Catch

Le grand débat

Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, et je vais crier plus fort que vous pour que vous ne puissiez pas le dire.

Voltaire

 

Le WWE Universe est en émoi. L’emblématique COO Triple H a récemment annoncé qu’il ne se représenterait pas pour un nouveau mandat. À l’issue d’une campagne acharnée, peu avare en coups bas, distractions, blind tags et autres run-ins, deux candidats ont émergé : Charlotte Flair, qui campe sur une ligne nostalgique du catch d’antan, et Seth Rollins, résolument déterminé à faire encore plus entrer la compagnie dans l’ère globale. Leur débat, diffusé en direct hier soir sur toutes les chaînes du WWE Network, a été musclé, comme il fallait s’y attendre. Au point que Renee Young et Michael Cole ont eu le plus grand mal à faire respecter un semblant d’ordre.

 

 

Jusqu’ici tout va bien.

 

 

Le grand débat Charlotte Flair – Seth Rollins, la retranscription

 

 

Renee Young : Bonsoir et bienvenue à WWEDebate, le grand rendez-vous final de cette campagne passionnante, en compagnie des deux candidats encore en lice pour le poste de COO de la compagnie, Charlotte Flair et Seth Rollins.

 

Michael Cole : Bonsoir. Je rappelle que ce dimanche, tous les abonnés au WWE Network pourront voter directement sur le site wwe.com ou sur la WWE App via leur smartphone, mais aussi sur Twitter, Google Plus et Tout, pour désigner celui ou celle qui dirigera la WWE pendant les cinq prochaines années.

 

Charlotte Flair : Calmez-vous, Monsieur Rollins.

 

Seth Rollins : Mais je n’ai rien dit !

 

Charlotte Flair : Comme tout au long de votre campagne. Woo !

 

Renee Young : S’il vous plaît, Mme Flair, le débat n’a pas encore commencé. Les membres du WWE Universe souhaitent une discussion respectueuse, je vous demanderai donc à tous les deux de ne pas interrompre votre adversaire et d’expliquer posément vos programmes respectifs.

 

Charlotte Flair : Oui alors vous êtes bien gentille mais je n’ai pas de leçons à recevoir de la part de quelqu’un qui sort avec un ancien de la CZW. Quant à mon programme, c’est très simple : make WWE great again.

 

Seth Rollins : Vous ne dites que des bêtises, Mme Flair. Des bêtises, des bêtises, et encore des bêtises. Des grosses bêtises.

 

Charlotte Flair : Je dis des bêtises, moi ?

 

Seth Rollins : Oui.

 

Charlotte Flair : N’importe nawak.

 

Seth Rollins : Même que si. La WWE, Madame Flair, ne doit pas être rendue « great again ». Tout simplement parce que la WWE est great aujourd’hui. Elle est « great » parce qu’elle est, plus que jamais, ouverte sur le monde, comme en attestent ses relations fructueuses avec de nombreuses fédérations d’Amérique et du reste de la planète — des relations que vous, Madame Flair, appelez à stopper, au nom d’un passéisme rance que les membres du WWE Universe ne partagent pas.

 

Charlotte Flair : Ne parlez pas au nom des membres du WWE Universe, M. Rollins, vous ignorez tout de leur vie. C’est quand la dernière fois que vous avez fait une heure et demie de route pour une séance d’autographes d’Arn Anderson dans un supermarché ? On ne peut pas prétendre comprendre les membres du WWE Universe quand on passe son temps dans des jets privés pour aller voir des représentations de Lucha Libre au Japon en loge VIP. Voilà. Bien. Toc. Ca c’est dit. Maintenant, sur ce que vous venez de dire… Vous appelez l’état actuel de la WWE « great », vous ? C’est « great » d’avoir un roster composé à plus de 50% — oui, plus de la moitié ! — de catcheurs issus des fédérations indy, voire de ces fédérations exotiques que vous chérissez tant, qui viennent ici, à Stamford, nous imposer leur vision du catch, totalement étrangère à la nôtre ? Vous appelez ça « great », vous ? Vous plaisantez j’espère, hahaha !

 

Seth Rollins : Ce n’est pas 50% Madame Flair, vous dites une grosse bêtise. D’après une récente étude du chercheur Dave Melzer, que je salue au passage, ce ratio n’est que de 46,7%. Pourquoi mentez-vous au WWE Universe, madame ?

 

Charlotte Flair : Je ne mens pas. C’est vous qui mentez.

 

Seth Rollins : Non c’est vous.

 

Charlotte Flair : Non, vous.

 

Seth Rollins : Non, vous.

 

Charlotte Flair : Non, woo !

 

Renee Young : Excusez-moi, excusez-moi, si on pouvait recentrer le débat… Nous voulions commencer par…

 

Charlotte Flair : Je vais vous dire pourquoi vous sous-estimez le danger de perte de son identité qui plane sur la WWE, Monsieur Rollins. C’est parce que vous-même, vous n’êtes pas, au fond, un véritable membre du WWE Universe. Vous avez bâti votre carrière dans je ne sais quels gymnases obscurs, vous fantasmez sur la NJPW, vous êtes le porteur d’une vision qui n’a rien à voir avec ce que la WWE représente réellement.

 

Seth Rollins : Ah bon ? Ah bon ? Ah bon ?

 

Charlotte Flair : Farpaitement. Je vais l’expliquer à ceux qui nous regardent sur le Network, s’ils ont pu se le payer étant donné son prix absolument prohibitif, ce qui est une honte, vous m’entendez Monsieur Rollins, une honte absolue, une indignité ! Mais pour vous, c’est normal, N’EST-CE PAS, de faire payer les fans, à vos yeux ce ne sont que des vaches à lait, ce qui vous importe à vous et à vos petits amis du système comme Pat Patterson — je me comprends — ce qui vous importe à vous tous, c’est que les actionnaires de la WWE s’en mettent plein les fouilles, et tant pis si les fans sont pris pour des vaches à lait, oui des vaches à lait Monsieur Rollins ! Vous pensez que les membres du WWE Universe font meuh, N’EST-CE PAS ? Eh bien non, Monsieur Rollins, les membres du WWE Universe font woo !

 

Seth Rollins : Je ne peux pas vous laisser d…

 

Charlotte Flair : Ne m’interrompez pas, enfin ! Calmez-vous ! Buvez un verre d’eau ! Pétez un coup.

 

Michael Cole : Non, s’il vous plaît.

 

Seth Rollins : Je suis très calme et je n’ai aucune intention d’émettre des flatulences — l’air est déjà assez nauséabond du fait des déblatérations de Mme Flair. Je tiens simplement à rétablir quelques vérités, des faits, Mme Flair, des réalités, des exactitudes, des évidences, des authenticités, des…

 

Charlotte Flair : Bravo, vous avez bien potassé votre dictionnaire des synonymes.

 

Seth Rollins : Ne m’interrompez pas, Madame. J’ai eu la courtoisie de vous laisser vous exprimer, je vous demande d’en faire de même à mon égard.

 

Renee Young : Oui, Madame Flair, vous avez deux minutes d’avance.

 

Seth Rollins : Elle a surtout soixante-dix ans de retard ! Bim !

 

Charlotte Flair : Il y a soixante-dix ans, la WWE était dans un bien meilleur état qu’aujourd’hui, M. Rollins. Il y a soixante-dix ans, la WWE était encore la WWE !

 

Seth Rollins : Il y a soixante-dix ans, la WWE s’appelait la WWWWWWWWF, Madame Flair, mais je sais que vous n’êtes pas à une grosse bêtise super bête près.

 

Charlotte Flair : Mais je peux parler oui ? C’est un monde, ça. Ce que tous les membres du WWE Universe savent, Monsieur Rollins, c’est que vous et vos semblables, sous le haut patronage du sortant Triple H et de son désastreux projet de prétendu renouvellement, vous avez perverti la compagnie. Vous êtes en train de la transformer de façon inéluctable, en modifiant profondément et irréversiblement sa nature profonde, et cela, les membres du WWE Universe ne le veulent pas. La compagnie était florissante il y a quelques décennies encore, les fans se reconnaissaient dans ce qu’elle était. Elle ne faisait catcher que des Superstars qu’elle avait elle-même formées !

 

Seth Rollins : C’est absolument faux. La compagnie a de tout temps puisé à l’extérieur des forces vives qui ont joué un rôle essentiel dans son succès. Aujourd’hui, nos nouvelles superstars viennent de la ROH, de la TNA, de la CZW, de l’Evolve, du Japon, du Mexique, d’Europe ; hier elles venaient de la Memphis Wrestling, de la NWA, de la Stampede Wrestling…

 

 Charlotte Flair : Mais Monsieur Rollins, vous comparez sérieusement des catcheurs qui débarquaient chez nous en provenance de Memphis, qui avaient le même style de catch que nous, qui croyaient dans le même storytelling, qui arrivaient humblement pour se fondre dans notre moule et y parvenaient d’autant plus aisément que leurs fédérations d’origine étaient, au fond, très proches de la nôtre, à ces acrobates masqués qui surgissent du Mexique où je ne sais d’où, à ces bumpers fous issus du circuit indy, à ces Chinois qui nous imposent leur insupportable purée rosée?

 

Seth Rollins : Puroresu. Japonais. Grosse bêtise.

 

Charlotte Flair : Cessez de m’interrompre ! Je suis allée, moi, à la rencontre de nos fans, des fans qui font parfois le pied de grue des heures durant devant les salles pour acheter un billet hors de prix, un tshirt hors de prix, un bracelet anti-sueur hors de prix, je leur ai parlé pendant que vous étiez, vous, en conciliabule avec les actionnaires et les sponsors. Eh bien je peux vous dire, Monsieur Rollins, que ce qu’ils veulent, eux, c’est la vraie WWE — mais savez-vous seulement ce que c’est que la vraie WWE, Monsieur Rollins ? Ils veulent retrouver cette WWE avec laquelle ils ont grandi, celle où Hulk Hogan était le face et l’Iron Sheik le heel, celle où les choses étaient claires et nettes, celle où…

 

Seth Rollins : Celle qui a failli disparaître au moment des Monday Night Wars, Madame Flair. Celle dont le business model était si archaïque qu’elle n’a dû son salut qu’à l’ouverture sur les autres fédérations, qu’au recrutement massif de chances pour la WWE venues des quatre coins du monde, qu’aux lucratives tournées planétaires qui permettent de remplir les caisses. Celle, aussi, où il n’y avait que quatre ppv par an, vous l’oubliez un peu facilement. Je refuse, pour ma part, de glorifier ce passé mythifié.

 

Renee Young : Nous allons y revenir, mais puisque Madame Flair a abordé le volet économique, nous aimerions savoir, Monsieur Rollins, ce que vous répondez à l’affirmation selon laquelle les billets et les objets en vente sur WWE Shop et sur les stands lors des réunions sont trop chers.

 

Seth Rollins : Trop chers ? Les fans n’ont qu’à moins dépenser en Budweiser et en malbouffe — à l’exception bien entendu des produits de KFC, qui est sponsor de la WWE et dont je salue l’engagement sans faille à nos côtés — et ils pourront s’offrir tous les billets, figurines et autres casquettes et ceintures en toc qu’ils souhaitent !

 

Charlotte Flair : Ce mépris à l’égard des membres du WWE Universe est intolérable. À vos yeux, ce ne sont que des rednecks, des Joe Sixpack, des irresponsables qui devraient vous donner toujours plus d’argent, à vous et à vos petits copains du système comme Pat Patterson (j’me comprends, wink wink). Moi, je pense l’exact contraire. Ne vous demandez pas ce que les fans peuvent faire pour la WWE, demandez-vous ce que la WWE peut faire pour les fans !

 

Seth Rollins : Mais précisément, Madame Flair, la WWE actuelle, celle dont je suis l’une des têtes d’affiche, et j’en suis fier, fait énormément pour les fans ! Elle ne leur offre plus seulement, comme à l’époque de votre père dont vous semblez si nostalgique, des affrontements basiques et ultra-prévisibles entre un gentil primitif et un méchant qui l’est encore plus, qui durent quelques minutes et se réduisent à deux Irish Whips et un finisher ! Regardez Kevin Owens, Dean Ambrose, Finn Balor, Cesaro, Sami Zayn, et dites-moi que cette WWE là est inférieure à celle de King Kong Bundy, de Zeus et de Giant Gonzales ! Personne aujourd’hui ne partage votre vision périmée !

 

Charlotte Flair : Personne ? Je vous rappelle que Zeb Colter s’est rallié à moi, lui qui a toujours été marginalisé par ce système que vous incarnez. Car vous prétendez représenter le changement, mais les membres du WWE Universe n’ont pas oublié votre servilité à l’égard de Triple H — vous lui avez même pris son finisher, toute honte bue ! — tout au long de son règne pathétique. Ce règne qui a vu la WWE se détourner plus que jamais de sa nature profonde, et multiplier les initiatives lamentables et honteuses comme Total Bellas !

 

Seth Rollins : D’abord, une réponse sur cette histoire de finisher. Oui, c’est vrai, j’ai repris à mon compte le Pedigree de Triple H. Savez-vous pourquoi, Mme Flair ? Parce que j’estime que l’on apprend toujours des gens que l’on côtoie. Les rencontres enrichissent l’individu et accroissent sa capacité d’action. Oui, je possède dans mon répertoire cette manœuvre popularisée par Triple H, mais aussi le Frog Splash cher à Eddie Guerrero ou encore le Falcon Arrow du grand Koki Konemoto. Vous, à l’inverse, vous vous contentez de répéter la Figure Four de votre père, ce qui montre bien à quel point vous en êtes, en réalité, la copie conforme ! Quant au timing du lancement de l’émission à laquelle vous faites référence, vous dites encore une fois des mensonges et des bêtises : tout simplement parce que j’ai turné contre Triple H bien avant le lancement de Total Bellas.

 

Charlotte Flair : Vous avez turné, oui, comme vous turnez toujours avec le sens du vent. Vous turnez encore plus que Candice Michelle dans une orgie du Spirit Squad, Monsieur Rollins ! Vous étiez à la ROH et vous l’avez abandonnée. Vous étiez avec la Wyatt Family — vous avez d’ailleurs été l’architecte de la scandaleuse Freebird Rule appliquée en cette sombre époque — et vous avez trahi vos alliés quand vous avez senti que vous pouviez obtenir davantage en rejoignant l’Autorité.

 

Seth Rollins : Je n’ai rien avoir avec la Freebird Rule, qui date de bien avant mon arrivée dans le catch (vos références sont décidément très datées…), et je n’ai jamais été dans la Wyatt Family, Madame, mais dans le Shield. Ce n’est pourtant pas difficile à distinguer : les uns rendaient la justice, les autres violaient des alligators dans le bayou.

 

Charlotte Flair : Prout ! En tout état de cause, vous êtes resté pendant des lustres aux côtés de Triple H et vous l’avez trahi au moment où sa popularité s’est effondrée. Monsieur Rollins, vous avez quinze ans de moins que le Big Show mais vous allez bientôt battre son record de turns !

 

Seth Rollins : Mensonge, duperie et calomnie ! Ma démarche a toujours été d’une cohérence parfaite. J’ai constamment servi la seule cause qui vaille, celle de l’intérêt du business.

 

Charlotte Flair : Le business, on y arrive ! Moi, c’est la WWE que je sers.

 

Seth Rollins : Mais la WWE est un business. Ouvrez les yeux ! J’ai amené à la WWE mon savoir-faire issu de la ROH, qui est un univers respectable et auquel je ne renie en rien mon appartenance passée. Mon arrivée a été bénéfique à la WWE, les ratings de Raw sont d’ailleurs passés de 1,4 à 1,6% dès mon premier mois dans le roster principal.

 

Charlotte Flair : Faux, ils ont baissé de 0,2 point.

 

Seth Rollins : Même pas vrai !

 

Charlotte Flair : Même que si !

 

Seth Rollins : Non pas si !

 

Charlotte Flair : Si que ouais !

 

Renee Young : Madame Flair, Monsieur Rollins, s’il vous plaît…

 

Seth Rollins : Et les ratings ont encore grimpé grâce à mon travail au sein du Shield, dont plusieurs combats ont été salués de cinq étoiles par toutes les agences de notation internationales, puis lorsque j’ai quitté le Shield pour rejoindre un poste très exposé au sommet de la hiérarchie, où j’ai fait un excellent travail.

 

Charlotte Flair : Vous parlez de votre règne de champion du monde ? Qui a commencé par le si bien nommé Money in the Bank ?

 

Seth Rollins : Il n’y a rien de honteux à remporter un Money in the Bank, madame. D’ailleurs, votre propre père, le fondateur de la dynastie Flair, qui a donné son nom à votre dynastie, le Flair Natureboy, y a participé sans succès.

 

Charlotte Flair : Arrêtez de me parler de mon père à tout bout de champ. Lui c’est lui et moi c’est moi. N’est-ce pas.

 

Seth Rollins : Je pense pourtant que c’est intéressant comme parallèle, et que les membres du WWE Universe sauront l’apprécier. Votre père a profité des décennies durant de ce système que vous faites mine de contester, qui l’a nourri même lorsqu’il semblait le remettre en cause avec l’Evolution, et vous en faites de même, vous qui maugréez dans votre coin mais ne rechignez pas à profiter de tous les bienfaits d’un titre de championne des Divas — bienfaits largement dus aux dividendes engendrés par l’expansion internationale de la compagnie dont j’ai été, et je m’en félicite, l’un des maîtres d’oeuvre. En réalité, vous êtes un parasite de la WWE, comme votre père avant lui !

 

Charlotte Flair : Méfiez-vous, M. Rollins. Vous vous croyez déjà arrivé, avec votre air supérieur, mais moi je suis génétiquement supérieure et les membres du WWE Universe le savent ! Ils sont là, dans leurs caravanes, dans les caves de leurs parents, sur les réseaux sociaux, et dimanche ils feront entendre leur voix ! Ils en ont marre, marre de ce système qui ne les écoute pas et qui les spolie. Marre d’être menés en bateau par des gens comme vous — je rappelle au passage que vous êtes soutenu par les membres les plus éminents de cet establishment qui nous a conduits là où nous en sommes, de John Laurinaitis de sinistre mémoire à votre petit ami Pat Patterson (hin hin) en passant par le sortant Triple H et tous vos camarades des fédérations étrangères. Si vous devenez COO, la WWE ira encore plus loin dans la mondialisation. Jusqu’où irez-vous ? On a déjà des tables de commentateurs en sept langues à Wrestlemania !

 

Seth Rollins : Six.

 

Charlotte Flair : Sept.

 

Seth Rollins : Six.

 

Charlotte Flair : Sept.

 

Seth Rollins : Six.

 

Charlotte Flair : Sept.

 

Michael Cole : Je…

 

Seth Rollins : Six.

 

Charlotte Flair : Sept.

 

Seth Rollins : Vous mentez ouvertement aux membres du WWE Universe pour éviter qu’on parle de vos avanies. Je vous pose donc la question : pourquoi avez-vous refusé de vous rendre devant l’inspection de la Wellness Policy pour un contrôle anti-dopage après votre Iron Woman Match contre Sasha Banks ?

 

Charlotte Flair : Mais Monsieur Rollins, vous savez très bien pourquoi ! Parce que cette commission est aux ordres du système qui n’a qu’un but, étouffer la contestation que j’incarne !

 

Seth Rollins : Vous savez que même en jouant les paranoïaques, vous n’allez pas séduire les 0,2% de votants qui ont apporté leurs suffrages à R-Truth au premier tour ? Les membres du WWE Universe méritent de connaître toute la vérité sur les personnes qui prétendent au poste de COO.

 

Charlotte Flair : Je serais vous, M. Rollins, je n’irais pas sur ce terrain-là. Qui sait ce que les prochains jours nous réservent ? Et si une photo de vous le kiki à l’air faisait soudain le tour de Twitter ?

 

Seth Rollins :  Vous espérez me discréditer ? Y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes, comme disait Woody Allen.

 

Charlotte Flair : Je n’ai aucun besoin de vous discréditer. Vous le faites très bien tout seul en vous prosternant en permanence devant les autres fédérations !

 

Renee Young : Parlons justement, pour finir, des relations que la WWE doit entretenir avec les autres fédérations de catch. Pour vous, Charlotte Flair, il faut mettre fin à cette ouverture.

 

Charlotte Flair : Oui, bien évidemment. Je veux revenir à l’époque des territoires, c’est très clair. Chacun chez soi, avec son propre catch, comme à la grande époque. Vous voulez voir de la Lucha ? Très bien, allez au Brésil ou je ne sais où ! Vous voulez des stipulations incompréhensibles si l’on ne possède pas un Nobel d’astrophysique ? Prenez un billet pour Orlando. Mais par pitié, ne demandez pas à la WWE d’héberger toutes ces traditions qui lui sont étrangères ! Or c’est exactement ce que préconise mon adversaire. Il faut être aveugle pour ne pas voir que le projet de M. Rollins, c’est la dilution totale de la WWE. Pourquoi ? Parce qu’il est totalement inféodé à la TNA de Mme Carter !

 

Seth Rollins : Bêtise ! Sottise ! Fadaise ! Billevesées ! Perlimpinpin !

 

Charlotte Flair : Monsieur Rollins, contestez-vous de vous être félicité sur Twitter de l’arrivée chez nous, dans notre roster, de transfuges de la TNA tels que AJ Styles, les frères Hardy, Austin Airies, Samoa Joe, Bobby Roode ou encore Fandango ?

 

Seth Rollins : Fandango n’a jamais été à la TNA, voyons !

 

Charlotte Flair : Bien sûr que si ! Sous le nom de Christopher Daniels.

 

Seth Rollins : Non.

 

Charlotte Flair : Arrêtez de me couper la parole. La vérité, c’est que vous êtes à plat ventre devant la direction de la TNA. Vous êtes le candidat de la TNAïsation de la WWE ! Quel que soit le vainqueur du scrutin dimanche, la WWE sera dirigée par une femme : soit moi, soit Dixie Carter !

 

Seth Rollins : Nos échanges avec la TNA sont profitables à la WWE. Ils nous ont envoyé certains de leurs meilleurs catcheurs, nous leur avons envoyé en échange des rebuts comme Drew McIntyre, Damien Sandow ou Cody Rhodes.

 

Charlotte Flair : Vous n’avez pas honte ? Brader comme vous le faites l’héritage de la WWE en cédant Cody Rhodes, descendant remarquable de l’une de nos plus prestigieuses lignées, fleuron de notre système de développement, c’est une véritable trahison ! J’en appelle à tous les nostalgiques de cette grande famille, et particulièrement de Rusty Rhodes, qui a bien connu mon père et qui avait déjà annoncé dans Hard Times, en 1983, tout ce que vous alliez faire de notre fédération !

 

Seth Rollins : Dusty — et pas Rusty — Rhodes a toujours détesté votre père. Et Hard Times, c’était en 1987.

 

Charlotte Flair : 1983.

 

Seth Rollins : 1987.

 

Michael Cole : En fait c’était en 1985.

 

Charlotte Flair et Seth Rollins : Toi, ta gueule.

 

Michael Cole : Pardon.

 

Renee Young : Bien, le mot de la fin, s’il vous plaît. M. Rollins ?

 

Seth Rollins : Mes chers co-membres du WWE Universe. Ce dimanche, je vous demande de m’accorder vos suffrages pour me permettre de mener la WWE vers un avenir radieux. Un avenir fait d’ouverture, d’ambition, d’expansion. Un avenir où chaque membre du WWE Universe sera l’auteur de sa propre expérience consommateur, via les applications mobiles dédiées que je me propose de mettre en place, via la personnalisation de vos traites pour le Network en fonction de votre consommation, via des offres promotionnelles spéciales qui seront proposées aux plus actifs de nos usagers, dans une optique de relation client BtoB bottom up et business friendly.

 

Charlotte Flair : Vous l’entendez ce charabia ? Moi je dis on vire tous ces saltimbanques venus d’ailleurs qui prennent le boulot de vrais catcheurs made in WWE — ça me rend malade de voir un Sami Zayn se pavaner en ppv alors qu’un Jack Swagger en est réduit à la mendicité —, on revient aux bases — un heel, un face, le face gagne — et on rend à la WWE sa grandeur. Woo !

 

Renee Young : Eh bien merci à tous les deux pour ce débat fructueux, digne des meilleures séquences de signatures de contrat dans notre si belle compagnie, et à dimanche pour les résultats !

 

Générique de fin.

 

Fin de l’émission, tout le monde quitte le plateau, les techniciens éteignent les lumières.

 

Michael Cole : Au revoir.

 

 

Malheureusement, un seul des deux pourra être élu.

 

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