Catch

2015, une année WTF

So what the fuck happened to us?
What the fuck happened to us?
We used to be something – I can't remember just what.

Fun, What the Fuck

 

Cette année, changement de pratique pour ce qui concerne le WTF Award. Au lieu de vous faire désigner le pire moment de l’année sur une liste initiale de quinze, on s’est dit qu’il y en avait tellement qu’il était plus cohérent de vous les présenter dans leur ensemble, sans nécessairement les hiérarchiser — mais en les répartissant par catégories. Manière aussi, de remplacer notre traditionnel recap de l'année. Vous allez voir, y a carrément eu de quoi faire en 2015.

 

 

Considérez cette compilation comme un cadeau bien visqueux et puant que nous vous offrons pour montrer à quel point nous vous aimons.

 

 

WTF Moments 2015

 

 

Pour se remettre en mémoire les horreurs des années passées, cliquez ici. Il y a là tous les classements des années précédentes avec chaque fois les liens qui vont bien : c’est un excellent moyen de se replonger dans les diverses horreurs dont la WWE nous a affligés depuis la création du site (et quelque chose nous dit que c’était pas mieux avant).

 

 

Pour mémoire, voici le segment qui a été couronné l'année dernière. Avouez que ça vous donne envie de cliquer pour voir le reste.

 

 

Pour rappel, ces moments que nous désignons à la vindicte collective doivent être précisément cela, des moments. C’est-à-dire des séquences précises, identifiables dans le temps, youtubisables, et non pas des sentiments plus diffus du genre « la mauvaise gestion de la mallette de Sheamus » ou « le buildup médiocre des ppv ». Comportements illogiques au possible des catcheurs, arbitres et figures d’autorité, incohérence absolue des personnages, décisions déplorables quant au timing de tel ou tel événement, humour tombant à plat, séquences moralement dérangeantes…  Ces moments, nous avons décidé de les présenter en une dizaine de grandes catégories — certaines ont trait à un ppv en particulier, d’autres à une feud au long cours, d’autres encore regroupent plusieurs moments qui ne sont pas directement liés entre eux mais sont whatthefuckables pour des raisons similaires.

 

 

Il y a quand même un fil conducteur entre tous ces moments: c'est lui, là.

 

 

1) Le ratage total du Royal Rumble Match (25 janvier)

 

C’est chaque année l’un des matchs les plus attendus du catch mondial… et voilà plusieurs éditions qu’il se solde au mieux par une certaine déception, au pire par un fiasco total. En 2015, ce fut une catastrophe d’un bout à l’autre, si bien que plusieurs instants distinctifs méritent d’être relevés ici.

 

La première faute a été d’inclure Daniel Bryan dans un Rumble Match destiné à Roman Reigns : dès lors que le favori de la foule n’allait pas gagner, il aurait été bien plus malin de le tenir loin du combat à trente, l’édition 2014 aurait dû l’apprendre aux sages de Stamford…

 

La deuxième erreur a été de gérer l’élimination de la chèvre d’une façon aussi expéditive : entré en dixième, il est balancé à l’extérieur dix minutes plus tard dans l’anonymat par Bray Wyatt, n’ayant scoré qu’une seule élimination, celle de Tyson Kidd. Un sort comparable à celui de n’importe quel midcarder. La foule, ulcérée, scandera son nom pendant de longues minutes et huera toute la suite du combat (« We want refunds ! »), suite qui ne sera pas non plus exempte de conneries monumentales.

 

A commencer par le rôle exagéré accordé aux vieux de la vieille Kane et Big Show, qui éliminent sans aucun souci trois jeunes en pleine ascension (Bray Wyatt, Dean Ambrose et Dolph Ziggler, ces deux derniers incarnant des vainqueurs par défaut que le public aurait probablement fini par accepter). Mais le but ultime était de faire en sorte que Roman Reigns « look strong » : objectif non atteint, loin de là.

 

Copieusement hué par une assistance qui refuse qu’on lui enfonce le nouveau Cena dans la gorge, le Samoan a besoin d’un coup de main du Rock pour se dépêtrer de Show et Kane. Et pour finir, le terrible Rusev, qui a scoré six éliminations à lui seul, fait une Santino en se planquant hors du ring avant de tenter de piquer la victoire au dernier moment, mais échoue lamentablement (alors que la foule éructe des « we want Rusev » et, tant qu’à faire, des « CM Punk »).

 

Reigns finit exactement dans la posture de Batista un an plus tôt : vainqueur, face… et conspué comme un Barack Obama qui se serait inopinément pointé à un meeting de Donald Trump. Cerise sur le gâteau : dans les heures suivantes, le hashtag TRENDING WORLDWIDE sur Twitter est… #CancelWWENetwork. Un beau montage des huées ici et un résumé de tous les ratages du Rumble là.

 

 

– Dis-moi tonton, tu crois qu'un jour moi aussi je pourrai faire carrière à Hollywood?

– Sans souci. Avec ta popularité, tu cartonneras dans n'importe quel rôle de connard pistonné jusqu'à la fin de tes jours.

 

 

 

2) Ta gueule, c’est magique complètement con

 

2a) Ambrose, Fast and Furious

 

Il arrive que nos amis le bookers se creusent la nénette pour raconter des histoires qui se tiennent à peu près. Et puis, parfois, ils se disent qu’on avalera n’importe quoi, surtout quand les personnages en question sont censés être loufoques ou complètement fous, c’est selon. Ainsi de Dean Ambrose, dont les facéties s’étendent aisément à l’espace-temps, comme on le constate à Extreme Rules : Ambrose et Luke Harper se bagarrent dans tout le stade, puis se barrent en caisse et… reviennent finir leur combat une heure plus tard. Un mois plus tard, nouvelle aventure motorisée pour le fou du volant. Á Raw, le 25 mai, après avoir été injustement arrêté par les flics, Ambrose réussit malgré tout à regagner le stade in extremis… en conduisant un camion de police qu'il a très probablement volé! Ca pour le coup, ça mérite bien une arrestation, non?

 

 

Comment je me suis démerdé? Ben le fourgon a percuté la voiture que conduisait Luke Harper avec moi sur le siège du passager! Oh, faites pas chier, je suis imprévisible, merde.

 

 

Mais Ambrose n’est pas le seul catcheur taré. Il y en a pléthore d’autres et ça autorise bien du nawak. Et comme s’il n’y en avait pas assez, voilà que la WWE intègre à son roster un corbac bien déplumé.

 

 

2b) Sting, maître corbeau sur son arbre bien perché

 

L’imagerie sombre du justicier cacochyme aura été exploitée jusqu’à la moëlle en pléthore de segments ridicules, à commencer par ce Raw du 9 février où Triple H est effrayé par des cosplays de Sting dans une mise en scène ridicule par laquelle Sting accepte… de rencontrer HHH en face à face à Fastlane. Pas pour lui livrer un match, hein, juste pour discuter.

 

Suit donc ce fameux match lent et atrocement overbooké de Wrestlemania, un show où le maître de l’obscurité fait son entrée en plein jour et, surtout, sur une curieuse mise en scène kabuki. Au final, il y aura une curieuse poignée de main entre les deux hommes, signe de respect que rien ne justifie vu que leur feud a été haineuse et truffée d’insultes réciproques et qu’ils n’ont pas lésiné à gruger comme des sagouins pendant le combat…

 

On croit, avec soulagement, qu’on a en a fini avec le vieillard, mais à Raw, le 24 août, Sting apparaît à la place de la statue de Seth Rollins. Il a dû avoir sacrément chaud là-dedans parce que son maquillage a tellement coulé qu’il ressemble à Goldust en fin de combat (ou en fin de soirée). Début d’une feud affreuse qui verra le cacochyme détruire la statue de Seth Rollins en la balançant dans un camion benne en ricanant bêtement et obtenir un Title Match de sinistre mémoire, sans raison aucune si ce n’est un speech où il explique à quel point il… admire Triple H et ne peut pas souffrir qu’un pauvre connard comme Rollins prétende être son égal.. A Raw, le 14 septembre, Seth Rollins, champion WWE en titre, abandonne sur le Scorpion Death Lock de Sting… au bout de deux secondes. Le règne de Rollins a été marqué par de très nombreuses défaites du champion, qui est très souvent apparu extraordinairement faible et vulnérable : en la matière, la frontière entre « champion heel couard » et « imposteur total » a été dépassée à d’innombrables reprises. Ici, c’est l’un des cas les plus emblématiques.

 

Et Night of Champions, le 20 septembre, c’est un putain de festival ! Un festival qui verra Sting le taré passer le relais à un autre malade mental de première, à l’issue d’une soirée marquée par des choix de booking scandaleux. Rappelons que Rollins est alors double champion puisqu’il détient les ceintures WWEWHC et US. Il doit défendre la seconde contre Cena, la première contre Sting. Alors que l’Autorité est clairement du côté de Rollins, elle lui colle pourtant ces deux matchs… à la suite l’un de l’autre, en toute fin de soirée. Quel meilleur moyen de montrer que le champion couard est protégé par les boss, hein ? Lui faire enchaîner deux title matchs ne peut que susciter la sympathie des spectateurs pour le Chacal…

 

Pis, une fois le premier combat achevé par la victoire de Cena, ce dernier porte un AA à Rollins à l’extérieur du ring. Résultat : Rollins doit se fader un match pour son bien le plus précieux, le dernier qui lui reste, immédiatement après un combat éprouvant et alors qu’il vient d’encaisser un finisher bien brutal post-match… Et ce combat contre Sting, quel mauvais moment. Le vieux est visiblement estourbi par deux Buckle Bombs et finit au courage, dans un gros sentiment de malaise qui multiplie les interrogations sur l’idée de confier un match aussi exigeant à un type aussi cramé.

 

 

– Heu, Sting, t'es sûr que ça va?

– Je vais parfaitement bien Macho Man! Fais le tag, car Lex Luger et Vader sont prêts à en découdre!

 

 

Et comme s’il fallait ajouter un degré supplémentaire de stupidité, une fois Rollins vainqueur, Sheamus déboule avec sa mallette et s’apprête à casher… mais DEMON KANE, ennemi de Rollins, intervient et empêche le cash-in, alors que s’il voulait du mal à Rollins, il aurait évidemment dû laisser Sheamus lui prendre la ceinture. C’est l’ouverture foireuse du chapitre Schizo Kane, qui aura offert quelques moments rigolos mais pas tant que ça.

 

 

2c) Schizo Kane, quand la WWE copie la TNA

 

 Raw, 27 septembre : Kane, qui a déjà pris énormément de place tout au long de l’année en tant que directeur des opérations en froid avec le champion Rollins, ce qui nous a valu pas mal de moments énervants où le sort du titre suprême dépend de ses états d’âme, passe la vitesse supérieure. Il est devenu complètement schizo, en une redite de la storyline que la TNA a développée il y a quelques années avec Abyss/Joseph Park. Et donc pendant que Kane le directeur des opérations fait le pitre sur le Titantron, Kane le démon masqué surgit à travers le ring pour « emporter Rollins aux enfers ». Naturellement, ça ne mènera nulle part vu que la semaine suivante, Rollins revient à Raw, sans souci… Tout cela l’emmènera vers un Title Match contre Kane à Hell in a Cell, suite à quoi Kane perd son emploi de directeur des opérations, tout ça pour ça.

 

 

Pourquoi je devrais craindre Kane? Ca fait des années qu'il est au fond du trou!

 

 

Kane n’en a pas fini avec son année pourrie pour autant puisqu’il devient peu après, en compagnie de son illustre frangin, la proie d’un dernier taré, lui aussi grand pourvoyeur de WTF devant l’éternel.

 

 

2d) Bray Wyatt, le messie de la lanterne

 

Le beau parleur du bayou a connu une année conforme à ses standards : beaucoup de blabla, quelques feuds avec des main eventers — toutes perdues, à l’instar de sa très oubliable rivalité avec le Taker qui se solde à Mania, dont on retiendra surtout sa ridicule entrée en plein jour, lanterne à la main — et du gros nawak pour finir. Bray, qui a récupéré dans l’indifférence générale ses disciples Harper et Rowan, ainsi qu’un Braun Strowman buildé comme le nouveau Lesnar mais qui ne lui apporte en définitive pas grand chose, se trouve un nouveau truc rigolo à faire. Il kidnappe successivement l’Undertaker et Kane ! Le soufflé retombera immédiatement, et on n’en gardera en mémoire que la prodigieuse stupidité de toute cette affaire. À Raw, le 2 novembre, Bray invoque la foudre et le tonnerre grâce à la magie d'After Effects et une semaine plus tard, ses victimes kidnappées reviennent en sifflotant mettre aux Wyatt une branlée, ce qu’ils répèteront à Survivor Series.

 

 

– Trop cool, j'ai récupéré le gimmick de Kane!

– Celui du mec qui ruine tout ce qui est fun dans le catch?

– Ta gueule Erick.

 

 

3) La destruction du soldat Rusev

 

En début d’année, Rusev était une vraie terreur. Invaincu en combat singulier depuis son arrivée au Rumble 2014, il avait tiré le meilleur de son gimmick poussiéreux et, accompagné de la glaciale Lana, avait humilié et vaincu les plus fiers hérauts de l’Amérique les uns après les autres, s’emparant au passage de la ceinture US. A force de multiplier les démonstrations de force, il était devenu un heel de premier plan. Dernier éliminé d’un Rumble où il a obtenu le record d’éliminations ex-aequo (6), il entame 2015 de la meilleure des façons, mais ça ne va pas durer. Parce que John Cena a décidé de reculer dans la hiérarchie afin de personnellement lui mettre un gros stop. On ne voulait pas nécessairement que Rusev reste invaincu à jamais, mais le coup de construire un méga heel étranger terrifiant uniquement pour le donner à manger à Cena, on l’a déjà vu si souvent (Umaga, Khali, par exemple), et la chute a été si rapide…

 

Cette chute aura été constellée de plusieurs moments bien foireux, de l’obtention du Title Match par Cena en employant… la torture (Raw du 9 mars) à la promo insupportablement patriotarde d’un Cena à son pire lors de la signature du contrat pour le match des deux hommes à Wrestlemania (Raw du 16 mars) au match de Mania lui-même où Rusev perd son titre et son invincibilité à cause d’une pauvre distraction causée par Lana.

 

 

Allez, on va se dire qu'une défaite dans un Title Match à Wrestlemania causée par sa nana avait mis Daniel Bryan sur orbite, ça devrait bien se passer à partir de maintenant pour Rusev!

 

 

Suivra une nouvelle défaite lors du rematch, puis l’horrible storyline face à Ziggler, qu’on pourrait intégralement citer ici, mais dont on retiendra surtout ce Raw du 27 juillet où Rusev offre à Summer Rae un chien nommé Dog Ziggler et un poisson mort « aussi froid que Lana », ainsi que ces scènes grotesques du Raw du 31 août où Summer voit la bite de Dolph et… heu… Bref. Tout cela sera couronné d’une fin en eau de poisson : Summer lâchera Ziggler pour Tyler Breeze, qu’elle a déjà amplement transformé en gros loser, tandis que Lana et Rusev se réconcilieront à l’écran parce que leur mariage IRL aura fuité. La séquence, tournée à Raw le 30 novembre lors de Miz TV, est bien moche quand on repense à toutes les insultes sexistes que Rusev a balancé à sa blonde, victime collatérale de cette histoire affreuse qui l’a fait passer de femme dominante à midinette débile tandis que son homme, il y a peu arme de destruction massive pilotée par Poutine lui-même, redevenait un sobre mercenaire bulgare au service de la piteuse League of Nations.

 

 

Définitivement, la phrase de l'année 2015 aura été: Tout est pardonné.

 

 

 

4) You say you want a revolution ?

 

La grande affaire de 2015, chez les nanas, aura été la fameuse révolution, rien que ça. Ca fait maintenant deux ans que les filles de NXT se livrent régulièrement des matchs époustouflants qui sont autant de points d’orgue à des rivalités bien construites. Il était plus que temps de transférer toute cette awesomitude dans un roster principal dépeuplé par le départ au printemps d’AJ Lee, et dont le match de Money in the Bank, le 14 juin, illustre la décrépitude. On assiste ce soir-là au pire Twin Magic de l’histoire entre des Bella aux coupes et couleurs de cheveux différentes. Ajoutons-y à un arbitre qui accorde la victoire à Paige puisqu’elle a fait le tombé puis, se rendant compte de son erreur (c’est sur Brie qu’elle a fait le tombé), ne disqualifie pas Nikki comme ce sera le cas lors du match Nikki-Charlotte dans des circonstances exactement identiques le 14 septembre suivant, mais laisse Nikki pinner Paige sur un rollup comme si l’intervention de Brie n’avait pas eu lieu, et on a un beau bordel de compétition…

 

Bref, il est temps de changer les choses et ça se produit sous les rugissements d’une foule aux anges à Raw le 13 juillet : sauf que c’est Stephanie McMahon qui devient la marraine de la révolution des divas, alors qu’elle incarne précisément, à tort ou à raison, tout ce contre quoi les Divas de NXT doivent se battre. Signe avant-coureur de l’immense ratage que fut cette fameuse révolution.

 

 

Quand une révolution est ouvertement organisée par le régime en place, on est en droit de se poser quelques questions sur ses effets futurs.

 

 

D’ailleurs, il faut apparemment que tout change pour que rien ne change. Après deux mois bien ternes où les filles se sont affrontées de trio à trio, les révolutionnaires s’intéressent enfin au titre de Nikki, en passe de battre le record de durée de r§gne établi par AJ. Record qui est effectivement battu à Raw le 14 septembre : Nikki entre dans l’Histoire… grâce à une pauvre disqualification (Brie la remplace subrepticement dans son match contre Charlotte, prend le tombé, et Nikki est donc disqualifiée). C'est minable, ça va complètement à l’encontre de tout ce que devrait signifier la Divas Revolution et personne n'en ressort grandi.

 

Mais on n’a encore rien vu, parce qu’une fois le titre enfin attribué à Charlotte, on va assister à Raw, le 16 novembre, à l’une des scènes les plus hideuses depuis longtemps : lors de la signature de contrat entre Charlotte et Paige, on verra l’exploitation vomitive par la heel Paige de la mort par overdose du frère de Charlotte. La promo rate complètement son effet, plombe la scène et ne sert à strictement personne. D’ailleurs, un mois plus tard, les deux filles auront turné : la salope qui évoque un drame personnel réel de son adversaire redeviendra une brave nana que la foule est invitée à soutenir tandis que la malheureuse qui se battait pour l’honneur de sa famille se muera en connasse suprême qui gruge comme papa lui a appris. Au final, les filles ont certes un peu plus d’exposition qu’avant, mais leurs personnages sont toujours aussi peu fouillés, oscillent toujours entre l’hystérie et la fatuité, et turnent tous les 36 matins parce que souvent femme varie, voyez-vous. La révolution féminine s’est produite à NXT et malgré les transferts vers le roster principal de plusieurs de ses têtes d’affiche, Raw, SD et les ppv demeurent des terres bien conservatrices à cet égard.

 

 

– Bienvenue dans le roster principal, Charlotte. Je suis certaine que notre feud fera encore parler dans des décennies.

– Chouette! On va avoir des tas de longs matchs avec de super stipulations pour déterminer qui de nous deux est la meilleure catcheuse?

– Heu, non. On va plutôt développer nos personnages. C'est comme ça que ça se passe dans le roster principal.

– OK, vas-y, commence.

– Ton frère était un sale tox, il est mort avec une seringue dans le bras dans sa propre merde, ce pauvre loser. Et toi aussi t'es une grosse loseuse! Et toc!

– … eh ben ça démarre bien.

 

 

 

5) Alberto del Whatthefucko

 

Del Rio était parti comme un prince, avait cartonné à l’AAA et à la Lucha Underground, est revenu comme un seigneur, détruisant en quelques minutes Cena pour se vêtir de la ceinture US, fort d’un gimmck de… oh putain. Oui, ils ont associé le milord mexicain à Zeb Colter, en un incompréhensible attelage Mexamerica qui n’aura récolté ni huées ni applaudissements, seulement indifférence. Il faut tous les efforts de l’équipe de production de Smackdown pour faire croire que la foule s’y intéresse, comme on le voit le 5 novembre. D’ailleurs, un mois plus tard, on sucre cette connerie et Del Rio se débarrasse de Colter et le vire comme une merde dans une séquence backstage (affreusement jouée) le 7 décembre. Soit un mois trop tard. Entre-temps, le 30 novembre à Raw, Del Rio a rejoint ce cimetière des ambitions qu’est la League des Nations. J’ai trouvé une nana sordide qui en parle, c’est affreux.

 

 

Alors Zeb, expliquez-nous un peu cette histoire de Mexamerica. Je croyais que vous détestiez les Mexicains.

– Je les déteste toujours, voyons. Toute cette storyline n'est qu'un stratagème élaboré visant à montrer à mes compatriotes qu'ils sont en passe d'être colonisés par ces envahisseurs pouilleux. Si on n'élit pas Trump en novembre prochain, c'est le pays entier qui deviendra une Mexamerica! Vous imaginez l'horreur? On boufferait gras, on regarderait de la merde à la télévision, y aurait des milliers de morts par balle chaque année!

– Terrifiante perspective, en effet.

 

 

 

6) Le triste destin des lowcarders

 

Dans ce groupe particulier, c’est peut-être R-Truth qui s’en est le mieux tiré cette année avec un gimmick de demeuré qui ne comprend rien à ce qui se passe et se croit qualifié pour des matchs qu’il regardera depuis le vestiaire. C’est dire. On pourrait multiplier ici les passages sur la gestion désastreuse du pauvre Mizdow, dont cette défaite le 20 avril par laquelle le Miz conserve les droits de l’utilisation de la brand Miz (pour ce qu’il en fait…), on pourrait parler du sort peu enviable des STILL EMPLOYED Zack Ryder, Heath Slater et autres Bo Dallas, mais on soulignera surtout la déchéance d’un gimmick qui avait pourtant du potentiel, celui d’Adam Rose, qui vire l’Exotic Express en faveur d’une pelle du travelot Rosa Mendes à Smackdown le 14 mai et tente un retour voué à l’échec avec des vignettes aussi courtes qu’elliptiques comme celle-ci, diffusée à Raw, le 19 octobre, où l’ancien roi de la fête tente un gimmick chelou de Party Popper quelque peu inspiré de Bad News Barrett qui ne l’emmènera probablement nulle part. Dans un genre similaire, on attend encore que quelqu’un nous explique la raison pour laquelle à Raw, le 7 septembre, les Matadores turnent heel en s’attaquant au Torito. On ne les verra plus dans le roster principal jusqu’à la fin de l’année. Bien joué.

 

 

– Hé Matador! Ma tata t'adore!

– Je… Tu… Laisse-moi réfléchir six mois loin des projecteurs et je trouverai une super répartie.

 

 

 

7) L’invité ? Fallait pas l’inviter.

 

Le dénommé Wiz Khalifa est une horreur, et on aime beaucoup Jon Stewart, mais dans les deux cas, les guest hosts auraient mieux fait de se contenter de faire coucou en coulisse. ÀRaw, le 9 mars, en pleine Road, à moins de trois semaines de Mania, Wiz Khalifa a droit a dix minutes d'antenne, pour faire un mini concert. Illustration typique de l’obsession de la WWE pour les invités « prestigieux » qui n’amènent rien et nous font perdre du temps. Et à Summerslam, le 23 août : John Stewart, gust host du ppv, intervient dans le match pour le titre suprême Cena-Rollins, oublie qui il doit frapper et finit par attaquer le Marine après une hésitation interminable qui lève tout doute sur ses intentions.

 

 

On m'a dit de taper le gros con musclé torse poil. Pouvaient pas être précis?

 

 

 

8) Ach ach ah, on fa rikoler !

 

L’humour est un élément fondamental de l’univers du catch, certes. Pour autant, fallait-il,donner aux Prime Time Players une série de vignettes censément drôles sur leurs adversaires, mais au fond bien pathétiques, comme par exemple celle-ci, diffusée à Raw le 6 avril? Fallait-il vraiment nous infliger, à Extreme Rules, le 26 avril, ce Kiss my arse Match entre Sheamus et Ziggler ? Stipu horrible, exécution boiteise, conséquences lamentables. Les comms de la fillette qui a fait cette vidéo sont à l’avenant. Fallait-il aussi, nous montrer, à Raw, le 6 juillet, les montages de Kane à Hawaii ? Quel que soit le degré, la WWE ne devrait jamais faire de montages. Jamais. Fallait-il, toujours à Raw, le 15 septembre, à Memphis, demander à Ryback d’imiter Elvis? La cheap pop pathétique dans toute son horreur. Fallait-il, enfin, faire du talentueux Wade Barrett un bouffon, peu après lui avoir offert l’anciennement prestigieux titre de King of the Ring? Qu’il perde en match singulier comme une bouse contre un R-Truth qui aura plus bénéficié de son règne que lui (kickoff de Money in the Bank), ou qu’il s’allie à Stardust pour créer un duo de Lords of Darkness qui après quelques promos pénibles, perdra, à Summerslam, son unique match (contre un duo composé d’un rookie et d’un acteur), celui qui avait été annoncé comme la star de demain à ses débuts n’est plus que l’ombre de lui-même, et ce n’est ni un rôle de figurant au sein de la League of Nations, ni les tentatives d’en faire un comedy heel qui vont le sauver…

 

 

Il a pas droit de porter la couronne. Passke c'est moi que j'ai eu la fève.

 

 

 

9) Hors concours

 

Le moment « John Cena, t’as pas honte ? » de l’année nous vient du Raw du 1er juin : Cena y fait de la cheap pop avec un kid cancéreux. On ne devrait pas s’en étonner, tant on y est habitué mais là c’est allé encore plus loin d’habitude, le gamin étant exhibé aux yeux du monde et sa lutte contre la mort comparée à celle de l’héroïque Marine qui, figurez-vous, « ne se rend pas » lui non plus.

 

Un bon vieux botch des familles au micro, il en faut toujours un dans ce type de compilation : à Raw, le 14 septembre, le Miz se goure dans le nom du ppv à venir, alors que c'est le go home show de Night of Champions : il dit aux Wyatt « Vous en faites pas, c'est pas moi le partenaire d'Ambrose et Reigns à HELL IN A CELL ».

 

Et quoi de mieux pour terminer que du gros nawak made in Vince himself ? À Raw, le 28 décembre, le segment VKM vs Reigns découle sur l'arrestation ô combien WTF du patron de la WWE. Complètement con. Faut-il vraiment en dire plus ? Allez, en deux mots : depuis des lustres, les McMahon sont les patrons méchants les plus incompétents que l’on puisse imaginer. Ils sont censés détester Reigns mais lui offrent une chance pour le titre au lieu de le virer après qu’il a agressé sans raison Triple H à la fin de TLC. Et maintenant, ça, comme une superbe illustration de ce que fut toute leur année…

 

 

Vincent Kennedy McMahon, vous êtes en état d'arrestation pour avoir donné votre aval à la mise en oeuvre de dizaines de moments WTF tout au long de l'année 2015.

 

 

 

Il y a quarante putain de vidéos dans ce post, et on aurait sans doute pu aller à cent en fouillant un peu. En 2015, la WWE a eu ses bons moments mais l’impression générale est quand même bien maussade, la faute en bonne partie à cet empilement de conneries diverses et variées dont on espère que le rappel vous a au moins fait sourire jaune !

 

 

Héhé, j'ai trop assuré cette année. J'ai tellement de conneries qu'ils ont oublié le moment où j'ai menacé Reigns de buter sa gamine.

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