Catch

Raw du 02/02/2015 : Celui où la WWE redresse la situation

– Toute la vie c'est la même chanson : nettoie ta chambre, tiens-toi droit, essuie-toi les pieds, sois un homme, n'embête pas ta sœur, ne mélange jamais la bière et le vin… Oh oui : ne conduis jamais sur la voie ferrée !

– Euuuuuuh… Phil, pour une fois, je suis plutôt d'accord, là…

Phil Connors et Gus, Un jour sans fin

 

C'est toujours la même chose avec la fédération de Vince McMahon. Quand on pense qu'elle a touché le fond, que le produit a atteint les abysses scénaristiques, quand un seul être vous manque et que tout est dépeuplé, miraculeusement, celle-ci, d'une poussée solide et vigoureuse remonte au sommet de la piscine et inspire une bonne bouffée d'air frais. Nous l'allons démontrer tout à l'heure.

 

 

J'ai touché le fond de la piscine dans mon tee-shirt bleu de Marine. 

 

 

Nalyse de Raw du 2 février

 

 

À l'heure de trouver le titre et un semblant d'angle à cette nalyse, j'ai été un peu embêté, je l'avoue. Les plus attentifs d'entre vous ont peut-être remarqué qu'hier, c'était le 2 février. Et le 2 février, c'est le jour de la marmotte. L'opportuniste que je suis n'y voyait qu'une occasion de s'engouffrer dans la brèche et souligner qu'effectivement, ça pionce du côté de Stamford en ce moment – tout en vantant les mérites du super film avec Bill Murray et Andie McDowell. J'avait tort. Cette nalyse reviendra donc assez largement sur les événements autour du match qui aura lieu pour le titre suprême à Wrestlemania, et comme le reste au fond on s'en fout et d'ailleurs c'était pas mal mais pas top, vous aurez seulement le droit à des vignettes à la con.

 

 

Mais toujours avec classe et distinct… WAW REGARDEZ ON DIRAIT QU'IL LE SUCE !!!

 

 

Récit succinct des faits : tout a commencé lors de la traditionnelle promo d'ouverture de l'Aurorité, que j'appelle affectueusement la « demie-heure Triple H ». Blabla best for business, blabla nine ninety-nine, blabla je me moque un peu des smarts. L'annonce tant attendue depuis jeudi est finalement la suivante : Roman Reigns a bénéficié de l'aide de son cousin pour gagner le Rumble, et ça, pas cool mec. Évidemment, il n'en fallait pas plus pour faire venir l'ex-membre du Shield. Et Daniel Bryan, à qui on a enlevé son titre sans jamais lui laisser une chance de le regagner. Et Seth Rollins, qui lui aussi voudrait bien porter une belle ceinture de champion. Tout ce beau monde aura finalement un match : Reigns contre le Big Show pour la 1000ème fois, puis Bryan et l'Architraitre en main event l'un contre l'autre avec pour enjeu… un match de #1 contender à Fast Lane contre le Samoan !

 

 

Toute ma vie j'ai galéré pour obtenir ce que j'ai. J'ai lutté à chaque instant, depuis le départ, et les gens n'ont cessé de tenter de m'empêcher d'arriver au sommet. Tiens, là, par exemple y a un connard qui vient d'essayer de me faire un croche-pied quand je rentrais par les gradins. Believe datte.

 

 

Pendant ce temps à Vera Cruz : John Cena est un connard.

 

 

Applaudissements pour mes meilleurs potes, que j'ai réussi à faire revenir ! Ziggler, Ryback et machin avec la barbe, là !

 

 

Jamais on ne m'a parlé comme ça de toute ma vie. John, tu es comme une mère pour moi.

 

 

Ah ouais mais gaffe, ce soir t'affrontes Rusev et il est super fort. Heureusement que tu peux compter sur mes conseils pour le vaincre. Par exemple, il déteste tout ce qui est américain, en particulier les Ford Mustang de 1972. Je le sais, j'ai demandé.

 

 

Ah ? Merci du conseil.

 

 

Compte sur moi.

 

 

Bobo, là, John. John ?

 

 

J'avais piscine.

 

 

Fin de l'intermède.

 

 

Passons vite fait sur ce premier match de la soirée entre le maniaque du Spear et le maniaque du KO Punch, mais évoquons tout de même rapidement son dénouement : un coup de mallette sur la caboche, et une victoire du Big Show. Perdre face à un midcarder de 45 ans, on a connu mieux pour le vainqueur du Rumble en titre. Heureusement, Reigns allait se rattraper plus tard dans la soirée, puisque lors du main event, Rollins n'était évidemment pas venu seul. Le filou avait en effet emmené avec lui Jobber & Jobber, sa sécurité personnelle, mais également le lent acromégale pour lequel je commence à être à court de périphrases. Spear RETENTISSANT sur Show, Spear RETENTISSANT sur Mercury, Superman Punch. Évidemment il s'agit plus de masquer la misère qu'autre chose, mais c'est clairement le meilleur registre de Reigns, celui du badass brutal et silencieux. Une première étape sur le chemin de la rédemption, donc.

 

 

Fun fact : les bottes poilues de Bryan, celles qu'il portait au dernier Mania et à Smackdown dans son Casket Match, sont un hommage au Bruiser Brody, le catcheur barbu/chevelu/sosie de Luke Harper.

 

 

Pendant ce temps à Vera Cruz : on a vu des bons matchs.

 

 

Big Man contre Big Man.

 

 

Little Man contre Fat Man.

 

 

Strong Man contre Twin Man.

 

 

Slow Man contre RoMan. Ah non, pas celui-là pardon.

 

 

Fin de l'intermède.

 

 

Revenons maintenant sur le main event à proprement parler. Il faut tout d'abord noter que quand on veut donner au public un bon show de catch, laisser ces deux catcheurs ensemble dans un ring pendant quinze minutes ne paraît pas la pire façon d'y arriver. Et effectivement, le match a été une petite pépite, sans doute le deuxième meilleur à la WWE cette année après le triple threat du Rumble. Bryan est très en forme et a même ressorti des mouvements plus techniques en début de match, comme cette Danielson Special héritée de sa période indé (youtubisez le move, vous allez voir c'est cool). Rollins est, comme d'habitude, génial, et le contre du Busaiku Knee en powerbomb mérite à lui seul le visionnage de l'affrontement. Super match malgré son finish convenu, donc, car il paraissait évident que le barbu allait l'affronter pour avoir le droit à un title shot au title shot à Wrestlemania. Et c'est bien évidemment ce qui s'est produit.

 

 

Prédiction : l'un de ces deux hommes remportera le CDC Awards du meilleur catcheur de l'année 2015.

 

 

Pendant ce temps à Vera Cruz : Dean Ambrose veut son title shot.

 

 

J'ai battu Wade Barrett, le champion Intercontinental, je veux mon title shot !

 

 

Ouais bah moi aussi hein !

 

 

Mi tambien !

 

 

Nous aussi !

 

 

M'en fous, j'ai dit preum's !

 

 

Fin de l'intermède.

 

 

Roman Reigns et Daniel Bryan, l'un contre l'autre, à Fast Lane, donc. Et ça c'est cool. C'est cool parce que, croyez-le ou non, mais ce ne sera que le deuxième match solo en PPV pour le tatoué, qui manque donc cruellement d'expérience dans ce domaine. Et qui d'autre que quelqu'un qu'on peut sans doute placer dans le top 5 des catcheurs les plus expérimentés de la WWE pour l'aider à sortir la performance de sa vie, celle qui réussira finalement à mettre les fans dans son camp ? Le match sera sans doute le main event du show, bénéficiera d'une vingtaine de minutes et, bonus suprême, devrait être bon, peut-être même très bon. Jackpot. C'est cool parce que ce sera un match au résultat imprévisible, et que dans une route vers Wrestlemania souvent très codifiée, ça fait du bien. C'est cool parce que la dynamique face/face sera intéressante à suivre : Reigns a été cette semaine plus applaudi au Raw de Denver, Colorado qu'au Rumble, et Bryan moins (on a même entendu quelques huées poindre après le main event). Dans une ville un peu mark comme Memphis, Tenessee (où aura lieu le PPV), cela devrait donner du 60/40, et il me tarde de voir comment les catcheurs s’accommoderont du public.

 

 

– Alors Bryan, comment tu le sens ce match contre Reigns ? Ce sera un classique ?

– Ben ça dépend, qui gagne à la fin ?

– Lui.

– Ok, va pour un DUD.

 

 

Pendant ce temps à Vera Cruz : les équipes se déchirent.

 

 

– T'es viré Mizdow. Tu ne seras plus ma doublure mais simplement mon assistant personnel. Maintenant va me faire un café.

 

 

Non. Je préfère jouer à Jacques à dit.

 

 

Le con, j'ai perdu à cause de toi ! En plus j'avais pas dit Jacques à dit !

 

 

Tu te rappelles Cody, quand tu nous faisais perdre tous nos matchs ? Ben j'ai décidé de me venger en faisant pareil un an plus tard.

 

 

Je ne suis pas Cody putain ! Cet homme est mort, je suis devenu Stardust, le midcarder sans intérêt.

 

 

Fin de l'intermède.

 

 

Mais évidemment, si le match entre Reigns et Bryan est aussi alléchant, c'est pour ce qu'il implique niveau résultats. Bien sûr, on ne peut pas exclure un finish à la con, alors évacuons tout de suite les possibilités : Sheamus arrive et Brogue Kick Bryan pour lancer la feud entre les deux, et Reigns gagne. Le Rock arrive et distrait Reigns pour lancer la feud entre les deux, et Bryan gagne. Dans un cas comme dans l'autre on ne peut pas forcément dire que le vainqueur en ressort grandi et arrive face à Lesnar avec une confiance extraordinaire. On ne peut pas exclure un turn d'un des deux, et dans ce cas il paraît évident que celui qui reste face l'emportera. Bryan jouerait ainsi le registre du mec qui pleure sur le fait qu'il n'a jamais la place qu'il mérite, Reigns la brute qui accepte mal qu'on lui ai mis un mec populaire dans les pattes. J'imagine mal un triple threat avoir lieu à Wrestlemania, mais tout ceci pourrait mener, par exemple, à un affrontement entre cousins Samoans, Roman reprochant à Dwayne de lui avoir coûté son title shot, et voulant lui prouver qu'il méritait sa place à Mania.

 

 

– Euh, Roman…

– Quoi ? Tu smelles un truc ?

– Nan, mais je l'entends.

 

 

Pendant ce temps à Vera Cruz : la division féminine.

 

 

Paige est tellement pâle, on dirait un vampire ! Ce soir elle affronte Alicia Fox, ça c'est un meuf qui fait des UV !

 

 

Attaque d'auto-bronzant dans ta gueule !

 

 

– Haha, L comme "LOL" !

– Euh, ça veut dire loser, Brie.

– Ah tu sais, moi les mots des d'jeuns…

 

 

Fin de l'intermède.

 

 

Mais finalement, si heel turn il y a, on peut penser qu'il attendra après Fast Lane, et que lors du show nous auront droit à une victoire décisive d'un des deux catcheurs, l'autre pleurant sur sa route vers Wrestlemania qui le mène vers une voie de garage. Et à ce jeu là, je dois avouer avoir du mal à envisager une victoire de Bryan, qui serait sans doute une redite de l'an dernier. Reigns l'emportera sans doute après un match très accroché, sans intervention stupide de Kane, le Big Show ou n'importe qui d'autre, et regagnera un peu le crédit perdu auprès des fans cette année. Quant à ses détracteurs, ils pourront clairement se rabattre sur un Lesnar qui a joué un rôle de tweener ces derniers temps. La victoire du barbu aux cheveux longs aurait le mérite d'offrir un match de rêve face à Lesnar à Mania, et nul doute que Roman saurait s'en remettre, mais en tout état de cause cela me paraît assez peu probable.

 

 

– J'ai un nouveau t-shirt, une belle barbe et tout le monde m'adore. Et toi, t'as quoi toi ?

– Ta meuf.

 

 

Reigns et Bryan, Bryan et Reigns. Il y a encore une dizaine d'autres scénarios envisageables, et je suis sûr que vous saurez en donner quelques uns dans les commentaires. Mais il faut bien le dire : l'affiche est alléchante, les ramifications prometteuses. La WWE a, ce lundi et grâce à une histoire plutôt bien ficelée où tout le monde a paru à son avantage, mais également grâce à de nombreux (très) bons matchs, le main event en tête, redressé la barre vers le Grandest Stage of them all. Espérons que ce ne soit pas que provisoire.

 

 

Et dans le pire des cas, il y a toujours un outsider de qualité pour ressortir de Mania avec le titre.

 

 

35 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut