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Money In The Bank : La malédiction de la mallette (La WWE ne sait plus fabriquer de champion)

Je viens peut-être de trouver ce soir

De quoi finir milliardaire,

Derrière un réverbère, bercé par les courants d'air du R.E.R.,

Un énergumène, ventre à terre, me tend la main d'un air,

Comme si j'étais son dernier espoir,

L'histoire commence alors que je m'empare de sa mallette,

Et puis me barre, martel en tête, jusque tard je vais faire la fête.

Enhancer, La mallette

 

L’autre soir, en sirotant mon whisky 15 ans d’âge, et alors que je débats âprement de sujets divers avec ma compagne (du catch et des couches), une réflexion s'abat sur moi. Money in the Bank approche et je me demande soudain : depuis quand un catcheur WWE est devenu champion mondial pour la première fois autrement qu’en encaissant la mallette ? Je vous laisse un moment vous noyer à votre tour dans cette turlupinente question. Vous vous souvenez ? Allez, je peux deviner vos muscles faciaux s’agiter et vos connexions neuronales clignoter. Daniel Bryan ? Mallette. Alberto Del Rio ? Mallette. Je vous aide. C’était le 18 septembre 2011 : le dernier catcheur en date à avoir été sacré champion du monde pour la première fois sans avoir encaissé une mallette est…

 

 

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Surprise Motherfucker.

 

 

Découvrir la malédiction de la mallette

 

 

C’était le 18 septembre 2011 : le dernier catcheur en date à avoir été sacré champion du monde pour la première fois sans avoir encaissé une mallette est…

 

 

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Sgt Murtaugh, trop vieux pour ces conneries.

 

 

 

Pot de départ

 

J’avoue, j’en suis tombé sur le cul. Quand ma compagne m’a déclamé fièrement cette information issue de sources officielles, je me suis dit : c’est vrai ça… il me semble bien que c’était la première fois que Mark Henry était champion du monde. On parlait alors d’un beau cadeau avant son départ à la retraite, une façon honorable de le remercier pour services rendus. Son règne fut d'ailleurs très bon, avec un gimmick de machine inarrêtable très crédible et des affrontements très solides.

 

Bon, on se remet de nos émotions. On se dit OK, le type était en fin de carrière, il n'avait étrangement jamais touché de titres mondiaux à une époque où les ceintures s’échangeaient à chaque PPV. Soit. M’enfin, on aimerait plutôt un jeune, ou au moins un mec qui n'a pas obtenu son titre mondial en échangeant ses points Arrco.

 

Amitié étroite

 

Pas besoin de remonter beaucoup plus loin dans le temps pour trouver le suivant (ou plutôt le précédent) sur la liste des néo-champions. Quatre mois pour être exact. Nous sommes alors en Floride, pour Extreme Rules, dans un match à échelles pour couronner le nouveau champion du monde poids lourds dont la ceinture est vacante. Deux catcheurs s’affrontent ce soir-là et aucun n’a encore touché le titre suprême. La lutte est âpre entre les deux hommes, et l’émotion est pleine quand l’un d’eux décroche enfin la ceinture suspendue. Il est blond, il a 37 ans, c’est évidemment…

 

 

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Robin, célébrant la mort de Batman.

 

Wooo, alors là j’aimerais qu’on redevienne sérieux cinq minutes. Tout le monde se souvient de la raison du pourquoi du comment le titre était vacant. Non ? Souvenez-vous, c’était le 15 avril 2011, le champion en titre Edge s’avançait au centre du ring, vêtu d’un perfecto noir, pour y annoncer sa retraite officielle. Les médecins lui avaient gentiment diagnostiqué une sténose rachidienne cervicale, fruit d’une longue série de blessures et d’interventions chirurgicales. Fin de carrière précipitée pour le champion du monde poids lourds le plus titré. La suite s’écrit d’elle-même. Un match est programmé entre son rival du moment Alberto Del Rio et son ami d’enfance Christian. La ceinture ne peut échapper au fidèle compagnon, élu naturel, qui décroche son premier titre mondial WWE, après seize années de carrière professionnelle.

 

Si Mark Henry a obtenu son titre grâce à ses points de cotisation retraite, Christian bénéficie pour sa part du prestige de son ami de toujours, dont il sera resté dans l’ombre jusqu’au bout (il remporte le match grâce à une intervention de Edge). Mais une fois encore, cette ceinture tombée du ciel donnera naissance à une célèbre feud dont la gloire résonne encore dans les stades aux “One More Time” du public. Amitié récompensée, feel-good moment immanquable… difficile de considérer le sacre de Christian comme un investissement fort de la WWE, du genre de ceux qui ont propulsé et validé Cena, The Rock, Austin…

 

Oh et puis je vous arrête tout de suite, je me rends compte qu’à un moment, la WWE avait une troisième brand : l'ECW. Réactivée en 2006 suite au rachat de la fédé extrême par les financiers de McMahon, la brand dispose alors de son propre titre suprême. Un titre remporté en 2008 par Mark Henry et en 2009 par Christian. Mais l’opération de rachat de la fédération de Philadelphie écorche au passage le prestige de la ceinture. Le ECW Championship n’est plus reconnu comme titre mondial. Fin de la digression.

 

 

Hit me baby one more time

 

Remontons dans notre Delorean et continuons notre voyage dans le temps à la recherche de ce jeune champion mondial. Pas besoin d’atteindre les 88 miles à l’heure. Notre saut dans le temps n’est que de trois mois. Nous sommes en février 2011. Vickie Guerrero, alors GM de Smackdown, a une dent contre le champion du monde poids lourds du moment, Edge. Décidée à lui nuire profondément, elle lui interdit l’utilisation du Spear sous peine de lui retirer son titre. Edge ne se soumet pas et claque la prise interdite. La sanction est immédiate ! Dépossédé de son titre par une Vickie diabolique et ravie, il ne peut qu’assister au sacre d’un jeune et nouveau champion mondial aux cheveux péroxydés…

 

 

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Brit Nemeth Spear, faisant monter une fan sur scène.

 

Alors non seulement cette vignette est trop over, mais en plus on se demande… C’est quoi ce sacre mondial ? Au moins le vieux Henry et le copain Christian ont transpiré vingt minutes pour rafler la mise. Là, le gars Ziggler, on lui apporte le titre littéralement sur un plateau. Pour le lui faire perdre trente minutes plus tard dans un re-match décidé par Teddy Long. Une fois encore, difficile d’y voir un véritable couronnement. Il s’agit plutôt d’une ficelle scénaristique (intéressante au demeurant) pour nourrir le vice d’un autre personnage : Vickie Guerrero. Dolph Ziggler devra d’ailleurs ronger son frein durant deux ans avant de retoucher l’or… grâce à la mallette.

 

 

Botch to be wild

 

On a donc un semi-retraité, un bon copain et un toy-boy. On dirait le début d’une blague douteuse de comptoir. Abandonnons la DeLorean et continuons à pied. Décision discutable : la marche est plus longue que prévue. Mais nous y voila. Nous sommes le 13 décembre 2009, à San Antonio au Texas, à l’occasion du TLC annuel. Ce soir-là, le WWE Championship est remis en jeu par John Cena face à un tout jeune garçon. Ayant fait son entrée à Raw deux mois plus tôt, ce dernier est devenu prétendant en remportant une bataille royale. Après seize minutes de Tables Match, la stupeur envahit le public. John Cena vient de s’écrouler de la troisième corde et de traverser l’une des tables, synonyme de défaite pour le Marine. Son jeune adversaire semble ne pas réaliser ce qui vient de se passer, et pourtant un nouveau champion est né…

 

 

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La Roux, brandissant son premier disque de platine.

 

Sheamus fait un démarrage fracassant dans le main roster en décrochant l’or en deux petits mois face à la tête d’affiche de la fédération. Alors on pourra toujours discuter du dénouement étrange de ce match, les protagonistes ayant tous deux l’air très surpris par ce final aux allures de gag vidéo. On entend encore les complotistes du botch hurler à l’accident. Mais laissez-les s'époumoner, car vous avez devant vous le dernier catcheur en date à avoir été sacré champion mondial pour la première fois sans avoir encaissé une mallette – et qui ne part pas à la retraite – et qui n’est pas le meilleur ami de Edge – et qui n’est pas une blague de trente minutes.

 

Ainsi, six ans plus tard, la WWE n’a toujours pas réussi (ou voulu) couronner de champion autrement que par l’usage de la mallette. Mais d’ailleurs, cette mallette, comment la WWE s’en sert-elle ?

 

 

Cash-Machine

 

Né en 2005 dans le cerveau cocaïné de Chris Jericho, le Money in the Bank est un match à échelles dont l’enjeu est immense : celui qui décroche la mallette suspendue en devient le propriétaire. Dès lors, il peut à tout moment l’encaisser face à un champion afin d’obtenir un affrontement immédiat pour le titre. Seul un ring et un arbitre sont indispensables à son bon déroulement. C’est ainsi qu’en janvier 2006, Edge encaissa la mallette face à un John Cena affaibli pour gagner son premier titre mondial. La boite de Pandore venait d’être ouverte. Et avec elle, une toute nouvelle arme pour les scénaristes. Une arme puissante, tranchante, attirante, mais qui va leur faire perdre la raison.

 

Depuis ce premier sacre d’Edge, sept catcheurs sont devenus champions du monde pour la première fois sans mallette : Rey Mysterio, The Great Khali, Jeff Hardy, Sheamus, Ziggler, Christian et Mark Henry. Dans le même temps, huit hommes ont dû y avoir recours pour obtenir le même résultat : Edge, RVD, CM Punk, Jack Swagger, The Miz, Alberto Del Rio, Daniel Bryan et Seth Rollins. Une répartition équilibrée. D’ailleurs, avec environ deux MITB par an, cette statistique ne parait pas si honteuse. Même si, comme on l’a vu ensemble, les derniers sacres ne sont pas les plus couillus. Malgré tout, le ton est donné : dorénavant, il faudra compter avec la mallette.

 

 

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Une autre idée de Jericho après un podcast sous LSD : le POV Ladder Match.

 

Quand l’arme fatale…

 

La force de la mallette est incontestablement le suspense qu’elle génère en continu. Une fois confiée à son propriétaire, elle autorise ce dernier à intervenir à tout moment. Ainsi, chaque match impliquant le champion est source de tension latente. Telle l’épée de Damoclès, la mallette devient cette menace permanente pouvant s’abattre à chaque instant. Et le public adore ! On frémit à l’idée d’entendre l’hymne du porteur de mallette. Notre cardio explose en le voyant cavaler en direction du ring comme si sa vie était en jeu. On se tourmente jusqu’à ce que l’arbitre démarre officiellement le match, synonyme de point de non-retour. A ce moment précis, nous sommes tels des chats de Schroedinger. Deux issues sont possibles. Le plus probable : l’assaillant l’emporte et un nouveau champion est couronné. L’inimaginable jusqu’à peu : il échoue et perd la précieuse mallette.

 

On mesure facilement la folie envahissant les scénaristes armés de cette arme prête à tirer n’importe quand. Mallette cashée le soir même (Kane l’impatient), à la régulière (RVD le gentleman) ou carrément à Wrestlemania (Seth Rollins le showman)… Car le timing est un art complexe. Un Big Show passé à tabac alors que Daniel Bryan est tourmenté en backstage et tous les regards se tournent vers le Titantron. Alberto Del Rio KO au milieu du ring à Wrestlemania 29, et voilà votre serviteur ainsi que les 80 675 autres spectateurs qui prient en vain pour le cash-in de Dolph Ziggler. Les malins ayant acheté leur ticket pour le RAW du lendemain seront récompensés.

 

Une fois équipé de la précieuse mallette, son porteur devient l’homme à abattre. Quand Damien Sandow trahit son acolyte Cody Rhodes, ce dernier jure évidemment sa perte. Quand Rollins détache la précieuse petite valise grâce à la protection de Kane, c’est évidemment Dean Ambrose qui part à ses trousses. Plus rare : le glorieux attaché-case est remis en jeu dans un match imposé par un représentant de l’autorité. Dolph Ziggler surmontera l’épreuve par deux fois. La mallette est donc un moyen simple et efficace de générer des tensions, de provoquer des dissensions, de donner naissance aux inévitables trahisons et de couronner de nouveaux champions.

 

 

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Bookers lors du bilan financier de Q2.

 

…devient l’alarme fatale.

 

Mais une arme aussi puissante a inévitablement ses déficiences. Jusqu’à peu, elle assurait à  son porteur de devenir champion dans les 365 jours suivants. On ne savait pas quand exactement, mais on savait que ça se ferait. Comme si on vous annonçait que Tyrion Lannister allait mourir cette saison sans vous dire quel épisode (calmez-vous, je n’en sais rien, j’ai arrêté de suivre la série). Mais la jurisprudence Cena est passée par là. Dorénavant les garanties ne sont plus aussi fortes. Même si le retour à l’unique mallette suppose qu’un tel scénario ne se reproduira pas de sitôt.

 

En parlant de scénario, vous n’avez pas l’impression qu’on vous raconte toujours la même histoire depuis dix ans ? Synopsis polycopié reçu ce matin : le porteur de mallette, tourmenté par un rival revanchard, encaisse avec succès et opportunisme sur un opposant blessé et tentant vaillamment d’éviter l’inévitable. Saupoudrez d’un peu de variation sur le même thème et vous obtenez la grosse ficelle annuelle sur laquelle les scénaristes pourront paresseusement se reposer.

 

D’ailleurs, ce porteur de mallette n’est souvent pas un type réglo. Bon, le principe même de ce contenant à poignée en fait l’arme naturelle des heels. Mis à part RVD et Cena (Bryan était un peu tweener sur les bords si je me souviens bien…), tous les porteurs représentent le coté obscur de la force. Il faut dire que profiter d’un adversaire à terre pour devenir champion n’est pas dans la classique fiche personnage des gentils made in WWE. L’homme à la grenouillère et l’homme à la casquette ont d’ailleurs été les seuls à annoncer leur match à l’avance. Dans un monde un peu plus gris, un babyface pourrait très bien casher sa mallette pour défaire un vilain devenu intouchable car protégé par les hautes instances. Ça vous rappelle quelqu’un ?

 

 

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Bookers lors du bilan financier de Q3.

 

Et si on changeait un peu les règles ?

 

Initialement, la mallette pouvait être utilisée pour n’importe quel titre. Puis vint la séparation des brands et l'apparition des deux mallettes : une rouge pour le titre WWE et une bleue pour le titre poids lourds. Cela a notamment permis aux scénaristes de multiplier les saynètes et de répartir les cash-in tout au long de l’année.

 

L’année dernière, la fusion des deux titres mondiaux a entraîné la réapparition de la mallette unique… pour l’unique titre suprême. On perd donc au passage un élément de surprise supplémentaire. Seul le champion mondial peut être inquiété. Alors oui, une mallette unique pour un titre unique, cela a le mérite de recentrer les débats, d’éviter la partouze de mallettes de 2010… et puis cela reste naturel de viser le titre suprême. Mais imaginez si la mallette permettait de casher pour n’importe quel titre. Cody Rhodes, totalement obnubilé par sa précieuse ceinture blanche, n’aurait que faire du titre suprême. Chris Jericho, ne pouvant supporter un compteur bloqué à neuf règnes, encaisserait pour le compte rond… alors que Wade Barrett voudrait battre le record de son ancien maître NXT. Et pourquoi pas une mallette qui permettrait de casher avec un compagnon de fortune ? Les champions tag-team seraient alors également sous la menace.

 

Cette année, nous célébrons le dixième anniversaire du Money in the Bank. Les bookers nous préparent-ils une surprise pour l’occasion ? Je l’espère. Dean Ambrose sera-t-il ce face sournois qui cashera sur un Rollins intouchable [màj : la carte de MITB compromet cette hypothèse] ? La mallette permettra-t-elle de prétendre à n’importe quel titre ? Les filles auront-elles enfin le droit de participer ? Ou ne serait-il pas temps pour les bookers de desserrer leurs gros doigts de cette grosse ficelle ?

 

 

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CM Punk prodiguant quelques conseils d’écriture à Chris Jericho.

 

Lâche la mallette !

 

À défaut de nous surprendre avec la mallette, la WWE arrivera-t-elle enfin à couronner une jeune star sans avoir recours à cet artifice ? Je l’appelle de mes voeux. Car si l’emploi de la mallette génère un feel-good moment assuré, c’est aussi une sorte de paresse d’écriture. Du moins, cela nous prive de dizaines d’autres façons de raconter l'ascension d’un champion. Rappelez-vous Daniel Bryan. Alors en pleine montée populaire, ayant déjà décroché le titre US, l’American Dragon est prêt à atteindre le niveau suivant. Mais au lieu de construire une storyline l’amenant progressivement aux portes du titre, la WWE lui met la mallette entre les mains. Oh attention, l’histoire qui en découle est bonne. Bryan, héros pas si réglo, ne tiendra jamais sa promesse de casher honnêtement à Wrestlemania. Un cash-in fourbe sur le Big Show plus tard, il glissera progressivement vers ce personnage égocentrique scandant “No!” au public amusé. Quatre titres et des millions de fans plus tard, voici sans doute l’un des heel-turns les plus efficaces pour un catcheur. Mais c’est également une illustration supplémentaire de cette mallette devenue indispensable.

 

Alors comment la WWE peut créer un champion sans mallette ? Quelles storylines écrire ? Quelles ficelles tirer ? Qui doit-on sucer bordel ? Je vous propose quelques scénarios inspirés du passé pour des sacres les mains vides.

 

 

Remercier un ancien

Précédents : Mark Henry, Christian

Qui : Goldust

 

Commençons avec le scénario le moins excitant, mais heureusement le moins probable. La fusion des titres a rendu beaucoup de choses compliquées. Rappelez-vous du début de cet article : Mark Henry et Christian devenaient champion du monde pour la première fois. Mais ce n’était pas le titre considéré comme “le vrai titre”. Il s’agissait du World Heavyweight Championship, devenu un Grand Prix Spécial du Jury récompensant les stars sans ceinture sans trop bouleverser l’historique du “vrai titre”. Aujourd’hui, un seul catcheur peut dominer la chaîne alimentaire. Difficile d’imaginer la WWE mettre la ceinture autour des hanches de Goldust, R-Truth ou Kofi Kingston (si on peut considérer ces deux derniers comme anciens…). Et finalement, des “anciens” à remercier, il n’y en a plus tant que ça… Qui s’en plaindra ?

 

 

Surprendre avec un bleu

Précédents : Brock Lesnar, Randy Orton, Sheamus

Qui : Tout le roster de NXT

 

La WWE veut nous étonner ? Elle dispose d’un atout encore plus puissant que la mallette. Faire remporter l’or à un catcheur qui débarque à peine. Brock Lesnar et Randy Orton furent tà tour de rôle les champions les plus jeunes de l'histoire, Sheamus a battu Cena dès leur première rencontre. Résultat : spectateurs choqués, records battus, roster chamboulé et ICW en fusion. Mais ce ressort est à utiliser avec parcimonie. Il s’agirait de ne pas cramer les ailes du jeune prodige en déchargeant trop tôt le poids du titre sur ses épaules (ou autour des hanches, cela dépend de comment il le porte). Et des jeunes, la WWE en a tout un vivier. Ce vivier s’appelle NXT. Alors que Kevin Owens vient brillamment d’entamer une rivalité avec John Cena, il débarque avec toute la crédibilité du circuit indy et la hargne de l’écurie jaune. S’il déclare être fidèle à son titre actuel, il pourrait très bien marquer les esprits en décrochant le titre suprême en peu de temps. D’ailleurs, n’est-ce pas ce qu’il a fait à NXT face à Samy Zain ?

 

 

Trahir le public

Précédents : The Rock

Qui : Roman Reigns

 

Quoi de plus efficace pour générer de l’émotion qu’offrir un inattendu retournement de veste menant au titre suprême ? Au départ, un catcheur populaire, adoré par le public mais qui peine à atteindre le sommet de la pyramide. Tourmenté, il parvient à obtenir un match pour le titre face à un autre babyface. Peut-être même lors d’un Triple Threat incluant un heel champion, histoire de noyer le poisson. Et alors qu’il semble laisser s’échapper à nouveau la victoire, un coup de poignard dans le dos du chouchou lui offre la victoire. Si en plus cet ancien chevalier blanc se tourne vers les forces obscures de l’Autorité, la jauge de haine explose. Rappelez-vous le sacre du Rock qui avait alors rejoint la Corporation de Vince McMahon. Cette perfide trahison à la solde du pouvoir l’avait propulsé en haut de l‘affiche. Et si l’histoire se reproduisait avec un autre Samoan ?

 

 

Adouber le prochain héros

Précédents : Stone Cold Steve Austin

Qui : Dean Ambrose

 

Il soulève les foules, il défie l’autorité, il remplit les stades, c’est le top babyface. Daniel Bryan pouvant désormais se garer sur les places réservées aux handicapés, la WWE doit trouver son remplaçant dans nos coeurs de marks. Pour moi, c’est le scénario le plus probable à l’heure actuelle. Deux noms viennent naturellement à l’esprit. Roman Reigns, qui fut à deux doigts de décrocher l’or à Wrestlemania. Et Dean Ambrose, qui fut à deux doigts de décrocher l’or à Elimination Chamber. De plus, tous les deux partagent une histoire commune avec le champion actuel. L’histoire s’écrirait presque toute seule. Si le premier a manqué le coche en début d’année et doit repartir de zéro, le second marche sur l’eau. Avec sa folie, son agressivité désordonnée et ses penchants anarchistes, il pourrait reprendre l’étendard rebelle du Yes Man, maltraiter l’Autorité et décrocher l’or dans un ultime affront.

 

Tous ces scénarios forment des intrigues très classiques. Il en existe des dizaines d’autres et leurs milliers de variations.  Mais surtout, toutes ces histoires n’ont pas besoin de mallette. Elles peuvent s’écrire sur la durée. Les scénaristes ont tous les outils pour nous raconter l'ascension d’une future star sans avoir recours à cet artifice. Couronner un nouveau champion après un affrontement épique, couvert de sueur et d’hématomes, est encore possible. Nous n’avons plus envie d’attendre l’annuel Money In The Bank pour connaître le prochain numéro un. Nous voulons de nouvelles histoires, inspirées du passé ou inédites. Nous voulons des voyages homériques, semés d’embûches, de joies et de trahisons. Nous voulons des catcheurs qui n’ont pas besoin d’une mallette pour devenir champion. Nous voulons des héros usant de leur ruse, de leur haine, de leur force et de leur folie pour les mener à destination et leur faire enfin toucher l’or qui les rendra immortels.

 

 

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Attendez les gars, des idées j’en ai encore plein !

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