Catch

Vers une dernière fanfare?

We waited together for the cowards to come
Outgunned and outnumbered but we wouldn’t run
No mercy, no quarter
They’ll pay for their sins
Now lower the cannons the battle begins
Dropkick Murphys, Hang’em high 
 
 
Dimanche soir, la division Raw nous a proposé son premier PPV post Summerslam, une période souvent dramatique ces dernières années. Un spectacle rempli de matchs déjà vus et peu palpitants, un show attendu uniquement pour enfin régler la question “Qui est le plus fort entre la bête et le monstre?” Spoiler: C’est encore et toujours Brock Lesnar. 
 
 
Coucou tu veux voir ma suplex?
 
 
Nalyse de No Mercy 2017
 
 

Ca doit être vraiment frustrant d’assister à un pay-per-view dont le seul attrait du public est pour le match de Brock Lesnar et son schéma systématique. Le tout pour un match court, le plus court de la carte principale, où la violence attendue n’était pas au rendez vous.
 
Je ne sais pas vous, mais Summerslam m’avait bien hypé pour ce match, je m’attendais à du fracas de table de commentateurs (s’il en restait) à des projections dans les barricades au point de les défoncer. Mais non, on a eu droit au combo Suplex-Powerslam, à de la soumission lesnarienne dans le coin (que l’arbitre ne coupe pas parce que c’est Braun qui pousse Brock?) et à un petit coup de bidon de Strowman pour éjecter le champion du ring.
 
 
Notez ici que son dîner était sobre et frugal, car tant seulement mangeait pour réfréner les abois de l'estomac; mais le souper était copieux et large.
 
 
Alors oui, j’y ai quand même cru un peu quand Strowman résiste aux premiers assauts, quand Lesnar lui donne un regard de surprise avant d’éclater de rire comme s’il allait lui arracher la peau pour en faire une robe de chambre. Puis, j’ai espéré une résistance assez longue du challenger pour que Brock joue du vice, mais rien. Nada. Pif paf, F5 et au revoir messieurs-dames.
 
 
– Allez, j'en ai marre. F5
– non Brock, le match n'a duré que 8 minutes…
-J'EN. AI. MARRE.
 
 
Même si cette victoire est assez logique et que le personnage de Strowman ne pâtira pas de cette défaite, on peut se poser la question du futur du titre WWE. Les rumeurs qui nous parviennent de l’IWC nous annoncent une pause de quelques semaines du champion en titre. Classique coup automnal de la WWE: un champion absent, des Raw sans construction autour d’un titre majeur, un Survivor Series où les grosses têtes d’affiche de la division se feront face pour le prestige. Super. Le seul avantage est de permettre a Braun, Jonathan, Roman, Bray et Finn de regagner du prestige et de paraître suffisamment fort pour affronter Lesnar au Royal Rumble. 
 
Petit pari pour ma part, ce sera autour de Finn Balor de prendre sa torgnole.
 
Sympa. Je ne peux pas participer au Rumble et me faire éliminer par Luke Harper, plutôt?
 
 
Etant donné que ce dernier s’est enfin débarrassé de l’épineux mangeur de mondes, Bray Wyatt, dans un “no make-up” match. Finn va pouvoir enfin affronter des vrai catcheurs, des gens capables de se mettre en valeur tout seul. 
Ce match était assez problématique, Wyatt attaque Balor et son slip gris avant que la cloche sonne, le blesse au bras et provoque l’intervention de plusieurs arbitres l’évacuant vers le titantron. Malin comme un rival de la famille McFly, Wyatt traite son adversaire de “mauviette”.
 
 
Balor! T'ose pas venir parce que t'es une poule mouillée… Cot cot cot!
 
 
– Il m'a traité de mauviette, c'est ça? 
– non, de poule mouillée, regarde il bat des ailes là.
– WYATT, TU M'AS TRAITÉ DE MAUVIETTE?
 
 
Euh… non, j'ai fait la poule.
 
 
Personne ne me traîte de mauviette!
 
 
La suite est écrite et sans intérêt. Finn Balor est impitoyable avec son adversaire et remporte logiquement la bataille, sans artifice ni intervention de Goldust et se dirige vers l’inconnu alors que Wyatt va, lui, se trouver une autre victime (Jason Jordan?) et rester dans la midcard sans que son aura n’en prenne un coup.
 
 
Comme Jean-Luc Mélenchon, malgré les défaites, Bray Wyatt a toujours de plus en plus d'adeptes.
 
 
Un dont on se demande s’il ne mériterait pas mieux que la micard vu le boulot ultra efficace qu’il effectue est the Miz. Champion intercontinental depuis plus de trois mois, entouré d’une clique et futur père, The Miz s’est donc retrouvé en feud contre Jason Jordan, le “fils” de Kurt Angle.
 
Match idéal pour ouvrir la soirée, on assiste à une belle qualité in-ring. Jason Jordan, bien qu’il soit presque aussi mort à l’intérieur que Baron Corbin et pas aidé par sa grenouillère héritée de RVD, arrive à prendre le dessus sur le champion avec une énorme suplex tendue par exemple.
 
 
Je m'éclate sur ce ring, merci Mike, merci Kurt, je baigne dans la joie.
 
 
Cependant, le Miz ne catch pas seul et le duo Bo Dallas-Curtis Axel tourne autour de Jordan, tenant d’intervenir sur le ring et de jouer avec la naïveté du rookie (c’est peut être de famille) qui finira par céder et perdre sur un Skull Crush du Miz.
 
Mon petit souci avec cette feud c’est la non implication de Kurt Angle. Quand la défaite est claire et nette en weekly, contre Cena ou Reigns, je comprend qu’il n’intervient pas, mais ici? Il ne regarde pas le match de son fils ? Il n’a pas le pouvoir de le faire redémarrer après avoir vu la “passe décisive” de Curtis Axel? Quel est le but de cette storyline s’il ne pousse pas son fils vers la victoire? Il attend un heel turn? Bref, c’est étrange surtout que le public semblait réclamer l’ex champion olympique.
 
 
Ah ah, tu devrais plutôt filmer la rampe, Billy, tu vas rater l'arrivée de Papa. Il va ramener la petite merde du Miz et relancer le match, tout est prévu.
 
 
Avant d’attaquer le match tag team et John Cena vs Roman Reigns, deux petits mots sur le match des petits gabarits ou le paria actuel de la WWE, Enzo Amore, subit encore un peu plus l’humiliation qui lui est destinée en remportant la ceinture violette en trichant. Le roster est vraiment salaud d'entraîner Amore vers le succès. Pouah, ça me dégoute.
 
 
Et dire qu'on ne pouvait pas le punir sur les habits… il aime ça le salaud, il prend même de l'avance sur Halloween avec cette tenue hommage à Beetlejuice.
 
 
Je trouve surtout dommage de faire perdre Neville ici (punaise, j’aurai jamais un résultat positif pour cette division) alors qu’il a tout de même dominé tout le roster. En comparaison, c’est comme si un connard absolu de NXT était envoyé à Raw et remportait le titre WWE en faisant soumettre Brock Lesnar avec un crossface.
 
 
Mais ça y est! Je sais où je t'ai déjà vu! T'étais le Bunny d'Adam Rose!
 
 
Deux petits mots également sur la division féminine qui semble attendre la disponibilité d’Asuka pour avancer. Pour une fois, on a eu droit à un Fatal 5 way match efficace où personne ne fut laissé de côté. Des unions pour “éliminer” Nia Jax ou encore cette dernière qui porte Sasha Banks et Alexa Bliss pour un samoan drop bien physique. Et Bliss, sournoise comme jamais, conserve son titre après un petit Snap DDT. 
 
Alors si Asuka n’arrive qu'à TLC le 22 octobre, comme annoncé durant le PPV, quoi faire pour cette division d’ici là? Une rivalité secondaire peut-elle naître sur une base autre que la ceinture?
 
 
Je prendrais bien une rivalité que je gagne.
 
 
La division qui doit aussi se relever après ce PPV et un match dantesque (Ah ah ah) est celle des tag teams qui ne racontent pas grand chose. 
 
Pas dans le match en lui même hein, mais dans la construction de la feud. C’est ennuyant, on ne sent personne vraiment impliqué, en un mot: c’est laborieux. Alors, quand les thème song de Rollins, Ambrose, Sheamus et Cesaro retentissent, on est pas en train de bâiller à se décrocher la mâchoire (hé hé hé) mais on est aussi excité qu’un poulpe.
 
 
Cette passion masquée par des lunettes de soleil, quel dommage.
 
 
Si les promos font saigner des dents (uh uh uh), le catch lui, fait du bien au coeur. Tout le monde connaît sa partition sur le bout des lèvres (bon ça suffit là), ça s'enchaîne merveilleusement. Le petit couac du match, mais vous l’avez peut être deviné, c’est que Cesaro s’est pété deux dents et ouvert la lèvre inférieure suit à une projection d’Ambrose sur un poteau du ring.
 
 
Alors Latrell, tu trouves vraiment qu'on ne se fend pas la gueule sur le ring?
 
 
Il faut saluer le courage du Suisse d’avoir continué et de nous avoir permis des jolies images qu’on ne voit plus qu’au rugby ou au hockey sur glace. Le Suisse et l’Irlandais qui fonctionnent définitivement en véritable équipe pouvant enchaîner White noise et powerbomb de la troisième corde ou une double irish cross.
 
 
Allez la!! Mettez vous sur la gueule les shieldiens!
 
 
Malheureusement ce n’est pas suffisant et les champions de l’ex SHIELD garderont leur ceinture, dans une sorte de bordel final, sans aucune tension visible entre eux alors que je signerai bien pour une nouvelle feud entre les deux mais aux alignements différents, laissant ainsi la place au club, aux Hardys ou à des nouveaux venus de NXT.
 
 
Je serai bien venu moi, à l'époque où j'avais un copain… maintenant je suis seul et je parle tout seul.
 
 
Le dernier match, qui entre nous aurait mérité le main-event vu comment la foule était bouillante (il y avait bien quelques groupes de trolls ne sachant pas trop qui huer). John Cena, nonchalant comme durant toute la feud, joua avec sa relation avec le public et feinta même un faux départ du ring devinant qu’il n’était pas désiré. Roman Reigns, son “petit frère WWE” étant donné le récap vidéo d’avant-match, venant le chercher pour le remettre dans le droit chemin.
 
 
– Roman, c'était rigolo non, quand j'ai fait semblant de partir?
– Non.
– Allez… et quand le public nous a hué?
– Non plus.
– T'étais cool avant, Roman. T'as changé.
– J'ai gagné le mauvais rumble, c'est tout.
 
 
Le match enchaîna rapidement avec des moments bien stiffs, de nombreux near falls suite à des Attitude Ajustement simple, d’autres depuis la deuxième corde, des superman punch et même un spear sur les tables de commentateurs.
 
 
Bon, sur la photo, on dirait que Reigns se vautre parce qu'il n'a pas pris assez d'élan et vous n'avez pas tort.
 
 
John Cena rivalisa d’intelligence pour essayer de battre Reigns, je pense à son double AA par exemple, mais l’histoire ne voulait pas d’une victoire de Cena et un enchaînement Superman Punch x Spear viendra sceller son sort sur ce match.
 
La fin, et donc le lien avec le titre de cette nalyse, est plus surprenante. John Cena battu se rapproche de Reigns aux affûts, lui lève la main et lui dit quelques mots dans le creux de l’oreille (sur sa relation avec le public, peut être) avant de rester prostré sur le ring quelques minutes.
 
 – Tu te fous de ma gueule John? Dwayne a fait la même chose quand j'ai gagné le rumble, c'est à partir de là que le public me déteste.
– Bah, c'est le but de notre feud non? Le parralèle avec Dwayne.
– Ben oui, mais votre feud était finie à ce moment!
– C'est vrai, je fais ça pour te faire chier.
 
 
Une grosse sensation d’au revoir régnait sur ce passage, une forte émotion quand il console un gamin derrière les barrières et je ne pensais pas qu’un PPV mineur pouvait être le lieu pour des au-revoir d’un des plus grands catcheurs du 21e siècle. Je n’ai pas écouté/vu le Talk Raw parce que je pense que même si Cena était invité, il aurait botté en touche si la question de retraite lui était posé mais peut être qu’on se dirige vers un “farewell tour” à la Ric Flair.
 
 
C'est une bonne idée ça! 
 
 
La carrière ciné de John Cena commence vraiment à prendre et pas dans les films d’action comme au début, il se tape plein de comédies avec le gratin d’Hollywood où il ne fait que la guest star pour l’instant (hilarant de le voir, par exemple, à la fin de Daddy’s Home en rival de Mark Wahlberg) mais sera à l’affiche de l’adaptation, encore en pré production, de K2000 qui sera sur le modèle des récents 21 Jump Street et Alerte à Malibu.
 
Bref, John Cena n’a jamais été aussi prêt de quitter la WWE ou du moins les rings de catch et ça fait quand même un peu bizarre.
 
 
Ils vont tous chialer.
 
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