Catch

Slammy Awards 2014 : une soirée hors du temps

Le monde récompense plus souvent les apparences du mérite que le mérite même.

La Rochefoucauld

 

Chaque fin d’année, alors que le public français reluque les concours de Miss ou s’émeut devant les enfants myopathes, la plus grande fédération de catch au monde consacre une soirée à faire le point sur les événements marquants de ces douze derniers mois. Une nuit de paillettes et d’autosatisfaction, une nuit pour se souvenir et récompenser les plus méritants des artistes de ce noble sport scénarisé qui auront la gloire de repartir nantis d’une magnifique statuette dorée. Une nuit pour revoir les plus beaux matchs, frissonner à nouveau aux résultats les plus incroyables, s’indigner une nouvelle fois devant les pires trahisons, applaudir les figures les plus spectaculaires. Une nuit pour rire, pour rêver, pour s’émerveiller.

Lol.

 

Nalyse de Raw du 8 décembre

 

Exceptionnellement, ce lundi soir, l’édition hebdomadaire de notre émission de catch favorite se découpe en deux parties : le Raw classique diffusé à la télévision est précédé d’un préshow normalement réservé en exclusivité aux abonnés du WWE Network. Ne reculant devant rien pour fournir le maximum d’informations aux lecteurs des Cahiers du Catch, votre serviteur a réussi à visionner également cette introduction.

 

Pour plus de commodité de lecture, pour chaque Slammy Award je listerai les nominés en vous faisant part de mon pronostic avant de vous livrer le résultat final. J’espère que vous me pardonnerez ce petit excès d’auto-centrisme, ce qui n’a rien à voir avec la voiture de François Bayrou.

 

A savoir que cette année, les vainqueurs des récompenses sont élus par vote du public, et non par un obscur jury comme cela fut le cas précédemment.

PRESHOW

Le préshow commence par un brillant clip promotionnel qui promet que ce soir, nous reviendrons sur les plus grands moments de l’année et nous récompenserons l’élite de la fédération, et ça donne envie ma foi. On aura beau dire, on aura beau faire, la WWE sait quand même mettre le paquet pour rendre un événement grandiose.

 

A la présentation, Byron Saxton et Alex Riley rappellent, au cas où nous l’aurions oubliée, la liste des Awards décernés ce soir, ponctués d’enthousiastes « I can’t wait ! »

 

 Au pied du Titantron, sur l’estrade protocolaire et face à une foule encore bien calme, se tiennent la pétillante Renee Young et le robuste Booker T, qui nous confie que cette soirée de cérémonie est son moment préféré de l’année. Phrase qu’il utilise également lors du Royal Rumble, de l’Elimination Chamber et de Money in the Bank.

Une soirée sponsorisée par Colgate.

Le premier Slammy remis ce soir sera celui du « Tell me I just didn’t say that » Insult of the Year Award, inspiré donc de la fameuse phrase du roi du Spin-a-roonie.

 

Les nominés sont :

– Chris Jericho se moque de l’arrestation de Steph McMahon

– Nikki Bella regrette que sa sœur jumelle ne soit pas morte dans l'utérus maternel

– Paul Heyman insulte John Cena en alexandrins

– The Rock humilie Lana et Rusev

 

Mon pronostic va à l’excellent Paul Heyman, qui surpasse tout le monde au niveau des performances orales. Mais… mais non. La victoire va à The Rock, pour avoir traité Lana de pute soviétique et comparé Rusev à Chewbacca. Formidable, quel talent, quel beau moment ce fut, tout le monde applaudit. Manque de pot, Dwayne Johnson n’est pas là et le couple outré se présente à sa place. La magnifique Lana expulse les présentateurs d’un revers de la main et poursuit son couplet anti-américaniste débuté en janvier. Le champion bulgare en profite pour menacer la star hollywoodienne de représailles. Menaces en l’air ou promesse à suivre ?

Je suis velu, j’ai vu, j’ai vaincu.

Renee Young tient la baraque seule au micro face au public de Greenville, South Carolina, et évoque les grandes heures de la division par équipes avant de délivrer le Slammy de la Tag Team de l’année.

 

Les nominés sont :

– Goldust & Stardust

– Les Usos

– Miz & Mizdow

– Les Matadores

– Slater Gator

 

Les deux derniers peuvent difficilement espérer quoi que ce soit, tant ils ont été cantonnés aux seconds rôles. Mes favoris sont les jumeaux samoans, qui ont porté la division sur leurs épaules pendant plus de la moitié de 2014. Et très justement, les Usos remportent la timbale au terme d’une année extraordinaire et méritée. Ils viennent célébrer sous les ovations du public. Ces deux jeunes gens se sont imposés au fil du temps comme des favoris de la foule, allant même jusqu’à voler les honneurs lors du houleux Raw de Chicago de mars. Leur talent est grand et leur bonne humeur communicative, et je leur souhaite de toucher à nouveau aux breloques cuivrées.

 

Réussir à obtenir l’unanimité des fans avec des T shirts aussi vilains, ça mérite le respect.

Renee Young présente les Breakout stars of the year, autrement dit la révélation de l’année.

 

Sont nominés :

– Seth Rollins

– Rusev

– Dean Ambrose

– Paige

– Roman Reigns

 

On note que les trois anciens membres du Shield sont représentés, ainsi que la plus jeune championne de l’histoire et le phénomène d’Europe de l’Est. J’aurais donné le trophée à ce dernier, mais il revient à Dean Ambrose, sous les acclamations de la foule. Malheureusement, le jeune chien fou ne peut être présent ce soir pour recevoir sa récompense, du fait de la blessure que lui a infligée Wyatt la semaine dernière. Nous passons donc à la suite.

 

Renee aussi mériterait un trophée, non ?

 

Enfin, il est temps de décerner le dernier prix de ce préshow, avant de passer au vrai spectacle. C’est une récompense « new technology » puisqu’il s’agit du #Hastag  of the year. Sont nominés :

 

– #OccupyRaw de Bryan

– le meme #RKOouttanowhere

– #MoscowMooseKnuckle, insulte du Rock envers Rusev

– #EatSleepSuplexRepeat, résumant la destruction de Cena par Lesnar

– #NineNinetyNine prix de l’abonnement au Network.

 

Difficile choix, pour ma part je l’aurais là encore décerné à Paul Heyman, mais je pense que la WWE va auto-féliciter son Network. Nenni, la victoire revient aux montages vidéos d’Orton et ses RKO. Le public jubile mais le lauréat n’est pas là ce soir. L’homme qui l’a envoyé à l’hôpital, Seth Rollins, pointe son nez pour se moquer de la foule, voler la statuette et saluer la mémoire de celui qu’on ne reverra plus, d’après lui, sur les rings.

Ca vibre ce truc si on y met des piles ?

Cette année bat le record des trophées. En fait, même avec un préshow, le temps manque et certains Slammy ont été décernés plus tôt dans la journée et nous sont listés sans entrer dans le détail.

 

– Le Fan participation Award est gagné par les chants « You sold out ! » adressés à Seth Rollins.

– Le Double-cross of the Year est remporté par la trahison du chacal Rollins envers ses alliés du Shield.

– L’animal de l’année est le lapin qui accompagne Adam Rose.

– The Rock est l’acteur de l’année.

– Sami Zayn est le lutteur NXT de l’année.

– Seth Rollins gagne le moment anti-gravité par son saut depuis le balcon lors de Payback.

– Le Shield est la faction de l’année.

– Dolph Ziggler est le meilleur Twitteur de 2014.

– Hugh Jackman est le Guest Host de l’année.

– Daniel Bryan & Brie Bella forment le meilleur couple.

– Le Slammy de la rivalité va à la guerre entre Daniel Bryan et l’Authority.

Et c’est ainsi que le pré-show s’achève, sur le lancement de Raw avec pour main event annoncé un match entre Cena et le Big Show, vendu sous le titre « Once in a lifetime ».

 

A vrai dire, ces vingt-cinq minutes d’exclusivité ne valent pas le coup de s’abonner au réseau. A part donner un peu plus de temps pour la remise des prix, le spectacle n’a pas été d’un grand intérêt. Trop de récompenses tuent les récompenses, sûrement; j’aurais notamment bien aimé voir plus en détail les rivalités de l’année ou le catcheur de NXT. Espérons que le show rouge nous remettra sur de bons rails.

RAW

L'épisode en tant que tel débute par la promo du main event de ce soir, qui voit donc Cena affronter le Big Show dans un règlement de comptes des Survivor Series. On nous vend ça comme une collision entre deux des plus grandes stars du business, et c’est vrai, mais le Champ a tellement souvent pris le meilleur sur le géant qu’on n’imagine pas un autre résultat ce soir, à moins d’interventions extérieures.

 

Jerry Lawler débute le show et accueille l’invité de la cérémonie, l’acteur Seth Green, connu notamment pour son apparition dans "Buffy contre les vampires". Le jeune homme a l’air sincèrement excité de faire partie de la grand-messe annuelle de la WWE, mais il est interrompu par deux magnifiques cravatés, le Miz et sa doublure. Le Moneymaker salue son collègue acteur-producteur et se propose comme star de son prochain projet. Seth Green, qui parait minuscule à côté des champions par équipe, réplique que la star qu’il voit face à lui est… Damien Mizdow ! Et le public acquiesce, bien entendu.

Qu'est ce que tu dis de ça, Green ? Deux stars pour le prix d'une ! Enfin, pour le prix de deux, j'encaisse aussi les cachets de ma doublure.

Faisant fi d’un tel camouflet, Mister Mizanin lance le Slammy auquel il prétend avoir donné son nom, le « This is awesome » moment of the year.

Sont nominés :

 

– le segment Occupy Raw

– l’arrestation de Stephanie McMahon conduite à la prison locale

– la défaite de l’Autorité précipitée par les débuts de Sting

– le face à face introduisant Wrestlemania 30 entre Hulk Hogan, Stone Cold Steve Austin et The Rock

 

Pour ma part, je désignerais la récente défaite de l’équipe Autorité, pur moment d’excitation collective.

 

Après vote du public, Seth Green nous annonce que le trophée est gagné par les débuts de Sting aux Survivor Series. L’annonce rend furieux Seth Rollins, qui se précipite sur le podium et fait fuir l’autre Seth. Hors de lui, le traître bicolore ne comprend pas comment le trophée peut aller à quelqu’un qui lui a volé la plus belle victoire de sa carrière et a coûté la place de l’Autorité. Il décide donc de s’octroyer la statuette, comme il l’a fait plus tôt pour la récompense de Randy Orton. Seth aime bien les petites statues dorées, semble-t-il.

L’or est àl.

Pendant le vote, l’Architraître affrontait Dolph Ziggler. La bataille fut intense et spectaculaire. A quoi pouvait-on s’attendre d’autre entre ces deux extraordinaires athlètes ? Mais le plaisir est relativement court. Mercury et Noble, toujours aux ordres du chacal, réussissent à distraire l’arbitre et le Show Off qui subit un Curb Stomp et est compté trois secondes avant même de s’en rendre compte.

Imitation ratée du trophée des Slammy.

Un autre match a lieu entre Kofi Kingston, membre de la team New Day, et Stardust. Bien entendu, chacun arrive entouré de son ou ses acolytes, ce qui fait du monde autour du ring.

Imitation réussie du trophée des Slammy.

 

 

Les débuts de l’équipe gospel ne sont pas très bons. Je m’attendais à les voir prendre le micro, à faire des promos endiablées à la James Brown, ou… je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais pas à voir juste trois gars sautiller dans des costumes bleus laids en chantant « New Day, New Day ! » En live, le public a l’air d’accrocher, mais à travers un écran la communion ne se fait pas et je crains de ne pas voir un grand avenir à cette équipe. Pourtant, Kofi est bon sur un ring, et je me dis qu’un vrai bel affrontement entre lui et Cody Rhodes qui aurait quitté sa gimmick actuelle qui ne le mènera nulle part pourrait être un main event potentiel. Le Ghanéen s’impose sans marquer les esprits.

 

Quelqu’un regrettait récemment que la Wyatt family soit dissoute, et il est vrai que j’imaginais bien les trois crados du bayou entrer en guerre contre l’équipe des blacks bondissants dans une opposition de styles intéressante. Etre la seule équipe de trois dans une division composée de duos va forcer New Day à laisser souvent un membre sur le bord. Le meilleur choix me semble de désigner Xavier Woods définitivement entraineur, et donner le ring à Kofi et Big E.

 

Allez les bleus, on est tous ensembleus.

Sur l’estrade, John Laurinatis fait son retour et lance un appel du pied au directoire de la WWE : maintenant que le couple dominant a quitté le navire, il est temps de remettre en place le People Power. Les retours sont le sujet du prochain Slammy : Come back surprise. Sont nominés :

 

– Hulk Hogan de retour en hôte de Wrestlemania

– Batista revient quatre ans après son départ

– The Rock vient insulter Lana et Rusev (décidément, quel moment grandiose)

– L’Ultimate Warrior revient dans la fédération où il a écrit la légende

 

En fait, aucun de ces retours n’est une vraie « surprise » puisqu’ils ont tous été annoncés longtemps à l’avance, à part celui du Rock. Mon choix va, pour l’hommage, au Warrior bariolé.

 

Et c’est aussi le choix du peuple, qui désigne un Award posthume à l’une de ses plus grandes stars des années 1980-1990 qui, tel un vieil éléphant, est revenu sur ses terres juste avant de mourir.

The spirit of the Ultimate Warrior will run forever.

 

Seth Rollins croise en coulisses le génial Paul Heyman, venu récolter de futurs Slammys pour son client Brock Lesnar. Il motive le bicolore à battre Cena ce dimanche à TLC afin de retirer à celui-ci sa place de challenger au titre suprême, même si Rollins lui-même dispose du contrat en or qui le dispense de récupérer la place. Heyman ne veut visiblement pas d’un Cena-Lesnar troisième édition, et à vrai dire, nous non plus. On voit la Bête tellement rarement qu’on aimerait bien un peu de changement pour ses apparitions.

 

C’est un soir dédié au souvenir, mais aussi un soir tourné vers le futur. La championne NXT Charlotte, fille de Ric Flair, fait ses débuts dans le grand bain en affrontant celle qui fut sa rivale pour le titre, Natalya de la glorieuse lignée des Hart. L’occasion aussi de faire la promo du NXT Takeover. Charlotte est très grande, elle ressemble un peu à une Céline Dion qui aurait été jolie, et elle a de la présence sur le ring.

Je voudrais conquérir la Lune, je voudrais même sauver la Terre mais avant tout, je voudrais parler à mon père… Woooo !

Cette première apparition est plutôt convaincante, bien que la jeune femme perde assez rapidement ce soir, histoire de montrer que Raw est d’un autre niveau que la division des jeunes. La gagnante se fait voler son moment de gloire par son crétin de mari, qui parade à sa place sur le coin du ring. Une histoire de couple se dessine peu à peu entre ces deux-là, où Tyson ne jouera visiblement pas le beau rôle, mais vu qu’il a par nature une tête à baffes, c’est peut être un bon choix.

 

Vous me reconnaissez ? C’est moi qui porte une capuche avec des oreilles de panda et qui vole la vedette à ma femme qui est bien meilleure que moi !

Santino Marella présente l’Award de l’Oh my god ! Moment of the year. Le clip des nominés est excellent. On y retrouve :

 

– la trahison de Seth Rollins envers le Shield

– celle de Nikki Bella envers sa jumelle lors de Summerlsam

– la flippante chorale d’enfants suivant Bray Wyatt sur l’air du « He's got the whole world in his hands »

– l’incroyable destruction des vingt ans d’invincibilité de l’Undertaker à WrestleMania

 

Rien que de revoir ce dernier passage, j’en frissonne et s’il est bien un moment qui nous a tous scotchés par sa surprise et sa violence émotionnelle cette année, c’est bien ce coup de tonnerre du mois d’avril. Le public est d’accord, d’ailleurs, et donne le trophée à Brock Lesnar. Je suis plutôt fier de mes pronostics pour le moment ! Paul Heyman, l’avocat et manager du Minotaure, vient récupérer la récompense. Dommage qu’il ne nous dise pas quand nous aurons la chance de revoir son client, champion en titre sans aucune défense de titre depuis trois mois…

Mon client n’a peur de personne et défoncera tous ses adversaires un par un !

Bon, pas cette semaine, il va à la chasse au caribou. Après c’est les fêtes, début janvier il digère… Comptez sur lui pour le Rumble disons. Et encore, ça dépend s’il aura encore un peu mal aux intestins.

Bray Wyatt, quant à lui, n’est pas content. Son rocking chair a été détruit par Dean Ambrose. Il comptait beaucoup pour cet objet qui lui rappellait visiblement des souvenirs de sa défunte sœur.

Photo of the year.

Alors que le gourou barbu promet mort et châtiment au Lunatic pour ce dimanche, une sirène d’ambulance retentit… Stupeur, mais non, ce n’est pas Cesaro. C’est juste une vraie ambulance qui arrive aux abords du ring, et dont sort The Unstable One ! Oui, Ambrose est là, en pleine forme, et a apporté ses jouets favoris, chaises, tables et échelles.

 

Maintenant, ça va chier.

 

On peut regretter sa descente en midcard, mais la WWE met quand même ce qu’il faut pour conserver l’univers et la popularité du psychopathe en cuir. Ce dernier éjecte Bray du ring en quelques coups bien sentis avant d’affirmer que lors d’un match TLC, le monstre, c’est lui, et Wyatt en repartira en ambulance. Ambiance qui promet, et je crois que cette affiche est celle dont j’attends le plus dimanche !

Headshot !

Seth Green est de retour sur l’estrade protocolaire et laisse Jerry Lawler présenter l’Award de la Diva de l’année, ce qui est légalement assez dangereux. Le vieux libidineux en est ravi et souhaite même avoir une égalité totale pour pouvoir récompenser toutes les jeunes femmes. Sont en lice :

 

– Brie Bella

– Nikki Bella

– Paige

– AJ Lee

 

J’aurais donné le trophée à la douce Anglaise, ou pourquoi pas à Nikki, pour le succès de son changement de personnage. Mais le public vote,  et désigne logiquement celle qui porte la division depuis deux ans, AJ Lee.

Laissez-moi monsieur, je vous rappelle que par décision de justice, vous n’avez pas le droit d’approcher une catcheuse à plus de deux mètres, normalement.

La belle ne se laisse pas tripoter par Jerry-Tortue Géniale. Fière d’être la reine de la fédération, elle sait que de talentueuses jeunes pousses arrivent, citant Emma, Charlotte, Paige ou Bailey. Mais elle n’est pas lassée d’être la meilleure, et promet de récupérer le titre féminin ce dimanche. Un message qui résonne fort et répond aux permanentes rumeurs de retraite.

De toute façon, mon mari va se battre dans une cage en octogone, alors faut bien que je m’occupe.

Nouveau match. Eric Rowan rejoint le ring. Son adversaire du soir ? Il s’agit de Luke Harper, son ancien acolyte de la Wyatt family. L’harmonie entre les deux catcheurs qui débutent à peine leur carrière en solo est très bonne et le spectacle est plaisant.

Exemple d'harmonie.

Etonnamment, le rouquin domine totalement la rencontre, tant et si bien qu’il oblige son adversaire à utiliser contre lui une échelle. Disqualification immédiate, et qui ne change pas grand-chose puisque Rowan reprend vite le dessus en utilisant les escaliers. Harper repart dépité et humilié tandis que son ancien partenaire sort grandi de l’affrontement, ce qui le place presque en favori contre le Big Show dimanche. Par contre, ce surnom, Big Red, non JBL, il faut arrêter.

Appelons-le le Grand Mouton, plutôt.

L’Award du moment « LOL » de l’année est souvent le plus craint par les fans esthètes que nous sommes, tant il tend à récompenser les pires séquences de la WWE, à base de concours de vomis, de pets bruyants ou de bagarres dans la boue. Le trophée est décerné par Adam Rose, accompagné de Jack Sparrow, Toutankhamon,  Catwoman, d’une poule, d’autres gens bizarres et du Lapin. Le Sud-Af règne en despote sur sa bande de cyclothymiques. Ambiance.

 

 

Willy Wonka version drag queen.

 Les nominés sont :

 

-Mister T qui parle de sa maman (j’ai rien compris à la blague, perso)

– le match wee-lc des nains

– la doublure Mizdow

– Stephanie qui finit dans la merd… dans le pudding

 

Les joyeuses imitations de l'ancien sauveur des masses méritent à mon sens le trophée. Et en effet, Mizdow gagne haut la main ! Je suis content de constater que même au royaume du mauvais goût, le vrai humour est récompensé devant la franche ringardise. Le lauréat n’a pas la possibilité de s’exprimer : Miz vole encore une fois toute l’attention, pendant que le héros se borne à son rôle de copie conforme. L’ancien Damien Sandow a réussi à transformer en or un personnage sérieusement casse-gueule. Mais il faut reconnaitre le mérite de son détestable modèle qui se plie totalement au scénario.

Une soirée sponsorisée par Rayban.

Rusev et Lana, désormais sur le ring, se font interrompre par Swagger qui vient venger son manager à la jambe fracturée. Plus énervé et visiblement plus fort que jamais, le blondinet réussit à bloquer le Bulgare dans son Patriot Lock. Sauf qu’il a besoin que son rival soit opérationnel s’il veut son match de championnat dimanche. Bref, c’est reparti comme en 40 entre les deux hommes. On imagine très mal le All-American réussir enfin là où il a échoué par trois fois, mais il est relativement bien vendu comme un dangereux opposant.

Les Soviétiques ont souvent pratiqué la politique de l’autruche.

 

Les Usos sont associés à Ryback et affrontent Kane et Miz/Mizdow dans un match par équipes. Le Big Red Monster a quitté son costume corporatiste, et catche à nouveau dans son style de la fin des années 2000, l’œil de verre en moins. Pas vraiment prompt à la rigolade, il semble d’ailleurs passablement énervé par les singeries de Damien Mizdow. Pourtant, la doublure se surpasse ce soir !

Bien sûr, don’t try this at school. Vous auriez l’air ridicule.

 

Le match est animé, sans temps mort et amusant. Finalement, le Big guy donne la victoire aux siens, qui célèbrent en compagnie de Seth Green, star de la soirée.

Coucou maman !

L’Award du match de l’année sera remis par une légende vivante et visiblement en pleine forme, Ricky The Dragon Steamboat. Ressemblant vaguement à Salvatore Adamo, le vétéran des rings livre un bel hommage aux catcheurs qui donnent des combats toute l’année. Les affrontements nominés sont :

 

– le main event de WrestleMania entre Batista, Orton et Daniel Bryan

– le Last Man Standing entre Cena et Bray Wyatt à Extreme Rules

– la bagarre entre Shield et Evolution à Extreme Rules également

– le match à éliminations entre l’équipe de Cena et celle de l’Autorité aux Survivor Series

 

Ces quatre batailles méritent leur place. La victoire du Shield a la première place dans mon cœur. Mais le trophée va à la récente guerre des Survivor Series. Dolph Ziggler, héros de cette nuit de novembre, vient chercher la récompense et remercie le public qui le soutient. Le blond peroxydé semble enfin tenir son rang. 2015, année Ziggler ? Je signe des deux mains.

C’est l’asiate qui est chargé du buffet derrière ?

Deuxième match féminin de la nuit, comme quoi tout est possible en jour de fête. AJ, toute auréolée de son titre de Diva de l’année, se débarrasse rapidement de Summer Rae. Tout bien pesé, la petite Veuve Noire a un peu le même personnage que John Cena : elle est totalement imbattable à la régulière, et ne doit ses défaites qu’à des interventions ou des trahisons.

Hum hum hum, qui vais-je bien pouvoir battre ce soir ?

Le Moment extrême de l’année est décerné par Rob Van Dam, qui porte bien mieux le nœud pap’ que la grenouillère. Le vétéran de l’ECW est acclamé par la foule, et n’évoque pas de retour sur les rings, ce qui est encore plus réjouissant.

La liste comporte :

 

– les 16 souplesses infligées par Brock Lesnar à John Cena

– les Tombstones portés par Kane à Daniel Bryan et qui lui coûtent pour le moment sa carrière

– le saut dans le vide de Chris Jericho sur Bray Wyatt

– la destruction du crâne d’Ambrose sur des parpaings par son ancien ami Seth Rollins

 

Ce dernier moment aurait mérité la récompense, à mon humble avis. Même si la destruction de Cena par Lesnar était un chef-d’œuvre de puissance méthodique et inarrêtable. Le peuple vote finalement pour le saut de Chris Jericho. Le Canadien n’est pas là, et sa statuette est subtilisée par l’homme qui l’a battu le jour il fit ses débuts, le romantique Fandango. Son nouvel environnement tango va très bien au danseur, dommage que la seule demoiselle latine qui lui soit associable soit cette horrible Rosa Mendes. Fandango mériterait Maria Kanellis, ou au moins de récupérer Layla.

 

– Yé envie de toucher à ce corrrps broulant de athlète…

– Oui bah t'es gentille, tu enlèves tes mains et tu vas passer la serpillère, Counchita.

Enfin, le plus important Award de la nuit est décerné par Booker T.

 

Le Slammy de la Superstar de l’année. Difficile en 2014 d’estimer quel catcheur mérite la statuette, personne n’a réellement survolé l’exercice contrairement aux trois années précédentes.

Les nominés sont :

 

– Brock Lesnar qui a réussi tout ce qu’il a entrepris cette année

– le Lunatic Dean Ambrose et sa formidable popularité

– Daniel Bryan et son extraordinaire début d’année

– Roman Reigns, vendu comme la nouvelle force de la fédération

– l’inquiétant gourou Bray Wyatt

– l’indéboulonnable John Cena

– le traître Seth Rollins

 

Le public vote, donc le titre échappe difficilement à un gentil. Pourtant, Seth me paraît le plus méritant tant toutes ses décisions ont été couronnées de succès.

Le temps qu’on nous annonce le retour de Chris Jericho pour lundi prochain, et le choix est fait.

A ma grande surprise, la récompense va à Roman Reigns, et deuxième surprise, le beau gosse du Shield est présent pour recevoir sa statuette ! Le jeune marié, souriant, profite du bain de foule et promet de revenir de blessure au plus haut niveau.

Je reviens à peine de l’étranger et voilà t’y pas que je gagne le Slammy Award du catcheur de l’année, ha ben la bonne surprise, merci merci !

 

 

Toutes les récompenses ayant été attribuées, il est temps de finir cette soirée par un grand match, et c’est parti pour un nouvel affrontement entre John Cena et le Big Show, qui repartent de la soirée sans un seul trophée.

John Cena utilise ses bandes à scratch pour coller au plus près de ses adversaires.

 

 

En fait, le match n’a quasiment pas lieu, ce qui est peut-être pour le mieux. Alors qu’il a réussi à porter son Attitude Adjustment qui lui donne en général la victoire, le Marine est attaqué par Seth Rollins et ses sbires. S’ensuit une longue séquence de bagarre collective, chaque catcheur se voyant opposé à son futur rival de dimanche. Se succèdent ici Dolph Ziggler, Luke Harper, Eric Rowan, Kane et Ryback.

 

Avec la règle classique: chaque arrivé porte sa prise avant de subir celle d’un nouveau venu.

 

Cette fois-ci, les méchants prennent l’avantage et Rollins, Mercury et Noble se la jouent Shield en portant une Powerbomb à Cena à travers la table des commentateurs.

Oui, gros bobo en perspective John.

 

 

Et voilà, bonne nuit tout le monde.

 

 

La grand-messe annuelle des Slammy Awards s’achève sur l’image glorieuse de Seth Rollins dominant ses opposants. Il faut bien voir cette soirée comme une petite parenthèse, il est donc normal que rien de déterminant concernant les rivalités en cours ne soit apparu. Une telle cérémonie était le meilleur moyen d’occuper les esprits avant TLC ce dimanche, qui sera donc le dernier grand rendez-vous de 2014. L’affiche de ce PPV est pour le moins étrange : un champion absent, une autorité pas remplacée, et donc des catcheurs qui s’affrontent sans réelle raison. Mais souvenons-nous que nous attendions peu de Hell in a Cell qui nous a agréablement surpris. Pour ma part, j’attends beaucoup du match entre Ambrose et Wyatt. Une fois finie la guerre pour l’autorité, les deux jeunes loups peuvent voler la vedette du show. Attention aussi au match de Cena, qui pourrait faire la surprise.

 

Il semble que les deux anciens complices de la Wyatt Family soient déjà partis pour une rivalité interne, donc leur résultat de ce dimanche ne devrait pas avoir beaucoup d'impact. Je parie même sur une victoire de Ziggler. Cesaro a totalement disparu de la circulation, de même que Mark Henry qui paie peut-être le fait d'avoir blessé Sheamus et perturbé les plans des bookeurs ?

 

Au niveau des récompenses, on peut noter la grande présence des trois anciens du Shield qui ont réussi leur début de carrière en solo, tout en gardant encore une belle marge de progression. Le concept — des lauréats qui sont absents et qui se voient piquer leur trophée par leur rival mécontent — est un peu éculé, et non ce n’est pas un gros mot. Mais globalement, les Awards sont allés à ceux qui le méritaient. 2014 se termine et les Slammys nous ont rappelé que de belles et grandes choses ont eu lieu cette année. 2015 a tout pour être une excellente année de catch et c'est tant mieux.

Pour toi, public.

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