Catch

RAW du 26 janvier : de tempête (de neige) en naufrage ?

Let it snow ! Let it snow ! Let it snow !

Dean Martin, Let it snow

 

Où l'on sortira les gants, l'anorak et les moonboots tellement qu'on se les caille devant ce RAW après que Vince soit parti avec tous nos vêtements dimanche soir, l'on p(v)apotera au coin du feu avec Brock et tous ses amis avant d’aller gentiment se coucher en se demandant quand est-ce que le beau-fils en finira avec Bô-Pôpa.

 

 

Eh oui Jules-Edouard, il fait moins trente ici sur le toit des Titan Towers, on se pèle un peu le jonc, mais c’est toujours mieux que de subir les huées de notre cher public de connards ! Ji-Bi-Eul, pour WWE International.

 

 

Nalyse du RAW du 26 janvier

 

 

Personne n'est plus important que la WWE à part les conditions météorologiques. Quel dieu Vince McMahon et ses amis ont-ils fâché à ce point en faisant de Roman Reigns le vainqueur de la grande bataille royale annuelle ? En ces temps difficiles, la réponse est sans doute multiple. Quoiqu'il en soit, la WWE a dû s'adapter afin de présenter quelque chose de décent à ses fans en ce lundi soir balayé par un tel blizzard que la tenue d’un Raw dans le nord-est des Etats-Unis était proprement inenvisageable. Fans qui continueront toujours de suivre la WWE, quoi qu'ils disent et quoiqu'il advienne.

 

Ainsi à la place du show traditionnel, nous nous retrouvons avec l'inusable Michael Cole accompagné de l'incroyable Booker T et de l'inoxydable JBL qui font les zouaves histoire de meubler un peu.

 

Entre une rediffusion des matchs de la veille et une annonce hypant le match du cercueil qui opposera Bryan à Kane lors du Smackdown de ce jeudi (Smackdown qui sera diffusé en direct pour l'occasion), les commentateurs fous reçurent quelques catcheurs pour des interviews d’anthologie.

 

 

Daniel et Bryan s’affronteront dans un match de la casquette (Infolutte).

 

 

 

Le premier à s'y coller fut « Monsieur Argent dans la Banque Seth Rollins ». Il put déverser les banalités d'usage avant de céder sa place, quelques minutes plus tard, à l'avocat du champion du monde assisté du champion lui-même.

 

Puis nous eûmes droit au vainqueur du Rumble Roman Reigns qui fut savamment aidé pour ses réponses (si vous tendez bien l'oreille vous entendrez quelqu'un les lui souffler) ainsi que celui que les fans de l'IWC auraient tant voulu voir triompher, Daniel Bryan.

 

 

Attendez, vous me dites que Bryan n’a pas gagné le Rumble ? Si c’est comme ça, je résilie mon abonnement au Network !

 

 

Bon, il faut reconnaître que la WWE a su réagir rapidement pour s'adapter aux conditions actuelles. Et ces interviews permettent de voir les catcheurs sous un autre angle. Ils ont l'occasion de s'exprimer plus naturellement. On a même entendu la douce voix de Brock Lesnar, c'est dire si ce show fut exceptionnel.

 

L'ensemble confère un aspect encore plus réaliste à la WWE, plus vrai. Dans un monde qui joue continuellement sur les faux-semblants et les nuages de fumée, ça peut surprendre au premier abord. Et puis surtout, c'est agréable de les entendre pouvoir parler tranquillement sans être interrompus par des « What » ou autre chants débiles provenant de deux ou trois péquenots bourrés après deux gobelets de Bud light.

 

La WWE avait déjà usé de segments de ce genre par le passé (Mankind qui raconte sa vie et son œuvre à Jim Ross, Triple H qui révèle que Stéphanie McMahon est sa femme IRL et que Randy Orton va payer pour lui avoir fait un bisou tout doux, etc etc …).

 

Mais là, la principale différence, c'est que le show est entièrement axé là-dessus. On a donc droit à des interactions entre catcheurs, ce qui rappelle un peu les interviews pour les matchs de boxe quand les deux bonshommes se défient langoureusement du regard devant des photographes ébahis.

 

 

– Pourquoi tu me regardes ? Va faire le ménage, Conchita, et plus vite que ça.

…. Oui monsieur Lesnar.

 

 

Ainsi Seth Rollins tint à rester à l'issue de son interview afin d'accueillir galamment Brock Lesnar qui arrivait. Il alla même jusqu'à nettoyer la chaise puis, jugeant que finalement elle ne ferait pas l'affaire, l'envoya ad patres afin que le champion puisse disposer d'un siège à la hauteur de son rang.

 

 

Arrête de postillonner, Michael, je vais encore être obligé d’essuyer ma mallette avec ta cravate après.

 

 

Ce dernier reconnut qu'il avait bien été blessé aux côtes mais qu'il n'en avait cure. Son avocat profita ensuite d'une question de Cole pour affirmer qu'il n'y avait aucun problème avec l'Autorité vu l'argent que rapporte son estimé client. C'est une situation qui profite à tout le monde. Et tout le monde est suffisamment intelligent pour mettre son ego de côté afin de faire du business.

 

Un autre aspect qui apporte un peu de fraîcheur au show, c'est la prise en compte des réactions négatives envers le vainqueur du Rumble. Par exemple, les critiques évoquant le manque d'expérience de Reigns pour le main event furent mentionnées. C'est un point de détail mais ça participe au côté réaliste de l'interview. Reigns n'est pas présenté comme une valeur sûre adoubée par les fans mais bien comme le gars qui a tout à prouver et doit surmonter les épreuves. Byron Saxton évoque même l’accusation selon laquelle le Samoan a été choisi par les instances dirigeantes, ce qui cause quand même quelques remous dans les fondements du quatrième mur.

 

 

Deal with it.

 

 

Le champion du monde et son challenger finirent par se faire face à face en fin de show. Avant qu'il ne puisse s'exprimer, Reigns reçut les félicitations sincères de Paul Heyman. Un bien beau geste qui nous réchauffe un peu le cœur en ces temps difficiles.

 

L'avocat de Lesnar poussa même la gentillesse en se proposant pour poser les questions. Les fans de Michael Cole ont dû apprécier l'initiative de l'ancien gérant de feu la ECW. Cole n'eut d'autre choix que de s'effacer pour son plus grand malheur.

 

Heyman commença par dire combien il respecte la famille de Reigns, il parla du père de ce dernier, évoqua le beau Yokozuna et l'excellentissime Rikishi avant de terminer par le Rock. Le Rock qui, comme l'avocat le rappela amoureusement, avait subi la loi de Lesnar il y a une dizaine d'années de cela alors que ce dernier débutait à peine. Heyman veut donc savoir comment Reigns compte gérer la déception qu'il va causer au sein de sa famille une fois que la bête l’aura défoncé à Mania.

 

Ce à quoi Reigns répond par les amabilités d'usage comme quoi il sait qui est son adversaire mais qu'il n'a pas peur, qu'il le battra à Mania bla bla bla…

 

Rien de très fou fou mais au moins on aura eu l'occasion de voir une confrontation entre Brock Lesnar et son challenger. Parce que vu le planning du champion, on ne risque pas d'en avoir beaucoup.

 

 

Speed dating : les premières secondes sont toujours un peu embarrassantes.

 

 

Néanmoins c'est quand même là qu'on peut nourrir quelques regrets. Pas de cassage de dos à coups de chaise, ou de coups de poing échangés. Personne pour coincer Michael Cole contre un mur pour lui raconter des mots doux (reviens, Heidenreich !). Non, pas de coup de folie alors que concrètement rien ne l'empêchait. Tous ces gens restèrent bien sages et l'ambiance fut semblable à une IRL parisienne sans « lyonnais ».

 

 

À part toutes ces belles choses, nous vîmes Dean Ambrose en mode « Liam Gallagher » et Daniel Bryan en tête à tête avec la sémillante Renee Young à qui il expliqua qu'il était heureux d'être de retour.

 

 

– J’ai marché deux cents bornes à travers la tempete de neige pour arriver ici, parce que je veux montrer à tout le monde que je suis déterminé à tout faire, tout, pour obtenir un spot à Wrestlem…

– OK c’est sympa merci mais là faut qu’on passe une pub avec John Cena dedans, salut !

 

 

 

Les autres informations à tirer de ce show sont l'annonce d'un match entre Rusev et Cena pour Fast Lane, avec probablement un rematch à Mania. La ceinture du Bulgaro-Russe n'est pas en jeu ; en revanche sa dignité oui. Autre élément concernant le ppv : le défi lancé par HHH à Sting, qu’il invite à le retrouver dans le ring à Fast Lane. Challenge qui devrait déboucher sur une intense bataille de regards. Il est très peu probable qu'on ait un sledgehammer contre une batte de base ball, la batte de Sting lui servant principalement de canne  maintenant. Notons enfin qu’a été annoncé le deuxième entrant au Hall of Fame 2015, après Macho Man, et que pour une fois c’est une célébrité que même nous on connaît !

 

 

(celui à droite sur la photo)

 

 

En clair la WWE a fait ce qu'elle a pu avec les moyens du bord. Mais au moins ça permet de faire retomber la pression négative qui s'élève depuis dimanche dernier. Car les réactions du public auraient sans doute été terribles au lendemain d'un décevant Rumble. D'ici jeudi, les mécontents auront eu le temps de se répandre en imprécations douteuses sur les réseaux sociaux et autres fora catchesques. Avec un peu de chance, ils se seront fatigués et papy Vince pourra souffler.

 

Dors bien, Vince, les rêves finissent toujours par se réaliser d’une façon ou d’une autre.

 

 

9 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut