Catch

2014, année maudite

Je ne suis pas superstitieux, ça porte malheur.

Coluche

 

A travers le monde, le 14 est plutôt un nombre positif. Valant deux fois le chiffre 7, porte-bonheur réputé, il évoque le Roi-soleil aussi bien que le plus génial joueur de football européen. Mais il est un lieu où sa bonne réputation disparait : la WWE, où le numéro 14 est synonyme de désolation. Malheur au catcheur qui entrera en quatorzième place lors du Royal Rumble. L’histoire prouve qu’il est voué à subir les pires épreuves : retraite prématurée, carrière foutue, alcoolisme, accidents mortels, départ de l’être aimé… Les exemples sont légion et ont été fort bien résumés il y a quelque temps par mon confrère Spanish Announce Table. En l’occurrence, il semblait évident que la fédération de catch toute entière n’échapperait pas au mauvais œil en cette année 14 du troisième millénaire. Impossible de conjurer le sort : 2014 aura bien été une immense galère pour le personnel de la WWE.

Les plus malchanceux vont même être réduits en cendres.

 

 

Résumé d'une année de malédictions à la WWE

 

 

Janvier, le gros début des emmerdes

Ha ça, la WWE n’aura pas attendu longtemps pour comprendre que 2014 sera une bonne année de merde. Je ne vous ferai pas de résumé détaillé de la situation, pour cela je vous renvoie au talent de notre maître Axl, mais il y a comme un malaise entre l’équipe dirigeante et le public.

 

Déjà, en décembre, le terreau était en place. Rappelez-vous: Randy Orton bien aidé par l’Autorité, avait réussi ce que tous les fans attendaient, espéraient ou au contraire redoutaient depuis bien longtemps : fusionner les deux ceintures majeures pour n'en faire qu’un seul titre suprême. Un tel sacre aurait dû avoir lieu au terme d’une longue storyline qui aurait concerné toute la fédération et aurait débouché sur un match de légende à la fin d’un PPV historique.

 

Mais non, tant pis pour l’Histoire, Orton a conquis les titres en battant Cena lors du final de TLC 2013, sans tambours ni trompettes, au terme d’un match sans grande passion. Résultat, cette union des ceintures, tout le monde a l’air de s’en foutre.

 

Le public rejette en bloc cette énième feud entre le natif du Massachusetts et son fourbe adversaire du Missouri. Pas grave, la WWE a de la ressource. Pour le trentième anniversaire de Wrestlemania qui approche, elle a prévu le grand spectacle, avec un retour très attendu. Et pas n’importe quel retour : celui de Batista. L’Animal, celui qui a fait exploser Evolution et battu Triple H lors d’un match magnifique à WM 21, l’homme qui détient le plus long règne du titre Poids Lourds avec 282 jours, l'homme qui a connu des rivalités légendaires contre Edge, l’Undertaker, Orton ou encore Cena. L’homme dont le retour est sans cesse réclamé par les fans depuis son départ en 2010, et qui est espéré comme le messie à chaque arrêt de la WWE dans sa ville de Washington DC.

 

Vince et ses sbires jouent sur du velours : on tient le héros, celui qui battra Orton à WrestleMania et mettra fin à la domination des méchants.

 

Sauf que.

C’est quoi ce bordel ? J’avais exigé la présence d’un styliste personnel dans mes vestaires en cas de retour !

 

Les débuts du futur Drax sont bookés avec les pieds. Peut-être les scripteurs pensent-ils que la popularité de Dave suffit à elle-même. Plus certainement, la surprise prévue est gâchée par des fuites qui obligent la WWE à précipiter le retour. En tout cas, le come-back manque grandement de dramaturgie. Batista revient en serrant la main de Triple H et Stephanie, les méchants absolus depuis plusieurs mois. Choix plus qu’étrange qui commence à dérouter une partie du public.

Ouéch gros, ça va ou bien, tranquille ? On se fait la bise ?

 

Au Royal Rumble, la malédiction du 14 débute vraiment. Le match entre Cena et Orton reçoit les pires réactions de fureur de la part d’un public qui ne veut plus voir ces deux-là squatter la tête d’affiche. Finalement tant mieux, puisqu’il est programmé que cet affrontement sera le dernier entre eux, avant de démarrer la nouvelle rivalité du champion contre Batista.

 

Mais le reste de la soirée ne se passe pas comme prévu. Hors de forme, Batista entre en 28ème position et passe dix minutes à souffler comme un bœuf. Son dernier opposant sur le ring, Roman Reigns, vient de battre le record du nombre d’éliminations et reçoit un soutien sans faille de la part de la foule. Gênant vis-à-vis d’un suppôt du pouvoir, membre d'une faction obéissant encore à Triple H. La gêne gagne encore un cran lorsque Batista remporte le match. La sensation que l’ex-MMA a monnayé son retour contre l’assurance de quelques heures de gloire laisse un goût amer. Dans l’esprit des fans, l’ex-retraité vole la place du nouveau chouchou des foules, le barbu Daniel Bryan.

 

Heureusement, l’entrant n°27 se destine toujours à une année exceptionnelle

La soirée s’achève donc par un vainqueur du Royal Rumble tendant ses deux majeurs envers une foule hostile. Les médias se font l'écho du mécontentement du public, principale information de la soirée. Des légendes comme Mick Foley relaient le malaise général, certains qualifiant même le show de « Worst PPV ever » (normal donc qu’il ait gagné le Slammy du pire match de l’année). Pour couronner le tout, CM Punk décide ce soir-là de prendre une pause loin des rings, meurtri par des blessures non soignées. 

Si je veux pas mourir d’une saloperie, je crois qu’il est temps de se casser.

Explosés en plein vol

La misère continue tout au long de la saison 2014. Le meilleur symbole en est l’accumulation particulièrement importante de blessures.

 

Tous les catcheurs connaissent durant leur carrière un passage plus ou moins long à l’infirmerie.

 

Le pire moment pour une blessure, c’est au début d’un push.  Quand la fédération place sa confiance en un catcheur et qu’elle le lance vers les sommets, un arrêt brutal oblige les scénaristes à revoir tous leurs plans et bouleverse l’équilibre hiérarchique des athlètes. Très rares sont les lutteurs qui regagnent leur rang immédiatement après une convalescence. 

 

Problème, en 2014 tout le monde s’est blessé au mauvais moment.

 

Ecoutant finalement la voix du peuple, la WWE décide de faire passer Batista du côté des méchants et intègre Daniel Bryan dans le main event de Wrestlemania. Face à une telle opposition, la partition du héros est parfaite : le barbu volant remporte le trophée suprême au terme d’un show bouillant et historique, succès indiscutable. Les bookeurs ont parfaitement rattrapé leurs erreurs et le public est ravi.

Ouille, c’est… c’est un peu lourd deux ceintures. Personne n’aurait une minerve ?

Un mois plus tard, c’est la douche froide. Le 12 mai, on apprend que le nouveau champion du monde est blessé et doit se faire opérer du cou. Pour ne rien arranger, la durée de l’arrêt n’est pas claire. Au lieu de retirer d’emblée le titre à l’American Dragon, les officiels tergiversent. Un premier PPV passe sans que la question ne soit réglée. Finalement, à Money In the Bank, le titre de champion du monde est mis en jeu dans un Ladder Match, et Bryan est donc officiellement dépossédé de son bien. Jusqu’au bout la WWE espérait le retour du héros du peuple, allant jusqu’à prévoir un match contre lui et Kane au cas où. Dieu merci, cet affrontement nous sera épargné, et la suite donne raison aux officiels : en octobre, Daniel se fait opérer à nouveau. Celui qui devait tout exploser en 2014 sera finalement tombé peu après son heure de gloire.

Dans le même temps la WWE déplore la blessure d’un autre champion : Wade « Bad News » Barrett, éternel espoir depuis sa victoire à NXT en 2010, doit céder sa ceinture de champion Intercontinental le 30 juin suite à une blessure à l’épaule droite. L’Anglais était alors en plein boom. Auréolé d’une extraordinaire popularité depuis la création de son personnage annonceur de mauvaises nouvelles en décembre, il avait remporté la ceinture blanche à Extreme Rules.

– T’as pas peur qu’avec ma gimmick de Bad News je te porte la poisse pour mon premier match ?

– Penses-tu, j’en ai connu d’autres !

Toujours heel depuis le début de sa carrière, il amorçait semble-t-il un début de face turn en entrant en guerre contre les racistes Colter et Swagger. Mais ce dernier blesse bêtement le grand mancunien sur une barrière de sécurité. Nous ne saurons jamais jusqu’où aurait pu aller Bad News Barrett en 2014. L’Anglais a réapparu aux Survivor Series pour promettre un retour prochain. Tout ce que l’on espère, c’est qu’il récupère bien vite le rang qui lui est dû. Pétri de talent, il mérite le haut du tableau… Mais la malédiction du 14 lui aura fait perdre une année de plus.

 

Rassurez-vous, mon épaule va mieux. Je peux à nouveau taper avec mon maillet.

Daniel Bryan étant out, il faut un nouveau héros à la fédération. La transition est facile, d’ailleurs : depuis le lendemain de WrestleMania, le petit barbu s’est fait voler la vedette par le trio des rebelles en noir, la faction du Shield en guerre contre Triple H et l’Autorité. Par deux fois les mercenaires gantés battent Evolution. A l’explosion du trio, un homme est envoyé vers la lumière du main event. Il s’agit de Roman Reigns.

Pourtant, au début, il semblait plus apte à se faire chier dessus par l’Autorité.

L’homme fort du Shield bénéficie d’une grande popularité auprès du public et en interne. Vince McMahon veut faire du cousin du Rock sa nouvelle tête d’affiche. Il est intégré dans la bataille des échelles pour le titre WWE. Même si le titre lui échappe, Reigns surnage dans les semaines à venir. Il éclipse le nouveau champion John Cena et chacune de ses entrées sur le ring, qu’il effectue depuis les tribunes comme à l’époque du Shield, déclenche la liesse dans la foule.

Ric Flair lui propose même sa fille en cadeau.

A Summerslam, il confirme son statut de nouvel homme à battre en venant à bout de Randy Orton. La suite ? Une hernie l’écarte de toute compétition pendant l’automne alors qu’il débutait une rivalité prometteuse contre son ancien allié Seth Rollins.

 

Revenu en cette toute fin de 2014, Roman semble retrouver rapidement les sommets. Qu’il n’aurait sûrement pas quittés sans cette malédiction…

 

Outre ces trois prometteurs jeunes hommes qui auraient joué les premiers rôles si le sort les avait épargnés, d’autres lutteurs ont vu leur année gâchée par une blessure.

 

Héros inattendu de l’Elimination Chamber match, Christian aurait certainement eu droit à une belle place dans les rivalités secondaires sans une nouvelle commotion qui lui coûte pour le moment sa carrière.

 

L’amuseur public Santino Marella ne sort plus son cobra depuis qu’il a annoncé sa retraite des rings en juillet, consécutive à une blessure au cou.

 

Son ancienne amoureuse Tamina aurait possiblement bouleversé l’année féminine sans une vilaine blessure au genou.

 

Bo Dallas avait enfin réussi à convaincre avec un amusant personnage de motiveur de foules lâche et sournois, mais il passe la fin de l’année sur le banc de touche.

 

Sheamus était parti pour figurer en bonne place sur la carte des Survivor Series, nanti d’une belle popularité, avant que Mark Henry ne le brise.

Ca va mec ? Ca va ? Désolé, je me suis emporté… Control-Z, putain, Control-Z !

 

Histoires inachevées

Quand les scripteurs de la WWE se lancent dans une histoire… qui finalement doit s’arrêter, c’est un peu irritant. Outre tous les changements de scénario qui ont suivi les blessures précédemment citées et dont nous ne saurons jamais rien, il y a eu des retouches de taille cette année.

 

La plus importante, je l’ai évoqué, est bien entendu le changement complet de la carte pour WrestleMania 30. Vince McMahon aime avoir une affiche bien établie plusieurs mois avant le plus grand événement annuel. Cette année, il a dû faire de nombreuses nuits blanches.

 

Son grand match de légende Batista Vs Randy Orton a été complètement réduit en miettes par le rejet des fans.

 

A peine un mois après un retour censé être héroïque, Batista est finalement forcé de devenir méchant par une foule qui adore le huer. Il devient Bootista, top heel de la fédération.

 

Puis ce sera Bluetista. Mais il continuera à en prendre plein la gueule.

 

 

Extrêmement rare, un tel écriteau se vend désormais à prix d’or sur Ebay.

 

Pendant ce temps, Triple H devait croiser le fer avec CM Punk, figure de rébellion contre l’Autorité. Mais le lutteur straightedge prend son rôle tellement à cœur qu’il tourne le dos à la fédération qui le nourrit et part prendre du recul dans sa maison de Chicago.

Je vous promets que si vous ne me donnez pas ce que je réclame, vous le regretterez !

– Génial Punk, tu le tiens bien ton personnage, c’est le rôle de ta vie.

– Tu crois pas si bien dire, chevelu.

Bon, la conclusion réfute un peu l’hypothèse de la malédiction. Après un peu de flottement, la WWE décide de suivre la voix du peuple et intègre Bryan dans la bataille pour le championnat, non sans lui avoir donné un superbe affrontement préalable contre Hunter Double H.

 

L’Histoire retiendra le résultat, et pas forcément le cheminement qui l’a précédé, mais ce fut quand même un beau camouflet à la figure des dirigeants.

 

Un peu plus tard, en juillet, Kofi Kingston et Big E associés en équipe essuient une énième défaite. Leur duo ne décolle pas. Ils sont alors rejoints par Xavier Woods, réduit jusque-là à jouer les danseuses avec R-Truth et les Funkadactyls. Ce dernier est vêtu très officiellement et semble sérieux. Il prononce alors les mots suivants :

Vous n’avancerez pas en agitant les bras, en embrassant les bébés, en dansant et sautillant comme des marionnettes. Vous n’avancerez pas en continuant de faire ce que vous avez toujours fait.

Maintenant, c’est notre heure, c’est notre lieu. Il est temps pour nous d’avoir un objectif.

Désormais, nous ne devons plus demander et attendre qu’on nous donne. Nous devons prendre.

 

 

Les paroles sont éloquentes et le regard lourd de menaces. Il semble évident que l’équipe créative a décidé de se lancer dans un nouvel exercice délicat de funambulisme : le cas de la gestion des Noirs à la WWE a souvent été polémique. Bien que le roster soit une belle preuve de mixité, les catcheurs afro-américains sont très rarement vus au plus haut niveau. Pour ma part, en six ans de suivi catchesque, je n’ai vu que Mark Henry toucher à une ceinture mondiale (non, The Rock n’est PAS noir !). Woods et consorts vont donc sûrement créer une faction de Negmarrons rebelles et revanchards.

 

Sauf que.

 

Quelques jours plus tard, suite à un banal contrôle, deux policiers blancs de Ferguson, Missouri, abattent un jeune homme noir. D’importants mouvements de protestation s’ensuivent dans tout le pays et les USA se déchirent entre défenseurs des forces policières et population dégoutée par une nouvelle preuve du racisme permanent sur la terre de l’Oncle Sam.

 

Comme si ça ne suffisait pas, de nouvelles bavures coûtent la vie à plusieurs membres de la communauté noire, tous du fait de policiers blancs. L’année 2014 se finit sous grande tension sociale.

 

Du coup…. Alors qu’elle persévère dans le polémique personnage de Rusev, la WWE décide de calmer le jeu. Woods, Kofi et Big E disparaissent de la circulation pendant une longue période.

 

Avant de ressurgir sous la bannière « New Day », un groupe de chanteurs de gospel surexcités et sautillants vêtus d’ignobles tenues bleues.

 

Alors les mecs, il est pas bien ce changement ?

– Siiii Xav’ il déchiiire on s’éclate !

– Venez on va faire des selfies avec des petits enfants !

– Génial, frère !

 

 

Eh oui. La stable de Xavier Woods est devenue exactement tout ce qu’elle était censée détester : un groupe de Noirs joyeux et sautillants qui débarque sans avoir d’objectifs précis. Aucune déclaration au micro ne viendra définir un peu l’âme du groupe : les New Days bondissent, et c’est tout.

 

Le public finit par comprendre que cette équipe sent le produit pas fini et ses récentes prestations recueillent au mieux un silence poli, au pire des huées comme lors du Raw du 15 décembre.

 

Alors, va-t-on vers un nouveau heel turn forcé par la foule ? Ou vers un enterrement en low card d’une équipe qui mériterait tellement mieux ?

 

Clairement, sur ce coup-là, sans les événements sociaux indépendants de sa volonté, la WWE aurait donné autre chose au trio. Mais la malédiction, quand ça prend…

La parole est à l’accusation

La WWE ne passe pas pour un modèle d’entreprise humaine où il fait bon travailler.

 

Mais jusqu’à présent, la gestion des coulisses restait secrètement gardée par une savante politique de contrôle de l’information. Les témoignages venaient souvent de vieux catcheurs de seconde zone, dont on pouvait penser que le discours était teinté d’amertume plus que de raison.

 

En 2014, les langues se sont déliées et les accusations ont émané d’anciennes gloires de la fédération, de vrais potentiels Hall of Famers. Le plus grand coup de tonnerre vient bien sûr de CM Punk, parti de la WWE un peu par écœurement, un peu poussé dehors par les officiels.

– Ca y est, vous m’emmenez à l’hôpital, vous allez me soigner ?

– Non non Punk, on nettoie juste l’arène, ya match de basket demain soir.

Dix mois après les faits, le Chicago Saint raconte sa version de l’histoire au micro de Colt Cabana, et la plus grande fédération de catch au monde n’en sort pas grandie. Favoritisme scénaristique et avantages pour les catcheurs proches du pouvoir, gestion désastreuse de la santé des athlètes qui a failli lui coûter la vie, contradictions des discours officiels, changements de dernière minute, opacité sur les redistributions financières suite au Network… La coupe est pleine. Si la WWE a réussi à dégoûter l’homme à qui elle a quasiment tout donné, difficile d'en attribuer entièrement la faute à un Punk exagérément capricieux. La plupart des vétérans passés par Stamford accueillent positivement le podcast et saluent le courage du rebelle. Un mauvais signe pour la fédération…

– Allons chérie, oublions tout ça et profitons au maximum de notre douce lune de miel !

– Euh, attends, tu viens de recevoir du courrier…

 

Moins fortes en terme d’impact, les déclarations du fraîchement licencié Alberto Del Rio confirment les propos du plus long champion de la décennie. Elles ne donnent pas vraiment envie de travailler pour Vince et sa compagnie, même si d’après CM Punk, le Chairman est plus honnête que son gendre.

 

Difficile évidemment de connaitre le vrai du faux, l’amplifié du réel… Mais l’image lisse et familiale de la WWE en sort salement écornée.

L’échec féminin

2014 n’est pas l’année de la femme à la WWE. Comme les précédentes, me direz-vous. Mais l’espoir était grand avec l’arrivée programmée des jeunes talents de NXT, la déception est d’autant plus forte.

 

Orpheline de sa rivale Kaitlyn, AJ détient la ceinture papillon pendant presque un an sans jamais trouver une adversaire à sa taille. Nous sommes donc pleins d’espoir lorsque la talentueuse Emma débarque dans le show principal en février. Hélas, elle garde sa gimmick de danseuse ridicule et s’associe à Santino Marella. Rien de honteux à faire rire en lowcard, et la jeune femme s’en sort plutôt bien les premiers temps, mais l’on attend beaucoup mieux de la nouvelle garde féminine. Sanctionnée pour une stupide histoire de vol en magasin, l’Australienne ne réussit pas à s’imposer et après presque un an de carrière, ses apparitions restent très limitées.

– SNNNIFF Ha en effet c’est d’la bonne Emma ! Tu te la payes comment ?

– Chut moins fort voilà les vigiles de WalMart !

 

A l’inverse, la surdouée Paige s’impose en force en devenant championne féminine pour son premier soir à Raw. Malheureusement, quand on commence très fort, on ne peut que stagner. Pendant trois mois l’Anglaise fait une AJ en se débarrassant de ses rivales sans vraiment trembler. Problème, à vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Lorsque l’ancienne championne revient, une guerre psychologique s’installe sur fond de jalousie-admiration de la rookie envers son ainée. On sent bien que les bookeurs veulent faire de cette rivalité un summum comparable aux plus grandes bastons masculines. Mais la sauce a du mal à prendre : les matchs entre Paige et AJ nous font toujours espérer que le prochain sera mieux.

 

– Ok Paige merci pour la photo ça fera une affiche géniale pour Extreme Rules !

– Cool, je peux aller tabasser ma rivale avec le bâton maintenant ?

– Hein ? Mais non, t’es une fille. Tu vas aller te balader en bikini au bord d’une piscine.

 

Passée du côté obscur, la belle blanche parvient difficilement à se faire huer tant la foule l’apprécie. La femme de Punk gagne la rivalité pour perdre rapidement la ceinture au profit de Nikki Bella, dont la guerre avec sa jumelle finira dans les oubliettes, les deux sistah revenant des bestah. Lol.

 

Finalement, la femme la plus importante de l’année reste Stephanie McMahon, qui forma avec son mari un parfait duo de pourris. Son match à Summerslam est peut-être le meilleur combat féminin de l’année.

 

Avec tous les talents qui poussent à NXT et le potentiel des stars comme AJ, Paige, Emma, Naomi, Tamina ou Natalya, les filles de la WWE doivent nous proposer mieux.

Une ceinture suprême dont personne ne veut

La fusion des deux titres majeurs de la WWE aurait dû conduire à la création d’un Championnat du monde unique au prestige sans égal, récompense absolue recherchée par tous les lutteurs comme le Graal d’une carrière.

 

Finalement, la valeur du titre suprême ne s’est ressentie qu’à deux moments, il est vrai particulièrement réussis : l’euphorie de la victoire de Daniel Bryan sur le toit du monde à Wrestlemania, et le frisson de la domination de Brock Lesnar à Summerslam.

Alors, elle se cache où votre chèvre volante extraordinaire, là ?

Le reste du temps, le prestige du trophée est souvent passé au second plan au profit d’une guerre pour le pouvoir. Pire, les matchs de championnat censés achever en beauté les PPV ont souvent été dénués de suspense. Qui pensait réellement voir Kane battre Bryan à Extreme Rules, ou Cena perdre son nouveau titre à Battleground ?

 

Et encore, estimons-nous heureux lorsque le précieux trophée a été mis en jeu. Avec 4 PPV sans match de championnat, la ceinture dorée a souvent été la grande absente. La mauvaise gestion de la blessure de Daniel Bryan est la première cause.

Visiblement le public préfère te voir en minerve et blessé avec les titres plutôt qu’avoir un champion en forme et actif, donc vas-y garde les encore un mois…

 

 

Et le cas Brock Lesnar ensuite. Lorsque le Minotaure s’empare du joyau après une âpre dérouillée infligée à Cena à à Summerslam, certains pressentent la catastrophe. Il faut dire que la Bête a toujours profité d’un emploi du temps très libéré à la WWE, à raison de deux-trois matchs par an. Les plus optimistes, dont moi, espèrent que Brock a accepté d’assurer le minimum syndical une fois par mois en échange d’un beau règne dominateur. C’était trop demander : après une revanche à Night of Champions où il manque de se faire piéger par Cena puis Seth Rollins, Lesnar le champion « régnant et défendant » disparait des écrans pendant trois mois.

 

En même temps, on peut comprendre que ça l’ait un peu refroidi.

Personne ne s’en soucie ni ne réclame un match pour le titre. Il faut attendre le lendemain de TLC pour voir la Bête ressurgir face à son futur adversaire John Cena.

 

L’éclat du titre de WWE World Heavyweight Champion a donc rarement ébloui cette année. La faute à la malédiction ?

Conclusion

Le résultat est sans appel. Le nombre 14 qui maudit l’entrant portant ce numéro au Rumble a plané sur toute l’année et a frappé avec constance sur les têtes d’affiche de la WWE, obligeant sans cesse les scénaristes à modifier leurs plans et parfois même à improviser.

 

Le summum de la panade est atteint dès janvier, avec le total rejet du retour gagnant de Batista et le départ de CM Punk. Par la suite, de nombreux pushs sont stoppés net du fait de blessures intempestives, des catcheurs virés ont abîmé l’image de l’entreprise et les champions sont aux abonnés absents.

 

Estimons-nous heureux : à part le triste départ de l’Ultimate Warrior, aucun catcheur n’a trouvé la mort durant cette année maudite. Seth Rollins n’a pas été empalé par la cage qui descendait, Zeb Colter n’a pas brûlé lors de l’entrée de Kane.

 

Mais plus encore que lors des saisons précédentes, ce cru 2014 aura été marqué par les changements de dernière minute et les ajustements parfois bancals.

 

Et qu’aurait été cette année sans tout ça ? Si Bryan avait pu défendre son bien tout l’été, à quoi aurait-on occupé Cena ? Une feud contre Cesaro ? Bryan aurait-il subi lui aussi 16 souplesses avant de mourir entre les mains de Lesnar ? Ziggler aurait-il eu la fin d’année qu’on lui connait sans une belle rivalité intercontinentale au préalable ? Et imaginons la situation si une vraie discussion avait permis de conserver le surdoué de Chicago dans la maison au prix de quelques concessions…

 

Mais il est tard, 2014 touche à sa fin et déjà arrive le Rumble 2015 !

 

Alors… qui va entrer en quatorzième ?

Allez-y. Je m’en fous. Elle me fait pas peur votre malédiction. Je suis le maître du monde !

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