Catch

Voie rapide, trafic fluide

Si tout semble sous contrôle, c'est juste que vous n'allez pas assez vite.

Mario Andretti

 

[NDLR : suite à un bug dans notre fonctionnement pourtant aussi huilé qu’un catcheur lambda, on s’est retrouvés avec deux nalyses de Fastlane au lieu d’une. Eh ben tant mieux, non ?]

 

Longtemps terre de prédilection de l'Elimination Chamber, la dernière borne kilométrique avant Wrestlemania est désormais l’apanage du PPV Fastlane dont la deuxième édition se déroule cette année au Quicken Loans Arena de Cleveland. Au programme des réjouissances, trois défenses de titres et un match triple menace pour déterminer l'aspirant numéro un à la ceinture suprême, autrement dit un billet pour le main event du plus grand événement catchesque de l'année.

 

 

– Moi aussi je veux faire une nalyse de Fastlane!

– Moi aussi!

– Et moi!

– Poussez pas, y en aura pour tout le monde.

 

 

Nalyse de Fastlane

 

 

Submission Sorority

 

Galanterie oblige, attardons nous d'abord sur la division féminine qui nous propose en ouverture de show un match par équipe opposant la Team B.A.D (Naomi et Tamina) à l'association de Becky Lynch et de la nouvelle favorite du WWE Universe Sasha Banks. Becky est longtemps dominée dans un match plutôt violent. Naomi et Tamina compensent leurs faiblesses techniques par une brutalité surprenante. La Lass Kicker en prend pour son grade pendant un bon moment avant que la BOSS ne reprenne le contrôle du match après un hot tag très attendu par le public.

 

Sasha survit au coup de popotin cosmique de Naomi et au superkick de Tamina, et les deux piliers de la Diva Revolution remportent le match grâce à une double soumission. Un affrontement très stiff donc, à mille lieues de ce que nous proposait la WWE il y a encore quelques mois.

 

 

Ouf! Avec la Divas Revolution, c'en est fini des playmates teintes et manucurées, tous nichons dehors! Voici enfin le temps des combattantes authentiques surgies du gymnase du coin de la rue!

 

 

Plus tard dans la soirée, Charlotte défendra avec succès sa ceinture de Championne des Divas dans un duel avec Brie Bella. Un affrontement qui joue la carte de l'émotion en surfant sur la retraite anticipée de Daniel Bryan, compagnon à la ville (et à la télé-réalité) de la moins pulpeuse des jumelles Bella.

 

Toujours accompagnée de son papa Ric Flair, Charlotte est crédible en championne et déroule un catch toujours solide. Mais elle a bien du mal à diriger les opérations et à masquer les faiblesses techniques de Brie. Cette dernière est très peu habillée, dans un costume hommage à son American Dragon. Après avoir laborieusement exécuté quelques prises empruntées à son entourage, elle finit par concéder le match sur abandon une fois piégée dans la figure height de la Championne.

 

Au final, le match n’aura pas été pas une purge mais il ne restera pas dans les annales de la Divas Revolution. Petite consolation : il s'agit peut-être ici du dernier match de Brie Bella qui ambitionne de pouponner auprès de de son petit barbu d'amour. Nous leurs souhaitons beaucoup de bonheur.

 

Deux matchs de Divas, trois victoires par tap out : c'est les soldes chez la Submission Sorority.

 

 

Ca c'est du dévouement: pour ressembler encore plus à son mari, Brie a décidé de se laisser pousser la barbe.

 

 

Viva la Mex America

 

Si le PPV débute par un match de Divas, c'est que le public de Cleveland a pu bénéficier pour le tour de chauffe de rien moins qu'un match pour le Championnat US. Le challenger Alberto Del Rio (un des plus gros palmarès du roster) affronte dans un match au meilleur des trois tombés le petit Kalisto (qui a débuté une prometteuse carrière solo suite à la blessure de son partenaire Sin Cara il y a quelques semaines).

 

Un petit saut de trampoline pour arriver au ring, une présentation des belligérants, et le Lucha Dragon se fait vite déborder par un Del Rio qui catche parfaitement heel et s'attaque notamment directement au masque de Kalisto. Le match est serré, les athlètes enchaînent hurricanerana sur springboard crossbody dans la plus pure tradition mexicaine avant d'aller s'écharper à l'extérieur du ring en se mangeant à tour de rôle tout ce que l'arena compte de poteaux, tables et barrières d'insécurité. Ce qui permet à Del Rio de prendre un avantage tout relatif en explosant Kalisto à coups de chaise.

 

Le Lucha Dragon est sonné mais gagne un tombé par disqualification. Cependant, la stratégie d' El Patron se révèle payante quand l'ancien champion WWE fait le tombé sur Kalisto, après lui avoir littéralement sauté sur la face à pieds joints. Alberto va ensuite tenter de détruire méthodiquement son adversaire mais ce dernier va réussir à reprendre l'avantage à plusieurs reprises.

 

Les moves certifiés lucha libre s’enchaînent : Frankensteiner, swingging neckbreaker, .. jusqu’à ce que le challenger prenne l'avantage avec une très belle souplesse inversée du haut de la troisième corde. Encore un double stomp et Del Rio semble avoir partie gagnée mais Kalisto se relève et réussit à gagner le match sur un finish légèrement botché.

 

Très bon Kick-off, commenté par l'excellent Mauro Ranallo, fraîchement arrivé à Smackdown et qui n'a pas son pareil pour rajouter de l'intensité au spectacle proposé. Le match était dirigé par un Alberto Del Rio en grande forme qu'on aimerait également voire plus haut dans la carte. Kalisto, s’il n'est pas encore aussi fluide dans le ring que le légendaire Rey Mysterio, reste spectaculaire et son règne de champion U.S. risque à n'en pas douter de relever considérablement l'intérêt des prochains weeklys.

 

 

Alberto del Rio fact: quand Alberto del Rio bande les muscles, la prod doit balancer en catastrophe un truc pour masquer son entrejambe.

 

 

Les golgoths affrontent les ogres des bois

 

Nous allons essayer de garder le meilleur pour la fin, on va donc passer sans tarder à l'analyse du match le moins alléchant de la soirée : un combat à six avec d'un côté le trio Ryback, Big Show et Kane et de l'autre la Wyatt Familly composée de Luke Harper, Erick Rowan et Braun Strowman (Bray Wyatt observant le match aux abords du ring le cul vissé sur une chaise confisquée au pauvre commentateur Byron Saxton).

 

A la surprise générale, le spectacle présenté est de bonne facture, plutôt divertissant. Si encore une fois c'est le talentueux Luke Harper qui fait le gros du boulot, on notera la belle performance de Ryback qui met le feu au public en enchaînant les powerslams à répétition et en exécutant une série de coups de genoux dans le coin du ring façon CM Punk, le tout avec une intensité peu commune.

 

Le gros Strowman se permet une cascade par dessus la troisième corde, Erick Rowan propose une prestation solide et se mange quelques jolies manchettes colossales du Big Show. Pour une fois l'affrontement ne se termine pas dans la confusion totale mais bien sur un shellshock (malheureusement complètement foireux) de Ryback sur Harper après que le gentil géant eut mis hors jeu le plus gros des psychopathes du bayou avec un Spear en dehors du ring et que Kane eut calmé Bray Wyatt avec un big foot à l'ancienne.

 

Victoire surprenante de la team Big Show/Ryback/Kane dans un match plutôt bien mis en scène : peut-être l'annonce d'un second souffle pour le big hungry qui a récemment renouvelé sa garde robe. Pas très valorisant pour la Wyatt Familly par contre, qui risque bien de ne pas avoir un emploi du temps très chargé à Wrestlemania.

 

 

– Bon, chef, on a quoi de prévu pour Mania?

– Vous je sais pas et je m'en fous. Moi j'ai une place en ringside, comme vous pouvez le voir. Nananère.

 

 

King K.O.

 

On continue notre escapade à Cleveland avec le championnat Intercontinental, depuis peu dans les mains de Kevin Owens qui en a délaissé Dean Ambrose, parti tenter sa chance en main event. Du coup K.O. se retrouve face à Dolph Ziggler (local de l'étape), dans un match symptomatique de la WWE actuelle, handicapée par un roster exsangue. Soit une rivalité qui n'est pas du tout construite et qui débouche sur un duel dont le booking se base uniquement sur les qualités in-ring des belligérants.

 

Dieu merci Ziggler est un esthète du sport spectacle et Kevin Owens un génie du catch. Ce dernier donne le ton avec un joli coup de boule comme on en voit rarement à Stamford, qui calme les ardeurs du Show-Off. Owens va ensuite gérer de main de maître le déroulé de l'action avec son catch stiff qui se marie parfaitement au selling toujours impeccable de Ziggy. Pas de filouterie au programme, mais un festival d'improvisations vocales de la part du Canadien, à quoi s'ajoute un enchaînement de prises innovantes et parfaitement exécutées, le tout avec un timing d'une précision d'horloger suisse. Deux adversaires qui se donnent à fond, pour un spectacle pas si éloigné de ce que propose la NJPW. Ça reste du déjà vu mais c'est du très bel ouvrage où les superkicks sortis de nul part ne cessent de surprendre le spectateur.

 

Le duo finit d'ailleurs par arracher des chants « This is awesome » au public avant de conclure le match sur une expéditive Pop-Up Power Bomb de Kevin Owens. Ce dernier conserve ainsi sa ceinture, dans un finish qui est une belle réussite grâce au sens du détail du Canadien. Avec une vraie rivalité, on tenait peut-être le match de la soirée.

 

 

Toujours plus inventif, Dolph Ziggler prend ici appui sur la troisième corde avec ses cheveux!

 

 

Le vieux lion face au loup solitaire

 

Attention, match historique : le légendaire Chris Jericho affronte le phénoménal A.J. Styles ! Bon d'accord, on a déjà vu ça deux fois en weekly mais ne boudons pas notre plaisir.

 

Premier match en PPV labellisé WWE pour A.J. après son introduction dans le Royal Rumble le mois dernier. Autant le dire tout de suite, le match est une réussite.

 

On a beaucoup glosé ici ou là sur la forme physique de Y2J : rassurez-vous, il a encore de très beaux restes et il nous prouve ici qu'il peut encore sortir de très gros matchs. Styles, quant à lui, est encore un peu crispé mais son talent est flagrant. Encore une fois, pas de dérives dramatiques, le scénario du match est carré, Jericho assumant son personnage de légende vindicative motivée à briser dans l’œuf la carrière du Phenomenal One.

 

Le match reste clean, un affrontement classieux parsemé de contres surprenants dont un superbe springboard dropkick de Jericho qui coupe les pattes de Styles alors en train de prendre appui sur la troisième corde en prévision de son fameux coup de coude volant. Étonamment, en fin de rencontre, Y2J va se relever du Styles clash. On peut commencer à se demander si A.J. va continuer à utiliser ce move dangereux et difficilement applicable sur des athlètes aux gabarits WWE.

 

Mais au final, Styles finit par porter sa terrible clé de jambe sur Jericho qui n’a d'autres choix que d' abandonner. Belle victoire du Phenomenal One qui se conclut par une poignée de main virile entre les deux adversaires.

 

 

– Hmpf. Eh ben voilà, bienvenue à la WWE, petit.

– Heu, merci.

 

 

Pause pipi

 

Rapide arrêt au stand avant d'attaquer la dernière ligne droite du PPV.

 

La WWE nous gratifie en effet d'un Cutting Edge Peep Show où les revenants Edge et Christian interviewent les New Day. La nostalgie ne fonctionne pas et tout paraît forcé dans ce segment qui, outre la promotion maladroite d'un nouveau show sur le network (présenté par Captain Charisma et le Rated R Superstar), entame un face-turn du New Day qui semble entrer en rivalité avec la League of Nations. Pas de baston, juste du blabla, on zappe.

 

 

E&C découvrant leur script du soir.

 

 

Comme Lesnar n'avait pas fini de lacer ses chaussures et que Reigns n'avait pas terminé de se maquiller, la WWE se voit obligée de rajouter un match bonus… roulement de tambour : R-Truth contre Curtis Axel !! On va juste mentionner que R-Truth perd suite à l'intervention maladroite de Goldust et que Axel est accompagné des Social Outcasts. Allez hop roule roule roule !

 

 

L'instant où R-Truth réalise que Little Jimmy a grandi et est résolu à se venger.

 

 

Terminus : Suplex City (Bitch)

 

Nous voilà arrivés à destination : le Triple Threat pour la place de 1st Contender à Wrestlemania, Brock Lesnar contre Roman Reigns contre Dean Ambrose.

 

Paul Heyman présente la bête et les hostilités commencent sans tarder, Brock transformant rapidement ses adversaires en poupées de chiffons qu'il prend plaisir à malmener. Les souplesses s'enchaînent, Reigns et surtout Ambrose virevoltent dans tous les sens. Le Lunatic nous fait très peur en atterrissant tantôt sur la tête, tantôt la nuque de travers. Il joue très bien la carpette, et Lesnar semble s'éclater à détruire ses adversaires. Et on s'amuse avec lui! Le public compte les souplesses et comme d'habitude hue le beau Roman.

 

Rien ne semble pouvoir perturber la domination de The Beast jusqu'à ce que les deux anciens associés du Shield finissent par s'associer et isoler l'ancien champion UFC à l'extérieur du ring. Il ne faudra pas moins de deux powerbombs sur les tables des commentateurs pour mettre Lesnar (temporairement) hors jeu.

 

Ambrose et Reigns vont ensuite continuer à se rendre coup pour coup, l'affrontement est serré, et Roman semble prendre l'avantage via un Samoan drop. Mais il est stoppé net par Lesnar revenu à la surprise générale, qui colle une souplesse au cousin du Rock alors même que ce dernier a encore le Lunatic Fringe sur les épaules.

 

Ambrose est éjecté à l'extérieur du ring pendant que les deux autres titans reprennent leurs souffles respectifs. Malin comme un singe, il en profite pour se saisir d'une chaise. Il va s'en servir pour détruire Brock Lesnar avant de s'attaquer à Reigns. La victoire semble toute proche pour Dean, le public s'enflamme, mais une erreur d’inattention suffit au Samoan pour placer un spear destructeur qui sèche Ambrose. Le beau Roman fait le tombé sous le regard exorbité d'un Lesnar incapable de se relever à temps pour briser le compte de trois.

 

Implacablement, le très controversé Roman Reigns reprend ainsi sa route vers sa destinée et un couronnement programmé à Wrestlemania. Sa célébration sous les huées de la foule sera quand même de courte durée, il est interrompu par un HHH qui s'invite sur le podium pour le traditionnel face à face sur fond d'enseigne lumineuse. Classique mais efficace.

 

 

– Boss, c'est plus possible, ils me huent comme c'est pas permis… Je pourrais pas faire un heel turn?

– Imbécile! Tu l'as fait il y a un an, ton heel turn!

 

 

Mais la bonne nouvelle, c'est que ce triple threat aura permis de consolider la rivalité Lesnar/Ambrose qui nous donnera un putain de match au Grandest Stage of Them All.

 

Pour conclure, on qualifiera Fastlane de PPV joliment troussé mais sans surprises. Le résultat du Main Event a d'ailleurs déjà été oublié, suite aux événements survenus à Raw le lendemain.

 

En vous remerciant, bonsoir.

 

 

BONSOIR!

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