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GLOW saison 2: le syndrome de la suite maladroite

Pensez comme une reine. Une reine n’a pas peur d’échouer. L’échec est un autre tremplin vers la grandeur.
Oprah Winfrey

 

L’an dernier, Netflix sortait au début de l’été, une série non calibrée pour cartonner, GLOW. L’ami Scykhe en avait parlé dans son premier article pour les cdc et évité tout spoilers pour attirer le sériephile ou un amateur lambda vers cette petite pépite sentant bon les années 80’s,  période à la mode dans l’audiovisuel (cinéma compris). Netflix n’étant pas comme les autres médias américains, ne se prive pas pour lancer le développement de nouvelles saisons avant que le succès soit acté. Du coup, la saison 2 est sortie en juin dernier, dans un relatif anonymat. Mais la qualité est-elle, encore une fois, au rendez vous? Attention, ça spoile un peu.

 

Tiens, Catherine et Liliane ont percé à Hollywood?

Critique de la saison 2 de GLOW

Si la saison 1 portait sur la création d’un nouveau show avec des débutantes majoritairement non-catcheuses, actrices en échec et autres personnages atypiques, la saison 2 devait donc porter sur le développement de l’émission et…. ce n’est pas vraiment ce qu’on a eu.

Sur les dix épisodes de cette saison, on passe clairement plus de temps a évoquer les états d’âmes de Debbie – Liberty BellEagan, la top face, un triangle amoureux entre Ruth (Zoya the destroya), Russell un caméraman et Sam le producteur/réalisateur, ou bien encore les difficiles relations parentales de Sam et sa fille de 17 ans découverte en saison une.

 

Debbie, Sam et Sebastian se demandant si on va parler catch dans cette saison.

 

Pire que tout, les nombreuses seconds rôles n’ont presque aucune avancée scénaristiques. On se souvient à peine de leur nom et apparaissent essentiellement dans le fond d’une scène pour donner du volume à celle-ci.

Maccu Picchu par exemple. On est passé d’une fille enrobée, mal dans sa peau, n’arrivant pas à vivre dans une famille de catcheurs (Carlito et Brodus Clay) dans le premier épisode de la saison 1 à une fille plus sûre d’elle, elle est la conseillère technique de GLOW, et qui rend fière sa famille dans le dernier épisode de cette même saison.

Ici, elle tire sur un bang et décide d’utiliser une prise de son frère à son insu. Le reste du temps, elle stagne. Et, elle est presque la mieux lotie. La moitié des actrices ne font rien. Beyrouth développe des sentiments amoureux envers la nouvelle arrivée ok, why not. Balancer son background de personnage dans une scène assez grotesque de striptease, nettement moins. Melrose ne baise pas depuis des semaines? Et le jour où ça doit arriver, a la chiasse? euh… hein? qui ça? Brittanica et Sheila ont des soucis de fans le temps de deux scènes qui nous font hausser les épaules et nous laissent circonspect.

 

She-Wolf et Wolfie, on a les cosplayers qu’on mérite.

 

Et la seule vraie catcheuse de la série, Kia Stevens aka Kharma et Awesome Kong dans notre monde et la reine des allocs dans GLOW, n’a droit qu’à un épisode centré sur son match contre Liberty Bell et sa relation avec son fils étudiant à Stanford, ignorant le travail de sa mère. Pouf, l’épisode suivant et les autres, elle apparaitra sporadiquement à l’écran. C’est bien trop peu pour ce casting pléthorique.

Sur les personnages, on sauvera le cas Sebastian dont l’évolution est plus tragique, le faisant passer de jovial à taciturne suite à une drame en une scène.

Concernant l’émission, on partait plutôt bien dans cette saison. Ruth prenant l’initiative dès le season premiere de faire sortir les catcheuses et de les confronter a la vie quotidienne dans un centre commercial, histoire d’en faire, au final, le générique de l’émission.

 

Et ça fonctionne!

 

Mais le devenir du show est traité par dessus la jambe avec un changement d’heure de programmation suite à une Weinstein entraînant dès lors, une tentative de rachat par d’autres chaines en utilisant une technique éculée et naze de chez naze pour, au final, n’aboutir sur rien de satisfaisant. C’est un résumé assez rapide de cette saison.

Pourtant, on a envie d’y croire. Alison Brie (Community) est à 2000% dans son personnage de Ruth, dans son incarnation de Zoya the destroya, heel en force de GLOW, acceptant sa mise à l’écart et en proposant une nouvelle vision du show à celle archaïque de Sam. La visite au centre commercial, par exemple, qui renforce son côté ours mal léché.

 

Personne ne laisse Brie dans un coin.

 

Betty Gilpin (vue dans Nurse Jackie et Master of Sex) sort aussi son épingle du jeu en Liberty Bell, passant par toutes les étapes des conséquences de son divorce, lié à son statut de star du catch. Par moment, on pourrait entendre « Heel Turn! heel turn! » d’un commentateur impliqué.

 

« Ah ! Voyez! On peut renverser les allocations! Vite! Faisons ça. » Emmanuel Macron, fin saoul au vin de Bourgogne.

 

La saison 1 a  dépassé le cadre du spectateur amateur de catch, au point de se voir offrir des nominations à la prochaine cérémonie des Emmys (meilleure comédie, meilleure actrice dans un second rôle pour Gilpin et meilleur réalisation pour le pilote, sans prendre en compte les prix techniques), elle a offert des moments forts comme la découverte de la grossesse d’un personnage. Et on pouvait prendre plaisir à voir des nombreux guest catchesques, de John Morrison à Alex Riley en passant par les déjà cités Brodus Clay et Carlito.

La saison 2 n’arrive pas à atteindre ce niveau.  Aucun guest ou presque ne permet de donner un petit plaisir supplémentaire. GLOW ne semble pas savoir vers où on va. Certains épisodes sont complètement inutile (Ruth à l’hôpital) ou tombent à plat dans leurs effets (un GLOW entier, complètement kitch et irregardable) et plombent peu à peu une saison déjà bancale. L’enchaînement des épisodes semblent un peu incohérent et certaines storylines à peine lancée se termine brutalement par un retour à la case départ trop simple pour être vrai.

 

Magie… Pouf pouf, Shakalakalam, t’as tout oublié de ce qu’il vient de se passer.

 

Dans l’idée, le fan de la saison 1 de GLOW n’aurait sûrement pas écrit la suite de la même manière que les showrunners. Il aurait allégé le pathos du quotidien pour se concentrer sur la conception du show, que ce soit dans le changement de gimmick ou le développement des storylines… laissées ici à de l’improvisation de dernière minute en mode « sauvons notre copine de ce marasme ».

Mais c’est un mal qui touche beaucoup de séries qui ont eu une forte et mémorable première saison. Par exemple, Legion et the Handmaid Tale souffrent du même mal et leur statut drama rend l’appréciation plus cruelle et sévère. Surtout dans cette période où des nouveautés sortent presque chaque semaine sur Netflix ou Amazon.

 

the Handmaid Tale saison 2: La logique par l’absurde.

 

Et si GLOW arrive à décrocher une saison 3, dans un anonymat encore plus grand à moins de toucher des récompenses aux Emmys (vu la concurrence, elle n’en aura aucune majeure, destinées à Atlanta ou une comédienne du Saturday Night Live), je devrais être au rendez vous. Sans enthousiasme ni massive envie, mais en croisant les doigts espérant que ça soit mieux.

 

Je trouve que ça manque de gimmick dépassées à la WWE, Lana, tu devrais vanter la grandeur de la Russie et de Poutine, ça passera bien je te jure. Au pire, t’ajoutes une chapka à ta tenue et tu roules les r.

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