Catch

La Bête est entrée dans New York

On est tout simplement un samedi soir sur la Terre.

Francis Cabrel

 

A mi-chemin entre Night of Champions et Hell in a Cell, la WWE nous refait le coup de sa nouvelle marotte : le « house worldwide show ». Autrement dit une soirée non retransmise à la télévision mais visible dans le monde entier par diffusion sur le Network. Le but ? Evidemment de promouvoir le réseau de Vince Mc Mahon, vendu au prix, de, dites le avec moi… 8,86 ! Et oui, nous sommes en Euro ici messieurs-dames. Après le premier très réussi spectacle de l’été où les lutteurs de Stamford avaient régalé le public de Tokyo, les voici réunis dans l’une des plus mythiques salles de sport du monde, le Madison Square Garden. Avec toujours la même tête d’affiche, un Minotaure du Minnesota.

 

 

Ouiii ? On m'appelle ?

 

 

Nalyse du Madison Square Garden House show du 3 octobre

 

 

La soirée commence par un typique combat de house show : un deux contre deux sans enjeu, croisant les rivalités juste pour l'occasion. Dolph Ziggler et Randy Orton sont associés contre Sheamus et Rusev, le premier venant avec sa mallette dorée et le second avec sa poulette pomponnée. Au bout d’une dizaine de minutes où chacun déroule sa partition classique, Sheamus encaisse un violent RKO et la défaite de son équipe. La foule jubile, bravo les gentils, on remballe. Mais étonnamment le segment ne se finit pas là. Le Bulgare prend le micro pour humilier son malheureux partenaire, le traitant d’aussi inutile que Lana, qu'on a pas vu depuis un moment tout de même. Passe à autre chose Alexandr. Cet accès de nervosité ne lui réussit pas puisqu’il se mange un Brogue Kick et se voir promettre d’embrasser le fessier de l’Irlandais.

 

 

Tu vas voir que ça va être moins agréable que le cul d'ta russe, mecton !

 

 

Puis, Renee Young croise le Corporate Kane en coulisses. Hein ? Le mec qui a fait flamber une ambulance la semaine dernière avant de détruire le champion du monde poids lourds est encore maintenu dans ses fonctions ? Mais que fait l’Autorité ?

 

Le temps de ne pas trouver de réponse à la question, second match. Une rivalité qui n’en finit plus… Stardust contre Neville. Le taré cosmique contre le héros de comics, cet antagonisme a mené au fameux match par équipes à Summerlsam, mais depuis la guerre continue sans intéresser personne. Cody en fait pourtant des caisses avec son personnage, Neville est très propre sur un ring, mais voilà, il manque un truc. De la folie, du suspense peut être ? Car comme convenu, l’Anglais l’emporte. Peut-être est-ce enfin la fin de leur duel, et chacun pourra se trouver une nouvelle rivalité.

 

 

– Neville, fais-nous descendre cette cage, qu'on ait un grand match nous aussi !

– Mais je peux pas, la gravité l'a oubliée elle aussi !

 

 

Vous vous rappelez qu’il y a quinze jours à Raw, Paige a fait exploser son équipe et la division féminine dans un violent segment jubilatoire où elle niait la réussite de la révolution et accusait ses camarades ?

Ben visiblement les bookeurs ont dû l’oublier puisque l’Anglaise est quand même obligée de combattre aux côtés de Charlotte et Becky Lynch contre le trio des Bellas.

 

 

Qui a initié la révolution ? Suffit de consulter la rousse illustrée.

 

 

Bon, c’est pas la folle entente dans l’ancienne team PCB. L’Anglaise force un tag alors que la championne était sur le point de finir le match. Bien mal acquis profite rarement, et elle reçoit ensuite une série d’avoinées de la part des chipies brunes. Lorsqu’elle réussit à retourner la situation et à rejoindre son camp, la rousse et la blonde descendent du ring pour la laisser seule face à ses responsabilités ! Forcément, Rack Attack, Paige perd, CB part, et l’Anglaise, seule sur le ring, annonce au micro qu’elle ne pourra jamais pardonner à ses anciennes copines.

 

On enchaine. Figurez-vous que pas moins de trois ceintures seront défendues ce soir, et on commence par la première. Chris Jericho fait son retour sous les acclamations d’une foule qui lui a pardonné ses erreurs techniques de Night of Champions. Le King of Bling-bling tape une petite séquence autobiographique car il fête ce soir ses 25 ans dans le business, et pour l’occasion obtient la possibilité de devenir ten-time Intercontinental Champion. Mais son compatriote Kevin Owens ne l’entend pas de cette oreille.

 

 

Tu te rends compte ce que ça fait, 25 ans de carrière Kevin ? J'ai plus du tout la même notion du temps, je peux rester comme ça longtemps…

 

 

Au bout de la rencontre, le fourbe québecois met les doigts dans l’œil du valeureux canadien alors que celui-ci tente de lui faire voir les murs. Distraction, petit paquet, le champion retient. Peut-être que la moutarde va commencer à monter un peu au nez de Y2J qui redeviendra le méchant délicieux qu’on a connu. Pour que cette histoire de ten time ne soit que partie remise ?

 

Allez, deuxième titre en action ce soir, les belles ceintures cuivrées par équipe. Oooooh, Madison Square Garden ! J’ai tellement hâte d’entendre le New Day faire une entrée exceptionnelle à WrestleMania, pourvu qu’ils tiennent jusque là. Les trois compères régalent comme d’habitude, prodiges utilisateurs du micro et de la vanne. Ils raillent le style très nineties de leurs adversaires du soir avant que ceux-ci ne débarquent. Les Dudley Boyz sont  prêts à en découdre.

 

 

Three Men Band, béybé.

 

 

Malgré la classique séquence domination du trio qui trompette, leurs adversaires arrivent à prendre le dessus durant le match, portent un 3D à Kofi Kingston, Bubba fait le guet pendant que Devon tente le tombé… Malheureusement, l’ancien Bully n’a pas vu arriver Woods dont l’attaque sonne la fin du combat par disqualification, exactement la même scène que quelques semaines plus tôt à Night of Champions. Et tant qu’à pas se faire chier autant y aller à fond : on se retape la même séquence du New Day qui fanfaronne, sort une table pour faire passer Devon, se fait contrer et c’est finalement Xavier qui traverse le bois. Bon, ok, c’est amusant, une équipe a son trombone et l’autre son mobilier, mais s’il faut attendre jusqu’à TLC pour voir une issue clean…

 

Nous voici au fight qui vend à lui seul la soirée, celui qu’on nous annonce depuis des semaines comme un sommet : Brock Lesnar commence son Hell Tour en croisant le fer avec le Big Show. Le géant fut le premier homme à faire mordre la poussière à celui qu’on appelait encore le Next Big Thing. Depuis que l’affiche est annoncée, la WWE a travaillé dur pour rendre son employé acromégale impressionnant et dangereux en le faisant manger Cesaro et Mark Henry. Lesnar, lui, on ne l’a pas revu depuis son clash perdu contre l’Undertaker, qu’il retrouvera bientôt à Hell in a Cell.

 

L’entrée de la Bête ne sonne plus comme un frisson d’épouvante dans les rangs du public, mais comme un moment de joie où les enfants applaudissent, et ça m’attriste un peu. Merde, c'est Lesnar qui arrive sur cette musique effrayante de violence, pas un gonfleur de ballons en forme de lapins.

 

Or donc, la montagne contre le géant. Bataille de monstres, dont les premières minutes sont gagnées par l’aîné. Coups de poing, projections, le Big Show étouffe son adversaire. Il le saisit à la gorge et le projette violemment au sol, Chokeslam ! Puis le relève, et réitère deux fois l’opération. Triple Chokeslam ! Pourtant, Lesnar résiste et se relève au compte de deux de l’arbitre. Puis, il oublie totalement qu’il vient de subir par trois fois une prise destructrice, enchaîne une série de Suplex pour faire plaisir, F-5, c’est fini.

 

 

Chokeslam City, Brock !

– LOL. Même pas mal.

 

 

A peine quatre minutes et le grand combat annoncé est plié. Mais pour en donner un peu plus à la foule, la Bête consent à rester une minute de plus et détruire  à nouveau son adversaire.

 

Ok, donc Lesnar est paru fort, très fort. Honnêtement, on le savait déjà. Fallait-il lui redorer son image après sa défaite contre l’Undertaker ? Je pense que le monstre de Heyman n’en avait pas besoin, et cet affrontement était clairement dispensable. Autant je peux comprendre l'affiche originale, totalement inéquitable qu'était le Lesnar/Kingston de Tokyo, mais ici le match n'est même pas beau, même pas amusant. Je reste persuadé que le bon adversaire pour la Bête était Kane : volonté de revanche du Big Red Machine, lien de parenté avec l'Undertaker, défaite puis amertume donc vengeance sur Rollins, cela aurait mieux servi l'histoire.

 

Il est temps d’assister au main event de la soirée, événement qui nous est teasé depuis le début du show puisqu’une cage flotte au-dessus du ring. Ce match dans la structure d’acier verra le champion des USA John Cena défendre son titre contre le champion du monde Seth Rollins, qui lui ne défend rien. Le Marine et l’Architraître sont excellents entre les cordes et interagissent bien, rien à dire. Mais c’est le quatrième affrontement entre les deux en deux mois, on a vu le Champ gagner à chaque fois de manière clean alors que le Chacal n’a pu obtenir qu’une seule victoire (mais lourde d’enjeu) à Summerslam grâce à John Stewart. Je sais que ce sujet fait débat sur notre forum, mais même si un heel se doit d'être fourbe et gagner en traître, la différence de niveau qui nous est donnée de voir entre les deux champions est dommageable pour le bicolore. Ici, la stipulation du Steel Cage match empêche d’embarquer réellement le spectateur qui doit sans cesse suspendre son incrédulité à coup de « mais qu’il est con, pourquoi il escalade un mur de quatre mètres de haut alors qu’il y a une porte ? »

 

 

Haha, pas de ça ici John, reste avec moi sur le ring !

 

 

Puis, au bout de vingt minutes de bon catch, le Chacal se rappelle que tout est permis et envoie un sacré poing dans les burnes de son rival. Le GI gît, Seth décide de passer par le haut. Mais lorsqu’il se tient au sommet de la cage, le rouge envahit l’arène : Kane et là et l’attend en bas. Dilemme dans l’esprit vicieux de Rollins : sortir, gagner et affronter le Big Red Machine ou retourner dans le confort de la cage ? Deuxième choix, mauvais choix : Cena a les parties solides, il se réveille et porte un AA pour conserver son titre. Et lors, Kane entre dans la structure infernale pour détruire son ancien allié et montrer son intérêt pour la ceinture mondiale.

 

 

Ou peut-être qu'il a juste pris son rôle à coeur, en faisant passer Rollins sous le ring pour que celui-ci gagne le match.

 

 

Donc, John Cena a battu trois fois d’affilée le champion poids lourds de la WWE. Pourtant rien ne semble placer le Marine en position pour le titre mondial, ce qui est une certaine aberration. Clairement, John est apparu en position de force et son rival a seulement ressemblé a un rookie valeureux et inexpérimenté alors qu'il tient l'or entre les mains depuis WrestleMania.

 

Trois ceintures défendues, aucun changement de titre : sur ce point, c'était un vrai house-show même si nous avons assisté à la victoire de plusieurs méchants (les filles et Owens). Drôle de situation que celle du main event.. L'époque où Rollins était protégé par ses patrons contre toute intrusion est loin. L'homme qui menace le vicieux chacal est un monstre tout en feu, j'ai vraiment beaucoup de mal à voir en Kane un gentil mais la foule a l'air d'accrocher à fond. Comme elle jubile désormais de voir Lesnar détruire un papy géant et s'apprêter à faire de même envers un papy légendaire. Drôle d'époque.

 

 

– Mesdames et messieurs, l'homme qui nous a débarrassés de cette insupportable streak de l'Undertaker… Brock Lesnar !

– WHOUUUEEEEE BRAVOOO !

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