Catch

Raw du 24/08 et Smackdown du 27/08 – La nuit des trouble-fêtes

♪ I gotta feeling

That’s tonight gonna be a good Raw ♪

The Black Eyed Peas

 

Alors que le plus gros week-end musical de l’été bat son plein, que vous sirotez votre dixième Sex on the Beach, vous êtes l’un des valeureux festivaliers encore debout après Summerslam. Pas question de quitter les lieux maintenant, car même dans les soirées les plus miteuses de Brooklyn, vous êtes toujours le dernier à partir. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Et vous commencez à sourire quand les premiers hurlements hystériques parviennent à vos oreilles. Quelque chose d’énorme se prépare, la soirée va inéluctablement déraper… et vous êtes là.

 

 

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Et il paraît que deux anciennes stars à lunettes préparent un happening.

 

 

Nalyse de la semaine du 24 août

 

Vous vous rapprochez de la source des hurlements quand vous tombez nez-à-nez sur deux agités. Le premier, un petit gros en costume qui détonne (n’a-t-il pas reçu le dress-code “Fête du slip” ?), est celui qui gueule. Il vous rappelle un méchant dans Batman interprété par Danny DeVito. Il semble être à la recherche de quelqu’un qui aurait causé du tort à son acolyte, une brute épaisse qui ne vous est pas inconnue puisque vous l’avez déjà plusieurs fois observée désosser d’autres festivaliers. Cette fois-ci, le petit gros et son copain balaise semblent vraiment remontés. Mais celui dont ils hurlent le nom ne semble pas vouloir pointer le bout de son nez. Alors pour se défouler, le Golgoth désosse un pauvre benêt qui tentait de le raisonner. Vous n’êtes pas fier mais vous vous surprenez à apprécier la cruauté de la séquence.

 

 

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♪ I’m friends with the monster thats’ under my bed ♪

 

 

Un peu plus loin, l’ambiance semble plus bon enfant. Des acrobates mexicains ont été engagés pour nous offrir une petite session de cabrioles. Vous aimez ces spectacles venus tout droit de pays émergents. Une petite ambiance méridionale flotte dans l’air. Il y a même un groupe d’Afro-Américains enjoués venus donner le change en réinterprétant gaiement des classiques à la trompette. C’est le dépaysement assuré et vous vous imaginez aux quatre coins du monde en descendant votre fidèle Despé (vous n’avez trouvé personne pour boire des Tequila et vous lécher la nuque recouverte de sel). La salle s’embrase soudainement. Deux énergumènes tout droit sortis des 90’s viennent de débarquer. Vos potes hurlent comme des groupies et vous ne savez pas trop pourquoi avant de comprendre. Il s’agit d’anciens compatriotes, qu’on n'avait pas vus depuis des années. La soirée est soudainement prise en otage par le Bureau des Anciens Elèves ! Votre voisin de gauche s’apprête à chantonner les premiers tubes de Britney Spears avant que vous ne l’en découragiez.

 

 

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♪ Everyday we’re shuffling ♪

 

Soudain les lumières s’éteignent, plongeant l’enceinte dans la pénombre totale. Les gens commencent à sortir les portables pour comprendre d’ou vient la panne. Pris par l’effet de groupe, vous faites de même. Les lumières reviennent, dévoilant un grotesque specatcle. Deux types crados s’en prennent à deux types à peine plus propres. Ils ont maille à partir, et vous avez du mal à comprendre ce que baragouine celui avec le chapeau. Déjà que le mec se ramène avec une putain de lanterne… Il doit sûrement y être pour quelque chose. Rebelote ! Le disjoncteur saute derechef. Ça commence à bien faire. Et il vous semble bien que des mains baladeuses en profitent pour vous tâter l’arrière-train. Vous devinez qu’il s’agit de votre ami d’enfance mais laissez faire. Quand la lumière revient, c’est un troisième crado, inconnu au bataillon, qui apparaît au milieu de la pièce. Il semble animé de plus nobles intentions, puisqu’il aide les deux semi-propres, visiblement fatigués, à trouver le sommeil. Enfin un type serviable ! Vous lui paierez bien un coup, mais votre radinerie l’emporte.

 

 

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♪ Shine bright like a diamond ♪

 

 

Quel est le but d’un DJ ? Ramener les filles sur la piste ! Pas de bol, ce soir c’est un certain Miz aux platines. Ce wannabe tout droit sorti des C’htis à Marseille est responsable (coupable) de la bande-son. Résultat, sur la piste on ne trouve que des cas sociaux du campus : une goth qui passe son temps à dire qu’on est chez elle, une fille à papa plus grande que vous et une cosplayeuse évadée de la Japan Expo. C’est vrai, dorénavant les geeks sont sexy et il est de bon ton de se taper une moche. Mais putain, on se fait chier ; c’est pas ce soir que vous allez rentrer accompagné(e) (et puis votre mère passe vous chercher). Oubliez votre playlist hipster à base de compil Kitsuné et balancez ce son lourd qui fera twerker les Blanches les plus introverties.

 

A peine avez-vous enclenché la seconde avec le dernier featuring de Jessie J que rappliquent les célèbres jumelles du lycée, accompagnées de leur meilleure amie noire. Accoudé dans un recoin sombre de la pièce où personne ne peut vous voir, vous soufflez à vos homies que vous aimez bien la petite Brie. Mais en secret, vous préféreriez tamponner celle avec les gros seins. L’affrontement est inévitable. Les pouffiasses s’en prennent aux nerds venues prétendre au titre de reines du lycée. Alors que vous êtes toujours plongé dans des pensées névrosées et humides, la piste se transforme en zone de guerre. Les filles se mettent sur la tronche, c’est forcément confus, vous aimeriez bien un peu plus de grâce mais vous profitez du spectacle qu’on veut bien vous donner. Les pimbèches l’emportent. Ce n’est pas encore ce soir que les nerds régneront sur le monde de la nuit.

 

 

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♪ Who runs the world? GIRLS! ♪

 

 

Au bout du couloir, un grand type barbu (putain-de-hipster) apparait, s’autoproclamant Roi de la Nuit. Il est suivi d’un autre type peinturluré comme un fan paumé de David Bowie. Vous croyez vous souvenir qu’il s’appelle Ziggy. Ces deux types louches, vous les avez déja croisés hier, à s’en prendre à deux autres loustics. Mais pour une raison qui vous échappe, Ziggy se retourne violemment contre son ami barbu. On dirait une allégorie de la fin du mouvement hipster. Vous vous mettez à apprécier ce type en latex avant de reprendre vos esprits et de faire un selfie de ce que vous mangez.

 

 

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♪ I’m coming like a wrecking ball ♪

 

 

Ces grosses teufs sont également l’occasion de croiser les stars que nous adorons tant. Ce soir, vous apercevez un animateur célèbre fraîchement retraité (un pote vous souffle son nom, genre il le connaît). Visiblement, il y a eu une embrouille hier, le grisonnant présentateur télé s’est mêlé d’une histoire qui ne le regardait pas. Il tente de se justifier auprès de la foule, explique qu’il a agi dans le but de protéger un étrange record de titres mondiaux (là vous décrochez et commandez un grand verre de punch). Soudain, le type lésé de la veille, tout d’orange vêtu, débarque et met la starlette à l’amende avant de le retourner comme une crêpe. Cette soirée dérape et ça vous plaît.

 

 

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♪ Terre brulée au vent
Des landes de pierres
Autour des lacs
C’est pour les vivants ♪

 

 

Maintenant que toutes les filles sont parties, il ne reste plus qu’une bande de quatre mecs sur le dancefloor. Ils sont jeunes, beaux, musclés, sûrs d’eux et vous ne savez pas pourquoi mais vous les détestez déjà. Alors que les bellâtres fanfaronnent, quatre autres gaillards, aux intentions visiblement moins nobles, déboulent à leur tour. Un murmure vous parvient au creux de l’oreille : ces types sont du village voisin et n’ont visiblement pas été invités. Le son morbide des tessons de bouteille revient en sourdine dans votre cerveau déjà bien entamé par un week-end entier de festivités. Un mauvais regard jette le feu aux poudres. Les coups pleuvent rapidement et vous préférez faire mine de n’avoir rien remarqué. Au bout d’un quart d’heure de bataille rangée, l’inévitable se produit. Pris dans l’euphorie, l’un des mauvais garçons frappe l’un des siens. C’est la confusion générale. Le groupe éclate, les deux affreux encore debout mettent le traître à terre et le passent à tabac avant de quitter les lieux du drame, abandonnant leur frère aux mains des playboys qui, en parfaits gentlemen, le tabassent à leur tour.

 

 

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♪ You spin my head right round, right round
When you go down

When you go down, down ♪

 

 

Nous y voila, le summum de la soirée ! La grande célébration ! Les gens s’écartent, on amène une étrange boîte recouverte d’un drap. Celle-ci est censée contenir une statue à l’effigie de celui dont on célèbre les exploits ce soir : un certain Monsieur Rollins. Ce dernier se fend d’un discours indispensable dans ce genre d’occasion, multipliant les remerciements et les auto-congratulations. Le drap se soulève, révélant aux yeux de tous la supercherie. La statue promise a laissé place à une vieille drag-queen. La foule exulte ! “Encore mieux qu’une pin-up dans un gateau !” s’exclame un de vos potes. Mais la surprise n’est pas du goût de tout le monde. Monsieur Rollins, peu sensible aux pratiques déviantes de ce transformiste en quête d’identité, s’en prend au vieil homme connu sous le nom de scène lubrique “Le Dard” (des flyers étaient distribués à l’entrée). Apparemment, cet homme maquillé d’un certain âge a du mal à accepter qu’un jeune lui vole sa gloire d’antan. C’est ce que vous vous dites quand vous vous décidez enfin à quitter la soirée, laissant le grabataire fanfaronner seul au milieu d’une foule de jeunes excités visiblement sous l’emprise d’une drogue qu’on appelle “Nostalgie” (des échantillons étaient distribués à l’entrée).

 

 

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♪ Let me be a drag-queen
Extravaganza ♪

 

 

A la sortie, on vous distribue encore un flyer pour une nouvelle soirée ce jeudi même. On y annonce le bizutage de petits nouveaux par les anciens élèves, un Québequois aidant un Britannique costumé à s’envoyer en l’air, du gossip entre nanas, le retour des mauvais garçons du village voisin et un Irlandais qui tabasse un chien. Ça promet !

 

Vous inspirez un grand coup. La soirée fut riche en émotions, musicalement riche et inévitablement perturbée par de nombreux trouble-fêtes. Mais c’est ce qui vous plaît dans ce genre de soirées : l’imprévu qui vous tombe sur le coin du crâne. Vous quittez les lieux, les étoiles pleins les yeux, fier d’avoir tenu jusqu’au bout.

 

Au loin, votre maman vous fait signe.

 

 

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♪ Hit me baby one more time ♪

 

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