Catch

Deux ans de Bonheur

Tout ce qui est petit est mignon !
Proverbe populaire

Le 19 juillet 2016, la WWE décidait de revenir à la belle époque en scindant son roster en deux et en répartissant ses éléments entre Smackdown et Raw. L’occasion aussi de promouvoir la montée des talents prometteurs de la division-école NXT.  Dans le panier cette fois-là, une petite catcheuse discrète d’1,55 m jusqu’à présent plus connue pour servir de cheerleader à un duo de méchants depuis tombé dans les oubliettes.

Deux ans après, le monde entier est aux pieds d’Alexa Bliss. Cet anniversaire est l’occasion de revenir sur la brillante trajectoire  de la Little Fury depuis son arrivée à Smackdown.

 

Bend your knees for the Queen.

 

Alexa Bliss est arrivée au bon moment. A une époque de changements. Shane Mc Mahon et Daniel Bryan devenaient les nouveaux gérants du show bleu, avec pour objectif d’apporter une révolution et de mettre en avant l’ère des opportunités. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Alexa a compris le message.
Si elle ne devient pas la première championne féminine de Smackdown au profit de Becky Lynch en septembre 2016, elle devient rapidement son bourreau et met la main sur l’or à TLC en faisant passer la rouquine à travers une table. Peu après, elle devient pour l’Histoire la première deux fois championne de Smackdown en reprenant la ceinture entretemps ravie par Naomi. A WrestleMania 33, elle rend définitivement le titre à Naomi, mais le plus dur est fait. Alexa Bliss a prouvé qu’elle avait le total package pour être une superstar de renom à la WWE.

 


ça va les filles ? Si vous avez besoin d’un conseil pour vous améliorer, n’hésitez pas hein, je serais ravie d’aider.

 

Cette perte est un mal pour un bien. Le B-show est devenu trop petit pour elle. Alexa peut désormais faire ses preuves dans l’émission phare de la fédération de Stamford. Post-WrestleMania, elle rejoint Raw et en devient la championne moins d’un mois plus tard en détrônant Bayley lors de Payback, à San José, sous les yeux déçus des proches de la câlineuse. Elle humilie encore plus la Californienne un mois plus tard à Extreme Rules en lui donnant une leçon d’utilisation de kendo-stick. Elle perd ensuite puis récupère son bien face à Sasha Banks. Nous sommes alors en août 2017, Alexa Bliss est là depuis à peine un an et la voilà double championne de Smackdown et double championne de Raw. Elle est la première femme à avoir gagné les ceintures des deux divisions.

Elle écrit encore plus l’Histoire en gagnant le premier Elimination Chamber féminin de la WWE en février. Devenue délicieusement arrogante, perverse et manipulatrice, Little Miss Bliss voit son règne s’achever une fois encore à WrestleMania, où elle s’incline logiquement face à Nia Jax qu’elle a depuis des semaines humilié et roulé dans la farine. Après un record de 223 jours de domination, et après avoir perdu la revanche à Backlash, Alexa semblait un peu sortie de l’équation et promise à un léger retrait. C’était sans compter sur la capacité à rebondir de la native de Colombus. Gagnante du Money in the Bank, elle donne une leçon de cash-in réussi le soir même mais s’attire au passage les foudres de Ronda Rousey. Lors du prochain Summerslam, alors qu’elle viendra tout juste de fêter ses 27 ans, Alexa Bliss devra défendre son troisième titre rouge face à la nouvelle star issue de l’UFC. C’est à la fois le plus grand challenge et la plus belle affiche de la carrière de la jeune femme.

 


Salut les connasses. Vous voyez ça là-haut ? C’est moi en haut de l’affiche. Ici la nouvelle star c’est ouam. Et je vous conseille de cravacher du cul parce qu’il y aura la place que pour une seule d’entre vous trois face à moi. Okéy ?
– Elle commence fort quand même la nouvelle pour son premier jour de taff.

 

Voilà pour le résumé dans les grandes lignes des accomplissements d’Alexa Bliss pour ses deux premières années dans l’élite du catch mondial. Au cœur de cet univers féminin pourtant promis aux légendaires Four Horsewomen (Bayley, Sacha Banks, Charlotte et Becky Lynch), elle a réussi à tirer son épingle du jeu et à être meilleure en 2017 que les quatre réunies. Elle est d’ailleurs la seule, aux yeux des votants des Awards des Cahiers du catch qui l’ont désigné Catcheuse de l’année, à avoir réussi sa saison. Faut-il penser qu’elle a été mise en avant aux dépends des autres ? Difficile d’estimer en tout cas qu’elle a démérité ou volé ce qui lui arrive. Mais qu’est-ce qui fait le succès d’Alexa ? Au-delà des chiffres et des règnes, qui sont indiscutables et impressionnants, la belle a remarquablement su imposer son style et son charisme hors du commun.

 


A song of fire and ice.

 

Du haut de sa toute petite taille, elle sait manier le micro, renverser les foules et jouer avec les réactions prévisibles du public, le tout avec une facilité déconcertante. La performance oratoire est son domaine de confort. Elle y est comme un poisson dans l’eau et assurément la toute meilleure de l’exercice parmi les femmes de la WWE. Entre les cordes, elle n’a pas et n’aura jamais la propreté et le talent des petites chéries de l’indy mais elle compense par son propre style, rapide et teigneux. Dans la définition de WWE, si Asuka représente World et Charlotte ou Sacha Banks la partie Wrestling, Alexa is Entertainment. Et à notre époque de réseaux sociaux, de clips d’highlights et de networks, c’est ce qu’il faut pour être exposée au sommet.

De plus, miss Bliss a le courage d’aller à fond dans son statut et de ne reculer devant aucune crasse ou méchanceté. A une époque « grise » où même les heels se cachent, sont timides ou changent d’avis en permanence (coucou à Sasha Banks et Nia Jax, entre autres), Alexa s’assume en tant que peste suprême. Alors quand elle gagne, ça marche à fond et quand elle perd, c’est forcément jubilatoire. Une sorte de Miz au féminin. Elle est excellente pour ajouter du drama au cours d’un combat, que ce soit en roulant au sol de colère ou en hurlant de peur quand son adversaire parait trop imposante.

 


Maaaais euh ! N’en ai marre moi !

 

Même des segments catastrophiques comme le « Bayley, this is your life » ou cette séquence confidences de salle de bain avec Mickie James qui a entraîné la rébellion de Nia Jax n’entament son personnage. Après tout, pour elle, tous les moyens sont bons pour gagner, même les segments gênants à regarder. Bliss irradie tellement le talent qu’elle arrive à nous masquer les quelques errements scénaristiques autour d’elle. Notamment le comportement potichesque de Mickie James à ses côtés. Notons aussi qu’elle détonne dans la frilosité ambiante et n’a pas peur d’être extrême. Elle est d’ailleurs invaincue dans le PPV du même nom. Elle est tout autant capable de jouer des scènes plus légères, en témoigne son alliance avec Braun Strowman lors du tournoi mixte du mois de mars. Soulignons aussi qu’à part une blague ou deux au micro lors de ce tournoi assez anecdotique, Bliss réussit sa superbe carrière sans jamais sexualiser, érotiser ou mettre en avant son corps. C’est toujours une belle victoire dans l’entreprise de Vince Mc Mahon.

Rien de surprenant donc à voir que la WWE envoie sa nouvelle poule aux œufs d’or de l’UFC contre l’ex pompom-girl. En l’absence de Stephanie, elle est bien devenue la top heel de la division féminine. C’est une belle preuve de confiance et une belle récompense de la fédération qui donne à l’heure actuelle l’une des plus grosses affiches de Summerslam, disposant d’un traitement digne des principales ceintures masculines.

 


Quand même Alexa, le segment de la semaine dernière, en plus d’être pas sympa c’était un peu nul.
– OK bon, ben si tu préfères, dimanche je te pète les rotules.

 

De son arrivée il y a deux ans à aujourd’hui, la carrière d’Alexa Bliss est pour le moment une totale réussite. Même si ses talents de comédienne et sa petite bouille méchante avaient pu être repérés dès NXT, sa montée paraissait bien précoce et sa maturation encore loin d’être gagnée. Alexa a réussi tout ce qu’on lui a donné, a magnifié toutes les occasions et a su saisir sa chance dans une division ô combien cruelle et compétitive. Elle est un personnage à part entière, une top star unique et singulière qui remporte désormais tous les suffrages, du grand public aux fans les plus exigeants. Que peut-on, pour finir, espérer pour les prochaines années ? L’ère de Ronda Rousey est en marche et nul doute que Bliss devra tôt ou tard rentrer un peu dans le rang et redescendre dans la hiérarchie. Rien de honteux, c’est même essentiel au renouvellement et au maintien de l’intérêt des fans. Elle gagnera encore certainement plusieurs titres et les perdra. Elle sera forcément un jour gagnante d’un Royal Rumble et prendra part à un Hell in a Cell. Peut-être que sa popularité auprès des foules entraînera un face turn progressif. A elle de réussir à se débrouiller de ce cas de figure qu’elle n’a encore jamais connu pour nous offrir une nouvelle facette de son talent. Pour le moment, ce ne sont ni les têtes d’affiche de NXT ni ses collègues qui semblent en mesure de la surclasser et de la remplacer. La légende de la Déesse ne fait peut-être que commencer.

 


Bon c’est bon, tu descends un peu de ton piédestal là, tu nous laisses la place ?
– Casse-toi, sale aubergine.

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