Catch

Heyman-Rollins: les cerveaux réunis?

La raison, c'est l'intelligence en exercice ; l'imagination c'est l'intelligence en érection.

Victor Hugo

 

Lundi dernier, à Raw, Brock Lesnar et Paul Heyman sont entrés dans une cage où se tenait un Seth Rollins épuisé par un match brutal contre Cena. Le champion WWEWHC a laissé repartir Mr. Money in the bank en un seul morceau, et Heyman lui a même serré la main. Pourquoi ? Parce que les deux hommes les plus intelligents de la WWE étaient voués à s’entendre. La suite des événements va nous montrer que, comme disait l’autre, ensemble, tout devient possible.

 

 

Quand une crapule rencontre une autre crapule, qu’est-ce qu’elles se racontent ? Des histoires de crapule.

 

 

Fantasy booking : l’alliance des intellects

 

 

L’intelligence, à la WWE, n’est pas équitablement répartie. Loin de là. Paul Heyman en détient la majeure part, Seth Rollins a pratiquement tout le reste. Les autres catcheurs, managers et commentateurs… disons qu’ils compensent en stupidité ce qui leur manque en intelligence.

 

Heyman est présenté depuis des années comme un homme extrêmement machiavélique, ayant toujours un voire plusieurs coups d’avance sur ses adversaires. Hélas, ce type brillant (et orateur exceptionnel) est booké par des auteurs n’ayant pas la moitié du quart du huitième du chépakombientième de son talent, d’où certaines anicroches à son gimmick d’enfoiré le plus ingénieux du divertissement sportif. Oui, je pense notamment au comportement stupéfiant de connerie qui a été le sien à plusieurs reprises l’année dernière lors de sa feud contre CM Punk. Mais bon, oublions ça et admettons que l’avocat de la Mort incarnée en a grave dans le ciboulot.

 

Rollins, de son côté, effectue un quasi sans faute depuis son entrée dans le roster principal. Il a eu le génie de s’associer d’entrée de jeu à deux camarades de promotion qui ajoutèrent à ses propres dons pour la voltige la puissance et l’intrépidité. Le Shield a tout défoncé sur son chemin, et on a fini par comprendre que le cerveau de la bande, c’était bien Seth, l’architecte. Seulement, au bout de deux ans de ravages, le chemin du trio noir a croisé celui des patrons du lieu, et Seth a su, au meilleur moment, passer du côté du vrai pouvoir, celui de Triple H. Sa trahison a pris tout le monde de court, et il en a immédiatement été récompensé : à Money in the Bank, le 29 juin 2014, l’Autorité a dépêche Kane pour l’aider à s’emparer de la mallette. Dès lors, il a su évincer Orton (le plan A de l’Autorité) et s’imposer comme le nouveau projet suprême de Triple H en personne. Conscient de la rareté des apparitions du champion Lesnar, il a su tenter sa chance au moment où celui-ci semblait le plus vulnérable, à Night of Champions, et a bien failli réussir l’impensable. Et sans l’intervention de Sting aux Series, il aurait obtenu la peau de tout un tas de babyfaces. Bref, on a affaire en sa personne à un redoutable joueur d’échecs, un manipulateur de premier ordre, un type qui sait ce qu’il veut et où il va, qui jauge toujours le pour et le contre et opte systématiquement pour la meilleure solution. On n’avait plus vu une telle clairvoyance au service de l’ambition d’un catcheur depuis les meilleures années d’Edge.

 

Tout ça pour dire que deux cerveaux comme Heyman et Rollins anticipent le futur, soupèsent les potentialités et tracent un chemin que les bourrins qui constituent le reste du roster ne peuvent même pas envisager. Or aujourd’hui, il se trouve que leurs intérêts sont irrémédiablement contradictoires. La confrontation paraît inéluctable.

 

 

Je veux devenir champion du monde, Paul.

Je ne veux pas que tu le deviennes, Seth.

Discutons-en.

– Bon sang, ça change de tes collègues. Ils m'auraient tous déjà mis un coup de tête.

 

 

Paul Heyman est le représentant de Brock Lesnar, qui est champion du monde et aspire évidemment à le rester jusqu’à la fin des temps, ou au moins de sa carrière. Seth Rollins détient une mallette lui permettant d’obtenir un match de championnat contre le porteur de la ceinture suprême à n’importe quel moment d’ici au 29 juin 2015. C’est un jeu à somme nulle. Si Rollins gagne, Heyman perd. Si Rollins perd, Heyman gagne. Ils devraient se regarder en chiens de faïence et tenter à chaque instant de se faire mutuellement une entourloupe fatale. Rollins a d’ailleurs dégainé le premier en essayant de casher à Night of Champions, se permettant même au passage, suprême outrage, de porter un Curb Stomp à Lesnar…

 

 

Brock Lesnar était tranquillement en train de faire des pompes sans les pieds QUAND SOUDAIN !

 

 

Mais Heyman a pardonné à Rollins (Brock, lui, a oublié l’événement dans la minute, évidemment). Heyman n’est pas de ces abrutis qui n’écoutent que leurs instincts primaires. Il sait bien qu’il existe dans ce monde une mallette magique et que son possesseur veut évidemment devenir champion. Il n’a aucune raison d’en vouloir à Rollins d’avoir tenté sa chance. Lesnar était affaibli à ce moment-là, après 25 minutes d’un combat féroce contre Cena, c’était le moment idéal pour le décoloré, il a intelligemment abattu ses cartes, normal. Un lion n’en veut pas au chacal qui essaie de lui voler sa proie. C’est la nature.

 

Il n’empêche que cette soirée de Night of Champions, Paul Heyman y a souvent repensé, lors de ces longues insomnies causées par ses hémorroïdes, eux-mêmes causés par ses accès de bile, eux-mêmes causés par ses fulgurances cérébrales. Il sait, Paul Heyman, que le Brock Lesnar de 2014 est proprement invincible à la régulière en combat singulier. Il avait perdu deux ou trois matchs en 2012-2013, mais il se ressentait encore de la maladie des boyaux qui l’avait forcé à mettre fin à sa carrière à l’UFC. Il est parfaitement guéri, à présent. Et un Lesnar au mieux de sa forme, c’est invincible. Point à la ligne. Wrestlemania XXX et le Summerslam suivant en témoignent mieux que n’importe quelle promo. Oui, à Night of Champions, Cena s’est révélé bien plus dangereux qu’à Summerslam ; mais Paul Heyman sait que le monstre qu’il cornaque aurait fini par en venir à bout même sans l’intervention de Rollins.

 

 

Encore dix secondes et ma sueur corrosive va complètement lui carboniser les bras.

 

 

En revanche, que se serait-il passé si Cena n’avait pas empêché Rollins de casher ? Que se serait-il passé si Rollins, après son Curb Stomp, avait pu tenter le tombé sur Brock ? Paul Heyman se retourne dans son lit, se gratte les fesses, soupire et s’avoue la vérité : Brock Lesnar aurait pu être vaincu.

 

Oui, Lesnar peut être vaincu par un autre catcheur dans les conditions très spécifiques d’un cash-in. Et Rollins a montré à Night of Champions qu’il n’était pas du genre à manquer une occasion quand elle se présente. Or Paul Heyman sait que le contrat de Brock lui impose une série de défenses. Le doux automne 2014, les grandes vacances, c’est terminé. Brock sera en représentation au Rumble (contre Cena), puis à Fast Lane (le nouveau show qui remplace Elimination Chamber), puis évidemment à Wrestlemania, et sans doute encore plusieurs fois au cours des mois suivants. Chaque fois, il devra affronter des adversaires dont aucun ne peut le vaincre à la régulière, mais qui tous peuvent l’affaiblir suffisamment pour en faire une proie accessible à l’opportuniste Rollins.

 

Rollins est un risque. Trop grand pour que Heyman se contente d’en balayer l’idée d’un haussement d’épaules. Paul a identifié un problème — c’est la première phase. La seconde est d’élaborer un plan — ce qui lui prend à peu près trente secondes car il est très intelligent. La troisième consiste à mettre ce plan en application. Et c’est ce qui a commencé à se passer à Raw lundi.

 

Rollins s’en est targué lors du Super Smackdown tenu le lendemain : c’est lui qui a été à l’origine des attaques de Lesnar contre Jericho et contre Cena. La réalité est un peu plus complexe. Heyman l’a approché en début de show, backstage — et comme il est très intelligent, il l’a fait dans un endroit où aucun caméraman ne traînait. Il lui a appris que Brock était là, l’a rassuré sur les intentions pacifiques de son client et lui a demandé ce qui pourrait faire plaisir à Rollins. Celui-ci, qui sortait précisément d’une séquence tendue au cours de laquelle Jericho, guest host du soir, l’avait malgré ses protestations envoyé combattre Cena en main event dans la cage, a déclaré qu’il apprécierait beaucoup que Lesnar fasse regretter le jour de leur naissance à Jericho et Cena. Pour ce qui est de Jericho, Heyman l’avait déjà décidé de lui-même, vu que ce dernier avait eu le toupet de vouloir l’affronter personnellement ; mais il a fait mine d’accepter la demande de Rollins, qui en est encore plus devenu son obligé.

 

Résultat : Lesnar murderdeathkills Jericho, puis sauve les miches de Rollins dans le main event et détruit Cena.

 

Et Heyman serre la main de l’homme qui détient la mallette.

 

 

Ne crains rien, Seth. Brock ne fait du mal qu’à ses ennemis. Tu n’es pas un ennemi de Brock, n’est-ce pas ?

 

 

On comprend les motivations du manager dans ce rapprochement. Heyman veut que son client conserve son titre ad vitam aeternam. Mais que veut Rollins ?

 

Rollins, évidemment, veut devenir champion du monde. Il a sa mallette, et il entend bien s’en servir. Il veut aussi, depuis les Survivor Series, que l’Autorité revienne. Sans elle, il est dépourvu, ne peut plus s’appuyer que sur Noble et Mercury (qui eux aussi rêvent d’un grand retour des patrons, en bons cloportes) et ne bénéficie plus des mêmes protections qu’auparavant, comme Raw l’a démontré. Rollins veut être reconnu comme le meilleur membre du Shield, il veut marquer son temps, il veut devenir le modèle, l’étalon-or. Ses ambitions sont immenses. Mais il ne se précipitera pas et agira toujours avec la plus grande finesse. Maintenant que tout ceci est posé, voici la suite.

 

La semaine prochaine, à Raw, on débute le show par une promo maousse de Paul Heyman. Il y révèle à peu près ses réflexions nocturnes présentées ci-dessus. Lesnar est champion, il veut garder le titre pour toujours. Il a détruit la Streak, il a détruit Cena, il détruira tous ceux qui auront l’audace de prétendre lui prendre sa ceinture. Brrrrock Lesnar est le maître incontesté de la WWE. Les autres catcheurs lui doivent peur et dévotion. Toute aspiration à lui prendre SON titre sera interprétée comme un crime de lèse-majesté et punie avec la plus grande sévérité. Brock Lesnar est LE champion ultime, chacun doit le reconnaître. Brrrock ne craint rien ni personne. Ni l’Undertaker, ni John Cena, ni Triple H, ni Roman Reigns, ni Daniel Bryan, ni Ryback, personne.

 

Mais même le plus grand combattant peut être pris en traître et c’est bien ce qui a failli se passer à Night of Champions (Heyman repasse la séquence du cash-in avorté de Rollins). Brrrrock ne veut pas avoir à se soucier d’un possible cash-in. C’est pour cette raison que ce soir, Paul Heyman fera à Seth Rollins une proposition qu’il ne pourra refuser.

 

 

Et s’il se montre récalcitrant, il se réveillera un matin avec la tête coupée de Joey Mercury dans son lit.

 

 

Vers la fin de la soirée, après un main event à plusieurs quelconque qui s’est mal fini pour Rollins, Heyman débarque et va droit au but. Il veut que Seth Rollins renonce à sa mallette.

 

Oh, bien sûr, dit Paul Heyman, tu peux m’envoyer balader. Tu peux croire que tu as une chance, même microscopique, de casher avec succès sur Brrrrrrock Lesnar. Mais permets-moi de citer Usual Suspects : « Shoot the devil in the back ? What if you miss ? » Tu sais, Seth, au fond de toi tu sais que tes chances de réussir à casher sur Brock sont minimes. Même si tu parviens à l’agresser à un moment où il sera étourdi par un autre adversaire, pourras-tu obtenir un compte de trois ? Tu sais que non. Tu sais qu’il se relèvera. Et tu sais que cette fois, il ne te pardonnera pas. Veux-tu vraiment te faire un ennemi juré de Brrrrock Lesnar, Seth ?

 

Ne crois pas que viens vers toi car Brock et moi voyons en toi une menace de premier ordre. Si je te fais cette proposition, c’est uniquement parce qu’en tant que garant des intérêts de la Bête, je me dois de penser même aux événements les plus improbables. Il y a peut-être une chance sur cent que tu parviennes à casher, mais même cela, je veux l’écarter.

 

Ma proposition est la suivante. Renonce à ton cash-in, et tu deviendras un Heyman Guy. Le titre WWEWHC ? Il sera hors d’atteinte pour toi comme pour qui que ce soit d’autre aussi longtemps que Brrrrock Lesnar sera en activité. Mais d’une, en attendant, je t’assisterai dans tes autres projets, et Brrrrock aussi à l’occasion. De deux, je ferai en sorte qu’après le départ de Brrrrock, tu sois le champion suivant. Ne me réponds pas maintenant, réfléchis-y et donne-moi ta réponse la semaine prochaine.

 

 

Ayez confiaaaance…

 

 

Le build de la relation se fait ensuite assez facilement. Rollins, au départ réticent, se rend à l’évidence. Lesnar est un monstre, et la mallette ne garantit rien ; en revanche, s’il y renonce, Heyman lui offre un soutien sans faille. Rollins finit par accepter et donne spectaculairement sa mallette à Heyman lors d’un Raw deux semaines avant le Rumble, un soir où Lesnar est là. Mercury et Noble, qui ne comprennent pas cette décision, prennent un F5 chacun pour leur apprendre à ouvrir leur gueule. Heyman explique ensuite à Rollins que Brock et lui, désormais, sont alliés. Ils doivent agir l’un pour l’autre.

 

La période sert à mettre méga-giga over les titres US et IC. Brock étant champion du monde, les autres doivent combattre pour ces ceintures-là, explique Heyman. Car le titre principal est hors d’atteinte. Rollins a alors une idée de génie. Il voulait entrer dans l’Histoire en prenant le titre WWEWHC à Brock Lesnar mais il y a d’autres moyens de graver son nom dans la postérité. Tout comme Lesnar a mis fin à la Streak, Rollins laissera lui aussi une trace indélébile en remportant et en unifiant les deux titres secondaires ! Lesnar champion du monde, Rollins champion US-IC, voilà l’avenir !

 

L’initiative plaît à Heyman, mais il rétorque qu’il n’est pas en son pouvoir de décider de l’unification de deux titres. Rollins en revient alors à son idée fixe : il faut faire revenir l’Autorité ! Mais seul Cena a la possibilité de le faire. Or il hait l’Autorité, il hait Heyman, il hait Brock, il hait Rollins, il hait tout le monde cet homme-là ! On va trouver un plan, dit Heyman, qui n’est pas contre un retour de l’Autorité, laquelle n’avait jamais posé de problèmes à Brock du temps où elle était aux affaires. En attendant, commence par gagner l’un de ces deux titres ! Le match pour le championnat US entre Rusev et Ryback est déjà booké en vue du ppv ; un Rollins surmotivé se dirige donc vers la ceinture IC de Ziggler, et devient First Contender lors du go-home Raw en gagnant un Beat the Clock challenge.

 

Arrive le Rumble. Rusev et Ryback font match nul sur un double décompte à l’extérieur. Au bout d’un formidable combat de 25 minutes, Rollins parvient à prendre sa ceinture à Ziggler. Heyman était présent en ringside et au moment où la cause semblait perdue pour Rollins, Lesnar est arrivé. Il n’est pas intervenu mais sa présence a suffi à déconcentrer Dolph à plusieurs reprises, jusqu’au Curb Stomp final. Rollins célèbre sa victoire avec Heyman et Lesnar. Lequel en découd ensuite avec Cena dans un match à stip quelconque où Rollins l’aide à en finir avec le Marine.

 

 

Un !

Mais non Brock, ça fait douze German Suplex que tu me portes là…

– Je sais compter que jusqu’à un !

 

 

Le Rumble est remporté par Reigns (ou Bryan s’il est rétabli, peu importe ici). On peut envisager ici de lancer à cette occasion dans le grand bain deux mecs de NXT, qui rejoindront peu après le clan Heyman afin de chasser les titres par équipes.

 

Dans les semaines suivantes, Rollins feude avec Ziggler ; Reigns (ou Bryan) promet de vaincre le champion, quel qu’il soit, à Mania ; et un nouveau challenger est désigné en vue de Fast Lane : le très populaire Dean Ambrose, qui fera un combat maousse contre Lesnar mais chutera comme les autres. Cena, lui, erre comme une âme en peine après sa défaite contre Brock. Quand Heyman et Rollins lui font une proposition : si Cena accepte de faire revenir l’Autorité, alors il sera dans le main event de Mania, qui deviendra du coup un Triple Threat ! Une promesse confirmée dans un message enregistré par Triple H. Qui en profite pour assurer Rollins que s’il est restauré dans ses fonctions, il unifiera les titres US et IC pour que l’Architraître puisse réaliser son destin.

 

Enfin, la période voit un push de Cesaro. Il rappelle à Rollins qu’être Heyman Guy ne lui a pas rapporté grand-chose, Heyman rétorque que c’est parce qu’il n’était pas assez bon, ça suffit pour énerver le superman suisse pour de bon. Il décide de prouver à Rollins, à Heyman et au reste du monde ce qu’il vaut. Il déclare donc qu’il deviendra champion US et que c’est lui qui sera le premier à détenir les deux titres secondaires ! Dans la foulée il parvient à s’incruster dans la feud Rusev-Ryback.

 

A Fast Lane, Rusev, Cesaro et Ryback se livrent une bataille qu’on imagine bien finaude, Cesaro gagne en faisant le tombé sur Ryback et devient champion US. Il gagnera le rematch de Rusev un peu plus tard à cause d’une intervention de Ryback. Ca nous envoie sur un Rusev-Ryback agrémenté de quelque stipu barbare style No Holds Barred à Mania.

 

 

Vous devriez essayer de marcher en ouvrant les yeux les mecs, peut-être que vous arrêterez de vous rentrer dedans.

 

 

Rollins bat d’extrême justesse Ziggler pour conserver son bien mal acquis et Lesnar, on l’a dit, se débarrasse d’Ambrose. Reigns (ou Bryan, enfin le vainqueur du Rumble quoi) est mis over par une victoire nette et sans bavure sur quelque heel relativement sérieux genre Big Show.

 

Cena, pour sa part, joue les torturés comme Shawn Michaels du temps où il était obsédé par son désir de revanche contre l’Undertaker. Il rêve plus que tout du titre, et surtout d’un Title Shot à Mania. Mais pour ça il doit faire revenir son pire ennemi, HHH, et lui rendre le pouvoir… Reigns (ou Bryan) lui dit qu’il comprend son dilemme et que ça l’emmerde pas spécialement s’il décide de s’incruster dans le main event de Mania, après tout ça lui (à Reigns ou Bryan) donnera juste une cible de plus qu’il suffira de pinner pour gagner le titre !

 

Cena finit par craquer lors d’un Raw deux semaines avec Mania. Il rappelle l’Autorité. Qui la semaine suivante revient avec un grand sourire annoncer qu’à Mania les titres US et IC seront unifiés entre Rollins et Cesaro ; et qu’effectivement Cena est désormais dans le main event, qui devient donc un Triple Threat Lesnar – Cena – Reigns (ou Bryan)… mais que si Cena ne gagne pas, il ne pourra plus jamais, JAMAIS, être candidat au titre WWEWHC. Ben ouais, Triplache a encore en travers de la gorge cette longue inactivité forcée dont il tient Cena pour responsable…

 

 

– On reviendra un jour à Bethléem, hein Joseph ?

Oui Marie, je te le promets. Et ce jour-là, ça va chier pour Hérode.

 

 

Je ne détaille pas le reste de la card de Mania, ce n’est pas l’idée ici ; disons juste que les plans des méchants marchent à merveille jusqu’à la dernière minute. (Si on a décidé qu’un duo sorti de NXT appartenait à la stable Heyman, ce duo s’empare des ceintures tag team ; Rollins bat Cesaro en une demi-heure de folaille, avec un caméo décisif de Lesnar, et unifie les titres secondaires ; Heyman assiste à tout ça en buvant du champagne avec HHH, et on se dit qu’une chape de plomb est en passe de tomber sur la WWE (on peut même refiler une nana à la stable Heyman pour que la fête soit parfaite). Et dans le main event, après un long combat avec tout ce qu’il faut d’overbooking et d’interventions de Rollins et d’Ambrose, alors que Reigns (ou Bryan) semble sur le point de faire le pin sur Lesnar, Cena colle au vainqueur du Rumble un grand coup dans les burnes et couvre la Bête lui-même. Cena wins, mais pas lol, car le heel turn s’annonce !

 

Dans les semaines suivantes, Cena s’explique : il n’a rien contre Reigns (ou Bryan) mais c’était sa dernière chance de redevenir champion, et l’autre en aurait fait de même, gnagnagna. Les gens le conspuent, il fait mine comme toujours de ne pas en être affecté. A Extreme Rules, Cena doit défendre son bien contre Lesnar, et s’en sort grâce à une intervention maladroite de Reigns (ou Bryan) qui voulait le châtier. Lesnar prend alors quelques semaines de repos. Cena est un champion de plus en plus haï, de plus en plus sombre aussi. La ceinture suprême, objet de toutes les convoitises, le consume comme l’anneau consuma Gollum. Il ne se conçoit qu’en tant que Champ, et tant pis pour les cons. Cette nouvelle attitude lui vaut paradoxalement le soutien d’une partie de ses anciens détracteurs. Rollins, de son côté, perd son super titre secondaire unifié contre Ambrose, de même que le rematch. Ouais, sans Brock dans le coin c’est moins facile. A Payback, Reigns (ou Bryan) finit par vaincre Cena et gagner le titre… mais dans la minute, Seth Rollins cashe sa mallette que Paul Heyman a fini par lui rendre. Money in the Bank approche et Heyman annonce que la Bête s’alignera pour la première fois dans le match à la mallette…

 

 

Je vais lui dessiner une banane dans la mallette. Comme ça il sera motivé pour grimper.

 

 

Pour résumer, je voudrais que tous les catcheurs, ou tout du moins les principaux, soient perçus comme dangereux, déterminés et, pour certains, très calculateurs. A mon nain blavi, Rollins sortirait d’une telle séquence nettement renforcé, de même que la plupart des autres noms cités. Cena évoluerait sans turner entièrement, Lesnar se montrerait affamé de revanche, Heyman s’entourerait d’une team de winners et on aurait un retour justifié in kayfabe de l’Autorité. Y a sans doute à redire à ce booking, qui de toute façon ne prétend pas à l’exhaustivité… et justement, je vous serais reconnaissant de donner vos comms ci-bas !

 

 

Merde les mecs, on a encore un script qui a fuité !

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