Catch

Les adieux à l’arène

It’s often said you don’t choose who you fall in love with, which I believe to be true. I also believe you don’t choose what you fall in love with.

Daniel Bryan, dans son livre Yes!: My Improbable Journey to the Main Event of WrestleMania

 

La rumeur enflait depuis des mois, elle est devenue plus insistante ces dernières semaines et l’intéressé l’avait confirmée dans un tweet posté dans la journée de lundi : Daniel Bryan doit mettre fin à sa carrière pour raisons médicales. Le catcheur le plus populaire de ces dernières années a pu s’adresser à son public en clôture d’un Raw tenu dans sa bonne ville de Seattle. Un discours empli d’humilité, de gratitude et d’amour pour l’ignoble art qu’il nous a semblé opportun de traduire intégralement (et merci à Tony Acero de 411Mania qui l’a retranscrit, la VO est ici et la vidéo est ).

 

 

Corporate jusqu’au bout, il a tenu à faire un W avec son corps.

 

 

Le discours d’adieu de Daniel Bryan

 

 

(Il entre les yeux fermés et les garde fermés un instant avant de les ouvrir. Le public scande son nom)

 

 

 

 

À l’instant, quand j’ai fermé les yeux, je l’ai senti. Je l’ai littéralement senti, comme je ne l’avais jamais senti auparavant, parce que normalement, quand nous sommes ici, nous devons toujours garder les yeux ouverts. Et ce que je viens de vivre, je ne l’oublierai littéralement jamais.

 

Mais maintenant, il est temps pour moi d’aborder ce pour quoi je suis là aujourd’hui. Je sais, je sais… Moi non plus, je ne voulais pas me raser la barve ! Mais il se trouve que je voulais me couper les cheveux, et une fois que je l’ai fait, j’avais vraiment l’air idiot avec cette barbe énorme, et je vais en profiter pour faire un cheap plug : j’ai coupé mes cheveux pour une organisation qui s’appelle « Wigs for Kids » (des perruques pour les enfants), et ces gens-là, parmi d’autres belles choses, fabriquent des perruques pour les enfants atteints de cancer, et ils ne font pas payer les familles pour ça, donc voilà, si quelque chose d’utile ressort de ce que je dis ce soir, c’est bien ça.

 

 

 

 

Maintenant, passons à quelque chose de moins positif. Voilà… (le public scande NO). Croyez-moi, je n’ai pas plus envie de le dire que vous n’avez envie de l’entendre. La vérité, c’est que je catche depuis que j’ai 18 ans, et sur les cinq premiers mois de ma carrière, j’avais déjà eu trois commotions cérébrales. Au cours des années suivantes, j’ai encore eu plusieurs autres commotions, si bien qu’au bout de seize ans de catch, j’en avais déjà subi vraiment beaucoup. À tel point qu’un jour, on m’a dit que je ne pourrais plus catcher. J’ai longtemps combattu cette idée. J’ai eu des électroencéphalographies et des IRM du cerveau, et des examens qui ont conclu que j’allais bien et que je pouvais revenir et catcher de nouveau. Je me suis entraîné comme si j’allais revenir, et j’étais prêt à revenir et à re-catcher.

 

Parce que je n’ai jamais rien aimé autant que j’ai aimé ça. (chants THANK YOU, DANIEL).

 

Mais il y a une semaine et demie, j’ai subi un examen qui a montré que mon cerveau n’était peut-être pas en aussi bon état que je le croyais, et je dois penser à ma famille, et ma femme et moi voulons bientôt avoir des enfants (chants YES). C’est ce que Brie dit tout le temps (chants THAT’S WHAT SHE SAID).

 

 

 

 

C’est pourquoi, le coeur lourd, et avec la plus grande tristesse, j’annonce officiellement ma retraite. Mais s’il y a bien un sentiment… Ces derniers jours, je suis passé par toutes ces émotions complexes. J’ai été en colère, triste, frustré…. Et aujourd’hui, quand je me suis réveillé ce matin, je ne ressentais rien d’autre que de la gratitude. Parce que j’ai eu la chance de faire ce que j’aimais pendant près de seize ans. Laissez-moi vous parler de quelques-unes des choses que j’aime.

 

En dehors de ce stade et de cette ville, personne ne s’y intéresse, mais j’aime les Seahawks. Autre chose que j’aime : juste avant que ma musique d’entrée résonne, il y a ce bruit bizarre et quand vous, les spectateurs, vous y réagissez, chaque fois, sans exception, même quand je suis épuisé ou quand j’ai des douleurs, j’ai cet étrange rictus qui naît sur mon visage, et ça remplit mon cœur de joie, et j’aime ça chaque fois, sans exception.

 

Vous savez ce que j’aime d’autre ? J’aime rebondir dans les cordes et plonger… ici (il passe entre les cordes). Chaque fois, j’ai eu l’impression d’être Superman, et votre réaction m’a fait vraiment me sentir comme Superman. J’aime ça.

 

 

 

 

Autre chose que j’aime : j’ai catché dans des parkings de stations essence, et j’ai catché devant plus de 70 000 personnes à la Nouvelle-Orléans.

 

Encore une chose que j’aime : j’ai eu la chance de rencontrer des personnes parmi les plus incroyables de cette planète, comme par exemple quelqu’un qui ressemble à un monstre mais qui est l’homme le plus intelligent que je connaisse, Kane. J’ai eu la chance de rencontrer un homme qui a été mon mentor et mon ami depuis plus de seize ans, William Regal. J’ai rencontré des enfants plus forts que j’aurais cru que quiconque puisse être, comme Conor.

 

Reconnaissant, je suis très reconnaissant. Et je le suis parce que le catch ne me doit rien, ni à moi ni à quiconque. La WWE ne nous doit rien. Vous autres ne nous devez rien. Nous faisons ça parce que nous aimons le faire. Et puis quelque chose d’étrange s’est produit. Je faisais ça parce que j’aimais faire ça et soudain, vous autres vous êtes mis à me soutenir comme je ne l’aurais jamais cru possible. Je n’aurais jamais cru que les fans pourraient soutenir autant un gars d’1m75 et 85 kilos. Vous m’avez soutenu d’une façon qui m’a fait ressentir que j’étais quelque chose de plus que moi seul, et pour cela, je suis empli de gratitude.

 

Je vous suis reconnaissant parce qu’il y a un peu plus de deux ans, dans ce même stade, vous avez pris le contrôle de Raw, au moment où ils essayaient d’organiser un grand match de championnat entre Orton et Cena. Ce jour-là, ils fusionnaient les ceintures, et tous les anciens champions étaient là, et ce match allait être le plus important de toute l’histoire de la WWE… et vous autres n’avez pas arrêté un instant de chanter « Daniel Bryan ». (chants DANIEL BRYAN)

 

Mais ce n’est pas pour cela que je suis empli de gratitude. Mon père était assis là, à l’endroit où se tient au moment où je vous parle le gars en masque de chèvre avec sa pancarte Daniel Bryan, et mon père a assisté à ce moment. Il a vu son fils obtenir cette réaction de votre part, et c’est la dernière fois que mon père m’a vu catcher, et vous avez rendu ce moment spécial pour lui, pour moi, pour toute ma famille. Je suis empli de gratitude.

 

 

 

 

Je suis empli de gratitude parce que grâce au catch, j’ai rencontré la femme la plus merveilleuse au monde. Elle est belle, elle est intelligente, elle me complète d’une façon que je n’aurais jamais cru possible, et c’est grâce au catch. Je suis empli de gratitude.

 

Je suis empli de gratitude car aujourd’hui, je me tiens ici, devant des fans qui sont de ma ville. Je peux annoncer ma retraite devant une foule de gens qui m’aiment, pas vrai ? J’ai évoqué le moment spécial que j’ai partagé avec mon père… Eh bien, ce moment-ci, j’ai la chance de le partager avec ma mère, avec ma sœur, avec ma famille, avec mes amis, avec eux, avec vous, avec ma femme qui est en coulisse, avec tous ces gens formidables avec lesquels j’ai partagé les quinze dernières années de ma vie. Je suis empli de gratitude.

 

À présent, dès demain matin, une nouvelle vie va commencer pour moi. Une vie où je ne suis plus un catcheur. Mais ça, c’est demain, et pas ce soir, et bon sang, j’ai une dernière soirée pour ressentir cette énergie et pour sentir cette foule, alors, si je pouvais obtenir juste un dernier chant YES, je l’apprécierais beaucoup. (Il scande YES à l’unisson avec le public)

 

 

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