Catch

Raw du 20/07 et Smackdown du 23/07 : La salsa du démon

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes.

Vince McMahon, grand-mère gâteuse

 

Alors que la WWE vient, dans les conditions que l’on sait, de couper définitivement les ponts avec la plus grande star de son histoire, Hulk Hogan, ce sont deux autres monstres sacrés, l’Undertaker et John Cena, qui impriment leur marque sur la Road to Summerslam. On n’en est pas à leur souhaiter le même sort qu’au Hulkster, mais c’est peu dire que leur retour conjoint au premier plan ne nous enchante guère.

 

 

Non mais sérieusement, il est temps qu’il arrête, Boy George.

 

 

Nalyse de Raw du 20 et de Smackdown du 23 juillet

 

 

Feud Undertaker – Brock Lesnar

 

Le grand moment de Battleground, dimanche dernier, aura été la réapparition du Taker, tout rimmel dehors, pour empêcher Lesnar de remettre ses mains délicates sur le titre WWE. Pourquoi maintenant ?, levions-nous les yeux au ciel, lassés des tours de passe-passe d’un cadavre dont les dernières performances avaient été pour le moins pénibles. La réponse est intervenue en ouverture de Raw, via une promo en solitaire, exercice dans lequel le bonhomme n’a jamais spécialement brillé depuis qu’il a repris son perso de croque-mort il y a plus de dix ans. L’explication fournie, c’est qu’il en avait marre d’entendre Lesnar se gargariser d’avoir mis fin à la Streak.

 

 

Et puis il a dit qu’il avait jeté toutes ses cassettes de Culture Club, le méchant !

 

 

Explication pour le moins foireuse : la période où Brock se baladait avec un t-shirt rappelant qu’il avait mis fin à la série du Deadman à Mania et où Heyman martelait que son homme était le one dans twenty one and one, c’était il y a plus d’un an ! Et le Taker, du fond de sa tente Quechua sur les rives du Styx, n’avait jamais moufté. Quand il avait daigné revenir dans le ring, quelques mois plus tard, ce fut pour répondre au défi de Bray Wyatt. A Wrestlemania 32, alors même que Lesnar était dans la même salle, titre sur le dos, le Taker n’avait eu aucune interaction avec lui, se contentant de battre Wyatt et de s’évaporer de nouveau.

 

Et voilà donc que, un an et demi après sa défaite de Mania 31, il se rappelle soudain de l’existence de Lesnar et prend ombrage de célébrations trop appuyées que celui-ci avait effectuées dans la foulée du triomphe.

 

C’est peu dire que la ficelle est grosse : en réalité, ce comeback permet de profiter des derniers feux du Taker pour ajouter du starpower à Summerslam, et de sortir discrètement Lesnar de la Title Picture. On verra donc à Summerslam une revanche du match de Mania 31, et on espère que pour la booker les auteurs auront été plus inspirés qu’en rédigeant le scénario du retour du frère aîné de Kane : actuellement, cette affiche ressemble fort à une situation lose-lose. Une nouvelle défaite du Taker rendrait son retour dérisoire, mais une défaite du monstrueux Lesnar aux mains du vieux travelot briserait la mystique du client de Paul Heyman. Et le combat lui-même sera sans doute bien nul, si l’on en juge par celui dont il sera la revanche. Bref, on va gâcher l’une des rares et précieuses apparitions de Brock pour une revanche du pire match qu’il ait livré depuis son retour à la WWE, alors qu’on était nombreux à espérer une affiche l’opposant à quelque catcheur au summum de ses capacités. Mais les Cesaro, Ambrose, Owens, Rusev et autres Sheamus ou Ziggler attendront leur tour, car il était urgent de refaire Taker-Lesnar…

 

 

Conscient que de nombreux autres catcheurs rêvaient d’affronter Lesnar à Summerslam, le Taker, fair-play, prend ici le temps de consoler Little Jimmy.

 

 

Cela dit, une fois qu’on a cessé de bougonner, on doit admettre que le premier Raw de la Road a plutôt bien lancé la feud, selon un schéma classique mais efficace : après la promo inaugurale du Taker, et alors que Triple H a ordonné à tout le roster de se tenir prêt à intervenir si les choses dégénéraient, Heyman vient crier le mécontentement de son client, le Taker se téléporte derrière lui et s’apprête à l’éviscérer, a Wild Lesnar appears, la castagne part, la sécu puis les catcheurs déboulent pour les séparer, mais malgré les dizaines de musclors qui les retiennent, les deux protagonistes parviennent à plusieurs reprises à reprendre le cours de leur empoignade, y compris dans les couloirs du stade, le tout s’achevant par une arrestation ( ?) de Brock. Y a eu de l’intensité dans ce segment, et le Taker a semblé un peu moins mort que lors des deux derniers Manias… mais tout ça ne nous rendra ni le Pérou ni les affiches de rêve qu’on envisageait pour Brock à Summerslam.

 

 

Oh putain Lesnar, t’as de la chance que Sin Cara me retienne !

 

 

Dis donc Brock, le moment est peut-être mal choisi mais Adam et moi on voulait te proposer de reformer les 3MB, tu veux peut-être qu’on en reparle plus tard ?

 

 

 

WWE Title Picture / US Title Picture

 

Débarrassé de Lesnar par l’intervention demonus ex machina du Taker, Rollins est venu à Raw se la péter, mais a été interrompu par… John [votre juron ici] Cena. Qui est venu lui donner une leçon de morale et de fair-play sur le thème « un vrai champion ne se conduit pas comme toi », Rollins reculant rapidement devant la perspective d'une torgnole.

 

On pourrait bien, et ça serait absurde, se diriger vers un match entre ces deux-là à Summerslam, et on a peine à en voir l’intérêt! D'après la rumeur, Vince McMahon se serait inquiété des derniers chiffres d'audience, pas fameux, et en aurait conclu que le problème, c'est que Cena n'a pas été dans le main event ces derniers temps… Quoi qu'il en soit, un champion contre champion sans que les titres soient en jeu dévaluerait la portée du combat ; mais un champion contre champion AVEC les titres en jeu impliquerait une unification des titres WWE et US qui n’aurait aucun sens. Et puis on a déjà pas mal vu ces deux-là face à face depuis un an ou deux. Prions pour que ce ne soit qu’une fausse piste.

 

 

– Le titre le plus prestigieux, c’est celui que je détiens, car je le défends avec honneur et dans le respect de l’adversaire !

Haha, il est marrant le midcarder là.

 

 

Ce qui incite à croire à un autre scénario, c’est ce qui s’est passé à Smackdown. En main event, Cesaro a affronté Rollins qui l’a vaincu en trichant comme le chacal qu’il est (doigt dans l’œil puis Pedigree, qu’il porte toujours aussi péniblement d’ailleurs). Le Suisse a donc une bonne raison de vouloir aller défier le bicolore pour le titre. Ajoutons qu’après ce combat, le roi du Swing a été agressé par Kevin Owens, qu’il avait chambré peu avant backstage suite à la défaite par décompte à l’extérieur de celui-ci contre Rusev. On a donc des tensions, voire plus, entre Rollins et Cesaro, Cesaro et Owens, et Owens et Rusev. Et si on retrouvait tout ce beau monde dans un putain de Fatal Fourway à Summerslam ? Voilà qui aurait une sacrée gueule de MOTY en puissance.

 

 

Kevin Owens, l’homme qui fait un Superkick et un Flying Headbutt dans le même mouvement.

 

 

Les embrouilles avaient démarré dès Raw, où en main event Cena, Orton et Cesaro affrontaient Rusev, Owens et Sheamus. Les deux derniers finissaient par abandonner le Bulgarusse à son sort, et l’arrivée aux abords du ring de Lana pour un catfight avec Summer Rae (en total look Lana pour sa part) finissait de le déstabiliser (et probablement à provoquer chez lui une demi-molle). Il s’inclinait après une pluie de finishers, mais est sorti renforcé de cette soirée : seul heel à ne pas fuir, il a fallu pour qu’il s’incline que les trois monstres allient leurs efforts et que ses meufs le déconcentrent. Son match contre Owens à Smackdown semble indiquer qu’il se dirigerait vers un face turn, ce qui ne serait que justice au vu du soutien croissant des foules à son égard. À voir s’il se retrouve à Summerslam face à un Ziggler revanchard (et ça sentirait bien le double turn, cette affaire) ou s’il lui est permis de rêver plus grand…

 

 

A votre avis, sur cette image, John Cena a) imite Charles Robinson b) vient de se rendre compte qu’il s’est uriné dessus pendant le combat c) s’étonne de constater qu’un nouveau muscle lui a poussé sur l’abdomen.

 

 

Terminons ce tour d’horizon de l’upcard par la réhabilitation de Kevin Owens, qu’on avait laissé au milieu du ring à Battleground, abandonnant comme tant de heels avant lui dans la prise de soumission dégueulasse de Cena. L’homme qui avait frappé si fort pour son entrée dans le roster principal semblait méchamment rentrer dans le rang : depuis son exploit à Elimination Chamber, il avait été vaincu par Cena à Money in the Bank et donc à Battleground, avait perdu son titre NXT au profit de Balor, et s’était mis à fuir les combats plus souvent qu’à son tour. Lundi soir, il fut même traité comme le commun des mortels puisqu’il fut mandé pour, aux côtés de toute la midcard, séparer Lesnar et le Taker — une mission pour laquelle Cena, par exemple, ne s’est pas dérangé.

 

 

Kevin Owens entouré de ses égaux les Lucha Dragons, Zack Ryder, Heath Slater, Jack Swagger et un Matador.

 

 

Et il avait fini sa soirée, on l’a dit, en quittant prématurément le trois contre trois du main event, appuyant ainsi son nouveau gimmick de… on va dire de mec qui ne gagnera pas le classement de super combatif du Tour, quoi.

 

 

Je viens de capter un truc là : si je sors du ring et m’en vais à chaque début de combat, personne me tapera jamais dessus !

 

 

Mais à Smackdown, malgré la nouvelle défaite volontairement concédée par décompte à l’extérieur, cette fois à Rusev, il y a eu du mieux. Car l’homme a eu droit au micro et a donc pu s’expliquer, de façon convaincante : il est calculateur, donc il abandonne quand il est pris dans le STF car il ne veut pas mettre en péril sa santé et donc sa possibilité de gagner plus de titres et d’argent les jours suivants ; il a éprouvé Cena comme personne avant lui ; et il regarde de l’avant. Ce qu’il prouve et défonçant Cesaro en fin de show, qui se clôt d’ailleurs sur l’image d’un KO dominateur debout au-dessus du colosse suisse abattu. La WWE ne l’a pas encore relégué à la midcard, qu’on se le dise.

 

 

J’suis pas en amour des chums qu’spikent mal le français, calice d’érable.

 

 

Allez, Rollins-Owens-Cesaro-Rusev pour le titre à Summerslam, faites ça messieurs ! Quant à Cena, qu’on lui envoie dans les pattes un heel pas dégueu du genre Barrett, venu clamer à Smackdown qu’en gagnant son match à Battleground il avait remis l’église au milieu du village et la couronne au milieu de son front, et qu’il était de nouveau le roi incontesté du ring. Le père Wade a bien du mérite à faire vivre gimmick foireux après gimmick foireux, et il a bien du talent aussi. Son programme avec Cena remonte à plus de quatre ans, et pour peu qu’il mette de côté les aspects les plus grotesque de son rôle de roi il pourrait apparaître comme un prétendant sérieux au titre à la bannière étoilée.

 

 

Après le porteur de mauvaises nouvelles et le roi d’opérette, découvrez le nouveau gimmick de Wade Barrett : balance humaine !

 

 

 

Feud Wyatt – Reigns

 

Si Barrett n’est pas jugé assez sérieux pour aller titiller Cena, le rôle pourrait échoir à Sheamus, qui rôde de feud secondaire en feud secondaire en attendant la cash-in. Après avoir rapidement quitté le main event lundi, il a ouvert le bal à Smackdown contre Ambrose, gagnant le combat grâce à une distraction de son adversaire provoquée par Wyatt et Harper. Les deux affreux avaient entériné la reconstitution de leur « famille » à Raw, avant un Harper-Reigns énergique achevé comme de juste par une DQ causée par Bray. On est partis pour une feud au long cours Reigns-Ambrose / Wyatt-Harper, et quand on se souvient que Shield-Wyatts avait été l’un des très gros points forts de l’année 2014, on a hâte de voir ce que ça va donner, même si l’attrait de la nouveauté s’est estompé.

 

 

– Mais non, ça n’a plus rien à voir avec notre feud de 2014 ! Car maintenant… je ne porte plus de slip !

Il dit vrai, le bougre.

 

 

 

IC Title Picture

 

Rien de bien marquant cette semaine du fait de la blessure du champion Ryback. Le Big Show a écrasé le Miz à Raw en moins de deux minutes puis pris le micro pour défier Ryback à… venir le voir à Tough Enough. Le dalleux devrait être de retour à temps pour reprendre à Summerslam cette feud qui a bien de la peine à passionner les foules…

 

 

Ouais Ry, ramène-toi à Tough Enough, on a comme qui dirait inopinément perdu un juré.

 

 

 

Tag Team Title Picture

 

En attendant que les ex-Shield et les Wyatt s’y intéressent, les ceintures de cuivre vont encore rester un moment chez des lowcarders, qui en font ce qu’ils peuvent. A Raw, l’arrivée impromptue de New Day a provoqué une défaite surprise des champions contre les Matadores (un duo que j’aime bien pour ma part, et que je serais bien content de voir bénéficier d’un push cet été).

 

 

Avec ces mecs-là, la succession de Rey Mysterio est assurée! Ou pas.

 

 

 

Feud Stardust – le mec d’Arrow

 

Ca va se faire, cette affaire ! Rien à Raw, mais à Smackdown, après une victoire de Neville sur Adam Rose (en trois minutes, ce qui est beaucoup pour Rose, et évidemment par Red Arrow), Cody a lâché une promo parlant notamment de « flèches les plus aiguisées qui finissent toujours par s’écraser alors que les étoiles sont éternelles ». Cool, ça pourrait nous faire, à condition que l’acteur ait le droit de prendre quelques risques physiques, le meilleur match de célébrité depuis Floyd Mayweather.

 

 

– Mais ? Qu'est-ce qu'il dit ? Je comprends rien.

Pfff. Je pourrais feuder avec toi, Neville, mais t’es vraiment pas… une flèche ! Haha !

 

 

 

Meufs

 

Si Neville et ses copains n’ont eu droit qu’à quelques minutes d’antenne à Smackdown tandis que Miz et Show d’un côté, les équipes tag team de l’autre, n’en ont pas eu du tout, c’est en partie parce qu’il a fallu caser un match féminin de douze minutes, à savoir les Bella contre Sasha et Naomi (laquelle s’inclinera au final) ! Eh oui, la WWE semble prendre au sérieux la réhabilitation de la division féminine, et ça passe forcément par de longs combats qui racontent vraiment des histoires. A Raw, on avait déjà vu Charlotte vaincre Brie et neuf minutes et, le même soir, Sasha et Naomi venir à bout de Becky et Paige en treize minutes et demie, soit à peine une de moins que le main event ! 33 minutes de catch féminin sur les deux weeklies de la semaines, c’est peut-être un record historique.

 

 

Dur, les sorties de pub à 23 heures à Newcastle.

 

 

Et forcément, dès que les filles ont le temps, ben c’est tout de suite nettement plus intéressant à suivre : comme les mecs elles déploient leur arsenal, mettent de la psychologie, construisent le match… Je ne suis pas complètement du bord de ceux qui jugent les nouvelles venues originaires de NXT cent fois supérieures aux filles déjà dans la place ; je pense qu’elles ont surtout eu la chance de pouvoir livrer des matchs vraiment longs, ce qui a toujours été dénié aux Bella et à leurs consœurs. La vraie révolution du catch féminin, ce n’est pas tant de lancer les meilleures filles de NXT (à noter qu’elles sont toutes trois toujours invaincues pour l’instant), c’est de donner aux nanas du temps d’antenne. On verra ce que ça donne mais ces deux dernières semaines incitent carrément à l’optimisme, et c’est peut-être là, au-delà de l’élimination de Hogan, de la vengeance du Taker et d’un possible retour de Cena dans la WWE Title Picture, la vraie grande nouvelle à la WWE.

 

 

La mauvaise catcheuse, elle voit une adversaire, ben elle lui met une petite claque. La bonne catcheuse, elle voit une adversaire, ben elle lui met une petite claque… mais c’est une bonne catcheuse.

 

 

Pour résumer, une semaine qui nous a fait peur au départ — la promo du Taker, la leçon de Cena à Rollins — et qui finalement nous donne de bonnes raisons de voir l’avenir avec optimisme. Avant de se tourner résolument vers un futur qui pourrait être moins moisi qu’on l’a craint après Battleground et à certains moments de Raw, laissons le mot de la fin à l’Immortel Hulk Hogan, qui aurait sans doute été mieux inspiré de faire de sa fille une catcheuse, comme l’ami Flair, plutôt qu’une chanteuse.

 

 

I’d rather if she was going to fuck some nigger, I’d rather have her marry an 8-foot-tall nigger worth a hundred million dollars!

 

 

 

Heu… Merci mais non merci !

 

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