Catch

Des marrons au réveillon

– Qu’est-ce que c’est ? Hey, mais c’est les minables.
– Les minables, ils vont te décoller la tête. Ok ?
– Qu’est-ce qui vous arrive ? Vous avez une crise d’urticaire ?
Hélène et les garçons
 
Le poète disait “J’avoue que la bagarre, je ne suis pas contre. Ça ne me fait pas peur, je dirais même que j’aime cogner”. La castagne, la règle numéro 1 du catch! Et pourtant, dans le show bleu qui conclut l’année, on vient nous faire chier avec des histoires de chef contre employé. Putain, mais on a François Ruffin à l’Assemblée pour ça, pas besoin d’avoir le remake du prince et du pauvre à Smackdown ! 
 
 
Avec JJ Abrams aux manettes, vu le nombre de lens flare.
 
 
Nalyse de Clash of Champions 2017
 

Pour cette fin d’année, le père Noël WWE nous sort le fond de ses tiroirs pour ce seizième PPV. Tout le monde attend le Royal Rumble, tout le monde veut savoir qui prendra le titre de Brock Lesnar, qu’est-ce qu’on s’en fout, sérieux, des rivalités smackdowniennes?
 
Du coup on se tape un match qui aurait donné des convulsions aux Social Justice Warriors de la novlangue et de l’écriture inclusive avec un lumberjack (!!) match pour le titre féminin entre Charlotte Flair et Natalya du clan Hart. 
 
 
Et on ne dit plus catcheuses ou catcheurs, il faut dire catcheur‧euse‧s, t'as compris espèce d'arriéré‧e ?
 
 
Match globalement à chier, n’en disons pas plus. La présence des lumberjills ne change rien, le déroulé est hyper classique, Carmella fait même preuve d’une grosse connerie en voulant tenter enfin son cash-in alors qu’il y a une demi-douzaine de lutteuses présentes. Pas très habile.
 
Au moins, et c’est même très maladroitement fait, ça conclut le run de Natalya. Son discours fin de match semble signer sa fin de carrière, un moment aussi marquant que celui de JBL à Mania après ses 21 secondes contre Rey Mysterio.
 
 
– ♫ The future's in the air
I can feel it everywhere
Blowing with the wind of change 
– T'en as laché une pour finir? hein, Natalya?
 WIND OF CHANGE!
 
 
De leur côté, les frères Matraque (Bludgeon Brothers) n’ont fait qu’une bouchée de Breezango. Aucun lien avec les Fashion Files, aucune saynète diffusée, quelle déception. Et Mojo a évidemment dérouillé Ryder.
 
 
Les frères Matraque: de la finesse à l'état pur.
 
 
Mais, me demandez-vous, quand est-ce qu’elle commence cette bagarre ? Mais tout de suite mon ami !
 
L’US Title nous a bien niqué la gueule. Je pense que les pronos CDC sont identiques à ceux de FOTY : tout le monde avait la même certitude dans ce triple threat (et les visionnaires pourront jouer au bingo-loto vendredi soir), Dolph Ziggler n’était là que pour prendre le pin. Roode ou Corbin, on s’en foutait pas mal, Zizi n’était là que pour empêcher le perdant potentiel de prendre un gros coup sur la caboche et sur sa hype.
 
 
– Décidez vous vite entre vous, j'ai autre chose à foutre de mon dimanche soir.
– Ok Dolph, et bien on va dire que ce ne sera pas Corbin.
– Hey mais non oh, c'est pas du jeu ça!
 
 
Et le match a été très bon putain, très varié, pas de vrai temps mort avec beaucoup de suspense.
 
Mais quelle surprise de voir Ziggler remporter la ceinture après un zig-zag sur Corbin qui portait lui-même son End of Days ! Double combo. 
 
Quid de la suite ? Ziggler retourne face avec un Corbin à sa chasse ? Roode en sournois mais pour le Rumble (superbe cote à cette heure)? Ziggler champion jusqu’à Wrestlemania pour enfin un match digne son standing ?
 
 
– Tu as vu Seifer, un flingue sur la tête et il l’aime, notre Dolphin !
Oui Krix, mais la prochaine fois, mets le flingue sur sa tête, pas la tienne.
 
 
L’autre match à plusieurs, était le Fatal four way (son bordel habituel) pour le titre Tag Team.
 
Et, à part le New Day, un peu à côté de son sujet, personne n’a démérité. Que ce soit Rusev et English avec encore une association à travailler mais pleine d’espoir ou avec Benjamin et Gable, qui a pu enfin montrer l’étendue de son talent (surtout en comparaison de Jason Jordangle) en décochant sur la fin du match deux German Suplex sur Rusev et Big E. Pas de petits gabarits. Limite on pourrait avoir une storyline ou Gable est le fils caché de Brock Lesnar.
 
 
– Et c'est une???
– IDÉE DE MERDE!
 
 
Habituellement, les Fatal Four Way par équipes sont illisibles, avec deux catcheurs sur le ring qui peuvent taguer des membres d’une autre équipe et faire leurs propres tombés sur un partenaire (remember Big E, il y a quelques années). Ici, ce fut fluide, malgré les nombreux doutes sur le catcheur légal dans l’équipe, mais on a évité trop de bastons collégiales.
 
Les Usos volent un peu le match en superkickant Clark Gable qui venait de sortir la perf de la soirée un peu plus tôt. Alors qui pour la suite, sachant que là, c’est terminé pour le New Day ? Les frères matraque ou l’une des deux autres équipes du match ?
 
 
– Je ne comprends pas trop, Aiden, les gens aiment le Rusev Day?
– Oui, noble Bulgare.
– Mais alors, je suis passé face? Woaw, c'est trop du ballon! J'ai rien senti du tout.
 
 
Le match pour le titre suprême a pour sa part signé la fin de la présence de Jinder Mahal dans la title picture. Il y était depuis le mois de mai et ça nous a bien cassé les roubignolles. AJ Styles ayant enfin retouché le titre récemment, il devait encore essuyer le droit du “rematch”.
 
 
Et d'avoir une vignette stylisée avec des petites montagnes dans le fond. Sûrement l'Everest?
 
 
Mais non, punaise! Styles en a aussi des petites montagnes! Qu'est ce que c'est que ce bordel? 
 
 
– Ces montagnes ne ressemblent-elles pas à des pics jumeaux?
– Il y a matière à creuser ce mystère.
 
 
Et, à croire que le vainqueur donne une appréciation différente d’un affrontement, mais on a peut-être assisté au match le plus satisfaisant de la part de l’Indien gonflé aux stéroïdes. Tout n’était pas parfait bien sûr, et AJ Styles a sensiblement porté le combat pour le plus grand plaisir du public bostonien.
 
Il faut dire que tout l’arsenal du natif de Jacksonville y est passé. Des Pele kick aux prises de soumission, Jinder a tout pris dans la gueule. Et c’est avec un plaisir savoureux que le match et le pay-per-view se sont conclus par le meuglement de l’Indien abandonnant.
 
 
Meuglement qui aurait pu être bien plus aigu si la réception avait été foirée.
 
 
Quid de Mahal désormais ? Après le Rumble où il est un favori logique vu son année écoulée, mais on aurait une belle bronca s’il remportait la timbale, une seule destination possible : les titres secondaires à Smackdown ou à Raw.
 
Quant à l’adversaire à venir de Styles, il est encore trop tôt pour le savoir, mais il se trouve sûrement parmi ceux qui ont participé à la feud principale des derniers shows bleus : Kevin Owens, Sami Zayn, Randy Orton ou Shinsuke Nakamura.
 
 
Une fois qu'il aura réussi à enlever ce morceau de persil coincé dans ses chicots.
 
 
Les deux faces ont été envoyés dans un match casse-pipe qui devait décider du sort des deux Québécois, le tout sous l’autorité de Shane McMahon en tant qu’arbitre. Sauf que l’ami Daniel Bryan, sentant que son Co-General Manager ne serait pas impartial, s’ajoute au casting arbitral.
 
 
Comme Robert De Niro, Daniel Bryan utilise les méthodes de l'Actor's Studios pour bien rentrer dans son rôle. Seul problème, il n'a rien compris de cette technique et passe le plus clair de son temps à imiter Robert De Niro.
 
 
Là, on se dit que deux guest referees, c’est deux de trop. Qu’on se dirige vers un festival de ref-bumps et d’overbooking comme la WWE en est malheureusement friande.
 
Et bien non. Enfin, presque pas. Tout se passe sans problème au départ. Bryan et McMahon font bien leur taf, se la jouant pro entre eux et évitant toute querelle entre le duo Owens-Zayn et le jumper fou des Hell in a Cell.
 
 
– Voilà, les baiseurs de phoques, vous restez dos tourné au ring et on pourra commencer.
– C'est pas très fair-play, Shane.
– Je fais ce que je veux, Daniel, TROIS MOIS QU'ILS ME CASSENT LES COUILLES!
 
 
Bien sûr, on a eu droit à des double count désynchronisés assez régulièrement au point qu’au bout du cinquième, Daniel Bryan et Shane se répartissent deux zones du ring, une moitié chacun avec le côté du ring où se trouve l’équipe qu’il “supporte”.
 
Nakamura se retrouve hors circuit après avoir réceptionné, allongé sur la table des commentateurs ricains, un splash d’Owens. Ce qui nous laisse avec un Orton-Zayn sur le ring et une large domination de la vipère. 
 
 
Arrive.
RKO.
Leave.
Un bon petit programme pour Randy. toubidou bidou
 
 
Suite à un RKO, tout s’emballe. Shane commence son décompte, mais Owens de retour des gravats laissés par son splash, bouscule Bryan qui tombe sur McMahon, l’interrompant alors.
 
Cette scène ne marche pas. Ça semble trop écrit (forcément) mais c’est très mal interprété. C’est la pire chute de l’année et c’est ce qui déclenche le chaos final et la fin de la bonne entente entre les deux GM, l’un traitant l’autre comme une grosse merde (je vous laisse deviner qui ne se prend pas pour une crotte de bique).
 
 
– Sale traitre Daniel, je le savais que tu roulais pour Robert Charlebois et Garou. Salopard va!
– Enfin Shania… Shane pardon.
– AH TU T'ES TRAHI! Tu m'as confondu avec cette sale truie de Shania Twain. Je vais te pourrir la vie.
 
 
Du coup, c’est un finish ultra moisi mais tellement prévisible : Owens distrait Orton pour se prendre un RKO, ce qui permet à Zayn de tenter un roll-up sur Orton dont il n’obtiendra qu’un compte de 2 étant donné que Shane laisse en suspens le troisième count. Colère légitime de Bryan pour le coup qui se vengera dans la seconde sur un deuxième roll-up de Zayn sur Orton (définitivement pas attentif) en donnant la victoire aux Québécois sur un fast count. McMahon reste prostré comme le con égoïste qu’il est.
 
 
Bien, il ne me reste plus qu'à demander à maman de voir si Donald ne peut pas élargir le Muslim ban au Canada.
 
 
La suite est encore floue à l’heure où j’écris ces lignes, on se dirige vers plusieurs pistes possibles :
– Affrontement physique entre Shane et Bryan à Wrestlemania, si les médecins autorisent ce dernier à remonter sur le ring.
– Affrontement par catcheur/tag team associé.
– Echange de GM entre Raw et Smackdown, Angle et deux catcheurs rejoignant le show bleu en échange de Bryan-Owens-Zayn.
– Owens et Zayn se lancent dans la course au titre d'AJ Styles, avec pour but de s’affronter entre eux, comme des frères, à Wrestlemania.
– Bryan et McMahon dégagés de leur fonction par Vince McMahon qui nomme General Manager… le Big Show. 
 
Bref, on ne voit pas plus clair que dans le cul d’un renne !
 
 
– J'y suis allé une fois, c'était tout noir et ça sentait mauvais. J'ai mis six jours pour retrouver la sortie. Pires vacances de ma vie.
– Ah ah ah. Sacré lutin farceur.
 
 
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