Catch

Soirée de rêve

Les rêves ne sont qu’une autre réalité. Ne jamais l’oublier.

Pokémon version Rubis

Il est tard en ce lundi 8 décembre. La cérémonie annuelle des Slammy Awards vient juste de s’achever. Seth Rollins et ses collègues dominent la scène, fiers de leur supériorité. Le show se termine, mes yeux sont lourds de fatigue… Je les ferme un court instant. Une musique me réveille. A mon grand étonnement, la soirée n’est pas finie, et un post-show succède à Raw. Le public, qui ne semble pas au courant, se dépêche de se rasseoir. Dean Ambrose est arrivé sur l’estrade protocolaire, vêtu d’un beau costume cravate. Il  sourit d’un air machiavélique. « Et maintenant, messieurs-dames, il reste quelques récompenses à donner. We’ll have fun together ! Voici le temps de se souvenir du meilleur du pire…» Le chien fou finit sa tirade en se tapant la tête avec une statuette, langue pendue.

L’ambiance est donnée, c’est parti pour le post-show.

Une ambiance de fête

Slammy Awards : la troisième mi-temps censurée

 

« Oh, radio, tell me everything you know… » La douce musique de Zack Ryder retentit dans l’arène et le public hurle sa joie. Long Island-IZ est blessé mais bien présent ce soir.

That’s what I dooowoowoo !

Très ému, il vient décerner le premier Slammy de cette troisième mi-temps, l’Award du booking le plus incompréhensible. Il commence par balayer la foule du regard, qui scande « Woo woo woo, you know it ! ». Avant de s’exprimer. « Je suis très heureux d’être ici ce soir… Mais je ne comprends pas pourquoi j’ai été choisi pour remettre ce prix en particulier… » avant de s’effondrer, pleurant à chaudes larmes. Il sera réconforté par un gros câlin de Santino Marella qui lui propose d’aller manger une pizza en backstage en regardant le film des Tortues Ninja. En attendant, le clip diffuse les nominés :

– Swagger fait à nouveau face à Rusev en décembre après avoir été par trois fois battu

– Bryan et sa femme cherchent à fuir Kane en partant se cacher dans des parkings glauques

– La Wyatt family commence à feuder contre le Big Show, finalement part en pause, et se sépare

– Seth Rollins met son corps et sa vie en danger à multiples reprises afin d’anéantir l’Evolution avant de finalement rejoindre leurs rangs

– La gestion de Brock Lesnar champion du monde

Le suspense est intense, mais finalement la récompense revient à… la famille Wyatt ! Difficile en effet de faire plus fort que la séparation des trois crados, tant elle semble illogique et n’avantager aucun des protagonistes, alors que le monde aurait pu être à eux. Comme dirait l’autre, ensemble, tout devient possible. Seul Bray se présente pour chercher la statuette. Il n’a pas l’air content. Il affirme qu’en mettant de l’or dans ses mains, on cherche à acheter son silence, mais que personne ne peut corrompre la vérité, qu’il continuera à parler même après sa mort, en soufflant dans les feuilles des arbres, et que les corbeaux seront ses messagers. Il s’en va ensuite car il a entendu parler d’une promo à Ikea sur les rocking chairs, et il en a un peu marre d’être debout.

Je vais voir si je peux pas trouver une frontale, aussi. Ça serait plus simple.

Pour meubler, le public assiste à un match entre les deux Divas qui ont été désignées les plus nulles de l’année : Brie Bella pour sa lamentable performance d’actrice en femme effrayée, éplorée ou satisfaite, contre Rosa Mendes pour l’ensemble de son œuvre. Brie gagne sur un roll up après avoir crié « Brie mode ! », phrase qui ne veut rien dire et qui n’intéresse personne. Malheureusement, la jeune femme repartira sans trophée : Vince McMahon aurait déclaré qu’on n’allait pas dépenser des sous à faire une statuette en or pour des gonzesses, que déjà une pour AJ c’était bien et qu’à un moment donné fallait se contenter de ce qu’on a.

 

 

En même temps, avoir un prénom de fromage et sortir avec une chèvre, c’est cohérent.

Ce match a été lamentable. Tant mieux, car il est temps de décerner une prestigieuse récompense, l’Award du pire match de l’année. Quiet on the set… Voici venir le Miz et sa doublure, pour remettre le précieux trophée. La star des deux derniers (enfin, on l’espère) Marine explique que la WWE fait de son mieux pour satisfaire le public en proposant chaque semaine, voire plusieurs fois par semaine des matchs mauvais, des squashs inutiles et des résultats prévisibles. Mais pour corser un peu les débats, seuls les affrontements ayant eu lieu en PPV sont éligibles pour ce Slammy.

Et je ne suis même pas nominé !

Sont donc en lice :

– le Royal Rumble match. Un favori absent, un vainqueur lamentable, le dernier match de CM Punk, quel pire résultat possible pour un des événements les plus attendus ?

– Batista/Del Rio à l’Elimination Chamber. Le méchant se fait acclamer, le gentil à la condition physique déplorable se fait huer… qui aime s’en souvenir ?

– Titus O’Neil/Darren Young à l’Elimination Chamber. Une bonne équipe qui explose sans raison. Le gentil se fait démolir sans que cela serve au méchant. Heureusement, tout le monde a oublié.

– El Torito/Hornswoggle en Mask vs Hair match à Payback. Un affrontement de nains, qui finit par la tonte de l’un des deux. Tout est dit.

Le suspense est vraiment total. Le Miz ouvre l’enveloppe… « Oh, it’s my good Hollywood friend, Batista at the Royal Rumble ! » Et surprise à nouveau, l’Animal est présent dans la salle ! Curieusement, il vient accompagné d’un raton laveur en laisse et uniquement vêtu d’un string bleu. Se saisissant du trophée, il annonce que grâce au public de Pittsburgh ce soir-là et des fans de la WWE en général, il faudra désormais le supporter dans le prochain James Bond et dans les dix futurs Marvel à venir. Deal with it, sons of bitches. Il place alors le raton laveur sur le crâne de Damien Mizdow et s’en va.

Putain, vous auriez pu me dire que les cascades dans James Bond étaient scriptées !

C’est décidément une soirée de surprises. Les New Age Outlaws font leur grand retour en équipe, et affrontent Slater Gator. Le match est animé et amusant, notamment lorsque Billy Gunn s’assoit sur Titus O’Neil en chiant dans son slip, ce qui fait vomir le colosse. Les jeunes finissent par s’imposer sur un roll-up, mais en pleine célébration, ils sont interrompus par le Boogeyman, qui vient remplir Titus de lombrics. Ce dernier vomit ensuite.

Faut que j’arrête de laisser trainer mes tisanes, moi !

The Big Show vient accompagné de Layla à son bras, officialisant une relation qui faisait beaucoup parler dans les couloirs. Il est là pour remettre l’Award de l’année de merde. Le géant rappelle qu’il a souvent concouru pour la catégorie, mais qu’il est temps de laisser un peu place aux autres. Sont nominés :

 

– Emma, première rookie de l’année, grand espoir de la division féminine. Collée au rang de comedy wrestling, elle atteint le summum du ridicule en se faisant arrêter par la police pour un vol d’un montant de 21 dollars

– Bad News Barrett, dont le nom parait étonnamment autobiographique. Ultra-populaire grâce à des segments poubelle dont il se sort bien, il commence une belle ascension au printemps, devenant même champion Intercontinental avant de se faire exploser l’épaule par Swagger et voir tous ses efforts réduits à néant

– Big E, qui commence l’année champion Intercontinental, avant de perdre le titre face à un méchant dans la joie collective puis de servir de serpillère à Rusev puis de disparaitre longuement des écrans pour finalement revenir dans une équipe où ya que des noirs

– John Cena. Hué au début de l’année, détesté par le public au printemps qui lui préfère son rival Bray Wyatt, terrorisé par un petit enfant qui chante en slow motion, donné en pâture à Brock Lesnar qui lui porte seize putains de souplesses, Cena se fait voler sa revanche en septembre, perd un match à stipulation débile contre un débutant et se fait à nouveau humilier par le Big Show aux Survivor Series. Si c’est pas une année de merde !

– Triple H. Trois défaites d’affilée en PPV au printemps pour le Game. Incapable de maintenir ses troupes, il voit filer Batista puis Orton, avant d’être humilié aux Survivor Series par un vieux plus petit et moins musclé que lui. La seule bonne nouvelle, c’est que Steph va gonfler sa taille de bonnets.

Et pas de ragnagnas pendant neuf mois. Le bonheur.

La victoire revient, après vote du public, à Bad News Barrett. L’univers de la WWE a surtout reconnu la régularité du lauréat, déjà victime de coups d’arrêt en 2011 et 2013 alors que sa carrière semblait décoller.

 

Le vainqueur tape son maillet sur la table, et annonce qu’il a de mauvaises nouvelles : il restera coincé par le plafond de verre toute sa carrière, et verra les jeunes issus de NXT le dépasser pendant qu’il végétera en midcard et ne deviendra jamais champion du monde, lui, le NXT original.

J’vous dis qu’on va rigoler.

Hornswoggle est debout sur l’estrade. Très excité, le fils de Finlay a hâte de nommer le vainqueur du Gimmick le plus pourri de l’année. Sont en course :

 

– Rusev. En plus d’avoir perdu son prénom, le Bulgare joue le rôle du méchant Russe contre les gentils Américains, comme en pleine conquête spatiale. Une époque révolue, lulu.

– Adam Rose, parce que s’habiller n’importe comment et bouger les bras ne fait pas une carrière.

– El Torito.

– Alicia Fox, qui soudain après des années de vacuité, décide de devenir follasse puis d’arrêter.

 

Et le vainqueur est… Rusev !

We are happy…

Lana et son Musclor arrivent furieux. Lui jette le nain du podium. La blonde prend le micro « You stupid Americans… You want to humiliate a true hero. You know who is your hero ? He’s Vladimir… »

 

La sculpturale demoiselle étouffe sa fin de phrase… quelques mots en russe viennent d’être prononcés. La foule est en délire total, un Vladimir est présent dans la salle, mais il s’agit du Moscow Mauler, Kozlov ! Incroyable soirée ! Paré de son slip blanc de combat, l’ancien champion par équipes arrache le micro des mains de Lana, tétanisée. « You are not even Russians… And you give a bad reputation to my country. I will destroy you ! » et il se jette sur le champion US. Seuls les arbitres réussissent à séparer les deux hommes. Un affrontement semble prévu pour Wrestlemania. I can’t wait !

J’étais tranquille, j’étais peinard, assis sur l’canapé, quand j’ai entendu l’aut connard qui pour des ploucs nous fait passer…

Le show touche à sa fin. A lieu un rapide match entre Fandango et Adam Rose, gagné par le leader de l’Exotic Express. Le lapin tente de violer Rosa avant de prendre la fuite affolé. Joint en coulisses, il donne ses premiers mots au public WWE en disant qu’il « y avait une carotte sous la pelouse ». Comprenne qui pourra.

 

Rapha-Hëll, observateur assidu et averti est venu en costume cravate pour l'occasion : remettre un des Slammy les plus disputés, le "Fired of the year".

 

Il lance un vibrant discours hommage à tous ces hommes et femmes qui voient leur carrière stoppée net par décision arbitraire et unilatérale, les conduisant souvent à aller piger dans des fédérations inférieures pour moins que rien, et ainsi finir leur vie et leur carrière le corps meurtri et le compte en banque à sec, dans l'indifférence totale d'un public versatile qui les portait à l'époque de leur grandeur. Il se dit aussi qu'il doit perdre la moitié de son public en faisant des phrases aussi longues.

 

Il lance alors le clip des nominés. On y retrouve :

 

– Drew McIntyre, présenté comme un futur champion à son arrivée, qui a passé ses derniers mois à servir de compagnon à Heath Slater et Jinder Mahal au sein des 3MB, et qui fut viré sans forme de procès le 12 juin.

– Brodus Clay, terrifiant monster heel à ses débuts, puis transformé en papa funk qui fait danser les enfants. Lorsqu'il décide de redevenir méchant en janvier, il précipite en fait sa fin de carrière qui prend effet le 12 juin.

– Le Great Khali, phénomène de foire et géant inoffensif, aura surtout servi à amuser la galerie durant sa carrière, tout en maintenant l'accès au marché indien. La plaisanterie dure jusqu'en novembre 2014.

– Alberto Del Rio, phénomène mexicain qui gagne Royal Rumble, Money In The Bank et championnat WWE dès sa première année dans la fédération. Aristocrate doué sur le ring et au micro, El Patron se trouve pourtant sous-utilisé en 2014. Son licenciement survient le 7 août, officiellement pour cause de dispute avec un membre raciste du staff, mais semble bien arranger la fédé qui ne savait plus qu'en faire.

– CM Punk, Hall of famer en puissance, détenteur du plus long règne de champion du monde de ces vingt-cinq dernières années, mais dont la WWE refuse de faire sa tête de gondole à cause d'un caractère difficile, décide de partir en pause en janvier, le corps meurtri par des blessures. Il apprend finalement son licenciement officiel le jour de son mariage avec la belle AJ. On ne peut pas tout avoir.

 

Le public vote sur l'application, pendant qu'on assiste à un match de gala entre Chris Masters, Eric Escobar, Carlito, Chuck Palumbo, Colin Delaney, JTG et Shad Gaspard dans un "Contract on a pole match". Malheureusement, le match se termine sans vainqueur lorsque Mercury et Noble viennent décrocher le papier, et Kane porte alors des Chokeslams à tous les participants, en hurlant "You'll not steal my job !"

Sur ma route oui, il y a eu du souci, une vie de roots…

 

Le public a voté. Paige, vêtue de sa plus belle robe de soirée, a rejoint Rapha-Hëll devant le podium pour lui remettre l'enveloppe, officialisant ainsi une relation qui…

 

Et le gagnant est…. ALBERTOOOOO DEL RIIIIIIOOOOO !!!

La belle époque.

Le choix a été difficile, mais les raisons vaseuses du licenciement du meilleur Mexicain de l'histoire de la WWE, ainsi que la réussite de sa reconversion dans l'AAA, ont pesé dans la balance.

CM Punk, qui espérait grandement glaner la récompense, déclare au micro "I'm unhappy, fuck it !" avant de partir dans les couloirs chercher Brock Lesnar, pour "s'entrainer".

El Patron n'étant pas là pour récupérer sa récompense, son compatriote encore sous contrat, Rey Mysterio, vient prendre la statuette.

Vous voyez, j’ai encore plein de masques tout neufs à utiliser, ça serait gâcher.

 

Très ému, le luchador commence par ces mots "Je transmettrai le trophée à Alberto, il sera ravi, merci pour lui. Moi aussi, j'ai quelques mots à dire à propos de la gestion du personnel à la WWE…" mais il s'écroule avant de pouvoir continuer. Derrière lui se tient Triple H, un Sledgehammer à la main.

 

Il prend la statuette, la brise en deux et déclare "If you're not down with that, I've got two words for you".

 

La soirée s'achève.

Et l’on se réveille !

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