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Fastlane, la voie pour véhicule lent?

A fond, à fond, à fond

Jean Alesi, aux Guignols de l'info

 

Fastlane est, selon la WWE, un programme ébouriffant, mené tambour battant sur un rythme effréné et laissant le spectateur scotché à son fauteuil. Ça c'est pour la théorie. Confrontons à présent le produit à la réalité du terrain et voyons voir s'il y a adéquation entre ce qui nous était promis et ce qu'il s'est vraiment passé.

 

 

Vous ai-je déjà trompés sur la marchandise?

 

 

Nalyse de Fastlane

 

 

C'était prévisible et ça s'est produit: Naomi et Tamina s'inclinent face à la paire Sasha Banks et Becky Lynch. Malgré la dissension palpable et le désamour affiché entre elles, ce sont bien les deux rookies qui l'emportent, qui plus est par soumission.

 

Ce qu'il reste de la team BAD est véritablement sacrifié sur l'autel de la jeunesse. Il faut que les deux petites apparaissent solides et déterminées en vue de Mania, au cours duquel pourrait très bien se dérouler un joli triple threat match étant donné qu'aucune des deux gagnantes ne semble prendre l'ascendant psychologique sur sa rivale après cette prestation.

 

 

Et pourquoi pas un fatal-4-way?

 

 

C'était prévisible et ça s'est produit: Charlotte a conservé sa ceinture face à Mme Bryan. Pour une fois, la WWE avait clairement affiché la couleur: Brie livrait ce soir un hommage appuyé à son retraité de mari (sa tenue vestimentaire, son moveset, les chants… tout était bon pour surfer sur la vague d'émotion suscitée par le départ prématuré de la Chèvre).

 

Tout ça est bien gentil mais force est de constater qu'à aucun moment, le règne de Charlotte n'a vraiment semblé en péril. Brie finit d'ailleurs par abandonner sur la prise de soumission de la championne alors qu'en faisant un petit effort, les cordes étaient largement à sa portée. Mais non, cette gourde préfère taper au bout de quatre pauvres petites secondes, ce qui d'ailleurs nous aura bien montré à quel point elle était motivée pour mettre la main sur le papillon rose.

 

 

Allez chérie t'es gentille mais maintenant tu rentres à la maison.

 

 

C'était prévisible et ça s'est produit: KO conserve le titre IC face à l'ex-blondinet (vous avez vu ça, maintenant il est brun). On a voulu nous vendre un match épique avec un Ziggler endossant le rôle qu'il maitrise le mieux, à savoir celui du challenger ultra résistant et motivé. En face, le Québécois a fait parler sa puissance et sa technique et réussit du coup à s'imposer sans tricherie ni le moindre litige. Ouf. Après s'être fait marcher dessus par Ambrose à plusieurs reprises ces derniers mois, il regagne un peu de dangerosité sans que l'ami Dolph ne s'en trouve humilié (encore que, le combat se déroulait tout de même chez lui et ça la fout toujours mal de perdre à la maison).

 

 

Y en a encore qui croient que mon heure viendra?

 

 

C'était prévisible et ça s'est produit: la belle devait permettre à Styles de montrer au monde entier qu'il était un catcheur à prendre très au sérieux et ce, en venant à bout du très honorable et respecté Y2J.

 

Là encore, l'affrontement se voulait très disputé et serré entre les deux hommes mais l'état de fatigue très prononcé dans lequel ils se trouvaient à la fin du combat n'était-il pas plus à mettre sur le compte de leurs âges relativement avancés? Jericho maitrise toujours parfaitement son sujet mais semble manifestement avoir de plus en plus de mal à tenir la cadence – comme en témoigne son état physique au moment de serrer la main de son « jeune » rival victorieux.

 

 

– Diantre, fougueux jeune homme de trente-huit ans, tu m'as opposé une farouche résistance. Je suis cla-qué.

– Allez, va te reposer Chris.

 

 

C'était prévisible et ça s'est PAS produit: curieusement et pour une raison assez mystérieuse, c'est bien l'équipe des gentilles victimes qui s'impose. Beaucoup pensaient pourtant que la Wyatt Family s'imposerait sans peine face à Ryback, Big Show et Kane afin d'apparaitre encore plus forte et plus menaçante à l'approche de WrestleMania mais la bande à Bray échoue… une fois de plus. Autant dire qu'avant de devenir le «  roi des dieux », le gros Bray a encore pas mal de chemin à parcourir – le pauvre.

 

 

Et contre toute attente, c'est le gars Ryback qui ressort grandi de ce match, après s'être donné à fond. C'est sûrement grâce à la Goldberg touch.

 

 

C'était prévisible et ça s'est PAS produit: Edge et Christian recevaient le New Day et on pouvait s'attendre à de très bonnes interactions entre ces cinq pitres. Malheureusement il manquait un petit quelque chose pour apporter à ce segment la fraicheur et la spontanéité à laquelle nous avions pu goûter lors de leur premier échange l'année dernière en coulisses.

 

Les vannes étaient au niveau de la cour de récré et on sentait beaucoup trop que les Canadiens étaient en fait venus avec pour unique but d'assurer la promotion de leur nouvelle émission diffusée sur le Network. Et ce n'est pas l'interruption de la Ligue of Nations qui a pu changer grand chose à l'équation, si ce n'est qu'ils sont à présent probablement les prochains prétendants aux titres tag team.

 

 

Et toi Wade le figurant en mousse, on sait déjà que ce sera pas toi qui montera sur le ring pour nous affronter.

 

 

C'était prévisible et ça s'est produit: vous le redoutiez, je le redoutais, le monde entier le redoutait et c'est bel et bien Roman Reigns qui livrera bataille à Triple H dans le main event de Mania. L'histoire était tellement cousue de fil blanc qu'il était permis d'espérer un brin d'inventivité de la part de la WWE afin de surprendre ses fans. Hélas, il faudra une fois encore faire avec l'entêtement de la fédération qui semble vouer un véritable culte au Samoan alors que le public paraît à nouveau le rejeter assez massivement.

 

A défaut d'avoir assisté à un dénouement surprenant, ce dernier affrontement de la soirée aura au moins permis de passer un agréable moment à Suplex City. Brock Lesnar était très en forme et aura réussi à faire passer un sale quart d'heure à ses adversaires, pour le plus grand plaisir du public. Les deux ex-Shield n'ayant que moyennement apprécié le voyage, auront eu l'infinie sagesse d'unir leurs forces afin de faire passer la Bête au travers de, non pas une, mais deux tables de commentateurs! Traitement radical pour calmer les ardeurs du monstre certes, mais pas suffisant pour stopper sa marche en avant. C'est ainsi qu'un Lesnar miraculeusement requinqué finit par surgir de nulle part afin de porter une souplesse à ses deux adversaires simultanément alors même que Reigns s'apprêtait à claquer un samoan drop sur Ambrose. La scène est phénoménale. Brock n'est pas humain et l'a démontré une fois encore. Cela dit, il finira malgré tout par plier sous les coups de chaise infligés par le Lunatic Fringe, qui lui-même s'inclinera après avoir reçu un méchant spear.

 

 

A ta place Dean, j'aurais plutôt utilisé un fusil à fléchettes soporifiques pour neutraliser Lesnar.

 

 

Fastlane était censé être une voie rapide sur laquelle tout devait foncer à cent à l'heure. Pour ma part, j'ai plutôt trouvé à ce pay-per-view des airs de gentille balade calme et tranquille en bord de mer.

 

Là où nous aurions dû être envahis par une dose massive d'adrénaline si près de la grand messe annuelle qui approche à grands pas, nous avons finalement assisté à un spectacle convenu, ronronnant et manquant singulièrement de stimulation. Un comble non?

 

 

Et ma brillante victoire contre Truth alors… On n'en parle pas?

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