Catch

Les Récompenses du pire

Si tu connais l'échec, fais-en ta récompense.

Robert Sabatier

 

Nous sommes le lundi 27 décembre 2016 à Chicago. Roman Reigns et Seth Rollins ont fini de fanfaronner sur les corps fumants d’Owens et Jericho, le générique de fin retentit… Mais la soirée n’est pas finie. Pour le dernier Raw de l’année, la WWE offre une soirée spéciale au public de la Seconde Cité et à tous les abonnés du NetWorst. Il s’agit de la désormais traditionnelle cérémonie des Meilleurs du Pire de l’année, rebaptisée les Slammy Awkwards.

 

 

Une nuit tout en sourires forcés.

 

 

Review fictive des Awkwards du pire 2016

 

 

Le premier prix décerné va à la pire idée de booking.

Vêtu de sa plus belle robe à hermine, le roi Booker est venu ouvrir l’enveloppe. Il rit grassement en soulignant que malgré son nom, il n’est pas l’auteur des histoires pourries qui sont en lice. Il tente ensuite un spine-o-roonie mais sa cape en fourrure se coince dans la rampe de l’estrade et le roi contracte une double lombalgie. Il sort de la scène en rampant lamentablement, hurlant « Can you dig me ? ». Sont nominés :

– La décision de faire monter Mojo Rawley à Smackdown pour le foutre dans les pattes de Ryder.

– La gestion de Roman Reigns en champion US, qui n'en a visiblement rien à taper.

– Rusev et Lana fomentent un complot porno contre Enzo Amore.

– Natalya trahit Becky Lynch par derrière parce que,… parce que bon.

– La division Cruserweight.

 

Et le gagnant est… Mojo Rawley !

 

S’il y en a bien un que personne n’attendait à l’étage supérieur à l’issue du draft, c’est bien lui. Et cela a fait mal de comprendre que le mini-push de Ryder, vainqueur du titre IC à WrestleMania puis challenger au titre US, n’avait pour seul but que de lancer les Hype Bros sur de bons rails. Mojo est bien là ce soir, pour récupérer sa statuette ! Affichant un sourire benêt, il se lance dans un discours difficilement compréhensible. Il demande où est la poulette, avant d’expliquer qu’à son avis, le caca de pigeon c’est caca et qu’il ne faut pas renifler de la compote.

Certains fins analystes du catch voient dans cette promo habitée l’allégeance prochaine du Bro à la Wyatt Family.

 

 

Moordu ! Mordumordumordu !

 

 

Tout auréolé de son trophée, Rawley fonce sur le ring, car il a un match contre le fascinant Jinder Mahal. Ce dernier réussit à hypnotiser Mojo en faisant sortir un serpent indien de son turban, murmurant « aie confiance… ». Le pauvre Mojo est complétement possédé, il agite les bras, se tape sur les cuisses… Ha non, on me signale qu'il s'agit de son comportement normal. Bon, il perd sur un petit paquet.

 

Excellente transition avec la suite, puisque nous désignons maintenant l’Awkward du pire match de l’année.

Attendant de savoir qui va remettre le trophée, la foule explose de joie lorsqu’une voix tonitruante retentit dans l’arène :  From Concord, California… Allow yourself to be seduced, enchanted by All-red everything herself…Et oui, à la surprise générale et au régal de Chicago, la grande Eva Marie fait son retour à la WWE. Magnifiquement peu vêtue, elle annonce sa joie d’avoir été échangée contre Sami Zayn et de rejoindre l'écurie rouge, dont elle porte les couleurs mieux que personne. Elle évoque aussi la malencontreuse série noire l’ayant empêché de catcher à Smackdown, sans quoi elle aurait sûrement eu sa place parmi les nominés de cette catégorie, qui sont :

– Dean Ambrose vs Brock Lesnar, WrestleMania. Insoutenable massacre.

– Triple H vs Roman Reigns, WrestleMania. Douloureux main event.

– Dean Ambrose vs Chris Jericho, Asylum match, Extreme Rules. Soporifique bordel.

– The Miz vs Darren Young, Battleground. Incompréhensible brouillon.

– Bray Wyatt vs Randy Orton, No Mercy. Inutile purge.

 

 

Pour la dernière, je donne tout.

 

 

Rappelons bien sûr que la WWE regorge chaque semaine de matchs douteux voire ridicules, mais seuls les affrontements de PPV, ceux pour qui l’on monte la sauce, sont éligibles.

Et le gagnant est… le main event de WrestleMania 32 entre Triple H et Roman Reigns !

 

La concurrence fut rude, et tout portait à croire que Dean Ambrose raflerait le prix. Mais l’affiche suprême de WrestleMania aura plombé complètement tout le début de l’année. Avec un Roman Reigns insupportable dans le rôle du Robin des bois affrontant le pouvoir et surpassant toutes les embûches mises en travers de sa route par ses propres employeurs, eux-mêmes constament ridicules. Avec un Triple H sortant le slip de combat pour se taper un nouveau règne de champion despote. Avec une Ligue des Nations totalement insipide. Le tout pour une confrontation qui puait l’accident industriel et qui n’aura été bonne que durant l’entrée du Game. Après les réussites de WrestleMania 30 et 31, ce fut une douche froide.

 

 

Ha bah c’est que j’ai dû descendre toutes les marches de l’AT&T Stadium, j’étais fatigué après.

 

 

Roman Reigns est venu récupérer son bien. Pour l’occasion, Vince Mc Mahon a décidé de lui remettre non pas une statuette mais une ceinture gravée du logo W, qui va mieux avec son style vestimentaire. Le Samoan arbore d’abord un sourire niais puis une mine renfrognée, pour montrer qu’il maitrise toute la gamme faciale des sentiments. Mais rien n’y fait, le public de Chicago le hue copieusement pendant de longues minutes. Pas rancunier, le Samoan prend tout de même le micro. Il a une révélation à faire. « Cette année, j’ai connu la gloire, la défaite. J’ai été hué, j’ai été pas soutenu… Mais grâce au monde du catch, cette année, j’ai trouvé l’amour et la femme de ma vie. »

A la seconde de silence succède une musique entrainante et des couleurs flashy. Oh my God, it’s Bayley ! La petite lutteuse sautillante se précipite dans les bras du Big Dog pour lui faire un gros câlin. Quel scoop ! La foule de Chicago ne sait plus que penser, et le cerveau de millions de smarts atteint la surchauffe.

 

 

Surprise !

 

 

Accompagnée par son gros Romanou chéri, Bayley court vers le ring où l’attend son adversaire du soir, une Luchadoll masquée inconnue. Le match est intense et rythmé, la catcheuse anonyme faisant virevolter la Huggeuse à maintes reprises. Mais soudainement, deux hommes sortis du public s’attaquent à Roman Reigns en lui écrasant une chaise sur le crâne. Inquiète pour son amoureux, Bayley se retourne et est violemment frappée par la Luchadoll qui remporte le match avant d’enlever son masque. Il s’agit de Reby Sky… Mais alors les deux hommes… Ce sont… Mais oui, quelques notes de piano retentissent. Ce sont les Frères Hardy ! La foule explose de bonheur pendant que Matt prend le micro pour dire « Chicago… You know we’ll come. » Il saisit la ceinture US, pointe Roman du doigt et 10 000 personnes scandent avec lui « Delete ! Delete ! Delete ! » Voilà qui nous promet du lourd pour les semaines à venir.

 

 

Here we go to the Road ! Yééééé !

 

 

Pas le temps de gamberger puisque des sirènes retentissent. La Fashion Police est dans la place ! Fandango et Tyler Breeze viennent décerner un tout nouveau prix pour la pire faute de goût vestimentaire. Sont sur la liste :  

– Nia Jax, dont le styliste a du mal à trouver le vêtement allant avec son gabarit hors normes,

– Naomi et son Glow Style dégueulasse rappelant les pires concerts de trans alternative,

– Enzo Amore qui ressemble au punk couché sur une serviette devant le Carrefour Market d’en bas de chez moi,

– Le New Day et leurs tenues flashys de Roadblock qui ont créé plus de crises d’épilepsie que l’épisode de Porygon dans Pokémon,

– Cesaro avec sa gimmick de James Bond Chippendale. Really ?

 

 

Un Award visiblement très recherché par les invités d’honneur.

 

 

Le duo Breezango, ou Fabreeze, ouvre l’enveloppe avec un magnifique petit couteau à l’étui de fourrure violette. Le vainqueur est… Cesaro ! Et oui, car si nombre de catcheurs ont besoin d’un style un peu marquant pour pallier des performances athlétiques limitées, le Surdoué Suisse parait lui bien ridiculisé par son entrée douteuse. Surtout quand il ne réussit pas à enlever le haut.

Beau joueur, Cesaro récupère son trophée avec le sourire. Mais, insulté par Breezango, il décide de régler l’affront sur le ring. Après avoir enchainé les manchettes sur les deux majorettes, il attrape une jambe de chacun pour les faire tournoyer pendant de longues minutes avant de les lâcher dans la foule.

 

 

Le roux tourne, comme on dit.

 

 

Est ensuite décerné le prix Fired of the year. Un grand classique de notre cérémonie, au palmarès prestigieux et avec cette année des concurrents redoutables car sont en lice :  

– Damien Sandow.

– Alberto Del Rio.

– Ryback.

– Stardust.

– Wade Barrett.

– Paige.

– Jerry Lawler.

 

L’Award est rendu par l’homme qui en est l’exact opposé : James Ellsworth, le symbole parfait de qui on n’aurait jamais pu imaginer avoir un contrat à la WWE. Il en profite pour remercier un autre viré de l’année non nominé, le fantasque Adam Rose qui lui avait offert un spot dans l’Exotic Express et donc un pied dans l’entreprise de ses rêves. Il déchire l’enveloppe et félicite… Paige !

 

La foule applaudit le retour de la jeune anglaise. Elle a beau crier « mais je suis pas virée, je suis encore là ! I love you, Vince ! » personne ne semble l’écouter. Personne, sauf peut être Jerry Lawler qui apparait juste derrière elle. On ne voit pas très bien ce qu’il manigance avec ses mains dans le dos de la donzelle, mais Paige devient soudainement toute rouge, se retourne et envoie une mandale dans le visage du King dont le dentier est projeté à la gorge de James Ellsworth. La jugulaire du pauvre homme s’ouvre sur le coup, et il est transporté en civière à l’hôpital le plus proche.

 

 

This is my house ? Je ne reconnais plus rien…

 

 

Il est temps de finir cette nuit très riche en émotions. Un seul Slammy Awkward reste en lice. C’est le très prestigieux prix de l’Année de merde. Dolph Ziggler, tout beau tout propre, est venu remettre la statuette à l’un de ces candidats :  

– Jack Swagger. Invisible et ridicule, faut-il en dire plus ?

– Enzo Amore. Incapable de briller sur le ring, punching-ball et serpillère de prédilection à tous ceux qui veulent passer leurs nerfs, il a échoué à pécho Sasha Banks puis Lana avant de finir démantibulé par Rusev. How you doin ?

– Randy Orton. Déjà, commencer l’année en août c’est limite. Se faire ouvrir le cerveau d’entrée par Doc Lesnar avant de se faire laver le dit cerveau par un gourou en salopette et partir vivre avec lui dans les marais, c’est difficile pour un homme de son acabit.

– John Cena. Nominé chaque année, le Marine n’en finit plus de souffrir. Simple faire-valoir pour le Rock à WrestleMania, il n’aura eu qu’une seule feud cette année, perdue contre AJ Styles.

– Darren Young. Il avait besoin d’un mentor, il a eu un vieux clown. Et il a été ridiculisé par le Miz.

– Finn Balor. Le mec était peinard à NXT où il délivrait des matchs de oufs contre des légendes du business. A Raw, ils ont lamentablement ridiculisé son personnage de démon avant de lui donner une ceinture pourrie. Il a eu la bonne idée de se casser pour six mois avant le vrai naufrage.

 

 

L’Irlandais a hérité du mauvais œil.

 

 

Et le gagnant est… Finn Balor ! Ha ça oui, pour tuer un momentum, les scénaristes sont forts. Après avoir délivré des rivalités extraordinairement intenses contre Owens puis Samoa Joe, Finn a joué à «hé ton nom de famille est pourri nananère » contre Seth Rollins dans des séquences où tout le monde était gêné et lui avec. Bon, sa blessure aura donné aux scripteurs, on espère, le temps d’y réfléchir. Mais le Demon King (quel surnom de merde, décidément, on dirait un méchant des Power Rangers) n’est pas là ce soir. Quelqu’un d’autre arrive furieux sur le Titantron. Il s’agit de Y2J, avec un carnet sous le bras. Il est dans une humeur exécrable et hurle. Il demande si l’on sait ce qu’il se passe quand la plus grande Superstar de ce business n’est mentionnée dans aucune catégorie. Vous le savez vous ? Hein, vous le savez ?

 

 

Well, you just made the List !

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