Catch

Wrestlemania 31 : Pourquoi cette road est merdique ?

Quand je regarde les gens, ça me fait bien marrer
Ils sont jamais contents rien ne les satisfait
Depuis le temps que les hommes cherchent le bonheur
Si 2000 ans de progrès étaient une erreur
 
Le titre peut être agressif pour certains, mais il faut dire les choses : on s’ennuie ferme cette année. Il y a peu d’intérêt dans cette construction de Wrestlemania et ça doit être la première fois depuis la création des Cahiers du Catch qu’on ressent ça. Pourquoi ? On est vieux, c’est ça ?
 
 
Je l’aime moi, cette road, ça me change de la muscu et je suis bien payé.
 
 
Avis sur la Road to Wrestlemania 31
 
 

Huit matchs sur l’affiche, neuf si l'on ajoute le fatal four way tag team match entre les champions (Kidd et Cesaro), les Usos, les Matadores et le New Day en pré-show. Le match Undertaker contre Bray Wyatt ayant déjà été traité par Kovax dans un papier précédent, il ne sera pas pris en compte dans cet état des lieux match par match, méthode simple et plutôt intéressante de nalyse.
 
 
Et ça évite de se disperser en parlant de certains effets spéciaux.
 
 
Match des divas : AJ Lee et Paige vs. Les soeurs Bella
 
Incroyable, c’est le seul match où je ne trouve rien a dire. On pourra chipoter sur le fait que la ceinture ne soit pas en jeu mais la rivalité est suffisamment importante pour que le titre reste l’objectif des deux faces. Ces dernières années, les filles étaient limitées à des batailles royales ou à des matchs avec des célébrités comme Snookie.
 
Une année, c’est même Santino Marella, déguisé en travelo du bois de Boulogne, qui a remporté le titre honorifique de Miss Wrestlemania. On peut dire à ce niveau qu’on est gâtés, non ?
 
 
On va vous donner le meilleur match de divas à Mania de la décennie ! En même temps c'est pas compliqué, c'est le seul.
 
 
On regrettera seulement que le meilleur et le plus cohérent build de Mania soit pour un match de trois minutes (moins de temps qu’une entrée de l’Undertaker) dont la majorité du public profitera pour se remplir la panse dans les travées du Levi’s Stadium.
 
 
Bataille royale "André le Géant"
 
L’année dernière, cette bataille royale faisait sens. Trentième édition de Wrestlemania, anniversaire de la mort de Dédé et le coté symbolique de Cesaro soulevant le Big Show (copie conforme d’Hulk Hogan bodyslammant Dédé à Wrestlemania III).
 
Cette année, le line up semble risible : Curtis Axel, Kane, Big Show, Ryback, Titus O’Neil, le Miz… Que des mecs qui font rêver. De plus, on sait (enfin, on devine) que ça n’aboutira à aucun push ou title shot.
 
 
– Alors Roman, comme ça, tu es mon principal adversaire pour le deuxieme Rumble de l'année. Ah ! Ah ! À moi le droit d'affronter Brock !
– Euh non Mark, tu ne gagnes rien. Juste le droit de soulever un trophée pourri.
– …
 
 
C’est un peu le gros problème de cette année. On n'en a rien à foutre, et le souvenir du Rumble avec les deux gros de l’Autorité qui virent tout le monde est bien trop présent pour espérer une coalition des faces pour les dégager.
 
L’autre souci, c’est qu’on nous tease depuis Fastlane (et même avant, je crois), le retour du guerrier celte Sheamus. Ce serait donc une “surprise” éventée de le voir venir sur le ring et remporter la victoire.
 
 
Oui Curtis, cet instrument étrange est bien une bombarde qui annonce le retour de Sheamus, mais arrête donc de rire !
 
 
Ladder match pour la ceinture Intercontinentale : Wade Barrett vs. R-Truth vs. Dean Ambrose vs. Dolph Ziggler vs. Stardust vs. Daniel Bryan vs. Luke Harper
 
Ce match, sur l’affiche, est le plus excitant de la soirée et déjà appelé à être le "stealer". Que de beaux noms, de jeunes gens gracieux… Et R-Truth. Mais pourquoi être aussi satisfait alors que la construction a été lamentable?
 
 
Parce que le premier concerné par le titre, ce fut lui.
 
 
Une pénible course poursuite marquée par d'incessants vols de ceinture entre les protagonistes s'est déroulée de show en show, augmentant les soupirs des suiveurs. On attendait juste que l’ami Daniel Bryan annonce enfin sa participation au match au lieu de tourner autour. Une fois cela officialisé, on respire de le voir concerné par l’édition 31 du “Grandest Stage of Them All", ce qui devrait calmer les rageux d’Internet.
 
Le passage du nombre de participants de quatre à sept — sans oublier la possibilité que s'y ajoutent Goldust et/ou Sheamus (parce qu’on l’y annonce aussi) pour avoir un nombre pair — fait que ce match est devenu un Money in the Bank bis. Mais pourquoi, mille fois pourquoi, faire ça façon Satanas et Diabolo ? 
 
 
Sympa, la tag team de Luke Harper et Daniel Bryan.
 
 
La ceinture intercontinentale a toujours été mal traitée depuis la création des Cahiers du Catch (sans lien de cause à effet). On a même eu son surréaliste point de vue en 2009. Elle vient de passer un automne dans une semi-indifférence, baladée entre le Miz, Harper et Ziggler, avec pour seul moment notable un Ladder Match (déjà) assez dantesque entre les deux derniers à TLC.
 
Non pas que cette situation soit logique, mais le coté fourre-tout est trop visible dans ce match. Ce sont sept culs entre quatorze chaises. Trop bien pour la bataille royale, pas assez pour des matchs solos. Un gros “Meh ! Donnons une copie de Money in the Bank au peuple, il fermera sa gueule”. No way !
 
Aaaah, le Money in the Bank à Wrestlemania, le coup d'envoi de ma carrière.
 
 
Fatal Four Way pour le titre tag team : The Usos vs. Cesaro & Kidd vs. New Day vs. Los Matadores
 
Même construction nawak que le titre intercontinental : tout le monde se fout dessus et on ne sait pas qui est heel entre les trois équipes qui affrontent les champions. Et tout le monde s’en branle. Le New Day est un échec, la rivalité Cesaro & Kidd contre les Usos tourne autour de Natalya et Naomi… Quant aux Matadores, personne n’est dupe.
 
Où est donc l’Ascension ? Cette équipe montée de NXT en début d’année a disparu trois mois plus tard. Une feud contre les Prime Time Players dans les shows que personne ne regarde et hop, direct dans la bataille royale avec les autres rebuts.
 
 
– RE. BUTS.
– DE LA SOCIÉTÉ !!
– Wé wé wé !
 
 
Personne n’a envie de voir ce match, heureusement, c’est en préshow. On se lamentera une fois de plus sur la faible importance donnée à cette division, qui vaut à des catcheurs émérites comme Césaro ou les Usos d'être exclus de la grande fête… 
 
 
Vous, par contre, dégagez.
 
 
Match pour le titre des États-Unis : Rusev vs. John Cena
 
John Cena a donc dû torturer Rusev pour que Lana accepte un deuxième match entre les deux, après la victoire du Russe à Fastlane. Voilà comment on peut résumer le build… Et c’est totalement incompréhensible. Plusieurs fois dans sa carrière, John a dû se battre contre ses pulsions, contre le démon qui vit en lui et qui brûle ses veines. Sauf qu’il a toujours laissé son cerveau prendre le dessus sur son cœur.
 
Excepté cette fois-ci. John a perdu “clean” à Fastlane en s’évanouissant comme certains des précédents adversaires de Rusev (Jack Swagger et le Big Show par exemple). Logiquement, il ne doit pas avoir de seconde chance. John a perdu, ça arrive, laissons The Rock venir foutre sa pâtée et kicker son cul de macaque russe comme pouvait le teaser un Raw à Brooklyn en novembre.
 
 
Tu leur as encore fait le coup du "once in a lifetime" et de demander une revanche pour le titre ? Bravo petit, t'as pigé comment marche le business.
 
 
Mais non ! John est pas content, l’AMÉRIQUE croit en lui, alors c'est avec des menaces style crise de Cuba de 1962 qu'il obtient une revanche. Et ça ne marche pas du tout. John Cena est le face suprême de la WWE, et le voir se résoudre à des basses méthodes de taulard en manque de dope comme on pouvait le voir dans la série Oz avec le personnage de Tobias Beecher (simple avocat lâché dans un monde brutal qui devient au fil des saisons quelqu’un de peu recommandable) est en totale inadéquation avec le personnage.
 
 
Je viens de finir "L'idiot" de Dostoievski. Je vais pas vous spoiler mais je crois qu'il se moque de nous, l'AMÉRIQUE ! C'est pour cette raison que je vais botter le cul de Rusev !
 
 
Alors, depuis que la streak est terminée, les folles rumeurs d’un heel turn du Marine occupent les esprits des suiveurs. Mais personne n’imagine donc un bad Cena cantonné dans des feuds secondaires… Et personne ne veut voir Cena squatter une année de plus le titre principal.
 
Donc, pourquoi construire cette affiche comme ça ? Quel est l’intérêt ? Parce que le match semble écrit — enfin je dis ça depuis un an, mais je doute beaucoup voir le drapeau russe brandi victorieusement à la fin…
 
 
John Cena est devenu heel, il ne pointe plus le logo de Wrestlemania. IL LE MÉPRISE ! OUH LE VILAIN !
 
 
Randy Orton vs. Seth Rollins
 
Ils ont raté l’occasion de faire quelque chose de passionnant, qui aurait fait réagir aussi bien le public habituel de la WWE que la population branchée et alternative de San Francisco. Jon Stewart et Seth Rollins ont eu une feud qui s’est conclue trop tôt et de façon aberrante.
 
Je ne demandais pas à voir le présentateur du Daily Show en short de combat sur un ring, mais il pouvait avoir un catcheur pour le représenter : Randy Orton dans le cas précis, vu qu’il était revenu la veille ou, avant, Daniel Bryan pour calmer les chéris-Brybry.
 
 
L'idée était trop bonne donc, elle a été gâchée par les Républicains qui gèrent cette compagnie.
 
 
Eh non, ils ont préféré sortir leur plan à la con de dernière minute : “la trahison”. Orton fait croire qu’il redevient pote avec Rollins et l’Autorité, les insulte mais déguise ça en vannes avant d'abandonner Rollins dans un match à handicap contre Roman Reigns.
 
Voilà, super, maintenant on a Randy Orton contre Seth Rollins et ses copains. C’est complètement simple comme histoire et affreusement triste car l'architraître perd ses atours de grand stratège en faisant semblant de se faire abandonner par ses compagnons.
 
 
– Ah ah ah ! Randy grosse conne !
– Mais c'est bien ça, Jamie, c'est rigolo, ça rime… Mais Randy reste un homme.
 
 
Ce que je regrette, c’est la perte de Stewart, vous l’aurez compris, car même dans cette confrontation, il pouvait avoir un autre rôle que manager. Il aurait pu être arbitre ! Ça fait quelques temps qu’une personnalité extérieure ne l’a pas été, non ? Je parle pas de Michaels ou de Steve Austin, mais d’une vraie surprise à la Chuck Norris à Survivor Series 1994.
 
 
Ai-je entendu une bonne idée ? Ah non, c'est Internet.
 
 
Alors certes, ça fait un opener pas dégueu, et une belle histoire pour tenter de faire oublier Seth Rollins pendant le reste du PPV et d’être surpris en cas de cash-in, mais ça donne le sentiment d’avoir l’occasion de nous avoir vendu un joli barbecue avec du cochon grillé alors qu'en fait on se retrouve à dix pour trois côtelettes, et sans charbon en plus.
 
Sting vs. Triple H
 
Souvenez-vous, c’était à Survivor Series. Sting était arrivé sur le ring à la fin du cinq contre cinq, HHH n’était pas content, Ziggler et Rollins étaient KO depuis huit minutes, et un Death Drop plus tard sur The Game, l'ancienne icône de la WCW donnait la victoire à la Team Cena.
 
Puis, il a fallu attendre plusieurs mois pour revoir Sting, à Raw cette fois, pour distraire la Team Autorité avant de re-disparaître. Du coup, vu le teasing six mois à l’avance, on se doute qu’on aura Sting contre HHH à Mania… Mais c’est long de voir Hunter H s’énerver seul sur le ring, dénigrant la WCW, parlant du manque de forme de son adversaire et de ses quinze ans d’absence, occultant au passage le passé à la TNA du corbeau. Il en faut beaucoup pour que the Icon s’agace…
 
 
Alors depuis la fin de la WCW, il ne reste plus que le Big Show d'actif : Chris Benoit est mort, Randy Savage aussi et DDP fait du yoga… Quoi d'autre ?
 
 
Alors, vu que construire un match en solo, ce n’est pas facile, HHH l’invite, en plein milieu du PPV Fastlane, pour répondre à sa proposition de bagarre ! Sting arrive, sort sa batte, et montre le logo de Mania… Dingue tout ce timing, surtout pour un match qui passionne peu car arrivant trop tard. 
 
Comment les fans exclusifs à la WWE peuvent être du côté de Sting ? Les jeunes ne le connaissent pas, et les vieux avoueraient avoir vu autre chose durant toutes les années. Sting n’a aucun passé dans la fédération de McMahon. C’est comme si on foutait AJ Styles contre Daniel Bryan (j’entends déjà les braguettes descendre et quelques cris de jouissance) : il y a peu de suiveurs exclusifs WWE qui connaîtront le gugusse.
 
 
Salut, moi c'est Sting, vous m'avez peut être déjà vu dans des grands évenements de catch comme Starrcade, Halloween Havoc et Spring Stampede ! Non ? Bon. Bound of Glory et Turning Point peut-être ? Non plus ? Eh bien tant pis, je suis le rookie de l'année 2015 alors !
 
 
D’un point de vue plus personnel sur le bonhomme, je l’ai découvert quand Canal + décida, dans les années 1990, de diffuser la WCW en lieu et place de la WWF. Je n’ai donc pas connu les vrais débuts d’Austin et du Rock mais j’ai continué avec Kevin Nash et la NWO, découvert Dean Malenko, Chris Benoit et Jericho. Mais Sting, pour moi, n’était qu’un Undertaker bis. Un catcheur mystique pour faire comme Jules-de-chez-Smith-d’en-face.
 
Et Triple H… Qui a encore envie de le voir sur un ring, singeant Conan le barbare lors d’une entrée kitchissime, et passer plus de temps a récupérer qu’à catcher et placer son Pedigree ? La batte et le marteau, même Jean de la Fontaine n’aurait pas osé.
 
 
Alors Sting ? On se caille les meules dehors ? T'en chies depuis la fin de la WCW hein, t'as piqué la guitare de Jeff Jarrett ou quoi ? Je parie que tu veux rentrer ? Mais je te préviens, on s'affronte à Wrestlemania, mec.
 
 
Match pour le titre WWEWHC : Brock Lesnar vs. Roman Reigns
 
Il a fallu attendre la dernière minute du dernier Raw pour voir les deux sur un ring en même temps. Comment voulez-vous exciter le monde quand le champion du monde en titre ne daigne même pas venir régulièrement, catcher de temps en temps en weekly et laisser le sale boulot de promo à son manager ?
 
Encore heureux que Paul Heyman soit exceptionnel dans ce rôle, imaginez quelqu’un d’autre à la place ? Même Vickie Guerrero aurait eu du mal à masquer les lacunes de cette feud. 
 
 
Paul Heyman se rendant compte qu'il aurait dû négocier ses apparitions sur la même base salariale que Brock Lesnar.
 
 
Mais, pour le public et l’IWC, le problème n’est pas chez Brock Lesnar, il est chez son adversaire car ce n’est pas l’Élu. On pourrait faire une analogie avec la crucifixion du Christ, un an après : 
 
Ponce McMahon se la coule douce dans son palace quand son gendre arrive haletant, annonçant que le barbu de l’an dernier est de nouveau prisonnier et qu’il a tellement aimé devenir une idole qu’il voudrait remettre le couvert et qu'il est désormais soutenu par la foule.
 
 
Les débuts du Yes Movement : Judée, -26. Temps clair.
 
 
Ponce est pas trop d’accord et demande donc si il n’y a pas un autre type qui pourrait faire l’affaire. Un mec aimé du public, un golgoth des îles par exemple. Ça le fait marrer d’ailleurs, un golgoth au Golgotha.
 
Alors, tous les taulards se retrouvent sur la colline, prêts à se faire crucifier. Les fans attendent le triomphe de Jésus Bryan et contre toute attente, il est dans les premiers à crever ! Alors la foule gueule “Nul ! C’est pas notre messie ! Donnez-nous notre messie pour la résurrection ! Il est trop jeune celui-là !” et pourrissent toutes les messes.
 
 
Beaucoup de colère chez les fans après l'élimination de Jésus Bryan (au second plan). Depuis cette époque, on fouille les sacs à l'entrée des arènes.
 
 
Public mécontent, vedette non désirée, tenant du titre absent. Vous pouvez mettre tout le décorum que vous voulez, mais c’est un échec cuisant. Que la WWE arrête déjà d'annoncer le favori du Rumble six mois à l’avance, qu’elle ne sorte pas les préférés de la foule trop tôt et qu’elle construise une vraie feud pour l’an prochain.
 
J’ai l’impression de demander à un étudiant de Polytechnique s’il connaît la différence entre équilatéral et isocèle.
 
 
Il y a moins de lettres dans "Isocèle". Pim, dans ta poire, l'intello.
 
 
Cette road est tellement à chier qu’il n’y a aucune bonne raison de regarder le pay-per-view. Mais idiots que nous sommes, on va quand même le faire, en espérant se tromper sur la qualité de certains matchs. Et surtout, en ayant hâte d'être au Raw du lendemain.
 
 

On risque d'être surpris.

 

 

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