Catch

Raw du 06/04/2015 : Y a-t-il une vie après la Belle et la Bête?

Qui va à la chasse perd sa place.
Aristote
 
La semaine dernière a été dure pour les fans de la WWE : la Fédération a perdu pour un moment son catcheur le plus excitant, suspendu jusqu’à Summerslam nouvel ordre, et pour toujours sa meilleure catcheuse, allée rejoindre son turbulent époux par-delà le quatrième mur. Une double perte qui tombe d’autant plus mal que les deux partants étaient les candidats les plus naturels au statut de First Contender de leurs championnats du monde respectifs. Mais si rien ne saurait compenser la disparition simultanée de Brock Lesnar et d’AJ Lee, ce vieux marlou de Vince a tout de même réussi à leur trouver des successeurs potables et à nous concocter un Raw d’après le Raw d’après Wrestlemania carrément séduisant.
 
 
Un zoom sur les nibards de Natalya se cache quelque part dans la nalyse, clique et tu le découvriras!
 
 
Nalyse de Raw du 6 avril

 
 
Voilà, voilà. Putain, t’es vraiment un malade, hein. Je peux passer à l’article maintenant? Merci.
 
 
Au-delà de la calamité que représente l’évaporation soudaine de L&L pour la qualité du spectacle proposé par la WWE, leur départ pose un problème immédiat en termes kayfabe. Brock était, faut-il le rappeler, le RRRRREIGNING AND DEFENDING CHAMPION OF THE WORLD en entrant dans Wrestlemania, et avait naturellement droit à un rematch contre le chacal sodomite (™). AJ venait de faire abandonner la championne lors du Grandest Stage et apparaissait comme la plus légitime des prétendantes à la ceinture au papillon. Le premier en congé, la seconde à la retraite (j’y consacrerai un de ces jours un papier séparé si je parviens à sécher mes larmes), ce premier Raw de la post-Beast and Crazy Era a logiquement consacré une place importante à remplir le vide ainsi laissé.
 
 
  
Les stars de la WWE sont inconsolables. Kane ne se sépare plus d’une serviette de Brock Lesnar, tandis que Natalya utilise une robe d’AJ en guise de soutif.
 
 
Enfin, « une place importante », quand on parle des divas, c’est cinq minutes de match et une de promo, on se comprend. Donc évacuons ça au plus vite, car chaque fois que je pense qu’AJ ne viendra plus frétiller aux abords d’un ring, ça me fait comme quand j’épluche un oignon (et quand j’épluche un oignon je me coupe au doigt et je pleure de douleur). En milieu de show, donc, les Bella affrontent Paige acompagnée, forcément, de Naomi, forte de sa victoire sur Nikki la semaine dernière. L’Anglaise joue la face en péril, finit par tagguer sa camarade, qui envoie son cul dans Brie et enchaîne avec un ciseau de tête pour le pin sur Nikki.
 
 
Mais me tends pas ta main, pauvre débile! C’est avec ton cul que je veux faire le tag!
 
 
Fort logiquement, Naomi devrait être désormais en piste pour défier Nikki pour le titre à Extreme Rules; seulement, il reste encore quatre weeklies d’ici-là, aussi faut-il faire durer le buildup. On retrouve donc les pouffiasses des Total Divas, sans Paige, dans le bureau d’un Kane déjà éprouvé par le dur labeur de directeur des opérations, pour lui pépier dans les oreilles qu’elles voudraient une bataille royale désignant la nouvelle First Contender. Le pauvre homme leur donne satisfaction, il est prêt à tout pour qu’elles se cassent de son bureau, et on le comprend, on le prend même carrément en pitié quand une fois les poules dehors, il se prend la tête à deux mains : subir la conversation de quatre Total Divas en même temps, c’est l’équivalent pour votre cerveau d’une écoute prolongée, au casque poussé à fond, du bruit d’une craie acérée raclant le tableau.
 
 
Le silence qui suit une promo des Total Divas, c’est encore un piaillement insupportable.
 
 
À noter dans ce segment cet échange délicieux pour nous autres francophones :
Kane, conscient que ces renardes ne viennent pas flatter le corbeau qu’il est uniquement pour son beau plumage : « What’s the catch? » (c’est quoi le piège?)
Cameron, notre Ceinture de Plomb en exercice, haussant un sourcil et un nichon : « Catch ? what do you mean by catch ? »
 
 
– Ca veut dire quoi, catch?
– Laisse tomber, ça n’a rien à voir avec ton métier.
 
 
Bref, Naomi mériterait d’être désignée First Contender, Paige pourrait le réclamer également, mais les grues ont réussi à obtenir une chance en prenant la tête au mec responsable du booking : moi, ça me va. Toujours heureux quand tout le monde souhaite obtenir le titre, je suis.
 
 
Allo, Halle Berry? Ca te dirait de devenir First Contender? Allo? Elle a raccroché! Saloooooope!
 
 
Si Kane était déjà dans tous ses états au moment de l’irruption des starlettes, c’est que le brave homme, seul en charge du bateau ivre en l’absence de Triple H et Stephanie partis se prélasser sur une île déserte coupée du web (l’horreur absolue, non?), avait déjà eu fort à faire avec les caprices de son champion de protégé, Seth Rollins. En ouverture de la soirée, l’Autorité était venue se la péter sous les projos, le chacal prenant plaisir à souligner les mérites de chacun dans le triomphe collectif de Mania, mais ne trouvant strictement rien à dire pour saluer Kane hormis un hilarant « Et Kane… heu… Kane était là aussi! » Peut-être heurté par ce manque de considération, le N+1 favori du diable profitait alors de l’arrivée d’un Orton moqueur pour annoncer la tenue, le soir même d’un Triple Threat Match désignant le prochain candidat au titre du bicolore. Triple Threat ma foi fort excitant puisqu’il opposait trois faces : Orton, dont la présence se justifie par sa victoire sur Rollins à Mania; Reigns, qui a des arguments à faire valoir puisqu’il était dans le Title Match à ce même Mania, et que c’est sur lui que Rollins a effectué le pin pour gagner le titre; et Ryback, parce que… heu… on va dire, parce qu’il faut bien quelqu’un pour prendre le tombé.
 
 
– Salut, je suis le mec qui sert à rien, d’après Seth. Je veux juste dire que Seth mettra son titre en jeu à Extreme Rules contre la plus grosse brute de toutes les grosses brutes disponibles. Bonne chance Seth.
Mais… Kane…
Oooooh, Moooossieu prend la peine de s’intéresser à moi! Monsieur est bien bon!
– Attends, Kane, on peut discuter…
– Oh non, les misérables sous-merdes comme moi n’ont aucun droit à discuter avec quelqu’un de l’importance de Mossieu!
– Mais…
– Laisse tomber Seth, quand il boude comme ça, y a rien à faire.
 
 
Une décision qui provoque une colère assez violente de Rollins, d’abord sur le ring puis backstage. Pas très clair, ce positionnement du chacal. Il aurait aimé quoi? Ne pas avoir à défendre sa ceinture à Extreme Rules du tout? Ou alors la défendre contre un cadavre, comme lorsque, il y a bien longtemps, Sheamus avait choisi de mettre son titre WHC en jeu contre Zack Ryder? J’aurais juste aimé le savoir, et ne pas seulement le voir engueuler Kane comme du poisson pourri sur le thème « tu devais me protéger, connard! » Au moins, ça aurait pu fournir un bon moyen de mettre over Orton, Reigns et Ryback, en mettant en exergue l’immense danger qu’ils représentent, mais on n’y a même pas eu droit. Quoi qu’il en soit, ces jérémiades énervent Kane, qui envoie Rollins catcher fissa, et ce dernier de lui promettre de se plaindre à Gros Nez et Gros Nénés à leur retour de vacances culturelles.
 
 
J’vais l’dire, na!
Même pas cap!
– Même que si!
– Même que n… attends, y a un truc bizarre, non?
Tu parles de Maddox? Ouais, je l’avais remarqué aussi, mais je croyais que j’avais une hallucination. Il était pas mort?
T’inquiète, ça va vite être réparé.
 
 
Voilà qui nous promet une nouvelle guéguerre intra-Authority, et qui pour ce soir me permet de vous soumettre cette folle théorie : Kane roule pour Orton!
 
Je m’explique. Après avoir annoncé en début de show qu’un TT opposerait Orton, Reigns et Ryback, Kane a également déclaré que les trois gentils allaient au préalable avoir des matchs individuels. Et le directeur des opérations de se booker personnellement contre Orton, immédiatement, tandis que Ryback et Reigns se voyaient désigner comme adversaires du soir respectivement Luke Harper et le Big Show. On démarre donc par Orton-Kane, qui ne dure qu’une poignée de minutes, le démon favori du service compta se faisant gentiment disqualifier pour avoir empoigné une chaise. Orton aura donc deux heures pour se reposer après un match qui n’aura guère entamé ses réserves physiques, c’est pas louche, ça?
 
 
Il m’a donné cette chaise en me disant « tiens, maintenant que t’as match gagné, assieds-toi un peu, je veux pas que tu sois fatigué en vue du main event ». En même temps, cette prévenance, ça lui ressemble tellement.
 
 
Le combat de Ryback survient bien plus tard, en milieu de show. Là aussi, ça ira très vite, ce qui ne peut que désoler les nombreux fans de Luke Harper que compte la planète. Moins de trois minutes au total, c’est risible pour un colosse aussi doué que le grand barbu cradingue! N’empêche, en soi, le calcul de Kane semblait justifié : vu qu’il roule pour Orton, il envoie Ryback se cogner un gros balaise pas commode, à un moment où Randy est depuis longtemps dans le vestiaire en train de chier dans les sacs des divas, tranquille!
 
 
Fandango, je l’ai mangé! Adam Rose, je l’ai mangé! Luke Harper, je l’ai mangé! J’étais bourré, mais je l’ai mangé!
 
 
Reigns, quant à lui, se fade le gros morceau, dans un spectacle déjà souvent vu, mais que je persiste à apprécier. Le pauvre Samoan peut se satisfaire d’avoir déjà atteint le niveau John Cena auquel la fédé veut à toute force le porter : il est déjà conspué par toutes les salles du monde et de ses environs immédiats. Malheureusement, il a sauté la case « j’empile les titres de champion du monde »… Son combat est un remake light de celui de Mania : Reigns malmené, Reigns outragé, Reigns martyrisé, mais Reigns libéré par une série de Superman Punchs suivie d’un Spear victorieux.
 
 
Dolph Ziggler a beau faire, le meilleur seller de la WWE reste, et de loin, Charles Robinson.
 
 
En tout cas, le beau Roman est clairement celui des trois protagonistes du main event à avoir le plus morflé (plus de dix minutes contre un Big Show en verve qui lui a même porté son propre Spear ainsi qu’un joli tacle de footballeur pour le vider du ring), et quand sonne la cloche indiquant le match final, lui qui porte encore les stigmates de son voyage à Suplex City apparaît le moins fringant. Auparavant, lors de diverses saynètes tournées dans les couloirs, Reigns, Ryback et Orton ont tous trois été sollicités par Renee Young, qui cherche à découvrir leurs stratagèmes respectifs pour le main event. Où l'on découvre que les trois hommes ont chacun une approche sophistiquée de l'événement.
 
 
Héhéhé…
 
 
Han! Han!
 
 
Guili-guili!
 
 
Le combat à peine engagé, l’Autorité, rabibochée, vient prendre des poses viriles sous le Titantron, avant de s’avancer au pied du ring après quelques minutes, au moment où Ryback en a été expulsé. Les méchants n’ont pas encore esquissé le moindre geste que Reigns leur plonge dessus pardessuslatroisièmecorde, ce qui est conforme à la haine qu’il leur voue. Sauf que trop d’entrain coûte cher, et la Vipère précautionneuse a eu raison de garder son sang-froid et de rester sagement entre les cordes : le bellâtre encaisse deux KO Punch, Ryback chasse J&J et se retourne au bon moment pour prendre un RKO fatidique. Rollins achève Orton d’un Curb Stomp et triomphe, mais le fait est qu’il affrontera bien le RKOiseur à Extreme Rules. Hors champ, Kane sourit. Son plan a marché à merveille.
 
 
Depuis le dickgate, les sextos de Seth Rollins sont devenus un peu moins explicites.
 
 
Oui, Kane voulait qu’Orton ferme son claque-merde à ce Rollins qu’il n’a jamais pu encadrer. Certes, il l’a protégé, il a fait son devoir de bon petit soldat en lui permettant de remporter la mallette (ce qu’il ne se prive pas de lui rappeler lors de leur enguelade dans le vestiaire), mais Rollins reste un intrus, qui en plus s’est permis de se foutre de sa gueule en ouverture de show! Orton, malgré ses coups de sang, est un gars à nous, que Kane fréquente depuis plus de dix ans et dont il a appris à respecter et même apprécier les tendances sadiques. Kane veut que Rollins perde son titre. Kane sabote l’Autorité de l’intérieur! Kane ne veut pas se faire gauler. D’où ce Triple Threat qui porte la marque du « best for business », mais en réalité chiqué : d’une, il s’est démerdé pour qu’Orton soit nettement plus frais que ses adversaires, de deux il a fait venir l’Autorité aux abords du ring (alors qu’en sa qualité de boss du soir, il aurait parfaitement pu proclamer que personne ne devait s’y aventurer), sachant pertinemment que Reigns se précipiterait sur Rollins, ce qui causerait sa perte, et qu’Orton saurait faire preuve d’opportunisme pour l’emporter sur Ryback. A Extreme Rules, suivez bien ce marlou de Kane, il serait bien capable de causer « par inadvertance » la chute du chacal…
 
 
Regardez un peu son air torve! Il va enfiler le chacal sodomite lui-même!
 
 
Ajoutons au lourd dossier de Kane qu’il a donc envoyé Rollins combattre ce soir, au grand dam de celui-ci, contre un adversaire surprise, en l’occurrence Neville (qui a sans doute perdu son prénom pour qu’on ne sache jamais s’il s’agit de Gary ou de Phil). C’était finaud : jeter un rookie en pâture au champion pour que celui-ci se sente encore plus invulnérable à l’issue de son inévitable victoire, et finisse par payer cette arrogance au prix fort le moment venu. Kane a toujours trois coups d’avance!
 
 
T'as pas de prénom, petit? Attends, laisse-moi deviner… Ca serait pas… Jeviensdepi? Hahaha! Je suis désopilant.
 
 
 
L’impression laissée par ce combat est mitigée. Neville avait commencé dans le roster principal la semaine dernière par un squash sur le pauvre Curtis Axel. Ce match contre Rollins aurait dû être pour lui l’équivalent du très marquant premier combat de John Cena, en 2002, contre Kurt Angle. À l’époque, le champion, heel et méprisant, avait pris de haut ce rookie, qui l’avait finalement poussé dans ses derniers retranchements et fermement pris date pour l’avenir. C’est probablement ce que les bookers avaient en tête ce soir, et Rollins, qui jouait pour l’occasion un rôle inhabituel de big man (il dépasse son adversaire du soir d’une bonne demi-tête), était l’homme idoine pour faire briller la star de NXT. Neville a effectivement eu quelques moments de bravoure, mais l’affrontement aura été trop unilatéral pour nous convaincre, et surtout pour convaincre le grand public qui n'est pas accro à NXT, qu’on tient là le catcheur de demain. Notons tout de même qu’il aura fallu une intervention de J&J pour empêcher le newbie de sortir son finisher, ce qui le protège, et que Seth a tenu, une fois le match gagné, à lui porter un second Curb Stomp, ce qui constitue en quelque sorte une marque de respect, ou en tout cas montre que le jeunot l’a singulièrement énervé.
 
 
M'enfin! Ca fait trois minutes que je t'ai balancé par-dessus la troisième corde et t'es toujours là? T'es coincé ou quoi?
– Ouais. Je t'avoue que c'est pas toujours génial, d'être l'homme que la gravité a oublié.
 
 
 
Les deux gros dossiers — l’avenir des titres suprêmes masculin et féminin — ont donc été réglés d’une façon kayafabement plutôt intéressante. Le reste du show aura été solide, quoique dénué de génie.
 
Un Cena véhément (et hué même à Austin, Texas, c’est dire) est venu nous expliquer la complexe situation de son titre US : pour résumer, il donnera un rematch à Rusev à Extreme Rules, mais en attendant il lance chaque soir un open challenge et si d’aventure il perd, alors c’est le nouveau champion que Rusev affrontera au ppv (quid alors du rematch auquel Cena aurait droit?). Bref, tout ce bordel ne fait que confirmer la certitude absolue que Cena ne peut en aucun cas perdre sa ceinture d’ici le ppv, ce qui ôte pas mal d’intérêt aux open challenges qu’il émet. C’est ce soir Stardust qui s’y colle, dans un costume qui semble couvert de ratatouille, et qui livre un match plutôt sympathique, mais plombé par son absence totale de suspense. On remarquera que comme à Mania, Cena a passé un Springboard Stunner, move désormais officiel de son répertoire qui lui permet de remporter le concours du « Stone Cold wannabe » du jour.
 
 
Je suis Stone Cold! Regardez, je fais un Stunner!
 
 
Non, c'est moi! Regardez, je fais "What?"!
 
 
Non, c'est moi! Regardez, je fais des gros doigts d'honneur de rebelle!
 
 
 
Les équipes ont eu droit de cité, et même de promo. D’abord les Prime Time Players, en une vignette qui se voulait probablement humoristique et qui a en tout cas eu le mérite de rappeler à notre bon souvenir l’existence de l’Ascension, charriée par les deux losers (dire qu’on annonçait il y a encore trois mois qu’on tenait là la grande équipe de demain…).
 
 
– Bwaaaaa! Je suis un jobber de tag team merdique!
– Grrrrr! Moi aussi!
– Tain, c'est dingue, on arrive trop bien à imiter ces jobbers tout pourris de l'Ascension.
– Ouais, à se demander comment on arrive à opérer une telle transfiguration.
 
 
Puis le New Day, autour de Renee, livre une promo cosmique de comedy heels qui m’a fait bêtement ricaner, j’imagine que c’était le but recherché. Le flambeau des 3MB est en tout cas officiellement repris, comme le confirme le match subséquent, où les trois noirs qui tapent dans leurs mains (le public suit en rythme, scandant benoîtement « New Day Sucks ») perdent rapidement, après avoir catché en mode totalement heel, contre des Lucha Dragons moins inspirés que lors de leur première apparition la semaine dernière, Sin Cara ratant notamment Woods d’un bon mètre lors du Swanton final et Kalisto manquant de se tuer sur un saut en quadruple vrille vers l'extérieur du ring. Depuis quand ils sont aussi approximatifs, eux deux?
 
 
Ouais! On a gagné!
– MILLIONS OF DOLLARS, MILLIONS OF D…
– Bordel Darren tais-toi, tu vas nous faire repérer!
 
 
Si le heel turn se confirme officiellement, ce sera la toute première fois qu’on verra Kofi Kingston du mauvais côté de la force. Énorme gâchis que ce catcheur ultra-spectaculaire et talentueux, dont je persiste à croire qu’il avait, et a toujours, sa place dans le main event, boudiou!
 
 
– Les gars, je me demande à quel moment ma carrière…
– Oh ta gueule négro, clap your hands say yeah et ferme ta gueule!
 
 
 
Heel turn plus attendu, celui de Sheamus, venu avec son look de Ragnar Lothbrok (© Latrell) nous sortir une promo quasi intégralement pompée sur Batista (« je suis grand, Ziggler et Bryan sont petits, donc je vais les écraser ») avant d’avoir la surprise de recevoir la visite du régional de l’étape, Mark Henry. Match décevant de la part de ces deux powerhouse, qui se conclut en deux temps, un Brogue Kick, mais j’aime beaucoup ce Sheamus-là, enfin à plein dans son rôle de CELTIC WARRIOR, du look à la musique (j’avais jamais compris à quoi faisaient référence ces « too many lies » qu’il semblait dénoncer du temps de son ancien themesong). La suite se déroulera à Smackdown avec un alléchant Sheamus-Barrett vs Bryan-Ziggler qui devrait envoyer du bois.
 
 
– Un jour mon oncle Conan s'est réveillé et est allé à la porcherie, il a vu que son porc n'était plus là, il a pensé que les gars du village d'à côté l'avaient volé, alors lui et ses frères et ses cousins ils sont allés dans le village d'à côté, ils ont décapité tous les hommes, violé puis éventré toutes les femmes et jeté tous les enfants dans la rivière avec une pierre autour du cou, et après ils sont rentrés chez eux et là ils ont vu le porc, en fait il avait jamais bougé de sa porcherie, mon oncle Conan l'avait juste pas vu parce qu'il était couvert de merde, LOL.
– Heu… Je crois que je préférais tes histoires d'avant ton heel turn, mon pote.
 
 
La WWE sait ce qu’elle veut faire de Sheamus : un grand connard qui tape sur tout ce qui bouge (mais qui, évidemment, essaie de se carapater quand vient Mark Henry, parce que seul Lesnar a le droit d’être heel et de ne pas être un froussard). En revanche, elle n’a aucune idée de ce qu’elle pourrait bien foutre de Bray Wyatt, qui a diffusé ce soir une nouvelle promo incompréhensible dans laquelle il se proclamait (sur la foi de quoi, au juste?) « the new face of fear », ce qui a au moins eu le mérite de faire admirer son groin sur écran géant à une foule de téléphones portables — ça fera des photos géniales, c’est certain.
 
 
Misérables humains, plongez vos yeux terrifiés dans mes narines!
 
 
Si on doute un peu que Wyatt soit réellement le « new face of fear », Sandow, pardon Mizdow, est assurément le new face of Miz. Toujours habillé exactement comme son ancien employeur, entrant toujours sur la musique de celui-ci, il l’a ce soir affronté dans un match qui aurait mérité un buildup plus conséquent et pourquoi pas d’être réservé à un ppv. Si on s’attendait à un match de comédie basé sur l’imitation par Mizdow de chaque move de son adversaire, on aura été déçu : ce fut une franche bagarre, les deux hommes se détestant cordialement. Mais alors pourquoi Mizdow ne reprend-il pas son nom, sa musique, son accoutrement, son moveset? Ma supposition : il veut plus que se venger du Miz, il veut TOUT LUI PRENDRE. Il veut devenir le Miz à la place du Miz. Il veut LE TUER COMME LE TALENTUEUX MONSIEUR RIPLEY ET LE REMPLACER PARTOUT. Ca sera pas pour ce soir, cela dit, son ex-boss l’ayant battu par rollup en lui tenant le slibard. Mais je suis tout à fait preneur d’un match avec un gimmick chelou à Extreme Rules, genre « winner stays Miz, loser is given to Brock Lesnar ».
 
 
Quand il reverra les enregistrements de ses "combats", Tyler Durden aura une sacrée surprise.
 
 
Bon, finalement, on s’est pas emmerdés ce soir. Évidemment, sans Brock on fait moins dans son froc, et sans AJ on souille moins son lit; mais le monde continue de tourner, et pour peu qu’on trouve la force de regarder de l’avant, on peut même trouver un certain intérêt à l’avenir, à condition de ne pas le comparer avec un passé qui imprégnera à jamais  notre esprit d'une délicieuse flagrance de pure grâce.
 
 
Oui?
 
 
Dégage, toi.
 
 
Elle raconte des conneries, mais putain, comment j’aimerais trop humer ses chaussures de combat après un match!
12 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut