Catch

La chambre des mauvais coucheurs

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

Le chant des partisans

 

Dimanche 12 février 2017. La ville de Phoenix dans l’Arizona accueille le dernier PPV de Smackdown avant WrestleMania. Pour certains, le moment à ne pas rater. Le moment où il faut briller pour espérer figurer en bonne place sur la carte du Show des shows. Alors forcément, quand on rate une telle occasion, cela engendre des petites frustrations. Ce fut le fil rouge de cette soirée bleue.

 

 

– « Guys like you bury guys like me », c’est ça que tu lui avais dit ?

– Oué, non mais j’déconnais. Lol.

 

 

Nalyse de WWE Elimination Chamber

 

Je vous passe le kick-off où paraît-il, Mojo Rawley a battu Curt Hawkins car je ne l’ai pas vu. Ne me demandez pas pourquoi la WWE a estimé que l’ancien Edgehead méritait plus de bosser pour Vince que Cody Rhodes ou Damien Sandow, cela reste pour moi un total mystère. Quant à Mojo, je vous laisse deviner mon opinion sur ce débile.

 

La vraie soirée télévisée débute par un match féminin. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant : avec trois combats sur sept, les filles occupent une bonne partie du programme. La revenante et vindicative Mickie James croise le fer avec Becky Lynch. Pour ceux qui ont manqué le début, Mickie considère que les filles d’aujourd’hui manquent de respect à sa carrière en proclamant la révolution. Elle s’en prend donc légitimement à la rouquine, seule représentante des « Four Horsewomen » dans le show bleu.

 

 

Hello ! Coucou ! Salut vous ! Euh non merde j’suis heel… euh… vous êtes moches.

 

 

Il est un fait indéniable et regrettable : Mickie n’a pas un personnage tranché. Ses propos et actes sont clairement heels, mais sa tenue et son style de combat sont encore imprégnés de son rôle de 2009 où elle était la gentille suprême. Malgré cela, le match, un peu long à démarrer, est assez agréable à suivre. Il doit beaucoup à l’énergie Lynchienne, qui enchaine les drop kicks et les coups de coude, mais pas seulement. Reconnaissons le niveau correct de la vétérane, sortant notamment le Mick Kick en pleine tronche de l’Irlandaise. Essayant à tout prix d’éviter le Disarm-Her, Mickie se laisse surprendre. Becky la plaque au sol et la maintient en courant dans le vide, c’est drôle à voir et c’est la victoire. Résultat à mon sens on ne peut plus logique : absente pendant de longues années, James doit encore cravacher pour retrouver son niveau.

 

 

Hé Mickie, en ton absence ya quelqu’un d’autre qui s’appelle James qui t’as remplacée ! Il est là haut tu l’as vu ?

 

 

Et oui, pour rebondir sur la légende fort drôle de cette vignette. Sachez que dans la tribune présidentielle se trouvent Carmella et James Ellsworth, qui seront interviewés à la fin de chaque match féminin, le gag étant que le nabot se contente de répéter bêtement les propos de l’élue de son cœur. C’était pas terrible.

 

Passons à la suite : vous ne le savez peut-être pas, mais Dolph Ziggler est devenu très méchant. Tellement méchant qu’il s’est mis en tête de tabasser sans cesse et à tour de rôle deux pauvres seconds couteaux de Smackdown, à savoir Kalisto et Apollo Crews. Le GM Daniel Bryan a donc décidé de placer le Show Off dans un match à handicap contre les deux gentils. Haha, rira bien qui rira le dernier !

 

Mais Dolph, s’il est méchant, est aussi intelligent. Il profite de la naïveté toujours impressionnante des faces pour démolir le Mexicain avant son arrivée sur le ring. A un contre un, la donne change. Apollo Fucking Crews va devoir donner le meilleur de lui-même.

 

 

Ho putain une souris verte qui courait dans l’herbe ! Je m’en vais lui défoncer sa gueule.

 

 

Le souci, c’est que le duel est assez médiocre, dans le sens premier du terme : c’est moyen. Bien mais sans plus. En gros, ça n’a aucun intérêt, jusqu’au retour prévisible de Kalisto qui finit par rejoindre le lieu du combat et faire basculer la rencontre en la faveur de son équipe. Dolph est donc devenu méchant parce qu’il en avait marre de perdre, et depuis il arrête pas de se faire humilier. Et ça ne lui plait pas, à Ziggie ! Alors que le match est fini, il s’en prend violemment à ses rivaux, éclatant le Luchador contre l’arête du ring avant de s’acharner avec une chaise sur la cheville de l’ancien Uhaa Nation. Les arbitres ont beau mouliner des bras, le Show Off ne s’arrêtera qu’après avoir épanché sa soif de haine. Mauvais perdant ! Sans le savoir, nous assistions là au premier volet du thème de la soirée.

 

Pas le temps de s’attrister sur le sort, au choix, de Ziggler ou de ses adversaires, car les choses sérieuses arrivent avec la première défense de titre de la soirée. Les American Alpha avaient lancé quelques semaines auparavant un challenge ouvert à toute la division par équipes. Les voilà exaucés avec un petit TagTeam Turmoil. Comprenez les règles : deux équipes s’affrontent, dès que l’une gagne, une autre vient remplacer la perdante, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le monde soit passé. Evidemment dans ce cas là, l’ordre d’arrivée va jouer énormément dans les chances de victoire. Le premier duel voit les historiques premiers champions de Smackdown Slater & Rhyno affronter les nouveaux membres de la Fashion Police, les Breezango.

 

 

Loulou et Boutin.

 

 

Forcément, nous sommes dans un tournoi, il faut voir apparaitre six équipes, donc chaque match sera relativement court. Les deux duos ont toutefois l’occasion de donner une performance équilibrée. Les  majorettes, souvent ridiculisées, ne paraissent pas si nulles. Sur une mésentente, Fandango croit porter le tombé à Slater mais ce dernier n’est plus l’homme légal. Occupé à vilipender l’homme à rayures, l’ancien partenaire de Summer Rae ne voit pas venir le Gore. C’en est fini pour eux.

 

 

Hé hop ! J’ai jamais pu blairer les sosies de Polnareff.

– C’était pas en Claude François qu’il était déguisé ?

 

 

Voici venir à toute vitesse Simon Gotch et Aiden English, les Vaudevillains qui ont vécu des derniers mois plutôt difficiles. Leur passage sur le ring sera éclair : le temps de réceptionner Heath Slater sautant à l’extérieur depuis le sommet du poteau, puis d’encaisser un Gore pour Gotch et un DDT létal pour English. Les hommes de la Belle époque retournent dans leur marasme. Espérons que 2017 verra un peu de lumière pour eux.

 

 

Dépéchons, dépéchons ! On a que deux minutes pour passer pour des cons, s’agit de pas se louper.

 

 

Slater & Rhyno sont toujours dans la course, portés par le soutien délirant de la foule, scandant « ECW » pour l’un et « He’s got kids ! » pour l’autre. Oui mais voilà, les Usos qui arrivent ne sont pas là pour faire figuration.  Plus frais, plus agressifs, les jumeaux n’ont besoin que de deux minutes et un spectaculaire Kick dans la mâchoire du One Man Band pour éliminer leurs adversaires.

 

 

He's got kids ?  Hé ben qu’il retourne les torcher.

 

 

C’est alors qu’arrivent les actuels champions par équipes : Jason Jordan & Shad Gable, les American Alpha. L’affrontement entre les deux duos dominants est plus long et équilibré. Les Usos encaissent rapidement une double German Suplex et nous sommes à deux doigts d’une élimination rapide, mais les Samoans se ressaisissent et travaillent longuement Shad Gable. Jordan finit par rentrer et faire le ménage, mais c’est bien son petit partenaire qui placera le tombé victorieux par surprise.

 

Jimmy et Jey sont éliminés, ils ne sont pas champions et ça les vexe beaucoup. Tellement qu’ils tabassent et démolissent les Alphas à coups de pied et de Samoan Splash. Les arbitres ont beau mouliner des bras, rien n’y fait. Lorsque les jumeaux quittent la salle, les corps des champions gisent sur le ring… Mais le match n’est pas fini ! Surgissant des terres sombres, Konnor et Viktor arrivent, tels des charognards attirés par les cadavres encore fumants, le visage couvert de maquillages toujours plus effrayants.

 

 

Valhalla. We are awaited.

 

 

C’est véritablement la chance d’une vie pour l’Ascension, jusque là confinée aux tréfonds de la carte. Leur prise de finition est placée sur Jason Jordan, mais Gable réussit à sauver la mise in extremis.

 

Favorisés par leur place sur la carte, l’Ascension a au moins le temps de montrer sa puissance. Konnor notamment est impressionnant, mais les Alphas reprennent petit à petit leurs esprits et réussissent à porter le Grand Amplitude sur Viktor. Malgré une adversité conséquente, les champions conservent leur titre.

 

 

Voilà ce qui s’appelle un bel instantané.

 

 

Une telle stipulation semblait favorable à un changement de rois, mais c’était aussi la formule idéale pour construire et établir un peu plus la solidité du règne des anciens chouchous d’NXT. J’ai trouvé l’utilisation d’à peu près toutes les équipes correcte, avec mine de rien une belle exposition des Usos et de l’Ascension ainsi qu’une bonne utilisation de la popularité de Slater & Rhyno pour lancer les hostilités. Seuls les Vaudevillains semblent injustement condamnés à être tournés en ridicule.

 

Le ridicule, parlons en, car la rivalité qui suit baigne dedans depuis le début ! Natalya et Nikki Bella vont enfin régler leurs comptes entre les cordes, après des semaines d’insoutenables séquences.

 

Le niveau de la feud a été placé très bas, et c’est donc une agréable surprise de voir que la rencontre est très regardable, commençant en douceur pour s’intensifier petit à petit.

 

 

T’as ptetre les mêmes nichons que moi mais quand je contracte, t’as pas les mêmes abdos !

 

 

Bon, il y a cinq ans on se serait peut-être arrêté sur cette rencontre, mais la division féminine nous a apporté tellement mieux depuis. Loin de la purge redoutée, c’était un affrontement correct et violent, avec des souplesses depuis le turnbuckle, des coups à l’extérieur du ring, des coudes dans la face… Au diapason de la haine animant les deux belligérantes. Malheureusement le final est merdique et n’achève rien : occupées à se crêper les boobs à l’extérieur, Mrs Hart et Mrs Cena n’entendent pas l’arbitre compter dix et sonner la cloche. Double décompte.

 

Encore une fois ce soir, le match a beau être fini, ça continue à fritter autour du ring puis dans les coulisses. Quand cela va-t-il enfin cesser ?

 

 

Nattie teste sa prochaine gimmick d’hôtesse de l’air.

 

 

Continuons dans l’animosité, mais montons d'un cran dans l’effroi. Il est temps pour Luke Harper de se venger de Randy Orton, l’homme qui a détruit la belle alchimie et la confiance qui existaient entre lui et Bray Wyatt. Luke a tout perdu, il n’a rien à perdre tandis que Randy se pavane avec son ticket en or pour WrestleMania.

 

 

Allez, crawle moi ça un peu mieux ! Ptite merde !

– Il est vraiment sévère, Philippe Lucas.

 

 

On a rarement l’occasion de voir catcher le grand Luke en solo, et on peut dire qu’il tient le rôle. On sent toutefois dans cet affrontement que de grandes échéances sont à venir pour Orton, et qu’il convient de ne pas trop en faire. La prise de risque est limitée, la Vipère déroule sa partition mais met bien en valeur le barbu qui arrive à faire jeu égal pendant plus de quinze minutes, notamment grâce à ses impressionnants kicks qui viennent presque à bout de l’Apex Predator. Finalement, grâce au classique RKO, le vétéran s’impose et s’affirme logiquement comme une menace pour tout adversaire.

 

 

Huhuhu, porter un étranglement à un barbu ça chatouille !

 

 

Il reste encore deux matchs, et ils concernent les deux ceintures principales. Chez les filles, Alexa Bliss défend son titre contre Naomi.

 

 

J’suis sûre que ton mec en a une toute petite ! Alors que le mien…

– Je sais, j’ai regardé Total Divas, connasse.

 

 

La danseuse fluo a réussi en quelques semaines à devenir la légitime challenger. La championne la prend de haut mais se retrouve pourtant face à une rude adversité. Ses tentatives de triche sont repérées par l’arbitre, et à plusieurs reprises Alexa semble perdre ses nerfs, échouant à conclure la rencontre. Alors qu’elle porte son Twisted Bliss, Naomi contre et envoie sa version du Starship Pain pour obtenir la victoire. A la surprise générale, l’ex-Funkadactyl est la nouvelle championne féminine de Smackdown !

 

 

Waouu ! Je voudrais remercier ceux qui étaient là à mes débuts, Kaitlyn ma première rivale, Cameron ma partenaire, Brodus Clay qui a cru en nous… Ha ben ils sont tous partis d'ailleurs.

 

 

Reste alors une seule rencontre, mais celle que tout le monde attend et qui a donné son nom au PPV : l’Elimination Chamber match ! La cage infernale a un nouveau design et voit entrer Dean Ambrose, Baron Corbin puis le Miz dans les cellules. Le premier moment sympa vient quand Bray Wyatt, arrivant à son tour dans la structure, fait le tour de ses rivaux, les éclairant de sa torche fumante.

 

 

Heeeeere’s Johnny !

 

 

Tout le monde l’a compris et s’en régale d’avance, le champion John Cena et l’ex-champion AJ Styles vont lancer les hostilités. La popularité du Phenomenal One est toujours aussi fracassante.

 

Je me fais la réflexion que les catcheurs les plus populaires vont bientôt être ceux qui ont construit leur carrière hors de la WWE. On dit souvent que les anciens prennent trop de place, et que les scénaristes ont du mal à construire de vrais main eventers prestigieux avec la génération actuelle. En fait, il suffit d’avoir fait sa gloire ailleurs. Styles, Balor, Samoa Joe et bientôt Roode et Nakamura le prouvent.

 

Bref, la baston commence et ça envoie du lourd. Je vous recommande le visionnage de ce match qui fut de haute volée. Premier entré, Ambrose envoie vite sa folie et son explosivité dans tous les sens, calant une impressionnante Bomb à Styles sur la partie externe au ring. Bray Wyatt entre ensuite et je prends conscience que la répartition gentils/méchants est complètement déséquilibrée.

 

Baron Corbin entre aussi et fait un sérieux ménage : le match est excellemment scénarisé, chaque catcheur parait vraiment avoir sa force et ses faiblesses et les séquences violentes s’enchainent.

 

 

Allez les gars, à la queue leu leu ! Tous en arrière !

– Merde, Dean est bourré.

 

 

Lorsque la dernière porte s’ouvre, Baron Corbin au milieu du ring attend de pied ferme le Miz. Trop concentré sur le MoneyMaker, il ne sent pas venir Ambrose qui lui glisse un petit paquet pour l’éliminer. Ha il est furieux le Baron ! Et allez, encore une fois ce soir, les arbitres moulinent dans le vide pendant que le Lone Wolf tabasse le Lunatic jusqu’au End of Days fatal. En effet, le fourbe Miz viendra se jeter sur le cadavre d’Ambrose pour officialiser son élimination.

 

 

Toute façon, moi je me casse, on me donne que les vieux T shirts pourris des anciennes tournées de Johnny Hallyday.

 

 

Le Miz lui-même ne fait pas long feu, sorti par un Attitude Adjusment de John Cena. Ils ne sont plus que trois dans la chambre mais l’alliance temporaire contre le Marine ne dure pas (c’est le principe de quelque chose de temporaire). En fait, le Marine non plus ne dure pas : sur une Sister Abigail destructrice, le champion se couche.

 

JBL, probablement plus intelligent que tout le monde, percute à la vitesse de l’éclair : « no matters who, we will got a new champion ! » Incroyable non ? Le duel final entre AJ Styles et Bray Wyatt est malheureusement à mon avis la partie la moins impressionnante de la rencontre. Le rythme s’essouffle un peu, Styles semble prendre l’ascendant mais lui aussi se retrouve présenté à la Sœur pour la première fois de sa carrière. Un, deux, trois. Bray Wyatt a vaincu la chambre infernale et devient le nouveau champion de la WWE. Il gagne donc en toute logique son ticket pour WrestleMania !

 

 

Haa, Orlando, la Floride, les Everglades, les alligators… La maison.

 

 

Le triomphe du gourou est observé du coin de l’œil par Randy Orton. En effet, la Vipère est destinée à affronter le Mangeur de mondes sur la grande scène d’Orlando. Et c’est peut-être ça qui m’a déplu sur cette fin de show : son caractère prévisible. Le sacre de Bray, que j’aurais totalement kiffé en d’autres temps, me paraît uniquement destiné à servir l’intrigue. De plus, je l’avoue au fond de moi, l’affiche ne me fait pas spécialement saliver. Sans parler des programmes que l'on entend évoquer dans les rumeurs pour les autres participants à la chambre…

 

En tous les cas, le match en cage fut de très haute volée et les participants ont relevé le niveau d’un PPV jusque là dans une moyenne moyenne. Bravo aux vétérans Cena, Styles et Miz mais saluons aussi la belle performance de Corbin, de plus en plus à l’aise, d’un Ambrose plutôt en verve dans la cage et d’un Wyatt à sa place.

 

La surprise, c’est que Bray ait gagné sans aucune aide extérieure. Quel angle va prendre la rivalité ? Certains imaginent Orton tomber le masque et révéler que tout était manigancé depuis le début pour détruire la famille de l’intérieur… Mais je n’aime pas cette théorie. Cela fait des mois que Randy est loyal envers les Wyatt. Je préfère penser qu’il est sincère, et que seule la perspective de toucher à l’or mondial va le détourner du chemin.

 

Enfin, après une telle soirée, j'espère que Shane et Bryan prendront les sanctions appropriées. Nous n'avons que trop vu des gens éliminés ou ayant perdu leur match se faire vengeance avec violence, prouvant la totale inutilité et l'incompétence du corps arbitral. Ziggler, les Usos, Corbin, Nattie, tous ont pu se défouler sous les moulinets de bras des référés. Il faudra sévir.

 

 

Vous pensez pouvoir me le réparer pour mardi soir ?

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