça doit faire bizarre de se battre contre sa propre mère).

 

 

La ressemblance est pas forcément évidente, par contre.

 

 

Enfin une qui ne me fait pas mentir. Face à des chants Nakagawa, Sweet Saraya s'en prend à l'arbitre pour se plaindre, le repousse physiquement plusieurs fois et prend finalement un micro pour exiger que les fans arrêtent de chanter, d'applaudir, de se tenir debout, et qu'ils lui montrent du respect, faute de quoi elle va descendre du ring et tous les tabasser. Elle provoque aussi un chant Paige en parlant de sa fille. L'action commence de manière agressive, coups de poing et gifles au visage. Tomoka renverse Saraya d'un dropkick mais Saraya l'attrape par les cheveux quand elle essaie de se relever et la fait passer par diverses prises de soumission originales ciblant la nuque et les bras. Tomoka essaie de se relever en force mais Saraya l'étale d'un coup d'avant-bras dans la nuque. Saraya brutalise Tomoka au sol mais elle prend trop de temps pour narguer le public. Tomoka reprend brièvement l'avantage mais Saraya domine à nouveau sous les huées du public. Double leg drop pour le compte de deux. Tomoka essaie de lutter mais ses coups manquent de puissance pour inquiéter Saraya. Cependant il lui reste son arme secrète, une bouteille dont elle crache le contenu au visage de ses adversaires. Mais Rhia O'Reilly intervient et prend le crachat. Saraya en profite pour placer un inverted DDT et obtenir la victoire. Je sens que les deux Britanniques (Rhia est d'Irlande du Nord) pourraient obtenir un tag team title shot bientôt.

 

 

Devine à qui appartient chaque membre.

 

 

Après une promo de Mercedes Martinez et Cheerelader Melissa moquant leurs adversaires un main event, nous avons  un combat de faces qui devrait être un peu spectaculaire entre deux lutteuses de retour après une absence, l'une pour blessure et l'autre dans le cadre des rotations joshi. « Wrestling Goddess » Athena est une bonne technicienne in ring et utilise un third rope Diving Stunner en finisher, appelé le O-Face. Yumi Ohka est une spécialiste des big boots et utilise généralement une Tiger Suplex en finisher.

 

Les deux jeunes femmes commencent en échangeant prises, contres et retournements acrobatiques. Yumi surprend Athena d'un big boot, puis en place deux autres dans le coin, suivis d'une descente du coude depuis la deuxième corde. Athena parvient à se remettre et assène divers coups notamment de genou, puis un big boot, un Neckbreaker et une Butterfly Suplex. Après quelques autres échanges rapides, Yumi tente une soumission pour ralentir l'action. De nouveaux échanges dynamiques de coups de pied s’ensuivent, puis les demoiselles commencent à montrer les effets de ces échanges. Elles échangent encore coups de pied et souplesses puis c'est au tour d'Athena de tenter une soumission. Yumi parvient à brise la prise mais subit plusieurs coups de genou et un diving senton. Athena se prépare alors à porter son O-Face mais Yumi se relève et parvient à porter un big boot alors que son adversaire est sur la troisième corde. Superplex pour le compte de deux. Tiger Suplex et big boot pour la victoire de la Japonaise.

 

J'en ai mal aux adducteurs rien que de voir ça.

 

 

Second match par équipe : les Canadian Ninjas contre Ray et Leon. Ray et Leon sont deux Japonaises masquées au style de high-flyer. Les Canadian Ninjas, Portia Perez et Nicole Mathews, sont deux heels tricheuses à souhait, multipliant les interventions illicites tant en équipe qu'en individuel pour s'entraider. Elles sont toutes deux à l'aise au micro mais Portia  est supérieure sur ce plan tandis que Nicole est sans doute plus douée in ring. Leur finisher habituel est le Funky Cold Medina, un superkick de Portia vers un Bridging German Suplex de Nicole. Elles ont détenu deux fois le titre par équipe et eu chacune un title shot pour le titre individuel. Mais la question qui vous taraude sans aucun doute l'esprit est : mais à quoi cela peut ressembler, une ninja canadienne ? Je vous préviens, cela fait peur, très peur.

 

 

Je vous avais prévenus, c'est insoutenable.

 

 

Les heels attaquent avant la cloche et expulsent Ray du ring pour se concentrer sur Leon, d'abord en deux contre une, puis avec seulement Portia une fois que l'arbitre a réussi à faire sortir Nicole. Les tag in vont être assez aléatoires je sens. D'ailleurs Nicole rentre à nouveau pour tenter une double corde à linge esquivée par Leon, qui est rejointe par Ray pour un double dropkick. C'est au tour de Portia de subir un deux contre une, sans qu'il y ait toujours eu le moindre tag. Ray rentre finalement officiellement dans le match. Suite à un tag de Nicole qu'elle n'avait pas vu, Ray commence à subir, recevant un dropkick de chaque ninja à son tour. Portia porte une prise d'étranglement à Ray, avec l'aide de Nicole quand l'arbitre ne regarde pas, au grand désarroi de Leon. Ray est dominée par les heels qui tagguent régulièrement mais elle parvient finalement à esquiver une attaque de Portia d'une roue suivie d'un dropkick. Leon peut rentrer avec un dropkick puis un double Spear quand Nicole essaie d'intervenir. Tilt-a-Whirl Backbreaker sur Portia puis prise de soumission. Nicole essaie d'intervenir mais subit elle aussi une prise de soumission par Ray.

 

 

Leon et Portia à gauche ; Ray et Nicole à droite.

 

 

Portia subit donc à son tour mais parvient à placer un DDT sur Ray et à tagguer Nicole. Neckbreaker de Nicole et superkick de Portia, mais compte de deux seulement.  Fall away slam et lariat de Nicole, mais compte de deux à nouveau. Nicole monte sur la troisième corde mais est bloquée par Leon, permettant à Ray de placer un coup de pied retourné puis de projeter Nicole sur le ring. Nicole subit coups de pied retournés et dropkicks des Japonaises mais résiste. On se retrouve à nouveau avec les quatre dans le ring et les ninjas reprennent l'avantage. Brainbuster suplex pour le compte de deux. Ray intervient alors que les ninjas tentaient le Funky Cold Medina et c'est Nicole qui subit une German suplex de Leon, un 619 de Ray, et un Spear de Leon bien exécuté. Nicole survit mais encaisse alors un Frog Splash. Le compte est brisé au dernier moment par Portia qui était retenue par Ray. Diving senton de Leon sur Nicole et third rope Moonsault de Ray sur Portia pour la victoire des Japonaises.

 

 

Épreuve de trampoline en duo.

 

 

L'Ecossaise Nikki Storm (heel) va ensuite affronter l'Australienne Kellie Skater (face). Nikki Storm est la plus petite du roster avec Nakagawa (1,55m) mais elle a un style agressif et son finisher, le Perfect Storm, est une sorte de Sitdown Powerbomb démarrant en Fireman’s Carry, ce qui montre qu'elle a quand même de la puissance malgré son gabarit. Mais son attribut principal est sa bouche. Car elle a une bouche énorme. Elle parle tout le temps, enfin elle braille plutôt. Elle braille quasiment aussi fort sans micro qu'avec. Lors de son premier match à Shimmer les commentateurs ont remarqué qu'ils pouvaient se taire car elle faisait tout le travail. Kellie Skater est championne par équipe avec Nakagawa. Elle était en opener en heel il y a un an, où elle lançait un open challenge et se faisait battre par tous les top face, mais elle a fait un face turn quand elle a finalement obtenu le respect d'une main eventer. Elle a aussi beaucoup progressé in ring suite à une tournée au Japon et a donc évolué dans la carte, faisant une paire de main events dont un title shot, puis a obtenu le titre par équipes.

 

Elle a une introduction très particulière par l'annonceur (je me demande comment il fait pour ne pas rire) qui a été adaptée pour l'équipe des 3G : de l'endroit le plus génial de la planète, Bacchus Marsh, Australie, pesant 63 kg d'adamantium pur, avec des muscles si énormes qu'ils rendent l'Incroyable Hulk vert d'envie, le Colosse de Bacchus Marsh (en équipe Tomoka est le Juggernaut du Japon), l'Indestructible, « the Rate Tank » Kellie Skater. Oui c'est une fan de comics. Mais elle va avoir fort à faire ce soir car en face d'elle, il y a…

 

 

the best in the galaxy !

Enfin c'est elle qui le dit.

 

 

Lors de son arrivée, Nikki Storm prend comme à son habitude le micro et fait son introduction en singeant celle de Skater, dans un style, disons, très personnel. Après le traditionnel échange de prises de début de match, elles vont à l'épreuve de force, où Kellie est supposée supérieure, mais Nikki parvient avec rage à renverser la vapeur à la surprise de Kellie. Elles repartent à l'échange de prises de soumission, les deux jeunes femmes étant très fières et refusant d'accepter d'être dépassée. Kellie fait une série d'arm drags et Nikki dans le coin lui dit d'arrêter et lui tend la main. Kellie surprise va la prendre et évidemment la heel la balance dans le coin et l'agresse en prenant la pose par moment pour taunter. Nikki fait un back rake, justifié parce qu'elle se taillerait les ongles en pointe (Portia dit que cela ne l'étonnerait même pas si elle le faisait aussi avec les dents).

 

Nikki domine dans les échanges, même si Kellie essaie sans arrêt de revenir dans le match. Nikki étrangle Kellie puis discute avec l'arbitre, faisant mine de ne pas savoir que c’est illégal aux USA. Kellie a pu du coup un peu récupérer et parvient à reprendre l'offensive : back jumping elbow, deux dropkicks, coups de pied, DDT. Nikki reprend avec deux neckbreakers et un crossface. Souplesse et leg drop de Skater. Mais décidément, aucune des deux ne veut lâcher le morceau. Nikki agresse sauvagement Kellie et doit être retenue par l'arbitre. Mais pendant qu'elle discute, Kellie l'agrippe et lui inflige un International Incident (straigth-jacket reverse DDT) pour obtenir la victoire.

 

L'avant-dernier match est une revanche de l'épisode 58, où la Japonaise Hikaru Shida avait réussi à obtenir la victoire pour son premier match à Shimmer contre la Californienne Mia Yim. Un peu surprenant de voir ce match si haut sur la carte mais il est vrai que les deux ont aligné de belles performances, notamment la Japonaise qui a entre autres battu Nicole Matthews dans un kendo stick match.

 

 

Voici la demoiselle avec son big stick.

 

 

Duel de faces à nouveau. On peut s'attendre à un match assez rapide et acrobatique, avec beaucoup de coups de pied et de genou. Ce match est difficile à résumer voire quasi impossible. Pour faire simple, Hikaru Shida a ciblé le genou de Mia Yim, son finisher étant un 450 splash. Mia Yim a bien sellé la blessure, échouant à placer son finisher et subissant en retour un superplex. Mia Yim obtient la victoire sur des power moves, ce qui est assez inhabituel pour elle : une sitdown Powerbomb puis un Package Piledriver.

 

Pour ceux qui se demandent à quoi ressemble un Package Piledriver.

 

 

Pour finir, le main event rassemble quatre lutteuses de très haut niveau : les heels « Latina Sensation » Mercedes Martinez et la championne Cheerleader Melissa, contre les faces « Super Hardcore Anime » Lufisto et « World Famous » Kana. C'est une feud qui dure depuis plusieurs mois. Mercedes Martinez est une vétéran longtemps face qui a fait un heel turn en voyant des femmes plus jeunes venir lui voler son rang. Son finisher est un Fisherman Buster. Melissa (Raisha Saeed et Alyssa Flash à la TNA) est la seule double championne Shimmer et la championne en titre. Son heel turn est récent et assez similaire. Elle trouve qu'elle ne reçoit pas le respect dû à la légende qu'elle est et a commencé à attaquer ses adversaires après les matchs. Elle a deux finishers : le Air Raid Crash (un genre de White Noise) et le Kudo Driver (un Vertabreaker). Lufisto est une lutteuse réputée stiff et très physique. Son finisher est le Burning Hammer. Enfin Kana est un cas atypique. C'était une journaliste en jeu vidéo et une graphic designer, notamment pour Microsoft. A 23 ans elle a décidé de se lancer dans le catch et est devenue une top joshi. Très stiff elle aussi, elle combine un style physique avec beaucoup de coups de pied et des prises de soumission, dont son finisher le Kana Lock (one arme chickenwing crossface).

 

 

La Québecoise Lufisto et la Japonaise Kana.

 

 

L'histoire du match, maintenant. Alors que Cheerleader Melissa agressait Leva Bates après un title match, l'ancienne camarade d'équipe de Leva, Allison Danger, partie à la retraite sur blessure, a tenté d’intervenir mais s'est fait tabasser à son tour. Lufisto a trouvé cela inacceptable et s'en est prise à Melissa. Lufisto a eu un title shot à l'épisode 60, a perdu sur Air Raid Crash et s'est fait agresser post-match. Kana et Mercedes sont intervenues. Melissa a gagné mais a été blessée au visage et a dû se faire poser une dizaine de points (in kayfabe je pense). Episode 61 : Lufisto affronte Mercedes dans un Falls count anywhere match et perd à nouveau sur Fisherman Buster après que Melissa est intervenue et l’a assommée avec sa ceinture. Episode 62 (iPPV) : nouveau title shot pour Lufisto en 2/3 falls match. Alors que le match était à un tombé partout et que Lufisto était sur le point de gagner, Melissa a attiré l'arbitre pour qu'il prenne un coup à sa place. Pendant qu'il était KO, Mercedes est arrivée et a assommé Lufisto avec sa propre ceinture (d'une autre fédé), offrant la victoire à Melissa.

 

Mercedes Martinez et Cheerleader Melissa.

 

 

On comprend donc bien que les faces sont énervées et n'attendent pas le début du match pour attaquer leurs adversaires. Après des échanges violents hors du ring, Kana et Melissa sont les premières à remonter et sont donc apparemment celles qui sont officiellement dans le match. Kana inflige à Melissa un dropkick et celle-ci réplique en l'envoyant au sol et en lui envoyant une série d'axe kicks. Melissa brutalise Kana dans le coin puis lui balance des gifles sur la nuque avec mépris. Mauvaise idée car Kana contre une souplesse en inverted armbar.  Échange de coups de pied mais Melissa reprend l'avantage et tente le tombé après une descente du coude. Mercedes à son tour agresse Kana mais celle-ci parvient finalement à sortir un Flying Armbar puis à tagguer Lufisto.

 

Lufisto se concentre sur le bras gauche de Mercedes mais Melissa intervient illicitement et rentre pour dominer son adversaire. Les heels redoublent d'interventions illégales pour conserver l'avantage et briser tout avantage qu'arriveraient à prendre les faces, bien aidées en cela par l'arbitre qui repousse physiquement Lufisto quand elle essaie d'aider Kana alors qu'il se contente de compter pour les heels, et encore sans les disqualifier quand elles ne tiennent pas compte de ses ordres. Melissa se concentre sur les genoux de Kana pour réduire la puissance de ses coups de pied et tenter de la soumettre. Kana essaie d'atteindre les cordes mais Mercedes tire les cordes en arrière, sans tenir compte des exigences de ce gros mauvais d'arbitre. Elle y arrive finalement tandis que Lufisto chasse Mercedes autour du ring. Kana parvient finalement à contrer un coup de pied de Mercedes en Ankle Lock puis lui inflige une German Suplex suivie de trois back fists. Mercedes à son tour contre un spin kick en brainbuster suplex.

 

Lufisto et Melissa entrent en même temps et s'échangent des coups d'avant-bras. Lufisto expédie Melissa dans le coin avec violence puis fonce en Cannonball. Mercedes intervient alors et inflige son fisherman buster à Lufisto. Kana intervient à son tour avec un armbar mais Melissa la soulève pour un Samoan drop et tente le tombé, mais l'arbitre lui rappelle que c'est Lufisto qui est légalement dans le match. Lufisto tente sans succès son Burning Hammer et subit un Air Raid Crash, pour le compte de deux. Kana lui balance un coup de pied derrière la nuque, la séchant pour le coup, puis subit une Tiger Suplex de Mercedes. Les quatre femmes sont au sol, subissant les effets d'un match brutal. Double team sur Kana pour lui infliger un curbstomp depuis la troisième corde. Lufisto expulse Mercedes du ring mais Melissa l'attaque par derrière pour tenter son Kudo Driver. Lufisto contre et place son Burning Hammer pour la victoire des faces.

 

 

Là elle est vraiment lourde, Melissa !

 

 

Et l'épisode s'achève ainsi, tandis que Lufisto pose avec la ceinture pour bien indiquer qu'elle a l'intention de prendre le titre à Cheerleader Melissa. Un peu plus long qu'un épisode de Raw, mais tellement plus satisfaisant sur la qualité. Le niveau in ring de ces lutteuses est souvent supérieur à celui de superstars masculines, contrairement aux préjugés alimentés par la manière honteuse dont sont choisies et traitées les divas de la WWE, mais pas que. La TNA aussi a régulièrement mal traité ses Knockouts (renvoi de Kong, blessure de Daffney, surexposition de la nullissime Velvet Sky, Jenna Morasca, mauvaise utilisation de Melissa…) même si c’est à moindre titre que la WWE.

 

Mais me direz-vous : peut on s'attendre à voir certaines de ces lutteuses en mainstream ? Difficile à dire. Les recrues indy de NXT sont choisies très jeunes pour pouvoir être formées dans le style WWE. Beaucoup des Women Athletes de Shimmer seraient très handicapées par les limitations de moveset qui leur seraient imposées à Stamford, d'autant que peu ont un mic skill notable. Quelques-unes pourraient s'adapter sans trop de souci mais améliorer la qualité des divas serait insuffisant sans une remise ne cause de leur traitement — storylines, matchs, segments — tant la vision de VKM reste fermée. NXT semble indiquer que cela pourrait s'améliorer dans l'avenir mais en attendant, les fans de catch féminin doivent se contenter de ces shows indy : Shimmer, mais aussi Shine, NCW Femmes Fatales, WSU pour les plus connus.

 

 

Maintenant, vous savez où nous trouver !

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