Catch

On t’a vu venir avec tes gros sabots

You are so predictible.

Stephanie McMahon s'adressant au WWE Universe (à moins que ce ne soit l'inverse).

 

Je suis particulièrement friand du « Raw du lendemain », vous savez, celui qui vient juste après un pay-per-view et qui, bien souvent, donne l'occasion de répondre aux questions éventuellement soulevées la veille. Et c'est aussi fort logiquement le moment que la fédération choisit pour lancer en grande pompe de nouvelles rivalités. Enfin « nouvelles », c'est une façon de parler. En fait certaines ne font que reprendre là où elles s'étaient arrêtées contraintes et forcées en septembre 2014.

 

 

– C'est sûr, si Môssieur n'avait pas fini à l'hôpital pour une petite hernie, on n'en serait sûrement pas là aujourd'hui.

– Ta gueule, Seth.

 

 

Nalyse de Raw du 26 octobre et de Smackdown du 29 octobre

 

 

Ce lundi soir démarre avec une bonne grosse séance de léchage de bottes orchestrée par The Authority destinée à flatter l'égo démesuré de Seth Rollins. Puis le couple princier décide que le moment est venu de trouver un nouvel adversaire à leur poulain. L'architraître ayant réussi à surmonter avec brio tous les obstacles qui se sont dressés en travers de sa route jusqu'à présent, une sorte de mini tournoi est organisé par les tauliers afin de désigner celui qui recevra le privilège de se casser les dents prochainement contre le champion du monde le plus roublard de la galaxie.

 

Il est d'ailleurs curieux de constater que Rollins accepte bien volontiers de devoir faire face au plus valeureux des huit hommes engagés dans la compétition alors même qu'il pestait vertement le mois dernier contre la simple perspective de devoir affronter Sting. Seth va-t-il dorénavant être présenté comme un champion valeureux et combattif ou était-il juste trop euphorique sur le moment pour réaliser ce qui l'attend réellement?

 

 

Mon éclatante victoire hier face à Kane a provoqué chez moi une surproduction d'endorphines me plongeant dans un état d'extrême euphorie. Bref, je plane complètement. Mais rassurez-vous, dès la semaine prochaine, je redeviens le champion pleutre auquel vous êtes habitués depuis plusieurs mois.

 

 

Toujours est-il que dans la foulée, quatre combats sont annoncés, à l'issu desquels chaque vainqueur se qualifiera pour participer au fatal four way final qui désignera le nouveau number one contender. Et tout cela en une seule émission. Voilà un programme alléchant qui, de surcroît, nous promet une soirée bien remplie.

 

Les hostilités démarrent avec Roman Reigns (venu afficher clairement à la face de Rollins ses velléités de conquête de titre. Tiens, tiens…) contre Kofi Kingston. Le champion par équipe a beau lui opposer une belle résistance, c'est bien le Samoan qui l'emporte. Franchement, qui aurait pu douter de sa victoire?

 

 

Même avec le pouvoir de la licorne, Kofi n'a rien pu faire.

 

 

Le deuxième affrontement propose une délicieuse affiche puisque Kevin Owens rencontre Cesaro. Malheureusement, le Suisse s'incline une fois encore et doit sa défaite à la nouvelle fâcheuse manie que le Québecois semble affectionner, préférant à présent passer son temps réfugié dans les cordes afin de mieux prendre par surprise ses adversaires.

 

C'est vraiment dommage de transformer petit à petit Owens en monstre de pacotille. Ses débuts fracassants contre Cena semblent déjà bien lointains et me manquent cruellement.

 

 

Tu cesses ça immédiatement, Kevin : un seul champion pleutre c'est amplement suffisant.

 

 

La troisième manche (probablement la plus déséquilibrée) nous propose d'assister à la défaite du valeureux mais finalement assez inoffensif Neville contre le revenant tout feu tout flamme Alberto Del Rio.

 

Le Mexicain (maintenant associé à Zeb Colter, son ex-pire ennemi) propose aux peuples américain et mexicain de s'unir afin de fraterniser à l'unisson, tout comme John Lennon l'avait souhaité dans la chanson Imagine. Voilà une sacrée mise en abîme pour celui qui accusait la WWE de racisme il y a un peu plus d'un an après avoir été viré ! Une fois encore, le kayfabe chez Vince McMahon sait se nourrir de la réalité.

 

 

Et en l'état, difficile de décrypter l'alignement actuel du MexiAméricain.

 

 

Enfin, et c'est assez étonnant pour être souligné, Dolph Ziggler est venu à bout du sémillant Big E malgré la venue déconcertante aux abords du ring de Tyler Breeze. Ce dernier semble pourtant bien parti pour entrer en rivalité avec le Show Off mais sa présence ce soir n'aura pas perturbé le cours des choses. En tout cas, la perspective d'un duel entre les deux beaux gosses décolorés de la WWE a de quoi se montrer alléchante tant les deux hommes savent y faire en matière de selling.

 

 

Et le vainqueur de ce match aura le droit à une petite gâterie.

– Summer, t'es vraiment qu'une grosse trainée.

 

 

Tout cela aboutit donc à un carré final composé de Reigns, Owens, Del Rio et Ziggler, prêts à tout pour obtenir le droit d'affronter Rollins pour le titre suprême. La lutte est âpre, chacun réussit à prendre l'ascendant sur le reste de la meute mais pas au point de se montrer décisif. Les retournements de situation pleuvent et la foule se délecte de ce festival endiablé qui semble ne pas savoir trouver son champion en herbe… Mais les plus perspicaces d'entre vous l'auront deviné, c'est bien Roman Reigns qui finit par s'imposer sous les yeux de son ex-compère shieldien.

 

Le chemin parcouru pour arriver à ce résultat fut assez plaisant, agréable et bien construit tout au long de l'émission (proposant au passage une jolie série de matchs à enjeu assez disputés et enthousiasmants, le tout conclu par une finale dynamique et bien rythmée) mais je déplore le peu de finesse utilisée par la fédération qui nous a presque dévoilé dès le début de l'émission l'identité du vainqueur. La WWE ne s'est-elle pas tiré une balle dans le pied dès la quinzième minute en orchestrant le face-à-face entre Rollins et Reigns? La confrontation entre les deux hommes annonçait déjà assez clairement la couleur à mon avis, et ce bien trop tôt dans l'émission. Était-il nécessaire d'en rajouter une couche en nous montrant une séquence en coulisses avec Ambrose encourageant son vieux pote Roman ? Et ces ficelles sont d'autant plus grosses qu'à côté de cela, aucun des autres finaliste n'a bénéficié d'une telle attention.

 

Alors dans ces conditions – et même sans être un fin limier – ça donne vraiment l'impression que la WWE a braqué sur Roman Reigns un énorme projecteur, là où elle a laissé Owens, Del Rio et Ziggler dans une certaine obscurité. Et quand bien même, quelles étaient les chances de les voir remporter le fatal four way, sachant que Kevin et Alberto ont déjà leur titre respectif à défendre, tandis que Dolph sera probablement accaparé par Tyler dans les semaines à venir ?

 

Mais bon, admettons, même si la WWE a manqué cruellement de subtilité pour nous amener là où elle le souhaite, il faut reconnaître que le nouveau push de Roman Reigns semble plutôt bien prendre auprès du public (les ovations reçues à Raw et à Smackdown semblent le confirmer et sont plutôt de bon augure) et ses dernières prestations en date (jolie victoire de prestige contre Kevin Owens à SD) ne sont pas étrangères à ce constat encourageant. Le public acceptera-t-il cette fois la perspective de voir le Samoan toucher le titre mondial?  

 

 

Fonce, Roman, la voie est libre. C'est maintenant ou jamais!

 

 

Dans la catégorie « c'était archi prévisible mais on va quand même le faire », les bookers ont tenté de nous faire croire à la réunion de l'équipe PCB, comme si de rien n'était. Paige a ainsi réussi à vaguement endormir la vigilance des ses comparses Charlotte et Becky avant de se retourner sauvagement contre elles, après avoir essuyé une défaite face à la team Bella.

 

Je ne voudrais pas jouer les blasés mais ça se voyait venir à des kilomètres à la ronde. Quand on se souvient de l'attitude de Paige à l'égard de ses collègues au cours de ces dernières semaines, on se doutait bien que ça sentait à mort le coup fourré. Cela dit, ça devrait au moins permettre à la jeune Anglaise de se positionner directement comme la prochaine prétendante à la ceinture papillonnée. Et avec cette affiche inédite et porteuse d'un certain potentiel, je prends volontiers.

 

 

Diantre, cette perfide Anglaise a brillamment su nous berner. Quel remarquable Machiavel elle fait.

 

 

Ou alors c'est juste que vous êtes totalement crédules.

 

 

L'autre gros morceau du moment concerne bien évidemment la violente attaque que la Wyatt Family a fait subir la veille au soir à la carcasse fumante du Deadman. Le très dérangé Bray s'en est expliqué ce lundi au centre du ring, arguant qu'après avoir défoncé sans retenue le vieil Undertaker, il s'était senti revigoré comme jamais. À tel point qu'il y a pris goût et ne compte pas en rester là : il a dorénavant comme funeste dessein de vider le Phenom des toutes dernières forces qui restent encore en lui. Kane a bien essayé de s'interposer afin de laver l'honneur de la famille mais la témérité ayant ses limites, il ne put que s'incliner et subir le même sort que son frangin. En même temps, seul contre quatre, que pouvait-il espérer d'autre?

 

Même si l'objectif final semble assez évident puisqu'il est quasiment acquis que toute cette rivalité devrait logiquement nous mener à un règlement de compte aux Survivor Series dans la plus pure tradition des matchs à élimination, j'avoue être assez intrigué par la façon dont va se construire l'équipe du croque-mort. Et plus encore, je m'interroge fortement sur l'identité de ceux qui se joindront aux Brothers of Destruction afin de châtier les barbus détraqués, tout en célébrant dignement au passage les vingt-cinq ans d'une carrière proprement légendaire (et ce, quoique puissent en dire certains grincheux).

 

En tout cas, j'espère que ce qui est arrivé à Ryback lors de Smackdown (évacué du ring sur les épaules des Wyatt, tout comme l'Undertaker et Kane avant lui) n'augure pas d'un futur partenariat avec les frères de l'enfer. Pour ma part, je souhaite ardemment que le Taker ait des partenaires autrement plus prestigieux que le cyborg affamé.

 

Allez, pondez-nous une belle road jusqu'aux Series. Il y a de quoi faire.

 

 

Et rendez-vous le 22 novembre pour célébrer mon anniversaire. J'ai vingt-cinq ans.

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