Catch

L’enfer for November

C'est le châtiment, faites pénitence, la fin des temps est venue !

Philippulus le prophète, Tintin et l'Etoile mystérieuse

 

Alors que les journées raccourcissent, que les avions et les bus explosent, que la forêt de Bornéo brûle dans l’indifférence générale et que les hipsters vont cesser de se raser la moustache pendant un mois, la vraie vie continue. Celle qui se passe entre les cordes. Et ici aussi, c’est le bordel avant la tempête. Récit d’une semaine pas trop différente des autres à la WWE.

 

 

L'affaire Air Cocaïne continue de faire des ravages.

 

 

Nalyse du Raw du 2 novembre et du Smackdown du 5 novembre

 

 

Tout commence à Denver, Colorado par la descente jusqu’au ring d’un homme musclé et décidé sous les acclamations de la foule. Roman Reigns est désormais officiellement le challenger numéro un au titre de l’intouchable Seth Rollins. Sa popularité, me semble-t-il, est bien meilleure depuis Hell in a Cell. Est-ce dû à son excellente partition ce soir-là ou simplement aux villes traversées, je n’en sais rien. Toujours est-il que le Samoan promet de devenir le prochain champion du monde. L’actuel tenant en rigole bien, tout en reconnaissant le talent de son adversaire. Vu le passif entre les deux, la discussion se tend vite et les deux hommes décident même d’en venir aux mains ce soir et maintenant. What, le main event avant l’heure ? Heureusement l’Autorité rôde et propose un programme de substitution : un petit match à éliminations cinq contre cinq, où chacun des deux rivaux viendra accompagné de quatre copains. Ils ont la soirée pour former leur équipe. Concept ma foi alléchant.

 

 

Et c'est encore Sting qui va débarquer à la fin ? Ha non, lol, j'l'ai tué le mois dernier.

 

 

Parmi ceux qui ont le vent en poupe en ce moment, on trouve en première place le revenant Alberto Del Rio, leader de la nouvelle MexAmerica. Le champion des Etats-Unis est plutôt peinard, puisque son adversaire malheureux Cena a disparu comme prévu et sans explications. A Raw, le nanti mexicain vient à bout de R-Truth avec son nouveau finisher qui consiste à piétiner son adversaire coincé la tête en bas dans le coin des cordes. Le jeudi soir, il bat violemment Neville mais est interrompu par Jack Swagger. L’ancien Real American semble en vouloir un peu à Zeb Colter de l’avoir laissé sur la touche. Cela présage très probablement d’une rivalité entre les deux lutteurs. C’est plutôt bien, Swaggie mérite un peu mieux que l’oubli absolu, mais il ne fait peur à personne. Sans compter que la dernière feud les concernant a donné un match oubliable à Wrestlemania, et que Jack n'a vraiment pas la gueule du gentil de l'histoire.

 

 

Regardez le beau macramé que papy a fait à la maison de retraite. Bon, soyez indulgents, il débute.

 

 

Un autre dont la popularité est chaque semaine grandissante, mais pour lequel la WWE semble ne pas vouloir faire d’efforts, c’est encore et toujours Cesaro. On donne le Miz au Suisse qui fait son possible pour en sortir un beau match, notamment marqué par un Superman Swing très long. L’ex Antonio l’emporte, la rencontre se déroulant sous le regard inquisiteur de Stardust et l’Ascension. Le divin chauve va sûrement partir dans un programme contre l’étoilé, ce qui peut donner de belles rencontres mais va encore le cantonner en milieu de show. Pourvu que tout cela nous donne enfin une explosion en 2016.

 

 

Cesaro est tellement bon qu'il arrive à se porter le Swing à lui-même.

 

 

Continuons parmi les catcheurs qui n’ont ni ceinture ni programme encore bien défini. Dolph Ziggler est bien énervé. Il a dans les pattes un imitateur 2.0, une sorte de lui en plus jeune, en plus beau, et en encore plus narcissique : Tyler Breeze. Le roi des selfies a désormais investi un espace VIP aux abords du ring à chaque match du Show Off, où il sirote des apéritifs dans des fauteuils confortables, accompagné d’une Summer Rae à la poitrine bien aérée. Voilà qui déconcentrerait n’importe quel honnête homme, et lorsque Ziggie s’incline face au brutal Kevin Owens, Prince Pretty en profite pour prendre quelques selfies sur son cadavre.

 

 

Poséy.

 

 

J’aime beaucoup l’idée de faire commencer Breeze dans le grand bain par une rivalité contre son aîné légitime : cela augure de très beaux affrontements dont je me réjouis d’avance.

 

Le porteur de la mallette, lui, semble toujours n’avoir aucun but précis à Stamford. Sheamus erre, il s’est trouvé un copain en la personne de Wade Barrett, mais malheureusement l’Anglais est un loser permanent. Contre les Lucha Dragons, les deux hommes encaissent une défaite. A Smackdown, le Mancunien perd également contre Ryback. Je ne sais pas combien de tombés encaisse l’ex leader du Nexus en une année, mais ça fait beaucoup.

 

 

Sin Cara est peut-être le futur Rey Mysterio, mais il botche toujours le 6-1-9.

 

 

Passons chez les filles maintenant, car c'est important. Charlotte a gagné la revanche contre Nikki et cette dernière est blessée pour plusieurs semaines. Pile en même temps que l’absence de John Cena dis donc, le hasard est formidable. Il faut donc une nouvelle rivale à la championne. Ce sera décidé dans un match à quatre lors de Raw, durant lequel Brie Bella affronte Paige, Becky Lynch et Sacha Banks. Une sorte de dream match au féminin si on retire le premier nom et qu’on se transfère au Full Sail.

 

 

YES !

 

 

YES !

 

 

YES !

 

 

Et merde.

 

 

L’affrontement est plutôt bon : pour le roster principal, c’est même du haut niveau. Brie est nulle, c’est un fait, mais Paige se régale dans son nouveau rôle de méchante, Sacha Banks est divine et le nombre de femmes sur le ring permet de donner du tempo.

 

C’est finalement la belle Anglaise qui rafle la mise, à ma surprise car je la voyais plutôt partir en feud contre Becky pendant que Sacha aurait gagné la timbale. Mais l’heure de la Boss viendra, évidemment. Vu la jeunesse du règne de miss Flair, je crains qu'elle ne retienne son bien encore quelque temps. A Smackdown, Nattie se console un peu d'avoir raté le train en battant Tamina.

 

Lorsque les lumières s’éteignent, soudainement le froid entre dans nos cœurs, la notion même d’espoir semble avoir disparu de la surface de la Terre. Voici les Détraqueurs. Bray Wyatt, l’homme à la lanterne, entraine sa lugubre troupe au centre du ring. Totalement possédé, il nous raconte qu’il possède désormais l’âme des Frères de la destruction, et que leurs pouvoirs coulent dans ses veines. Le voici maître de la foudre, patron du tonnerre, dieu des tempêtes.

 

 

Et sa sainte Barbe l'aide à maîtriser le feu.

 

 

Des heures sombres s’annoncent et il affirme pouvoir entrainer notre monde vers les abimes de l'enfer. L’équipe de tarés le prouve quelques soirs plus tard lors d’un match à éliminations en venant à bout sans forcer des Lucha Dragons et des Prime Time Players. En même temps, bon.

 

Le main event de Raw est donc un match à éliminations, et c’est par conséquent le combat le plus important de la semaine. En coulisses, Rollins choisit bien ses hommes. Il demande à Owens de le rejoindre en lui proposant en échange une affiche de rêve pour WrestleMania 32, champion versus champion, Québécois contre Architraître. Le francophone trouve la proposition alléchante, nous savons tous qu’elle n’a aucune chance de se réaliser, mais Rollins est aussi fort que le Schtroumpfissime pour gagner des alliés.

 

 

Donc on fusionne nos deux titres ? On peut aussi déménager WrestleMania 32 à Montréal ?

– Si tu veux ducon, bon tu bosses avec moi maintenant ?

 

 

Un peu plus tard, dans un segment particulièrement jouissif, il recrute Kofi Kingston et Big E à ses côtés. Mais vu qu’il manque encore un nom, les deux champions unissent leur énergie et en appellent à la force de la licorne. Miracle, ça marche et Xavier Woods sort de nulle part, en pleine forme pour participer au combat ce soir ! Je ne connais pas la technique de Kofi et E, j’ai essayé d’invoquer la licorne en pensant très fort à Scarlett Johannson, mais ma chambre est restée désespérément vide.

 

 

Nous revoici réunis, on va pouvoir chanter ! Un, deux, trois : Partir un jouuur…

 

 

Lorsque vient la fin du show, on connait au complet la team Rollins mais celle de Reigns reste mystérieuse. Les New Day nous régalent encore au micro de quelques répliques succulentes, avant d’être rejoints par leurs camarades. Puis, le beau Roman descend les escaliers. Suspense, qui a-t-il pu convaincre ? Le noir se fait et un haka bestial retentit. Ses cousins les Usos sont là ! Cela faisait depuis le mois de juin que l’on n’avait pas vu les fils de Rikkishi ensemble, suite à la blessure de Jey. Woods se tient la tête à deux mains et en effet, voilà qui laisse présager une superbe rivalité entre le meilleur duo des dernières années et l’équipe la plus divertissante du moment. L’émotion retombe d’un cran quand résonne Feed me more. Bon, Ryback est encore là. La foule et les enfants l’adorent, mais il fait quand même un peu tache au milieu de tous ces talents. Pour finir, et c’était prévisible, le dernier allié de Reigns est son ami de toujours, le dingo Dean Ambrose. C’est parti.

 

 

On est les champions !

– Bah, non, c'est New Day.

– Je parle des All Blacks moi !

 

 

Le match commence par une totale repompée des derniers Survivor Series, avec Xavier Woods dans le rôle de Mark Henry : le tromboniste démarre tout excité, se mange un kick et une Bomb des Usos, et est éliminé. Allez, la suite. Malgré leur infériorité numérique, les méchants reprennent l’avantage grâce à un bon travail de groupe. Pas longtemps car les Usos sont en feu, et après avoir démoli du monde en sautant hors du ring, ils éliminent Kofi Kingston. Trois contre cinq, ça sent le roussi pour l’équipe de Rollins. Heureusement, Big E s’énerve un peu et met hors course Jey, quelques secondes avant qu’Owens ne place une Powerbomb fatale à son frère. Egalité au tableau d’affichage. Le niveau monte d’un cran. En chef d’équipe, Reigns prend ses responsabilités et fait vaillamment face au perfide KO puis au bicolore. Les gentils et les méchants se donnent des coups à l’extérieur, l’ambiance est confuse, et Ryback élimine Big E avant de disparaitre sous un Pedigree. Deux contre deux, Owens et Rollins contre Reigns et Ambrose. Un très beau carré non ?

 

 

La tête au carré.

 

 

Les deux affreux s’acharnent avec délectation sur Ambrose. L’ex-Steen est au top de la méchanceté en humiliant verbalement et physiquement le chouchou de la foule. Mais la machine s’enraye lorsque Seth percute par erreur et d’un coup de genou la tempe du Québecois. Le lunatique n’est pas si fou que ça et en profite : KO is over. Seul contre deux, le champion du monde n’hésite pas longtemps : il sort une chaise et détruit ses anciens copains, causant ainsi la défaite de son équipe. La soirée finit sur le couard chacal qui fuit le retour en forme de ses ennemis. Une soirée bien évidemment pas du tout profitable pour un quelconque cash-in…

 

Les germes d'une rivalité sont peut-être nés à l'issue de cette distrayante soirée. Owens et Ambrose ont croisé le fer en main event de Smackdown dans un match achevé en bagarre ingérable qui laisse promettre une intéressante feud de barbares.

 

 

Vas-y, tombe !

– Vas-y, cogne !

 

 

Ce lundi fut une soirée distrayante, animée mais qui au final n'apporte pas grand-chose à l'intrigue. A part le match féminin, aucune nouvelle affiche n'est bookée pour les Survivor Series. Bray Wyatt a lancé les premières vagues d'une possible ère de domination terrifiante, mais on imagine mal les 25 de carrière de l'Undertaker fêtés sans le Dead Man. Pourtant, ça approche très vite et je vois difficilement un retournement de situation… Il est bien difficile de prédire déjà les affiches des Survivor Series match cette année. Notons qu'à part en 2014, on a généralement eu deux combats sous cette stipulation. Avec le retour des Usos, la montée de Breeze, la présence d'un Owens irréprochable, des New Day en feu et de tous les talents en vue ce soir, on peut espérer finalement une jolie période hivernale.

 

 

Mais faites attention aux selfies.

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